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Radon and lung cancer


Environnement, Risques & Santé. Volume 3, Number 6, 368-74, Novembre-Décembre 2004, Synthèse


Résumé   Summary  

Author(s) : Hélène Baysson, Solenne Billon, Olivier Catelinois, Jean-Pierre Gambard, Dominique Laurier, Agnès Rogel, Margot Tirmarche , Service de radiobiologie et d’épidémiologie, Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), BP 17, 92262 Fontenay-aux-Roses cedex, France.

Summary : Radon is a natural radioactive gas that tends to accumulate in indoor environments\; its concentration is highest in areas with granite sub-soils. Epidemiologic studies of uranium miners and animal data demonstrate the radon inhalation increases the risk of lung cancer. The objective of this paper is to present the available data on the French population’s exposure to radon and the current epidemiologic knowledge of its effects, from cohort studies of uranium miners and indoor radon case-control studies.

Keywords : epidemiology, lung cancer, radon.

Pictures

ARTICLE

Auteur(s) :, Hélène Baysson, Solenne Billon, Olivier Catelinois, Jean-Pierre Gambard, Dominique Laurier, Agnès Rogel, Margot Tirmarche

Service de radiobiologie et d’épidémiologie, Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), BP 17, 92262 Fontenay-aux-Roses cedex, France

Le radon, gaz radioactif d’origine naturelle, est issu de la désintégration de l’uranium et du radium localisés dans la croûte terrestre. Il constitue la principale source d’exposition naturelle aux rayonnements ionisants. L’exposition au radon est omniprésente pour le public, mais à des concentrations variables car le radon provient surtout des sous-sols granitiques ainsi que de certains matériaux de construction. En 1987, il a été reconnu par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) cancérigène pulmonaire pour l’homme sur la base des résultats des études expérimentales animales d’une part et des études épidémiologiques menées chez les mineurs d’uranium d’autre part. L’analyse du risque sanitaire lié au radon est complexe car l’exposition cumulée est la résultante d’une concentration variable de l’air dans un lieu donné pondérée par la durée de séjour dans ce lieu. En outre, le cancer du poumon peut être induit par des facteurs multiples, notamment le tabagisme. Les études épidémiologiques ont pour but d’établir la part du risque de ce cancer attribuable au radon domestique, part relativement faible comparativement à l’inhalation de la fumée de cigarette.Cet article a pour objectif de présenter les données actuelles d’exposition de la population française au radon et l’état des connaissances épidémiologiques disponibles en milieu professionnel (cohorte des mineurs d’uranium) et dans un contexte d’exposition environnementale (études cas-témoins).

Contexte

Exposition humaine au radon et à ses descendants

La concentration du radon dans l’air dépend essentiellement de la richesse du sous-sol terrestre en uranium ou en thorium. Elle est plus élevée dans les galeries souterraines comparativement aux habitations et dépend des conditions de ventilation ou d’aération ainsi que du mode de vie des occupants des habitations. La voie respiratoire est la voie principale de pénétration du radon dans l’organisme humain. Après inhalation, le radon est rapidement réexhalé car il a peu d’affinité avec les milieux biologiques, notamment le poumon. Au contraire, ses descendants se déposent le long des voies aériennes pulmonaires selon une répartition liée à leur granulométrie. Les principaux descendants (( figure 1 )) ont une période radioactive de l’ordre de quelques minutes, qui limite leur action aux tissus pulmonaires proches du site de dépôt, en particulier au niveau des cellules de l’épithélium bronchique. Le radon et ses descendants sont des émetteurs de type alpha, c’est-à-dire avec des dépôts d’énergie élevés.

