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Le forum santé-environnement de Pollutec 2004


Environnement, Risques & Santé. Volume 3, Number 6, 329-30, Novembre-Décembre 2004, Éditorial



Author(s) : Pierre-André Cabanes , Rédacteur en chef Environnement, Risques & Santé.

ARTICLE

Auteur(s) : Pierre-André Cabanes

Rédacteur en chef Environnement, Risques & Santé

Saluons l’initiative des organisateurs du salon Pollutec d’avoir créé cette année un forum santé-environnement. Les conférences organisées sur le forum couvrent une grande partie des questions de santé environnementale, qu’il s’agisse de l’habitat, de la pollution des milieux, ou des problématiques spécifiques des déchets ou des risques physiques.Notre revue participe à cet événement, d’une part en confiant à quatre orateurs de ce forum la tâche de transcrire sous la forme d’un article de synthèse la teneur de leur intervention (ambroisie et allergie, radon et cancer du poumon, le radon dans les bâtiments et les effets sanitaires potentiels des organismes génétiquement modifiés) et, d’autre part, en organisant quatre débats télévisés sur des questions d’actualité.Le premier débat porte sur la proposition européenne de règlement pour la mise en place du système REACH (Registration, Evaluation and Authorization of Chemicals). Ce sujet a fait l’objet d’un éditorial récent d’ERS1, qui rappelait à juste titre la difficulté de réalisation des projections économiques tenant compte de l’ensemble des coûts et des bénéfices. Ainsi, un dernier rapport évaluant l’impact de REACH sur la compétitivité de l’industrie chimique a-t-il été jugé inacceptable par les parlementaires européens. Il a été dernièrement décidé de lancer une étude de faisabilité à grande échelle intitulée SPORT (Strategic Partnership On REACH Testing). Une quinzaine de substances ou catégories de substances couvrant des secteurs et des volumes variés vont faire l’objet de tests d’évaluation, d’enregistrement et d’autorisation. Cette étude permettra de préciser les responsabilités à chaque étape du processus.De nombreuses consultations et débats ont déjà été organisés par la Commission européenne, ainsi que l’ouverture d’un forum Internet. Ce débat devrait permettre au public du salon de comprendre les objectifs de ce règlement, et d’entendre les différents points de vue (industriels, ministère et agences gouvernementales) sur les bénéfices attendus en termes de santé publique et sur les conséquences industrielles potentielles.La loi du 9 août 2004 [1] relative à la politique de santé publique stipule à l’article 53 qu’un plan national de prévention des risques pour la santé liés à l’environnement est élaboré tous les cinq ans. Il comprend également une annexe où figurent cent objectifs de santé publique, dont huit dans la rubrique santé et environnement. Ces objectifs sont directement issus du Plan national santé-environnement (PNSE) 2004-2008 qui comprend au total 45 actions organisées en huit axes. Ce plan fera l’objet du deuxième débat du forum, qui réunira à la fois un des rapporteurs de la commission d’orientation sur le PNSE, des représentants des ministères et des agences, un député ainsi qu’un représentant d’une association écologiste.Il s’agit de comprendre le cheminement ayant conduit à l’élaboration de ce premier plan français, d’expliciter les choix qui ont été faits dans les actions prioritaires et de savoir comment il va être mis en œuvre et quelle sera la procédure utilisée pour assurer son suivi. En effet, si la loi de santé publique définit des indicateurs de suivi des objectifs, cette démarche semble plus difficile pour les autres actions du PNSE.Le troisième débat concerne les organismes génétiquement modifiés (OGM), dont on peut voir qu’ils sont souvent l’objet d’actions médiatiques où s’affrontent les promoteurs et les opposants de ces nouvelles techniques. La forme masquant souvent les problèmes de fond, le consommateur a du mal à comprendre quels sont les véritables enjeux qui sous-tendent ce débat. Rassemblant plusieurs spécialistes des OGM, un représentant d’une association écologiste et un ancien ministre de l’Environnement, l’objectif est d’éclairer les auditeurs sur les risques et les bénéfices des OGM.Les questions qui viennent naturellement à l’esprit à propos des OGM sont de plusieurs ordres. Il faut tout d’abord définir ce qu’est un OGM, quelles sont les diverses applications du génie génétique et les bénéfices que l’on en attend, notamment dans le domaine de la production alimentaire. Puis, dans le domaine de l’agriculture, il convient de savoir si les OGM contribuent à limiter les quantités de pesticides et d’herbicides utilisées par rapport à celles qui sont mises en œuvre pour les végétaux classiques et si des problèmes de résistance aux traitements sont susceptibles de se manifester également avec les OGM. Mais surtout persiste une inquiétude quant à la possible « pollution » des autres espèces végétales et sur les risques sanitaires de l’alimentation transgénique. Les produits génétiquement modifiés sont-ils différents en termes de risques alimentaires ? Comment sont-ils évalués ?Le débat du dernier jour, quant à lui, se focalisera sur une thématique qui concerne plus spécialement les industriels présents au salon. En effet, il y sera question des obligations environnementales et sanitaires des entreprises. Si la question de la santé au travail est depuis longtemps prise en considération par les industriels, les impacts sanitaires sur la santé du public liés aux activités des entreprises ne sont étudiés, en règle générale, que depuis peu de temps. C’est en effet l’article 19 de la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie du 30 décembre 1996 [2], puis la circulaire du 17 février 1998 sur les études dites de droit commun [3]et le décret du 20 mars 2000 sur les études spécifiques aux installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) [4], qui imposent aux entreprises d’instruire un volet sanitaire au sein des études d’impact à réaliser pour une demande de renouvellement, d’extension ou de création d’une activité industrielle. Il s’agit ici de conduire une évaluation quantitative des risques pour la santé des populations exposées aux rejets de l’installation, en fonctionnement normal ou incidentel.La participation au débat d’un avocat spécialiste de ces questions, de la direction régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE) Rhône-Alpes, d’un représentant d’une industrie de recyclage, d’une association de consommateurs et d’une association d’industriels devrait permettre de faire le point sur les capacités des industriels à évaluer ces risques, de comprendre les relations entre l’Administration et les industriels et de mieux connaître les attentes du public en la matière.

Agenda

• Le 30 novembre de 14 h à 15 h : le règlement européen REACH

• Le 1er décembre de 17 h 30 à 18 h 30 : le Plan national santé-environnement

• Le 2 décembre de 17 h 30 à 18 h 30 : les organismes génétiquement modifiés

• Le 3 décembre de 12 h à 13 h : les obligations sanitaires et environnementales des entreprises

Références

1 Loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique. Journal officiel de la République française, 11 août 2004 : 14277

2 Loi n° 96-1236 du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie. Journal officiel de la République française, 1er janvier 1997 : 11

3 Circulaire n° 98-36 du 17 février 1998 relative à l’application de l’article 19 de la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie, complétant le contenu des études d’impact des projets d’aménagement. NOR : ATEN9870091C (136) : 14 (non publiée au Journal officiel).

4 Décret n° 2000-258 du 20 mars 2000 modifiant le décret n° 77-1133 du 21 septembre 1977 pris pour l’application de la loi n° 76-663 du 19 juillet 1976 relative aux installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Journal officiel de la République française, 22 mars 2000 : 4417

1 Vindimian E. Le nouveau dispositif européen de gestion des substances chimiques. Environnement, Risques & Santé 2004 ; 3 : 205-8.


 

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