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Coronary risk in transient ischemic attack and ischemic stroke patients


Sang Thrombose Vaisseaux. Volume 22, Number 10, 503-9, décembre 2010, Mini-revue

DOI : 10.1684/stv.2010.0535

Résumé   Summary  

Author(s) : David Calvet, Olivier Varenne , Inserm UMR S894, Centre de psychiatrie et neurosciences, Université Paris-Descartes, Paris, France, Service de neurologie, Centre hospitalier Sainte-Anne, Paris, France, Service de cardiologie, Hôpital Cochin, Paris, France.

Summary : Coronary artery disease (CAD) is usually considered a significant cause of morbidity and mortality in patients who had an ischemic stroke or a transient ischemic attack (TIA). Although recurrent strokes occur more commonly than cardiac events over the long term after stroke, cardiac events still account for a greater mortality. The overall risks of myocardial infarction and non-stroke vascular death are around 2% per year each. However, those risks are only about 1% per year in patients without known CAD at the time of ischemic stroke. To improve the prevention of CAD in stroke patients, it could be relevant to identify patients with asymptomatic coronary artery stenosis, as they might benefit from specific additional therapeutic measures to prevent a first coronary event. The AHA/ASA statement recommends an individual risk assessment based notably on the Framingham Risk Score (FRS) and on the presence of significant carotid disease to identify stroke patients who should be considered for non-invasive testing for CAD. However, the validity of such an approach has never been tested. In addition, classic non-invasive tests detecting silent ischemia have relatively low sensitivities and specificities for the diagnosis of significant coronary stenosis. It has been recently shown that the prevalence of asymptomatic ≥ 50% CAD in stroke/TIA patients is about 20% and that the lesions are strongly associated with the FRS and the severity and extent of cervicocephalic atherosclerosis. The natural history of asymptomatic CAD remains unknown and there is still uncertainty about potential benefits of treating patients with asymptomatic CAD. Therefore, the potential benefit of screening stroke/TIA patients for asymptomatic CAD remains to be specifically assessed through a pragmatic randomized clinical trial comparing standard secondary prevention with a more aggressive approach that would include screening for asymptomatic CAD ensuing medical or interventional treatments. Pending the results from such studies, the decision to screen for asymptomatic CAD in stroke patients should be individualized, and should take the feasibility of specific CAD preventive strategies into account.

Keywords : asymptomatic coronary artery disease, ischemic stroke, screening

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ARTICLE

Auteur(s) : David Calvet1,2, Olivier Varenne1,3

1Inserm UMR S894, Centre de psychiatrie et neurosciences, Université Paris-Descartes, Paris, France
2Service de neurologie, Centre hospitalier Sainte-Anne, Paris, France
3Service de cardiologie, Hôpital Cochin, Paris, France

L'accident ischémique cérébral (AIC) [infarctus cérébral (IC) et AIC] et la maladie coronaire ont des facteurs de risque et des mécanismes physiopathologiques communs [1, 2]. La maladie coronaire est d'ailleurs souvent considérée comme une cause importante de morbidité et de mortalité après un AIC [1-3]. En effet, bien que le risque de récidive d'AIC soit plus élevé que celui d'événements coronaires, à long terme, la proportion de décès attribuable à des événements cardiaques est plus élevée que celle attribuable à un IC [3]. Une meilleure prise en compte du risque coronaire pourrait permettre d'améliorer la prévention et le pronostic vasculaire des patients ayant eu un IC/ou un accident ischémique transitoire (AIT).

Quel est le risque absolu d'événements coronaires après un IC ou un AIT ?