Exposition de la population française au radon

Depuis 1982, une campagne nationale de mesure de la concentration du radon domestique en France a été conduite par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) en collaboration avec la direction générale de la Santé (DGS) et les directions départementales des Affaires sanitaires et sociales (DDASS). L’objectif de cette campagne est l’étude de la distribution du radon dans l’habitat privé français. La sélection des habitations dans un département s’appuyait sur un double critère, démographique et géographique (méthode du maillage), le but étant d’obtenir une couverture homogène de la surface du département [1]. Les mesures ont été réalisées au moyen d’un dosimètre passif (Kodak film LR 115) posé pendant deux mois dans l’une des pièces les plus fréquentées de l’habitation. En 2000, la base de données radon comportait 12 641 mesures sur l’ensemble du territoire métropolitain, concernant 10 013 communes [1]. Les 12 641 mesures de concentration en radon dans l’habitat français permettent de calculer une moyenne arithmétique brute de 90 Bq/m3 et une moyenne géométrique de 54 Bq/m3. La ( figure 2 ) présente les moyennes arithmétiques par département, calculées à partir des mesures brutes. La cartographie de ces mesures fait apparaître des régions plus particulièrement concernées par le radon (Bretagne, Auvergne, Limousin, Corse), sachant que la moyenne brute pour les différents départements varie de 22 Bq/m3 à Paris à 264 Bq/m3 en Lozère [1]. Un travail récent a permis de compléter la base de données par de nouvelles mesures (n = 683) et de supprimer les mesures (n = 1063) ne correspondant pas à l’exposition de la population (caves, sous-sols, etc.). Ce travail a permis de corriger les mesures brutes en fonction de la saison de mesure, les concentrations de radon à l’intérieur d’une habitation étant maximales en hiver et minimales en été, et du type d’habitat (pavillon ou immeuble) afin d’améliorer l’estimation de l’exposition au radon de la population française [2, 3]. La moyenne arithmétique nationale corrigée est alors de 83 Bq/m3, les moyennes départementales variant de 19 Bq/m3 à Paris à 297 Bq/m3 en Lozère (( figure 3 )).

Étude des effets de l’exposition au radon chez les mineurs

De par leur exposition professionnelle, les mineurs de fond, et surtout les mineurs d’uranium, ont été les premières populations suivies en épidémiologie ; il s’agit d’études de cohortes avec une information individuelle annuelle de l’exposition au radon.

Dans l’étude sur les mineurs français publiée en 1993 [4], un excès de décès par cancer du poumon a été observé, ainsi qu’une augmentation significative de ce risque avec l’exposition cumulée au radon. L’étude comprenait 45 décès par cancer du poumon. Toutefois, il était impossible, sur la base d’un si faible effectif, de tester la modification temporelle de la relation exposition-effet.

Le suivi de la cohorte des mineurs d’uranium français se poursuit actuellement au laboratoire d’épidémiologie de l’IRSN, en étroite collaboration avec la médecine du travail de la Cogema. Une nouvelle analyse a été effectuée sur une cohorte élargie incluant plus de 5 000 mineurs et suivie jusqu’à fin 1994 [5, 6]. Les résultats confirment l’augmentation du risque de cancer du poumon, pour une exposition moyenne relativement faible (37 WLM1). L’excès de risque relatif estimé est de 0,8 % par WLM.

La participation à une analyse conjointe de 11 cohortes de mineurs, coordonnée par le National Cancer Institute aux États-Unis [7](tableau 1)( Tableau 1 ), a permis d’établir une estimation de risque plus précise. Cette analyse conjointe, fondée sur 2 620 décès par cancer du poumon, a confirmé l’existence d’une relation linéaire entre risque et exposition ; l’excès de risque relatif obtenu est de 0,5 % par WLM (1 WLM correspond à une exposition pendant 170 heures dans une atmosphère où la concentration en énergie alpha potentielle des descendants du radon est de 1 WL ; 1 WL étant équivalent à 1,3 . 105 MeV par litre d’air) avec un intervalle de confiance à 95 % (IC95 %) de 0,2 % à 1 % (tableau 1). Cet excès de risque diminue en fonction de l’âge atteint et du temps écoulé depuis la fin de l’exposition. Ainsi, il apparaît que le risque associé à une exposition reçue il y a plus de 30 ans est très faible, la majeure partie du risque étant expliquée par l’exposition reçue durant les 5 à 15 ans précédant le décès par cancer du poumon. L’analyse conjointe de 11 cohortes de mineurs suggérait également l’existence d’un « effet inverse du débit de dose » : pour un même niveau d’exposition cumulée, une exposition prolongée à de faibles niveaux de concentration serait plus dangereuse qu’une exposition brève à de fortes concentrations. Néanmoins, des travaux plus récents [5, 8] ont montré que ce phénomène ne s’observe pas à des niveaux proches d’une exposition domestique.

