ARTICLE
stv.2012.0667
Auteur(s) : Ahmed Elkalioubie1, Stephan Haulon2, Eric Van Belle1,2, Sophie Susen1,3, Brigitte Jude1,3, Annabelle Dupont1 annabelle.dupont-2@univ-lille2.fr
1 Université Lille Nord de France, EA 2693, Faculté
de Médecine, pôle recherche, 1 place de Verdun, 59000 Lille,
France
2 CHRU Lille, pôle de cardiologie et chirurgie
cardiovasculaire, 2 avenue Oscar Lambret, 59037 Lille, France
3 CHRU Lille, pôle d’hématologie-transfusion, 2
avenue Oscar Lambret, 59037 Lille, France
Tirés à part : A. Dupont
L’anévrisme de l’aorte abdominale (AAA) correspond par
définition à une dilation localisée, d’au moins 50 % par
rapport au diamètre normal, avec perte du parallélisme des bords de
l’aorte dans sa portion abdominale. La prévalence de l’AAA varie de
1,3 % à 9 % chez les hommes et de 1 % à 2,2 %
chez les femmes [1]. Ils sont le plus souvent asymptomatiques
jusqu’à la rupture, complication liée à une mortalité de plus de
80 %. À l’opposée, une réparation chirurgicale programmée d’un
AAA n’est associée qu’à une mortalité de 2 à 6 %. Le dépistage
systématique d’un AAA par échographie vasculaire abdominale, examen
fiable, inoffensif et peu coûteux, est actuellement recommandé pour
tous les hommes âgés de 65 à 75 ans, fumeurs ou anciens
fumeurs [2]. Bien que l’AAA et l’athérosclérose présentent des
facteurs de risque communs, il n’existe pas à ce jour de
recommandation spécifique concernant le dépistage systématique de
l’AAA chez les patients athéroscléreux coronariens. Une
coronarographie étant requise avant la chirurgie programmée de
l’AAA, la prévalence de l’atteinte coronarienne chez ces patients a
été largement étudiée (de 31 à 90 %) [3]. À l’inverse, la
prévalence des AAA chez les patients coronariens n’a été évaluée
que dans peu de cohortes de patients et ces études sont souvent
incomplètes ou contradictoires. L’objectif principal de cette
étude, basée sur une revue systématique de la littérature et les
travaux de notre laboratoire, est d’identifier les patients
coronariens les plus à risque de développer un AAA et d’évaluer
l’impact d’un dépistage systématique de l’AAA dans cette
population.
Méthode de la revue de la littérature
Tous les articles originaux qui se sont intéressés à la
prévalence et aux facteurs de risque d’AAA chez les patients
coronariens ont été inclus dans cette revue. Les bases de données
PubMed/Medline, Cochrane et Embase ont été
interrogées, sans limite de date de publication, à partir des mots
clés suivant : « abdominal aortic aneurysm »,
« coronary artery disease ». Nous avons ensuite étendu
notre recherche à partir des références de ces articles. Puis les
articles ont été sélectionnés à partir des titres et des résumés de
publication. Les données ont été extraites de manière indépendante
par 2 auteurs selon un formulaire d’extraction préétabli
incluant l’année de publication, les caractéristiques de la
population étudiée, la sévérité de l’atteinte coronaire, la
prévalence, la taille et la définition de l’AAA, les facteurs de
risque d’AAA et les biomarqueurs circulants associés.
