ARTICLE
Auteur(s) : M Moujahid, M Lamrani, MT Tajdine, M
Daali
Service Chirurgie Générale, Hôpital Militaire Avicenne,
Marrakech, Maroc
Mme R., 31 ans, sans antécédent particulier, présentait
depuis 2 mois une dyspnée d’effort et une douleur thoracique
gauche. La radio thoracique montrait une cardiomégalie.
L’échocardiographie transthoracique (ETT) retrouvait une image
kystique pleine de vésicules se projetant sur l’aire cardiaque,
évoquant un kyste hydatique péricardique ou pleural (figure 1). Le scanner
thoracique confirmait le diagnostic identifiant un épanchement
pleural gauche, une poche cloisonnée paramédiastinale (figure 2), et la
présence de vésicules. La thoracotomie gauche découvrait un kyste
hydatique du cœur de siège épicardique. Après expulsion des
vésicules, extraction de la membrane, une résection des pourtours
du kyste a été réalisée. L’évolution postopératoire a été simple,
aucune récidive n’a été identifiée à 10 mois.
Discussion
L’hydatidose cardiaque est une pathologie rare (0,5 à 2 %) de
l’ensemble des localisations hydatiques (surtout hépatique et
pulmonaire).
Le ventricule gauche en est la localisation dominante
(60 %), la localisation seulement péricardique est moins
habituelle (7 %) [1].
Le kyste hydatique du cœur peut être isolé (65 %) ou
associé à d’autres atteintes viscérales (35 %), surtout
hépatiques ou pulmonaires [2].
Les circonstances de découverte sont variées, de la latence
clinique à la rupture intrapéricardique à l’origine de
tamponnade.
L’ECG est anormal dans 40 % des cas sous forme de trouble
de repolarisation et de troubles de conduction.
La sérologie hydatique est positive dans 50 % des cas, sa
négativité n’éliminant pas le diagnostic.
L’ETT est l’examen de référence montrant un kyste uni- ou
multivésiculaire, avec un aspect hypoéchogène cerné d’une coque
dense hyperéchogène. Le scanner ou l’IRM permettent d’éliminer les
autres diagnostics. Le traitement chirurgical en est la
référence.
La chirurgie à cœur fermé concerne les kystes isolés
sous-épicardiques non compliqués, mais la chirurgie sous CEC est
l’attitude retenue permettant de réaliser un geste d’exérèse la
plus complète possible [3].
Une sérologie hydatique tous les 2 mois pendant 2 ans
est justifiée pour détecter une éventuelle récidive.
Références
1 Elhattaoui M, Charei N, Benni A, et al. Kyste
hydatique du cœur à propos de 10 cas. Arch Mal Coeur Vaiss
2006 ; 99 : 19-25.
2 Mrad Dali K, Tili K, Ly M, Romdhani N,
Bakir D, Gharbi H. Profil radioclinique du kyste
hydatique cardiopéricardique : à propos de 17 cas. Ann Card
Ang 2000 ; 49 : 414-22.
3 Uddin MU, Sanyal L, Othman B, et al.
Surgical management of echinococcus of the heart. J Cardiovasc Surg
(Torino) 2004 ; 41 : 571-4.
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