Home > Journals > Medicine > Sang Thrombose Vaisseaux > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Sang Thrombose Vaisseaux
- Current issue
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
Biology and research
Public health
Agronomy and biotech.
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version
  Version PDF

Abdominal aortic aneurysms in patients with coronary artery disease


Sang Thrombose Vaisseaux. Volume 24, Number 1, 12-8, Janvier 2012, Mini-revue

DOI : 10.1684/stv.2012.0667

Résumé   Summary  

Author(s) : Ahmed Elkalioubie, Stephan Haulon, Eric Van Belle, Sophie Susen, Brigitte Jude, Annabelle Dupont, Université Lille Nord de France, EA 2693, Faculté de Médecine, pôle recherche, 1 place de Verdun, 59000 Lille, France, CHRU Lille, pôle de cardiologie et chirurgie cardiovasculaire, 2 avenue Oscar Lambret, 59037 Lille, France, CHRU Lille, pôle d’hématologie-transfusion, 2 avenue Oscar Lambret, 59037 Lille, France.

Summary : Abdominal Aortic Aneurysm (AAA) is defined as a localized and permanent dilation of the abdominal aorta. It is a major public health problem because AAA rupture is the tenth leading cause of death in American men over 55 years old. Despite the fact that AAA and atherosclerosis share several risk factors, no specific recommendations have been given for screening patients with advanced atherosclerosis. The high prevalence of coronary artery disease (CAD) among patients with AAA is well known. Indeed, coronary investigations are often required prior to aortic surgery. In contrast, the opposite relationship has only been investigated in some recent cohorts or in subgroups of patients with limited, incomplete and often conflicting results. In this review, based on a thorough review of the literature including personal experience, the authors report the prevalence and predictive risk factors of AAA among CAD patients. They focus on the characteristics of AAA in CAD patients (definition, prevalence, diameter distribution…) and described the clinical profile of these CAD patients with AAA, including coronary profiles and associated atherosclerotic locations (carotid artery stenosis and peripheral arterial disease). They attempt to identify CAD patients at high risk for AAA development and discuss the usefulness of AAA screening in these subpopulations.

Keywords : screening, abdominal aortic aneurysm, coronary atherosclerosis, risk factors

ARTICLE

stv.2012.0667

Auteur(s) : Ahmed Elkalioubie1, Stephan Haulon2, Eric Van Belle1,2, Sophie Susen1,3, Brigitte Jude1,3, Annabelle Dupont1 annabelle.dupont-2@univ-lille2.fr

1 Université Lille Nord de France, EA 2693, Faculté de Médecine, pôle recherche, 1 place de Verdun, 59000 Lille, France

2 CHRU Lille, pôle de cardiologie et chirurgie cardiovasculaire, 2 avenue Oscar Lambret, 59037 Lille, France

3 CHRU Lille, pôle d’hématologie-transfusion, 2 avenue Oscar Lambret, 59037 Lille, France

Tirés à part : A. Dupont

L’anévrisme de l’aorte abdominale (AAA) correspond par définition à une dilation localisée, d’au moins 50 % par rapport au diamètre normal, avec perte du parallélisme des bords de l’aorte dans sa portion abdominale. La prévalence de l’AAA varie de 1,3 % à 9 % chez les hommes et de 1 % à 2,2 % chez les femmes [1]. Ils sont le plus souvent asymptomatiques jusqu’à la rupture, complication liée à une mortalité de plus de 80 %. À l’opposée, une réparation chirurgicale programmée d’un AAA n’est associée qu’à une mortalité de 2 à 6 %. Le dépistage systématique d’un AAA par échographie vasculaire abdominale, examen fiable, inoffensif et peu coûteux, est actuellement recommandé pour tous les hommes âgés de 65 à 75 ans, fumeurs ou anciens fumeurs [2]. Bien que l’AAA et l’athérosclérose présentent des facteurs de risque communs, il n’existe pas à ce jour de recommandation spécifique concernant le dépistage systématique de l’AAA chez les patients athéroscléreux coronariens. Une coronarographie étant requise avant la chirurgie programmée de l’AAA, la prévalence de l’atteinte coronarienne chez ces patients a été largement étudiée (de 31 à 90 %) [3]. À l’inverse, la prévalence des AAA chez les patients coronariens n’a été évaluée que dans peu de cohortes de patients et ces études sont souvent incomplètes ou contradictoires. L’objectif principal de cette étude, basée sur une revue systématique de la littérature et les travaux de notre laboratoire, est d’identifier les patients coronariens les plus à risque de développer un AAA et d’évaluer l’impact d’un dépistage systématique de l’AAA dans cette population.