Caractéristiques des AAA chez les patients atteints
d’athérosclérose coronarienne
Dix-sept références ont été retenues, toutes en langue anglaise,
publiées entre 1991 et 2011 et incluant, au total,
8 308 patients (tableau
1) [4-20]. Le nombre de patients inclus s’étend de
72 à 2 819 selon les études. La prévalence ou l’incidence de
l’AAA chez les patients coronariens varie de 0,48 % à
18,2 % et est supérieure à 9 % pour 8 études sur 17,
limite supérieure de la prévalence de l’AAA dans les études de
population globale. Notons que plus le nombre de patients inclus
est important, plus la prévalence des AAA observée est basse
(Rho = – 0,554, p = 0,026). La prévalence des AAA candidats à une
prise en charge chirurgicale (diamètre aortique
sous-rénal > 50 mm) s’étend de 0 à 5,2 % de la population
étudiée et de 0 à 36,7 % de la population des AAA. Les AAA
diagnostiqués ont un diamètre qui varie de 25 à 87 mm. Seulement
5 études ont inclus une population contrôle appariée à l’âge
et au sexe et ne présentant pas d’anomalies coronarographiques
[6, 9, 12, 14, 17]. Dans ces 5 études, la
prévalence des AAA dans le groupe contrôle (de 0 à 3,3 %) est
significativement inférieure à celle évaluée dans le groupe de
patients coronariens. L’importante hétérogénéité de la prévalence
des AAA chez les patients coronariens observée peut être expliquée
par des différences dans la définition de l’AAA, le nombre de
patients inclus, la répartition par âge, sexe des patients et leur
origine géographique, la sévérité de l’atteinte coronarienne, la
prévalence de facteurs de risque associés et une morbidité liée à
l’atteinte athéroscléreuse préexistante. Par exemple, le diagnostic
d’AAA est le plus souvent posé lorsque le diamètre aortique
sous-rénal est ≥ 30 mm [2]. Cette définition a été utilisée dans
15 des 17 études précitées. Cependant, d’autres
définitions ont également été appliquées : diamètre aortique
sous-rénal > 26 mm [11] ou > 25 mm [16] ; ratio diamètre
aortique sous/sus-rénal > 1,2 [5] ou > 1,5 [18] ou un
diamètre aortique sous-rénal > diamètre sus-rénal + 5 mm [9]. De
plus, la proportion de femmes incluses dans ces études varie de 0 à
34,4 % dont 2 études qui n’ont inclus que des hommes
[9, 10]. Enfin, étant donné que l’âge est un facteur de risque
important pour l’AAA et l’athérosclérose coronaire, 4 études
ont inclus des patients strictement âgés de plus de 60 ans
[5, 10, 12, 14], alors que dans 2 autres
études, l’âge des patients inclus s’étendait de 34 à 88 ans et
de 29 à 83 ans [19, 20]. En conclusion, la grande
hétérogénéité de ces études, notamment au niveau des critères
d’inclusion des patients, peut conduire à de nombreux biais
d’interprétation de la prévalence des AAA chez les patients
coronariens. Cependant, elle ne masque pas une plus grande
prévalence ou incidence des AAA chez les patients coronariens par
rapport à la population globale.