Une revue systématique de 39 cohortes incluant 25 essais randomisés, 8 études populationnelles et 6 études hospitalières (65 996 patients) a montré que le risque annuel d'infarctus du myocarde (IDM) était de 2,2 % (intervalle de confiance à 95 % : 1,7-2,7) après un AIC (tableau 1) [2]. Ce niveau de risque est généralement considéré comme élevé dans les recommandations pour la prévention de la maladie coronaire [4, 5]. Il est possible que les études les plus anciennes aient sous-estimé le risque d'événements coronaires, car elles ne prenaient pas en compte les syndromes coronaires aigus sans nécrose myocardique. La plus large utilisation des traitements de prévention secondaire (statines, inhibiteurs de l'enzyme de conversion [IEC], antithrombotiques) au cours du temps n'expliquait que partiellement l'hétérogénéité observée. Des études récentes ont montré des risques très comparables à ceux observés dans cette méta-analyse [3, 6, 7]. L'étude NOMASS et le Dutch TIA trial ont aussi montré qu'à moyen et long termes, les décès d'origine cardiaque (en particulier par IDM) étaient plus fréquents que les décès liés à une récidive d'AIC [8, 9]. Ce constat inciterait à mettre en œuvre une prévention spécifique de ces événements. Cependant, ce risque n'est pas le même pour tous les patients et, compte tenu de la fréquence de l'AIC, l'identification de patients à plus haut risque coronaire est nécessaire dans l'optique d'une stratégie de prévention plus ciblée.

Tableau 1 Risques annuels d'IDM et de mort vasculaires [2]

Événements

Nombres d'études

Nombre de patients

Risque annuel (IC à 95 %)

IDM total

22

50 036

2,2 (1,7-2,7)

IDM mortel

19

39 573

1,1 (0,8-1,5)

IDM non mortel

16

31 917

0,9 (0,7-1,2)

Mort vasculaire (AVC exclu)

29

50 016

2,1 (1,9-2,4)

Quels sont les patients à haut risque d'événement coronaire ?

Même s'il est clair que les patients ayant eu un AIC ont un risque relativement élevé d'événements coronaires, la très grande majorité d'entre eux n'aura pas de tels événements. La prédiction du risque est difficile, car peu d'études ont cherché à identifier les patients à haut risque d'événements coronaires après un AIC.

Risque différent selon l'existence ou pas d'un antécédent coronaire ?

Environ 20 % des patients ayant présenté un AIC ont déjà, au moment de l'AIC, un antécédent coronaire [10-12]. Il est vraisemblable que ces patients concentrent une partie du risque coronaire. Cependant, nous ne disposons que de peu de données sur le risque d'événements coronaires en fonction de l'existence d'un antécédent coronaire chez les patients au moment de l'AIC. Dans l'étude SPARCL (Stroke Prevention by Aggressive Reduction in Cholesterol Levels), le risque d'événements coronaires majeurs (mort de cause cardiaque, IDM non mortel ou arrêt cardiaque ressuscité) à cinq ans était de 4,2 % (3,7-4,8) [13]. Dans le registre international REACH (Reduction of Atherothrombosis for Continued Health), après un an de suivi de 18 013 patients ayant eu un AIC, le risque d'IDM était de 1,0 % (0,9-1,2) chez les patients sans antécédent coronaire, contre 3,0 % (2,5-3,5) chez ceux qui avaient un antécédent coronaire [14]. Ces données suggèrent qu'après un AIC, les patients ayant une maladie coronaire documentée rendent compte de la majorité des événements coronaires au cours du suivi.

Un risque prédictible par les scores de prédiction de risque d'événement coronaire ?

Le risque d'événement coronaire peut théoriquement être estimé en utilisant des scores de risque, tels que le score de Framingham ou SCORE [4, 5, 15, 16]. Cependant, la validité de ces scores pour prédire un événement coronaire après un AIC est inconnue. Il est possible, au moins à long terme, que le poids des facteurs de risque traditionnels soit modifié, notamment parce que certains de ces facteurs sont pris en charge [17].

Un risque différent selon la cause de l'AIC ?

Contrairement à la maladie coronaire, l'AIC est une maladie hétérogène. L'athérosclérose ne rend compte que de 20 à 50 % des AIC [12, 18]. Il existe de nombreuses autres causes, comme les cardiopathies emboligènes, la maladie des petites artères, et des causes plus rares. De plus, la cause n'est pas identifiée dans 30 % des cas environ.