Méthode de la revue de la littérature

Tous les articles originaux qui se sont intéressés à la prévalence et aux facteurs de risque d’AAA chez les patients coronariens ont été inclus dans cette revue. Les bases de données PubMed/Medline, Cochrane et Embase ont été interrogées, sans limite de date de publication, à partir des mots clés suivant : « abdominal aortic aneurysm », « coronary artery disease ». Nous avons ensuite étendu notre recherche à partir des références de ces articles. Puis les articles ont été sélectionnés à partir des titres et des résumés de publication. Les données ont été extraites de manière indépendante par 2 auteurs selon un formulaire d’extraction préétabli incluant l’année de publication, les caractéristiques de la population étudiée, la sévérité de l’atteinte coronaire, la prévalence, la taille et la définition de l’AAA, les facteurs de risque d’AAA et les biomarqueurs circulants associés.

Caractéristiques des AAA chez les patients atteints d’athérosclérose coronarienne

Dix-sept références ont été retenues, toutes en langue anglaise, publiées entre 1991 et 2011 et incluant, au total, 8 308 patients (tableau 1) [4-20]. Le nombre de patients inclus s’étend de 72 à 2 819 selon les études. La prévalence ou l’incidence de l’AAA chez les patients coronariens varie de 0,48 % à 18,2 % et est supérieure à 9 % pour 8 études sur 17, limite supérieure de la prévalence de l’AAA dans les études de population globale. Notons que plus le nombre de patients inclus est important, plus la prévalence des AAA observée est basse (Rho = – 0,554, p = 0,026). La prévalence des AAA candidats à une prise en charge chirurgicale (diamètre aortique sous-rénal > 50 mm) s’étend de 0 à 5,2 % de la population étudiée et de 0 à 36,7 % de la population des AAA. Les AAA diagnostiqués ont un diamètre qui varie de 25 à 87 mm. Seulement 5 études ont inclus une population contrôle appariée à l’âge et au sexe et ne présentant pas d’anomalies coronarographiques [6, 9, 12, 14, 17]. Dans ces 5 études, la prévalence des AAA dans le groupe contrôle (de 0 à 3,3 %) est significativement inférieure à celle évaluée dans le groupe de patients coronariens. L’importante hétérogénéité de la prévalence des AAA chez les patients coronariens observée peut être expliquée par des différences dans la définition de l’AAA, le nombre de patients inclus, la répartition par âge, sexe des patients et leur origine géographique, la sévérité de l’atteinte coronarienne, la prévalence de facteurs de risque associés et une morbidité liée à l’atteinte athéroscléreuse préexistante. Par exemple, le diagnostic d’AAA est le plus souvent posé lorsque le diamètre aortique sous-rénal est ≥ 30 mm [2]. Cette définition a été utilisée dans 15 des 17 études précitées. Cependant, d’autres définitions ont également été appliquées : diamètre aortique sous-rénal > 26 mm [11] ou > 25 mm [16] ; ratio diamètre aortique sous/sus-rénal > 1,2 [5] ou > 1,5 [18] ou un diamètre aortique sous-rénal > diamètre sus-rénal + 5 mm [9]. De plus, la proportion de femmes incluses dans ces études varie de 0 à 34,4 % dont 2 études qui n’ont inclus que des hommes [9, 10]. Enfin, étant donné que l’âge est un facteur de risque important pour l’AAA et l’athérosclérose coronaire, 4 études ont inclus des patients strictement âgés de plus de 60 ans [5, 10, 12, 14], alors que dans 2 autres études, l’âge des patients inclus s’étendait de 34 à 88 ans et de 29 à 83 ans [19, 20]. En conclusion, la grande hétérogénéité de ces études, notamment au niveau des critères d’inclusion des patients, peut conduire à de nombreux biais d’interprétation de la prévalence des AAA chez les patients coronariens. Cependant, elle ne masque pas une plus grande prévalence ou incidence des AAA chez les patients coronariens par rapport à la population globale.