Tableau 1 Liste des études ayant évalué la prévalence ou
l’incidence (*) des AAA chez des patients coronariens
| Référence |
Critères d’inclusion, pays de l’étude |
Nombre de patients
(% hommes) |
AAA (%) |
| [4] |
Post-PAC, Belgique |
100 (80) |
11* |
| [5] |
> 65 ans, IDM, angor, PAC, sténose
significative sur l’angio-coronarographie, EU |
1244 |
13.8 |
| [6] |
PAC programmé, EU |
192 (65,6) |
18.2 (13,0*) |
| [7] |
Patients coronariens en échographie
transthoracique, Suisse |
72 |
15,3* |
| [8] |
Sténose carotidienne significative par
angio-coronarographie, Canada |
99 (75) |
8,1* |
| [9] |
Homme > 54 ans, athérosclérose
coronarienne sévère (sténose > 70 %) par
angio-coronarographie, antécédent de PAC, Brésil |
501 |
6,8* |
| [10] |
Hommes > 60 ans, Post-PAC, Suisse |
395 |
10,1* |
| [11] |
PAC, Royaume Uni |
118 |
15,3 |
| [12] |
> 60 ans, sténose coronaire ≥ 50 %,
Slovaquie |
109 (90) |
14,7 (8,3*) |
| [13] |
Étude SMART, IDM, angor instable, antécédent
d’athérosclérose coronarienne ou de PAC/revascularisation
coronarienne endovasculaire, Pays-Bas |
1 034 (83) |
3,7 (2,2*) |
| [14] |
> 60 ans, sténose coronaire ≥ 50 %,
Chine |
209 (72,7) |
0,48* |
| [15] |
Sténose coronarienne significative, Royaume
Uni |
87 (77) |
13,8 |
| [16] |
PAC programmé, Iran |
2819 (69,6) |
2,09 |
| [17] |
Athérosclérose coronarienne
(sténose > 50 %), Iran |
184 |
4,3 |
| [18] |
Post PAC, France |
217 (87) |
6,9 |
| [19] |
Syndrome coronarien aigu avec une sténose
carotidienne ≥ 50 %, France |
304 (77) |
6,6* |
| [20] |
PAC programmé, China |
624 (79,9) |
1,8 |
PAC : pontage aorto-coronarien, IDM : Infarctus du
myocarde, EU : États-Unis
Facteurs de risque de l’AAA chez les patients coronariens
Sexe masculin
La plupart des études incluant des hommes et des femmes ont
montré une tendance à une plus grande prévalence des AAA chez les
hommes, en accord avec les résultats des études en population
globale (tableau 2). Une
seule publication a montré une association statistiquement
significative entre la prévalence des AAA et le sexe masculin [16].
Chez les patients coronariens, comme dans la population générale,
la définition d’un AAA « diamètre aortique
sous-rénal ≥ 30 mm » est probablement inappropriée chez les
femmes [20]. En effet, le diamètre aortique moyen sous-rénal est
significativement inférieur chez les femmes par rapport aux hommes.
Dans notre étude incluant 217 patients coronariens sévères, ce
diamètre moyen était de 15,5 ± 2,2 mm chez les femmes versus
18,8 ± 5,6 mm chez les hommes (p < 0,0001) [18].
Tableau 2 Récapitulatif des études d’association entre
les facteurs de risque d’athérosclérose coronaire et la présence
d’un AAA chez des patients coronariens, présenté sous forme d’odd
ratio (intervalle de confiance : 95 %)
| Référence |
Sexe masculin |
Âge |
Tabagisme |
Diabète |
HTA |
Sténose carotidienne |
AOMI |
| [6] |
1.78
(0,67-4,7) |
5,7
(1,7-18,8)
*, § |
7
(2,5-19,1)
*,§ |
|
|
| |
| [8] |
|
|
|
|
|
| 4,7
(2,1-10,3)
* |
| [9] |
| 1,09
(1,03-1,15)
*, § |
0,96
(0,47-1,95) |
1,29
(0,58-2,86) |
1,53
(0,79-2,99) |
| 0,66
(0,21-2,1) |
| [10] |
| *, § |
2,07
(1,05-4,1)
*, § |
0,4
(0,14-1,16) |
2,67
(1,2-5,96)
*, § |
0,9
(0,36-2,24) |
1,88
(0,78-4,56) |
| [12] |
1,11
(0,28-4,35) |
1,05
(0,95-1,17) |
4,85
(1,5-15,2)
*, § |
0,11
(0,01-0,83)
* |
2,66
(0,3-21,7) |
3,11
(1,02-9,46)
* |
3,07
(0,91-10,3) |
| [16] |
3,85
(1,65-8,99)
* |
âge > 65 : 1,79* |
1,63* |
2,32* |
1,85* |
4,72* |
|
| [17] |
| * |
|
|
|
| |
| [18] |
NS |
1,34
(0,47-3,83) |
infini* |
1,7
(0,58-4,99) |
0,76
(0,26-2,22) |
4,88
(1,3-17,3)* |
5,45
(1,7-16,7)
* |
| [19] |
2,83
(0,64-12,5) |
âge > 60 : 2,74
(1,07-7)
*,§ |
2,01
(0,65-6,18) |
0,54
(0,18-1,66) |
1,07
(0,42-2,7) |
| |
| [20] |
2,17
(0,49-9,52) |
2,68
(0,74-8,96) |
NS |
NS |
NS |
| |
*p < 0,05 par analyse univariée, § p < 0,05 par
analyse multivariée, NS : non significatif, HTA :
hypertension artérielle, AOMI : artériopathie oblitérante des
membres inférieurs.