Dans le cadre du cinquième programme européen de recherche et développement (PCRD), une étude conjointe a été menée sur les cohortes de mineurs d’uranium de France et de République tchèque [8]. Par rapport à l’analyse conjointe internationale [7], l’étude franco-tchèque s’est focalisée sur une population de mineurs (n = 10 000 mineurs) avec un faible niveau d’exposition au radon (moyenne de 47 WLM), une durée de suivi de plus de 24 ans et une bonne qualité de l’estimation de l’exposition individuelle au radon. L’analyse porte sur 574 décès par cancer du poumon et confirme une augmentation du risque avec l’exposition au radon, même à de faibles niveaux d’exposition. Les facteurs modifiant cette relation sont principalement la période d’exposition (avant ou après la mise en place de ventilations forcées dans les mines) et le délai depuis l’exposition [8].
Tableau 1 Radon et cancer du poumon dans 11 cohortes de mineurs [7].

Localisation

Type de mine

Effectif

Suivi moyen (années)

Personnes-années

Exposition moyenne (WLM)

Décès par cancer du poumon

Excès de risque relatif moyen (%/WLM)

Chine

Étain

13 649

10

135 357

277

936

0,16 [0,1–0,2]

Tchécoslovaquie

Uranium

4 284

25

103 652

199

656

0,34 [0,2–0,6]

Colorado

Uranium

3 347

25

75 032

807

327

0,42 [0,3–0,7]

Ontario

Uranium

21 346

18

319 701

31

282

0,89 [0,5–1,5]

Terre Neuve

Fluorine

1 751

23

35 029

367

112

0,76 [0,4–1,3]

Suède

Fer

1 294

26

32 452

81

79

0,95 [0,1–4,1]

Nouveau Mexique

Uranium

3 457

17

46 797

110

68

1,72 [0,6–6,7]

Beaverlodge

Uranium

6 895

14

68 040

17

56

2,21 [0,9–5,6]

Port Radium

Uranium

1 420

25

31 454

243

39

0,19 [0,1–0,6]

Radium Hill

Uranium

1 457

22

25 549

8

32

5,06 [1,0–12,2]

France

Uranium

1 769

25

39 487

69

45

0,36 [0,0–1,3]

Total

60 570

17

908 983

162

2 620

0,49 [0,2–1,0]

Études du risque de cancer lié à l’exposition domestique au radon

Le risque de cancer du poumon lié à l’exposition domestique au radon a d’abord été estimé par extrapolation des résultats observés en milieu professionnel à la population générale. Ces estimations ont été réalisées par des comités d’experts internationaux (BEIR IV2, ICRP3). Cette approche comporte cependant des limites :
  • absence de données sur les femmes et les enfants dans les cohortes de mineurs ;
  • absence de données sur le tabagisme actif dans la majorité des études chez les mineurs ;
  • incertitudes sur les effets du débit de dose ;
  • contrôle insuffisant des facteurs de confusion présents dans les mines et absents dans les habitations (rayonnements gamma, poussières d’uranium par exemple). Sur ce dernier point en particulier, l’exposition aux rayonnements gamma et aux poussières d’uranium dans les mines n’a pas été enregistrée dans le passé dans la plupart des pays. D’autres produits comme l’arsenic et les fumées de diesel peuvent exister dans certaines mines.

Pour quantifier le risque de cancer du poumon dans la population générale, la réalisation d’études épidémiologiques sur le terrain est par conséquent nécessaire.

Contrairement aux études réalisées chez les mineurs d’uranium, qui sont généralement des études de cohorte, les études évaluant le risque de cancer du poumon lié à l’exposition au radon dans les habitations sont des études cas-témoins [9]. Celles-ci permettent la prise en compte de cofacteurs tels que le tabagisme actif ou passif, rarement effectuée au niveau des cohortes de mineurs. Elles permettent de plus d’étudier le risque pour la population féminine. À ce jour, une trentaine d’études cas-témoins sur ce sujet ont été publiées dans le monde. Les premières études furent publiées dès 1979 mais elles reposaient sur une évaluation indirecte de l’exposition au radon à partir des caractéristiques de l’habitation, du matériau de construction ou de la géologie sous-jacente. L’incertitude autour de l’estimation de l’exposition au radon était telle qu’elle ne permettait pas de mettre en évidence un risque de cancer lié au radon. À partir de 1990, des mesures directes des concentrations de radon ont été effectuées dans les habitations avec une évaluation rétrospective de l’exposition individuelle sur 15 voire 30 années (tableau 2)( Tableau 2 ). Cela implique une reconstitution de l’historique résidentiel de chaque sujet inclus dans l’étude puis la pose de dosimètres dans chacune des habitations occupées durant la période concernée. La quasi-totalité de ces études repose également sur une très bonne information du comportement tabagique des personnes concernées, et celles qui portent sur les non-fumeurs incluent des informations sur le tabagisme passif.