Tableau 1 Liste des études ayant évalué la prévalence ou l’incidence (*) des AAA chez des patients coronariens

Référence Critères d’inclusion, pays de l’étude Nombre de patients
(% hommes)
AAA (%)
[4] Post-PAC, Belgique 100 (80) 11*
[5] > 65 ans, IDM, angor, PAC, sténose significative sur l’angio-coronarographie, EU 1244 13.8
[6] PAC programmé, EU 192 (65,6) 18.2 (13,0*)
[7] Patients coronariens en échographie transthoracique, Suisse 72 15,3*
[8] Sténose carotidienne significative par angio-coronarographie, Canada 99 (75) 8,1*
[9] Homme > 54 ans, athérosclérose coronarienne sévère (sténose > 70 %) par angio-coronarographie, antécédent de PAC, Brésil 501 6,8*
[10] Hommes > 60 ans, Post-PAC, Suisse 395 10,1*
[11] PAC, Royaume Uni 118 15,3
[12] > 60 ans, sténose coronaire ≥ 50 %, Slovaquie 109 (90) 14,7 (8,3*)
[13] Étude SMART, IDM, angor instable, antécédent d’athérosclérose coronarienne ou de PAC/revascularisation coronarienne endovasculaire, Pays-Bas 1 034 (83) 3,7 (2,2*)
[14] > 60 ans, sténose coronaire ≥ 50 %, Chine 209 (72,7) 0,48*
[15] Sténose coronarienne significative, Royaume Uni 87 (77) 13,8
[16] PAC programmé, Iran 2819 (69,6) 2,09
[17] Athérosclérose coronarienne (sténose > 50 %), Iran 184 4,3
[18] Post PAC, France 217 (87) 6,9
[19] Syndrome coronarien aigu avec une sténose carotidienne ≥ 50 %, France 304 (77) 6,6*
[20] PAC programmé, China 624 (79,9) 1,8

PAC : pontage aorto-coronarien, IDM : Infarctus du myocarde, EU : États-Unis

Facteurs de risque de l’AAA chez les patients coronariens

Sexe masculin

La plupart des études incluant des hommes et des femmes ont montré une tendance à une plus grande prévalence des AAA chez les hommes, en accord avec les résultats des études en population globale (tableau 2). Une seule publication a montré une association statistiquement significative entre la prévalence des AAA et le sexe masculin [16]. Chez les patients coronariens, comme dans la population générale, la définition d’un AAA « diamètre aortique sous-rénal ≥ 30 mm » est probablement inappropriée chez les femmes [20]. En effet, le diamètre aortique moyen sous-rénal est significativement inférieur chez les femmes par rapport aux hommes. Dans notre étude incluant 217 patients coronariens sévères, ce diamètre moyen était de 15,5 ± 2,2 mm chez les femmes versus 18,8 ± 5,6 mm chez les hommes (p < 0,0001) [18].

Tableau 2 Récapitulatif des études d’association entre les facteurs de risque d’athérosclérose coronaire et la présence d’un AAA chez des patients coronariens, présenté sous forme d’odd ratio (intervalle de confiance : 95 %)

Référence Sexe masculin Âge Tabagisme Diabète HTA Sténose carotidienne AOMI
[6] 1.78
(0,67-4,7)
5,7
(1,7-18,8)
*, §
7
(2,5-19,1)
*,§
[8] 4,7
(2,1-10,3)
*
[9] 1,09
(1,03-1,15)
*, §
0,96
(0,47-1,95)
1,29
(0,58-2,86)
1,53
(0,79-2,99)
0,66
(0,21-2,1)
[10] *, § 2,07
(1,05-4,1)
*, §
0,4
(0,14-1,16)
2,67
(1,2-5,96)
*, §
0,9
(0,36-2,24)
1,88
(0,78-4,56)
[12] 1,11
(0,28-4,35)
1,05
(0,95-1,17)
4,85
(1,5-15,2)
*, §
0,11
(0,01-0,83)
*
2,66
(0,3-21,7)
3,11
(1,02-9,46)
*
3,07
(0,91-10,3)
[16] 3,85
(1,65-8,99)
*
âge > 65 : 1,79* 1,63* 2,32* 1,85* 4,72*
[17] *
[18] NS 1,34
(0,47-3,83)
infini* 1,7
(0,58-4,99)
0,76
(0,26-2,22)
4,88
(1,3-17,3)*
5,45
(1,7-16,7)
*
[19] 2,83
(0,64-12,5)
âge > 60 : 2,74
(1,07-7)
*,§
2,01
(0,65-6,18)
0,54
(0,18-1,66)
1,07
(0,42-2,7)
[20] 2,17
(0,49-9,52)
2,68
(0,74-8,96)
NS NS NS

*p < 0,05 par analyse univariée, § p < 0,05 par analyse multivariée, NS : non significatif, HTA : hypertension artérielle, AOMI : artériopathie oblitérante des membres inférieurs.