Plusieurs arguments suggèrent que les patients ayant eu un AIC lié à l'athérosclérose ont un risque plus élevé de maladie coronaire que ceux ayant un AIC d'une autre cause [1]. Il existe, en effet, une certaine corrélation entre l'extension et la sévérité de la maladie athéroscléreuse coronaire et cérébrale dans les études anatomiques [19, 20]. Par ailleurs, la sténose carotide est un facteur indépendant d'IDM [21]. En outre, la prévalence et la sévérité des lésions coronaires asymptomatiques augmentent avec la sévérité de la maladie athéroscléreuse carotide [22-24]. Enfin, plusieurs études ont montré que les patients ayant un AIC dû à l'athérosclérose ont un risque de mort plus élevé que ceux ayant une maladie des petites artères ou n'ayant pas de cause identifiée, bien que les causes cardiaques n'aient pas toujours été séparées dans ces études [12, 25]. Cependant, la maladie athéroscléreuse est aussi une maladie hétérogène. Dans l'étude NASCET (North American Symptomatic Carotid Endarterectomy Trial), le risque d'IDM ou de mort cardiaque était de 6,7 % à cinq ans. Ce risque variait de 3,1 % chez les patients sans aucun facteur de risque à 23,5 % chez ceux ayant plusieurs facteurs de risque [26]. De même, dans l'autre essai sur la chirurgie carotide, ECST (European Carotid Surgery Trial), les patients ayant des lésions carotides bilatérales avaient plus souvent un antécédent d'IDM et avaient un risque accru d'IDM mortel au cours du suivi [27]. La présence de lésions bilatérales était un meilleur facteur prédictif de mort coronaire que la sévérité locale de la maladie (évaluée par le degré de sténose). Ainsi, le risque de mort coronaire à cinq ans variait de 2,7 % chez les patients ayant une sténose carotide sans autre localisation symptomatique de la maladie athéroscléreuse à 21,4 % chez ceux ayant une atteinte bilatérale et une autre localisation de la maladie. Cela montre que l'athérosclérose peut parfois rester très localisée, probablement en raison de l'existence de facteurs hémodynamiques locaux [28]. Plusieurs études ont suggéré que le risque d'événements cardiaques était plus faible chez les patients ayant eu une maladie des petites artères. Dans l'étude MATCH (Management of Atherothrombosis with Clopidogrel in High-risk patients with recent TIA or ischemic stroke), qui a très vraisemblablement inclus un très grand nombre de patients ayant une maladie des petites artères, le risque annuel d'IDM était seulement de 1,2 % par an [29]. Cependant, une revue systématique n'a pas montré de différence entre les infarctus lacunaires et les infarctus non lacunaires en ce qui concerne le risque de mort d'origine cardiaque [30] et, dans l'étude SPARCL, le risque d'événement coronaire n'était pas différent chez les patients ayant eu un IC lié à une sténose athérosclérose d'une artère de gros ou moyen calibre et chez ceux ayant une maladie des petites artères [31]. Si le risque coronaire chez les patients ayant présenté un AIC est plus élevé chez ceux ayant un antécédent coronaire, l'identification d'un sous-groupe à haut risque chez les patients n'ayant pas d'antécédent coronaire semble plus difficile. Or, seuls les patients n'ayant pas de maladie coronaire connue au moment de l'AIC sont susceptibles de mesures de prévention spécifiques, les autres étant par définition coronariens connus et traités. Afin d'améliorer la prévention coronaire des patients ayant présenté un AIC, il pourrait être pertinent d'identifier les patients qui ont une coronaropathie asymptomatique et qui pourraient bénéficier de mesures de prévention spécifiques, dans le but d'éviter le premier événement coronaire.

Quelle est la prévalence des lésions coronaires asymptomatiques chez les patients ayant présenté un IC ou un AIT ?