Âge
Sur les 9 études qui ont évalué l’association entre l’âge
des patients et la prévalence des AAA, 6 ont montré une
association statistiquement significative par analyse univariée et
4 par analyse multivariée (tableau
2) [6, 9, 10, 19]. Alors que les
recommandations de dépistage proposent un dépistage unique pour les
hommes fumeurs de plus de 65 ans ; chez les patients
coronariens sévères, au moins un AAA a été dépisté chez des hommes
de moins de 65 ans dans 7 sur les 17 études
[8, 11, 13, 15, 17-19]. Par exemple, dans notre
étude, 7 des 15 AAA ont été détectés chez des hommes âgés
de 50 à 65 ans dont un présentait une indication chirurgicale
[18]. Ceci suggère que chez les patients coronariens sévères, les
AAA seraient détectables avant l’âge de 65 ans et que les
recommandations actuelles de dépistage des AAA seraient mal
adaptées aux patients atteints d’athérosclérose coronarienne
sévère.
Tabagisme
Plus de 90 % des patients atteints d’AAA ont un antécédent
de tabagisme, la moitié d’entre eux présente un tabagisme actif
lors du diagnostic. Le tabac serait un facteur de risque plus
important d’AAA que d’athérosclérose, quelle que soit la
localisation de cette dernière [1]. Cinq des 17 études ont
montré une association significative entre le tabagisme et l’AAA en
analyse univariée, confirmée par analyse multivariée pour
3 d’entre elles (tableau
2). Une seule des 17 études s’est intéressée à
la durée du tabagisme chez ces patients et a montré que chez les
patients coronariens le risque d’apparition d’un AAA est
directement lié à la durée du tabagisme, confirmant des résultats
obtenus en population générale [16]. Alors que chez les patients
coronariens, l’arrêt du tabac permet de réduire à long terme
significativement l’évolution de la pathologie athéroscléreuse,
ceci n’a pas pu être démontré pour la pathologie anévrismale.
Cependant, les récentes recommandations de la Société Européenne de
Chirurgie Vasculaire imposent l’arrêt du tabac pour les AAA connus
[2].
Diabète
Le diabète est aujourd’hui considéré comme un facteur de risque
« protecteur » des AAA dans la population générale. Sur
les 7 études qui ont évalué cette association chez des patients
coronariens, une seule a montré une association inverse par analyse
univariée seulement [12], et une autre a mis en évidence une
association positive (tableau
2) [16]. Guijarro et al. ont observé une
association positive et indépendante entre la présence d’un AAA et
celle d’une microalbuminurie chez des patients coronariens, sans
association avec le diabète [21]. Ces données sont trop éparses
pour conclure sur le rôle protecteur ou aggravant du diabète sur
l’apparition et le développement des AAA chez les patients
coronariens.
Hypertension artérielle
Sur les 7 études qui ont évalué l’association de
l’hypertension artérielle (HTA) avec la présence d’un AAA chez les
patients coronariens, seuls 2 ont confirmé une association
positive (tableau 2)
[10, 16]. L’HTA semble ne pas être un facteur de risque
important d’AAA chez les patients coronariens.