Globalement, la grande majorité de ces études conclut à une augmentation du risque ; les études suédoises [10], une étude américaine [11] et une étude chinoise [12] montrent une augmentation statistiquement significative du risque de cancer du poumon en fonction de l’exposition domestique au radon (tableau 2). Une méta-analyse des résultats de huit études publiées entre 1990 et 1996 a été effectuée [13]. Elle porte sur un total de cas de 4 263 cancers du poumon et de 6 612 témoins et montre une augmentation des risques relatifs avec le niveau d’exposition. Pour une exposition à 150 Bq/m3 pendant 25 ans, le risque relatif est estimé à 1,14 (IC95 % = [1,01-1,30]). Cependant, cette estimation est fortement tributaire d’une seule étude, celle de Pershagen et al. [10]. En dépit de différentes sources d’incertitude, les estimations de risque obtenues à partir des différentes études cas-témoins publiées ces dernières années sont globalement concordantes. Elles suggèrent une augmentation du risque de cancer du poumon en fonction de l’exposition au radon avec un risque relatif global estimé à 1,06 (IC95 % = [1,01-1,10]) pour une augmentation de 100 Bq/m3[14]. Elles sont également cohérentes avec les estimations de risque obtenues à partir des résultats des études des mineurs d’uranium qui montrent un excès de risque relatif de 0,5 % par WLM [7]. En prenant en compte ce coefficient de risque et en admettant que 1 WLM est équivalent à une année d’exposition à 230 Bq/m3 dans l’habitat, le risque relatif est estimé à 1,05 pour une augmentation de l’exposition sur 100 Bq/m3 sur 25 années.

Néanmoins peu d’études cas-témoins prises isolément ont une puissance suffisante pour montrer une augmentation statistiquement significative du risque de cancer du poumon. Un effort de collaboration internationale, soutenu par l’Union européenne, a permis la mise en place de vastes études cas-témoins réunissant plusieurs milliers de cas et de témoins, afin d’obtenir une puissance statistique suffisante pour une estimation précise du risque. Une étude française (486 cas, 984 témoins) a été réalisée dans ce cadre de collaboration, parallèlement à des études menées en Allemagne, Autriche, Espagne, Finlande Grande-Bretagne, Italie, République tchèque, et Suède. Les résultats de l’étude française, qui seront publiés en novembre 2004, confirment l’observation d’une pente positive, à la limite de la significativité statistique, et proche de celle « prédite » à partir des résultats des études sur les mineurs français [15].

À l’échelle européenne, l’analyse conjointe porte sur près de 10 000 cas de cancer du poumon et un nombre équivalent de témoins [14]. Elle apportera une meilleure précision de la relation dose-effet et de l’interaction entre radon et tabac. En effet, les résultats relatifs aux mineurs sont plutôt en faveur d’une action synergique, submultiplicative des deux cancérigènes : en d’autres termes, le fait d’inhaler la fumée de tabac et les descendants du radon produirait des effets plus qu’additifs, ce qui a une influence notable en santé publique.

La relation inverse entre l’exposition au radon et le risque de cancer du poumon qui a été observée dans certaines études écologiques [16] n’est pas retrouvée dans les études cas-témoins récentes. Les études écologiques reposent sur une comparaison entre les taux de cancer broncho-pulmonaire dans les régions à forte et faible exposition au radon mais elles ne permettent pas la prise en compte d’un cofacteur puissant : le tabagisme.

