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Médecine thérapeutique

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L’imatinib (Glivec ®): une révolution dans le traitement de la leucémie myéloïde chronique (LMC) Volume 11, issue 6, Novembre-Décembre 2005

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Service d’hématologie, hôpital Avicenne, 93009 Bobigny Cedex, Fax : 01 48 95 70 59
  • Key words: imatinib, leucémie myéloïde chronique, maladie résiduelle
  • Page(s) : 428-36
  • Published in: 2005

L’imatinib (Glivec ®) a obtenu son AMM pour le traitement de la leucémie myéloïde chronique (LMC) ; en phase chronique, accélérée ou acutisée. C’est incontestablement un progrès thérapeutique majeur de la dernière décennie en hématologie. La LMC a vu depuis 10 ans son pronostic transformé une première fois par l’interféron-alpha, qui a permis la disparition apparente de la trace du chromosome Philadelphie dans les cellules médullaires à l’étude par cytogénétique classique, dans des proportions importantes (un tiers des malades), et par la suite une amélioration de la survie en phase chronique et de la survie globale par rapport aux chimiothérapies classiques qui n’empêchent jamais la transformation en leucémie aiguë mortelle. Mais l’efficacité est souvent incomplète, n’empêche pas des réévolutions secondaires et, surtout, ce traitement est très souvent mal toléré, immédiatement ou à long terme. L’imatinib est un inhibiteur de la tyrosine-kinase activée en conséquence de la mutation responsable de la maladie. Les études successives, de phase I, II puis III (large essai international le confrontant avec une association de référence comportant de l’interféron-alpha) ont permis invariablement de montrer sa grande efficacité en taux de réponse hématologique (près de 100 %), mais aussi cytogénétique, très supérieure à celle des précédents traitements, en durée de réponse, faisant espérer à moyen terme une supériorité en terme de survie globale ; enfin, les divers essais ont montré la très bonne tolérance au long cours du produit. Mieux, il a conduit à développer des techniques de biologie moléculaire quantitative qui permettent d’évaluer sous traitement la maladie résiduelle (et qui prouvent au niveau moléculaire la supériorité du produit sur les autres traitements), qui ont modifié la prise en charge de cette maladie. S’il n’est pas encore possible d’espérer une guérison par ce type de traitement, des études sont en cours pour tester des associations prometteuses (notamment avec interféron) pour améliorer encore le pronostic à long terme de la LMC.