Profil lipidique et obésité
Aucune étude n’a montré d’association entre la présence d’un AAA
et les taux sériques de lipoprotéines, un antécédent de
dyslipidémie ou l’indice de masse corporelle chez les patients
coronariens. Notons que la plupart des patients inclus dans ces
études reçoivent un traitement hypolipémiant (statines, fibrates,
etc.) rendant difficile l’étude de ces associations. Notre équipe a
récemment montré que le taux circulant de résistine, adipokine
produite par les macrophages du tissu adipeux blanc, est
indépendamment associé à la présence d’un AAA chez les patients
atteints d’athérosclérose coronarienne sévère [22]. À ce jour, à
notre connaissance, aucun autre marqueur biologique circulant d’AAA
n’a été mis en évidence dans cette population de patients.
Sévérité de l’atteinte athéroscléreuse coronarienne
Aucune étude n’a pu montrer d’association entre la présence d’un
AAA et le nombre de vaisseaux coronariens sténosés. Cependant, dans
une étude, le risque d’AAA était plus faible chez les patients
présentant un seul vaisseau sténosé comparé à ceux présentant 2 ou
3 vaisseaux sténosés [10]. L’association entre le diamètre de
l’aorte abdominale ou le risque de rupture d’AAA et le nombre de
vaisseaux coronariens sténosés reste à étudier.
Atteinte athéroscléreuse périphérique associée
Dans la population générale, quelques études ont rapporté une
association positive et indépendante entre la présence d’un AAA et
celle d’une artériopathie oblitérante des membres inférieurs
(AOMI), probablement en lien avec l’impact important du tabagisme
sur le développement de ces 2 pathologies [1]. Dans cette
revue, 3 études sur 6 ont montré une association
significative entre la présence d’une AOMI et d’un AAA chez des
patients coronariens (tableau
2) [21]. Dans notre étude, nous avons montré un
risque relatif d’AAA chez les patients coronariens atteints d’AOMI
à 5,45 (intervalle de confiance 95 % : 1,77-16,78,
p = 0,006) [18]. Concernant la sténose carotidienne, les résultats
dans la population générale sont contradictoires. Chez les patients
coronariens, la présence d’une sténose carotidienne significative
est associée à un risque accru d’AAA dans 3 études sur 4
(tableau 2). Notons que
dans notre étude, les hommes coronariens âgés de moins de
75 ans avec un antécédent de tabagisme avaient une prévalence
d’AAA de 24 % s’ils présentaient également une AOMI et/ou une
sténose carotidienne significative versus 4,4 % en
l’absence de ces 2 atteintes athéroscléreuses périphériques
[18].
Conclusion
Cette revue de la littérature montre, malgré le nombre limité
d’études et leur importante hétérogénéité, que des patients
atteints d’athérosclérose coronaire présentent une prévalence des
AAA plus élevée que dans la population générale, en particulier
s’il s’agit d’hommes, fumeurs ou anciens fumeurs, dans un contexte
polyathéromateux (AOMI et/ou sténose carotidienne significative).
Il a récemment été mis en évidence que les recommandations
actuelles de dépistage de l’AAA ne permettent de diagnostiquer que
la moitié des AAA et que seulement 65 % des patients
actuellement éligibles au dépistage acceptent d’y participer [23].
Un ciblage des populations les plus à risque a été proposé afin
d’améliorer l’efficacité de ce dépistage. Cette revue apporte, de
notre point de vue, suffisamment de preuves pour proposer la
recherche d’un AAA par échographie vasculaire chez les patients
coronariens, hommes, fumeurs ou anciens fumeurs avec athérosclérose
périphérique, quel que soit leur âge. L’intérêt pronostique de
cette approche devra bien sûr être ensuite évalué par des études
multicentriques. Ce dépistage pourrait être proposé et réalisé lors
d’une hospitalisation liée à l’atteinte athéroscléreuse, ce qui
permettrait également une meilleure compliance des patients
vis-à-vis de ce dépistage [24].
Conflits d’intérêts: aucun
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