Une analyse de l’ensemble des cancers autres que le cancer du poumon n’a pas montré d’augmentation de risque en fonction de l’exposition cumulée au radon chez les mineurs [17]. En ce qui concerne les leucémies, les données épidémiologiques actuelles ne permettent pas de mettre en évidence une association statistiquement significative entre exposition au radon et leucémies [18]. Néanmoins, ce sujet mérite d’être étudié de façon plus détaillée au regard de données récentes : en particulier, des analyses dosimétriques indiquent qu’une part de la dose due à l’inhalation de radon peut être délivrée à d’autres organes que le poumon, en particulier la moelle osseuse [19, 20]. Ce point sera abordé dans le cadre du sixième PCRD.
Tableau 2 Études cas-témoins.

Auteur

Année

Pays

Population

Effectifs

Mesure exposition

Risque relatif pour 100 Bq/m3(a)

Intervalle de confiance à 95%

Schoenberg

1990

États-Unis (New Jersey)

Femmes

480 cas, 442 témoins

1 an

1,49

0,89-1,89

Blot

1990

Chine

Femmes

308 cas, 356 témoins

1 an

0,95

Indéfini-1,08

Pershagen

1992

Suède

Femmes

201 cas, 378 témoins

1 an

1,16

0,89-1,92

Pershagen

1994

Suède

-

1 281 cas, 2 576 témoins

3 mois

1,10

1,01-1,22

Lagarde

1997

Suède

1 360 cas, 2 847 témoins

1,17(b)

1,03-1,37

Letourneau

1994

Canada

-

738 cas, 738 témoins

1 an

0,98

0,87-1,27

Alavanja

1994

États-Unis (Missouri)

Femmes, non-fumeuses

538 cas, 1 183 témoins

1 an

1,08

0,95-1,24

Auvinen

1996

Finlande

517 cas, 517 témoins

1 an

1,11

0,94-1,31

Ruosteenoja

1996

Finlande

Hommes

164 cas, 331 témoins

2 mois

1,80

0,90-3,50

Darby

1998

Grande Bretagne

-

982 cas, 3 185 témoins

6 mois

  • 1,08
  • 1,12(b)


  • 0,97-1,20
  • 0,95-1,33


Alavanja

1999

États-Unis (Missouri)

Femmes

247 cas, 299 témoins

1 an

0,85(c)

0,73-1,00

372 cas, 471 témoins

1,63(d)

1,07-2,93

Field

2000

États-Unis (Iowa)

Femmes

413 cas, 614 témoins

1 an

1,24

0,95-1,92

Kreienbrock

2001

Allemagne (Ouest)

-

1 449 cas, 2 297 témoins

1 an

  • 0,97(e)
  • 1,09(f)


  • 0,82-1,14
  • 0,86-1,38


Pisa

2001

Italie

-

138 cas, 291 témoins

1 an

1,40

0,3-6,6

Lagarde

2001

Suède

Non-fumeurs

436 cas, 1 649 témoins

3 mois

1,10

0,96-1,38

Wang

2002

Chine

-

768 cas, 1 659 témoins

1 an

1,19

1,05-1,47

Barros-Dios

2002

Espagne

-

159 cas, 237 témoins

90 jours min

-

-

Lagarde

2002

Suède

Non-fumeurs

110 cas, 231 témoins

3 mois

1,33(c)

0,88-3,0

1,75(d)

0,96-5,30

Kreuzer

2003

Allemagne (Est)

-

1 192 cas, 1 640 témoins

1 an

1,08

0,97-1,20

(a)les valeurs en italiques ont été calculées par un groupe de travail [15] à partir des données relatives à une exposition à 150 Bq/m3 ;

(b)après prise en compte des erreurs de mesure ;

(c)analyse fondée sur des dosimètres traditionnels ;

(d)analyse fondée sur des mesures sur des objets en verre ;

(e)ensemble de la région d’étude, période 5-15 années avant inclusion dans l’étude ;

(f)régions à fort potentiel d’exhalation de radon, période 5-15 années avant inclusion dans l’étude

Conclusion

Les résultats provenant des études sur des mineurs faiblement exposés et la plupart des études récentes sur le risque de cancer du poumon en relation avec l’exposition domestique sont en faveur d’un effet cancérigène du radon. Cet effet est faible comparativement au risque tabagique, mais les résultats disponibles suggèrent que l’interaction du radon avec d’autres polluants et cancérigènes, en particulier le tabac, pourrait avoir un effet plus qu’additif. Une meilleure connaissance de l’exposition domestique au radon est obtenue par des mesures relativement aisées et peu onéreuses. Une action rapide au niveau de la source d’émanation du radon (notamment au niveau de la cave ou du sous-sol) permet de diminuer la quantité de descendants du radon inhalés et donc de diminuer progressivement le risque en rapport avec cette exposition.