La majorité des études qui ont évalué la prévalence d'une coronaropathie asymptomatique chez des patients ayant eu un AIC a utilisé des tests non invasifs qui détectent l'ischémie myocardique due aux lésions coronaires les plus sévères. La sensibilité de ces techniques pour détecter les lésions coronaires asymptomatiques est très imparfaite [24]. Dans ces études, la prévalence variait de 15 à 60 % (tableau 2). Chez les patients ayant des tests non invasifs anormaux, la prévalence des lésions coronaires sévères (sténose ≥ 50 à 70 %) allait de 65 à 100 % à l'angiographie coronaire [22, 23, 32, 33]. La coronarographie a été utilisée systématiquement dans une seule étude ayant porté sur des patients ayant une sténose carotide chirurgicale [34]. Parmi les 506 patients inclus (288 patients avaient été symptomatiques sur le plan cérébral), seulement 7 % avaient des artères coronaires angiographiquement normales. Chez les patients n'ayant pas de coronaropathie connue, 18 % avaient au moins une sténose coronaire supérieure ou égale à 70 %. Chez les patients ayant une sténose carotide symptomatique, la prévalence atteignait 34 %, mais les auteurs ne rapportent pas de résultat chez ceux sans antécédent coronaire. Enfin, une étude autopsique de 251 patients ayant eu un IC fatal a observé une prévalence globale de lésions coronaires supérieures ou égales à 50 % de 38 % [20]. Parmi les patients sans antécédent coronaire documenté au moment de l'IC fatal (n = 188), 29 % avaient au moins une sténose coronaire, 31 % un IDM silencieux et 70 % des plaques coronaires [20].

Cependant, ces études citées plus haut ont été conduites dans des populations relativement sélectionnées, ce qui rend peu généralisables les résultats. Surtout, les tests non invasifs ne permettaient de détecter que les patients ayant des lésions coronaires suffisamment sévères pour entraîner une ischémie myocardique. Or, il est bien connu que la majorité des syndromes coronaires aigus survient chez des patients ayant des lésions modérées, n'ayant pas provoqué d'ischémie avant l'accident aigu. Il était donc nécessaire de réaliser une étude portant sur des populations suffisamment larges et représentatives et utilisant des tests adaptés pour évaluer la prévalence des lésions asymptomatiques. L'étude PRECORIS (Prévalence des lésions coronaires asymptomatiques chez les patients ayant eu un AIC), récemment publiée, avait ces objectifs [35]. Cette étude a inclus des patients consécutivement admis dans une unité neurovasculaire pour une AIC, de janvier 2006 à février 2009. Il s'agissait de patients âgés de 45 à 75 ans, ayant un AIC non invalidant d'origine non cardioembolique et n'ayant pas d'antécédent de maladie coronaire. Les patients ont eu un angioscanner coronaire à 64 barrettes et un bilan détaillé des artères à distribution cérébrale. Parmi les 300 patients inclus, 274 ont eu un angioscanner coronaire. La prévalence des lésions coronaires supérieures ou égales à 50 % était de 18 % (intervalle de confiance à 95 % : 14-23). La présence des ces lésions était associée de façon indépendante aux facteurs de risque vasculaire évalués isolement ou par l'intermédiaire du score de Framingham (odds ratio [OR] : 2,6 [1,0-7,6], pour un risque estimé d'événement coronaire à dix ans de 10 à 19 % et OR : 7,3 [2,8-19,1] pour un risque estimé ≥ 20 % selon Framingham). De plus, indépendamment de ces facteurs de risque vasculaire, la présence d'une sténose athéroscléreuse des artères cervicales et intracrâniennes supérieure ou égale à 50 % (OR : 4,0 ; 1,4-11,2) était un facteur prédictif de sténose coronaire asymptomatique supérieure ou égale à 50 % (figure 1). L'extension des lésions d'athérosclérose cervicales et intracrâniennes était aussi indépendamment associée à la présence d'une sténose coronaire asymptomatique. Il est intéressant de noter que, dans cette étude, lorsque ces facteurs de risque traditionnels étaient combinés à la sévérité de l'athérosclérose cervicale et intracrânienne, les trois quarts des patients environ ayant des lésions coronaires asymptomatiques supérieures ou égales à 50 % et 90 % de ceux avec atteinte du tronc commun ou tritronculaire pouvaient être identifiés au sein d'un sous-groupe de patients qui représentait 40 % des patients inclus dans l'étude. Cette étude répond donc à la question de la prévalence et des facteurs prédictifs des lésions asymptomatiques mais pas à celle de la pertinence du dépistage.