Âge

Sur les 9 études qui ont évalué l’association entre l’âge des patients et la prévalence des AAA, 6 ont montré une association statistiquement significative par analyse univariée et 4 par analyse multivariée (tableau 2) [6, 9, 10, 19]. Alors que les recommandations de dépistage proposent un dépistage unique pour les hommes fumeurs de plus de 65 ans ; chez les patients coronariens sévères, au moins un AAA a été dépisté chez des hommes de moins de 65 ans dans 7 sur les 17 études [8, 11, 13, 15, 17-19]. Par exemple, dans notre étude, 7 des 15 AAA ont été détectés chez des hommes âgés de 50 à 65 ans dont un présentait une indication chirurgicale [18]. Ceci suggère que chez les patients coronariens sévères, les AAA seraient détectables avant l’âge de 65 ans et que les recommandations actuelles de dépistage des AAA seraient mal adaptées aux patients atteints d’athérosclérose coronarienne sévère.

Tabagisme

Plus de 90 % des patients atteints d’AAA ont un antécédent de tabagisme, la moitié d’entre eux présente un tabagisme actif lors du diagnostic. Le tabac serait un facteur de risque plus important d’AAA que d’athérosclérose, quelle que soit la localisation de cette dernière [1]. Cinq des 17 études ont montré une association significative entre le tabagisme et l’AAA en analyse univariée, confirmée par analyse multivariée pour 3 d’entre elles (tableau 2). Une seule des 17 études s’est intéressée à la durée du tabagisme chez ces patients et a montré que chez les patients coronariens le risque d’apparition d’un AAA est directement lié à la durée du tabagisme, confirmant des résultats obtenus en population générale [16]. Alors que chez les patients coronariens, l’arrêt du tabac permet de réduire à long terme significativement l’évolution de la pathologie athéroscléreuse, ceci n’a pas pu être démontré pour la pathologie anévrismale. Cependant, les récentes recommandations de la Société Européenne de Chirurgie Vasculaire imposent l’arrêt du tabac pour les AAA connus [2].

Diabète

Le diabète est aujourd’hui considéré comme un facteur de risque « protecteur » des AAA dans la population générale. Sur les 7 études qui ont évalué cette association chez des patients coronariens, une seule a montré une association inverse par analyse univariée seulement [12], et une autre a mis en évidence une association positive (tableau 2) [16]. Guijarro et al. ont observé une association positive et indépendante entre la présence d’un AAA et celle d’une microalbuminurie chez des patients coronariens, sans association avec le diabète [21]. Ces données sont trop éparses pour conclure sur le rôle protecteur ou aggravant du diabète sur l’apparition et le développement des AAA chez les patients coronariens.

Hypertension artérielle

Sur les 7 études qui ont évalué l’association de l’hypertension artérielle (HTA) avec la présence d’un AAA chez les patients coronariens, seuls 2 ont confirmé une association positive (tableau 2) [10, 16]. L’HTA semble ne pas être un facteur de risque important d’AAA chez les patients coronariens.

Profil lipidique et obésité

Aucune étude n’a montré d’association entre la présence d’un AAA et les taux sériques de lipoprotéines, un antécédent de dyslipidémie ou l’indice de masse corporelle chez les patients coronariens. Notons que la plupart des patients inclus dans ces études reçoivent un traitement hypolipémiant (statines, fibrates, etc.) rendant difficile l’étude de ces associations. Notre équipe a récemment montré que le taux circulant de résistine, adipokine produite par les macrophages du tissu adipeux blanc, est indépendamment associé à la présence d’un AAA chez les patients atteints d’athérosclérose coronarienne sévère [22]. À ce jour, à notre connaissance, aucun autre marqueur biologique circulant d’AAA n’a été mis en évidence dans cette population de patients.