Références

1 Gambard JP, Mitton N, Pirard P. Campagne nationale de mesure de l’exposition domestique au radon : bilan et représentation cartographique des mesures au 1er janvier 2000. Fontenay-aux-Roses : Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), 2000. (http://www.irsn.fr).

2 Baysson H, Billon S, Laurier D, Rogel A, Tirmarche M. Seasonal correction factors for estimating radon exposure in dwellings in France. Radiat Prot Dosimetry 2003 ; 104 : 245-52.

3 Billon S, Morin A, Caër S, et al. Évaluation de l’exposition de la population française à la radioactivité naturelle. Radioprotection 2004 ; 39 : 213-32.

4 Tirmarche M, Raphalen A, Allin F, Chameaud J, Bredon P. Mortality of a cohort of French uranium miners exposed to relatively low radon concentrations. Br J Cancer 1993 ; 67 : 1090-7.

5 Rogel A, Laurier D, Tirmarche M, et al. Lung cancer risk in the French cohort of uranium miners. J Radiol Prot 2002 ; 22 : 101-6.

6 Laurier D, Tirmarche M, Mitton N, et al. An update of cancer mortality among the French cohort of uranium miners: extended follow-up and new source of data for causes of death. Eur J Epidemiol 2004 ; 19 : 139-46.

7 Lubin JH, Boice JD, Edling C, et al. A joint analysis of 11 underground miners studies. NIH publication 94–3644. Washington (DC) : Department of Health and Human Services, 1994.

8 Tirmarche M, Laurier D, Bergot D, et al. Quantification of lung cancer risk after low radon exposure and low exposure rate: synthesis from epidemiological and experimental data. Final scientific report, February 2000–July 2003. Contract FIGH-CT1999-00013. Brussels: European Commission DG XII, 2003; 85 p. http://www.irsn.org/net-science.

9 Baysson H, Tirmarche M. Exposition domestique au radon et risque de cancer du poumon : bilan des études cas-témoins. Rev Epidemiol Sante Publ 2004 ; 52 : 161-71.

10 Pershagen G, Akerblom G, Axelson O, et al. Residential radon exposure and lung cancer in Sweden. N Engl J Med 1994 ; 330 : 159-64.

11 Alavanja MC, Lubin JH, Mahaffey JA, Brownson RC. Residential radon exposure and risk of lung cancer in Missouri. Am J Public Health 1999 ; 89 : 1042-8.

12 Wang Z, Lubin JH, Wang L, et al. Residential radon and lung cancer risk in a high-exposure area of Gansu Province, China. Am J Epidemiol 2002 ; 155 : 554-64.

13 Lubin JH, Boice Jr. JD. Lung cancer risk from residential radon: meta-analysis of eight epidemiologic studies. J Natl Cancer Inst 1997 ; 89 : 49-57.

14 Darby S, Hill D, Doll R. Radon: a likely carcinogen at all exposures. Ann Oncol 2001 ; 12 : 1341-51.

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16 Cohen BL. Test of the linear no threshold theory of radiation carcinogenesis for inhaled radon decay products. Health Phys 1995 ; 68 : 157-74.

17 Darby S, Whitley E, Howe G, et al. Radon and cancers other than lung cancer in underground miners: a collaborative analysis of 11 studies. J Natl Cancer Inst 1995 ; 87 : 378-84.

18 Laurier D, Valenty M, Tirmarche M. Radon exposure and the risk of leukemia: a review of epidemiological studies. Health Phys 2001 ; 81 : 272-88.

19 Kendall GM, Smith TJ. Doses to organs and tissues from radon and its decay products. J Radiol Prot 2002 ; 22 : 389-406.

20 Laurier D, Rogel A, Valenty M, Tirmarche M. Discussion on radon and leukemia risk in underground miners: are working level months the most appropriate exposure parameter? Health Phys 2004 ; 86 : 427-8.

2 Committee on the Biological Effects of Ionizing Radiation.3 International Commission on Radiological Protection.1 WLM : Working Level Month (niveau opérationnel mois).


 

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