Tableau 2 Prévalence des lésions coronaires asymptomatiques chez des patients ayant eu un IC ou un AIT [14]

Étude

Lieu

Nombre de patientsa

Population

Méthode utilisée pour le dépistage

Prévalence des lésions coronaires asymptomatiques en pourcentage (IC à 95 %)

Tests non invasifs

Rokey et al. (1988)

États-Unis

34

AIT, IC mineurs

Scintigraphie thallium/dypiridamole

41 (25-59)

Di Pasquale et al. (1988)

Italie

190

IC carotidiens

Test d'effort et scintigraphie thallium/dypiridamole

26 (13-33)

Di Pasquale et al. (1991)

Italie

38

IC carotidiens

Scintigraphie thallium/dypiridamole

61 (45-76)

Lovet et al. (1992)

États-Unis

45

Sténose carotide symptomatique

Test d'effort et scintigraphie thallium/dypiridamole

42 (28-57)

Urbinati et al. (1992)

Italie

106

Sténose carotide symptomatique

Test d'effort

37 (26-44)

Chimowitz et al. (1997)

États-Unis

69

AIT, IC mineurs

Scintigraphie thallium/dypiridamole/adénosine

35 (24-46)

Macko et al. (1997)

États-Unis

31

IC non invalidants

Test d'effort

29 (11-47)

Arenilas et al. (2005)

Espagne

65

AIT, IC mineurs

SPECT

52 (40-65)

Nighoghossian et al. (2006)

France

60

AIT, IC mineurs

Échographie de stress

15 (6-24)

Angiographie coronaire

Hertzer et al. (1985)

États-Unis

506b

Sténose carotide symptomatique, dont 288 patients avec IC/AIT

Coronarographie

34 (29-40)

Faut-il dépister la maladie coronaire asymptomatique ?

Les sociétés savantes américaines de cardiologie et de neurologie vasculaire (AHA/ASA) recommandent d'évaluer de façon détaillée le risque cardiovasculaire, afin d'identifier les patients qui ont les plus hauts risques de mortalité et morbidité coronaire et de traiter les facteurs de risque de la maladie coronaire indépendamment de la recherche éventuelle d'une maladie coronaire asymptomatique chez tous les patients ayant présenté un AIC [1]. Étant donné que la maladie coronaire semble fréquente chez les patients ayant présenté un AIC lié à une sténose carotide, elles proposent la recherche d'une ischémie silencieuse dans ce sous-groupe de patients ainsi que chez les patients ayant un risque prédit élevé de maladie coronaire défini par un score de Framingham supérieur ou égal à 20 % à dix ans [1]. Les résultats de l'étude PRECORIS vont tout à fait dans le sens de ces recommandations [35].

Cependant, bien que séduisant, un dépistage systématique représenterait un coût économique important, car l'AIC est une maladie fréquente [14]. De plus, il est associé à un risque lié aux investigations (notamment si une coronarographie est utilisée) et aux traitements engendrés par la découverte de lésions asymptomatiques. Enfin, l'histoire naturelle de la maladie coronaire asymptomatique reste mal connue, et le bénéfice des traitements en cas de lésions coronaires asymptomatiques reste incertain [36]. Par conséquent, le bénéfice potentiel du dépistage et de la prise en charge d'une maladie coronaire asymptomatique chez les patients ayant présenté un AIC devra être spécifiquement évalué par un essai clinique randomisé pragmatique, comparant une prévention secondaire classique à une attitude plus agressive qui comprendrait le dépistage et le traitement médical ou interventionnel d'une maladie coronaire. Dans l'attente des résultats de ces essais, la décision de dépister une maladie coronaire asymptomatique chez les patients ayant présenté un IC ou un AIT doit rester individuelle et peut être basée sur les facteurs prédictifs identifiés ainsi que sur la faisabilité des différentes stratégies de prévention spécifique à la lésion coronaire asymptomatique.

Conclusion

En attendant les résultats des recherches en cours, un dépistage des lésions asymptomatiques ne devrait être proposé qu'aux patients à haut risque, qui peuvent être identifiés par des scores de risque ou l'existence de lésions d'athérosclérose diffuses, même si cette approche pourrait avoir certaines limites. Dans tous les cas, la pertinence d'une prise en charge spécifique de la maladie coronaire asymptomatique, en particulier d'une revascularisation myocardique, doit être prise en compte.

Conflits d'intérêts

aucun.

Références

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