Sévérité de l’atteinte athéroscléreuse coronarienne

Aucune étude n’a pu montrer d’association entre la présence d’un AAA et le nombre de vaisseaux coronariens sténosés. Cependant, dans une étude, le risque d’AAA était plus faible chez les patients présentant un seul vaisseau sténosé comparé à ceux présentant 2 ou 3 vaisseaux sténosés [10]. L’association entre le diamètre de l’aorte abdominale ou le risque de rupture d’AAA et le nombre de vaisseaux coronariens sténosés reste à étudier.

Atteinte athéroscléreuse périphérique associée

Dans la population générale, quelques études ont rapporté une association positive et indépendante entre la présence d’un AAA et celle d’une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), probablement en lien avec l’impact important du tabagisme sur le développement de ces 2 pathologies [1]. Dans cette revue, 3 études sur 6 ont montré une association significative entre la présence d’une AOMI et d’un AAA chez des patients coronariens (tableau 2) [21]. Dans notre étude, nous avons montré un risque relatif d’AAA chez les patients coronariens atteints d’AOMI à 5,45 (intervalle de confiance 95 % : 1,77-16,78, p = 0,006) [18]. Concernant la sténose carotidienne, les résultats dans la population générale sont contradictoires. Chez les patients coronariens, la présence d’une sténose carotidienne significative est associée à un risque accru d’AAA dans 3 études sur 4 (tableau 2). Notons que dans notre étude, les hommes coronariens âgés de moins de 75 ans avec un antécédent de tabagisme avaient une prévalence d’AAA de 24 % s’ils présentaient également une AOMI et/ou une sténose carotidienne significative versus 4,4 % en l’absence de ces 2 atteintes athéroscléreuses périphériques [18].

Conclusion

Cette revue de la littérature montre, malgré le nombre limité d’études et leur importante hétérogénéité, que des patients atteints d’athérosclérose coronaire présentent une prévalence des AAA plus élevée que dans la population générale, en particulier s’il s’agit d’hommes, fumeurs ou anciens fumeurs, dans un contexte polyathéromateux (AOMI et/ou sténose carotidienne significative). Il a récemment été mis en évidence que les recommandations actuelles de dépistage de l’AAA ne permettent de diagnostiquer que la moitié des AAA et que seulement 65 % des patients actuellement éligibles au dépistage acceptent d’y participer [23]. Un ciblage des populations les plus à risque a été proposé afin d’améliorer l’efficacité de ce dépistage. Cette revue apporte, de notre point de vue, suffisamment de preuves pour proposer la recherche d’un AAA par échographie vasculaire chez les patients coronariens, hommes, fumeurs ou anciens fumeurs avec athérosclérose périphérique, quel que soit leur âge. L’intérêt pronostique de cette approche devra bien sûr être ensuite évalué par des études multicentriques. Ce dépistage pourrait être proposé et réalisé lors d’une hospitalisation liée à l’atteinte athéroscléreuse, ce qui permettrait également une meilleure compliance des patients vis-à-vis de ce dépistage [24].

Conflits d’intérêts: aucun

Références

1. Sakalihasan N, Limet R, Defawe O.D. Abdominal aortic aneurysm. The Lancet 2005 ; 365 : 1577-1589.

2. Moll FL, Powell JT, Fraedrich G, et al. European Society for Vascular Surgery. Management of abdominal aortic aneurysms clinical practice guidelines of the European society for vascular surgery. Eur J Vasc Endovasc Surg 2011 ; 41 (Suppl. 1) : S1-S58.

3. Van Kuijk JP, Flu WJ, Dunckelgrun M, Bax JJ, Poldermans D. Coronary artery disease in patients with abdominal aortic aneurysm : a review article. J Cardiovasc Surg (Torino) 2009 ; 50 : 93-107.

4. Nevelsteen A, Kim Y, Meersman A, Suy R. Routine screening for unsuspected aortic aneurysms in patients after myocardial revascularization : a prospective study. Acta Cardiol 1991 ; 46 : 201-206.

5. Alcorn HG, Wolfson SK Jr, Sutton-Tyrrell K, Kuller LH, O’Leary D. Risk factors for abdominal aortic aneurysms in older adults enrolled in The Cardiovascular Health Study. Arterioscler Thromb Vasc Biol 1996 ; 16 : 963-70.

6. Bergersen L, Kiernan MS, McFarlane G, Case TD, Ricci M.A. Prevalence of abdominal aortic aneurysms in patients undergoing coronary artery bypass. Ann Vasc Surg 1998 ; 12 : 101-105.

7. Jaussi A, Fontana P, Mueller X.M. Imaging of the abdominal aorta during examination of patients referred for transthoracic echocardiography. Schweiz Med Wochenschr 1999 ; 129 : 71-76.

8. Benzaquen BS, Garzon P, Eisenberg M.J. Screening for abdominal aortic aneurysms during cardiac catheterization. J Invasive Cardiol 2001 ; 13 : 100-106.

9. Bonamigo TP, Siqueira I. Screening for abdominal aortic aneurysms. Rev Hosp Clin Fac Med Sao Paulo 2003 ; 58 : 63-68.

10. Monney P, Hayoz D, Tinguely F, et al. High prevalence of unsuspected abdominal aortic aneurysms in patients hospitalised for surgical coronary revascularisation. Eur J Cardiothorac Surg 2004 ; 25 : 65-68.

11. Calderwood R, Welch M. Screening men for aortic aneurysm. Int Angiol 2004 ; 23 : 185-188.

12. Madaric J, Vulev I, Bartunek J, et al. Frequency of abdominal aortic aneurysm in patients >60 years of age with coronary artery disease. Am J Cardiol 2005 ; 96 : 1214-1216.

13. Goessens BM, Visseren FL, Algra A, Banga JD, van der Graaf Y. SMART Study Group. Screening for asymptomatic cardiovascular disease with noninvasive imaging in patients at high-risk and low-risk according to the European Guidelines on Cardiovascular Disease Prevention: the SMART study. J Vasc Surg 2006 ; 43 : 525-32.

14. Wang JA, Chen XF, Yu WF, et al. Prevalence of abdominal aortic aneurysms in chinese coronary artery disease patients. Eur J Vasc Endovasc Surg 2008 ; 36 : 500.

15. Abela R, Prionidis I, Beresford T, et al. Abdominal aortic aneurysm screening in patients with established ischaemic heart disease. Br J Cardiol 2009 ; 16 : 231-235.

16. Shirani S, Shakiba M, Soleymanzadeh M, Bakhshandeh H, Esfandbod M. Ultrasonographic screening for abdominal aortic aneurysms in Iranian candidates for coronary artery bypass graft surgery. Arch Iran Med 2009 ; 12 : 383-388.

17. Nemati M, Shakeri A, Dehghan R, Ghaffari S. Prevalence of abdominal aortic aneurysm in patients with coronary artery disease. J Cardiovasc Thorac Res 2009 ; 1 : 1-4.

18. Dupont A, Elkalioubie A, Juthier F, et al. Frequency of abdominal aortic aneurysm in patients undergoing coronary artery bypass grafting. Am J Cardiol 2010 ; 105 : 1545-1548.

19. Long A, Bui HT, Barbe C, et al. Prevalence of abdominal aortic aneurysm and large infrarenal aorta in patients with acute coronary syndrome and proven coronary stenosis : a prospective monocenter study. Ann Vasc Surg 2010 ; 24 : 602-608.

20. Poon JT, Cheng SW, Wong JS, Ting A.C. Prevalence of abdominal aortic aneurysm in Chinese patients with severe coronary artery disease. ANZ J Surg 2010 ; 80 : 630-633.

21. Guijarro C, Luján S, Huelmos AI, Puras E, López-Bescós L. Peripheral arterial disease is a marker of risk for abdominal aortic aneurysms in patients with coronary artery disease. Am J Cardiol 2006 ; 97 : 1549-1550.

22. Elkalioubie A, Juthier F, Gautier C, et al. Resistin is independently associated with abdominal aortic aneurysm in severe coronary artery disease patients. Cardiovasc Pathol (sous presse).

23. Kent KC, Zwolak RM, Egorova NN, et al. Analysis of risk factors for abdominal aortic aneurysm in a cohort of more than 3 million individuals. J Vasc Surg 2010 ; 52 : 539-548.

24. Elkalioubie A, Jude B, Dupont A. Abdominal aortic aneurysm in patients with coronary artery disease: A review article. In : Grundmann RT (Eds). Diagnosis and treatment of abdominal and thoracic aortic aneurysms including the ascending aorta and the aortic arch. InTech, 2011 : 71-88.


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]