ARTICLE
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Ce document est une actualisation des Recommandations de
Bonne Pratique « Prise en charge des dyslipidémies »
publiées par l'Afssaps en septembre 2000 et « Modalités de
dépistage et de diagnostic biologique des dyslipidémies en
prévention primaire » publiées par l'Anaes en janvier
2000.
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Principaux messages
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• Le dépistage d'une dyslipidémie repose sur l'EAL (exploration
d'une anomalie lipidique), qui détermine les concentrations de
cholestérol total, triglycérides, HDL-cholestérol et
LDL-cholestérol. Tous les adultes doivent être dépistés mais il
n'est pas justifié de répéter ce bilan, lorsqu'il est normal.
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• Cinq niveaux « cibles » de LDL-cholestérol
définissent l'intervention thérapeutique. Ces objectifs ont été
déterminés en fonction de l'état vasculaire du patient et du nombre
des facteurs de risque cardiovasculaire associés.
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• La prescription d'hypolipémiants n'est pas justifiée chez de
nombreux patients ayant un risque cardiovasculaire faible. Le
traitement diététique est la base de la prise en charge de ces
patients.
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• Quand une thérapeutique médicamenteuse est indiquée, il s'agit
le plus souvent d'une statine, sauf dans les 3 circonstances
suivantes :
– intolérance aux statines ;
– LDL-cholestérol < 1 g/l
associé à des triglycérides élevés et un HDL-cholestérol
bas ;
– hypertriglycéridémie sévère isolée
(TG > 4 g/l).
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• Le traitement hypolipémiant débute habituellement par les
posologies les plus faibles. En l'absence d'évaluation suffisante,
l'utilisation de fortes doses, voire de combinaisons
thérapeutiques, est à discuter au cas par cas. Elle ne doit pas se
faire au détriment d'une bonne tolérance et d'une bonne observance
du traitement.
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• La surveillance de l'efficacité et de la tolérance commence
entre 1 et 3 mois après le début du traitement.
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• La prise en charge d'une dyslipidémie doit être associée à
celle des autres facteurs de risque cardiovasculaires.
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Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de
mortalité et de handicap dans les pays développés. Elles
représentent en France et dans le monde, un enjeu majeur de santé
publique.
La maladie coronaire, l’accident vasculaire cérébral ischémique et
l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs, sont les
complications, le plus souvent tardives, de l’athérosclérose,
phénomène inflammatoire artériel chronique, induit et entretenu par
un excès de cholestérol circulant. Dans ce document, l’ensemble de
ces complications sera regroupé sous le terme
« cardiovasculaire ».
La prévention cardiovasculaire se conçoit à deux
niveaux :
– la prévention primaire concerne les patients sans maladie
cardiovasculaire ;
– la prévention secondaire concerne les patients qui ont une
maladie cardiovasculaire telle que définie ci-dessus.
Les enseignements des grandes études d’intervention ont fait
évoluer les bases de la prévention cardiovasculaire par les
hypolipémiants sur 5 points :
1. La prévention secondaire s’adresse aux patients qui présentent
non seulement des antécédents coronaires, mais aussi d’autres
maladies vasculaires athéromateuses avérées : accident
vasculaire cérébral\accident ischémique transitoire, artériopathie
oblitérante symptomatique des membres inférieurs.
2. Le bénéfice de la prévention cardiovasculaire (primaire et
secondaire) par les hypolipémiants n’est pas exclusivement
coronaire. Chez les patients à haut risque, une diminution du
risque de premier accident vasculaire cérébral est démontrée. Ce
bénéfice s’étend à l’ensemble des événements cardiovasculaires.
3. La prévention cardiovasculaire a des effets démontrés dans de
nouveaux groupes de patients parmi les sujets âgés de 70 à
80 ans, les femmes ménopausées, les patients hypertendus, les
diabétiques de type 2 ou les patients ayant des antécédents
vasculaires personnels.
4. Les patients ayant fait un accident coronaire doivent bénéficier
du traitement préventif au décours de l’accident aigu.
5. La réduction du risque cardiovasculaire dépend de l’abaissement
des concentrations de LDL-cholestérol. Elle est également observée
chez les sujets à risque ayant des concentrations de
LDL-cholestérol proches des valeurs moyennes de la population
générale.
L’abaissement des concentrations sériques de LDL-cholestérol est
le meilleur indicateur d’efficacité de la prévention
cardiovasculaire par les hypolipémiants (Grade A) et c’est à
partir de ce paramètre simple à obtenir, qu’il a été décidé de
définir les recommandations de dépistage et de prise en charge du
patient dyslipidémique. Néanmoins, la prise en compte d’autres
paramètres lipidiques, comme les concentrations du HDL-cholestérol
et celles des triglycérides, est nécessaire, et des résultats
d’essais de prévention en cours pourraient à l’avenir modifier la
stratégie actuellement proposée.
La prise en charge thérapeutique du patient dyslipidémique intègre
la correction de l’ensemble des facteurs de risque (cf tableau 1).
Tableau 1. Facteurs de risque
cardiovasculaire devant être pris en compte pour le choix de
l’objectif thérapeutique selon les valeurs de LDL-cholestérol.
| Facteurs de risque |
| • Age |
– homme de 50 ans ou plus |
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– femme de 60 ans ou plus |
| • Antécédents familiaux de
maladie coronaire précoce |
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– infarctus du myocarde ou mort subite avant
55 ans chez le père ou chez un parent du 1er degré
de sexe masculin ; |
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– infarctus du myocarde ou mort subite avant
65 ans chez la mère ou chez un parent du 1er degré
de sexe féminin. |
| • Tabagisme actuel ou arrêté
depuis moins de 3 ans |
| • Hypertension artérielle
permanente traitée ou non (se reporter aux recommandations
spécifiques) |
| • Diabète de type
2 traité ou non (se reporter aux recommandations
spécifiques) |
| •
HDL-cholestérol < 0, 40 g/l (1,0 mmol/l)
quel que soit le sexe |
| Facteur protecteur |
| • HDL-cholestérol ≥
0,60 g/l (1,5 mmo/l) : soustraire alors
« un risque » au score de niveau de risque |
| Exemple : une femme de
60 ans ayant une concentration de HDL-cholestérol égale à
0,70 g/l (1,8 mmol/l), est considérée comme sans facteur
de risque. |
Elle a pour but de retarder l’apparition (prévention primaire)
ou la récidive (prévention secondaire) des complications cliniques
de l’athérosclérose (Grade A).
Modalités de réalisation du bilan lipidique
Le bilan lipidique doit être fait après 12 heures de jeûne.
En cas de valeurs anormales, une confirmation est
indispensable.
Le bilan en première intention doit consister en une EAL
(Exploration d’une anomalie lipidique) comportant la détermination
des concentrations du cholestérol total, des triglycérides et du
HDL-cholestérol par une méthode adéquate, afin de permettre le
calcul du LDL-cholestérol par la formule de Friedewald, si la
triglycéridémie est inférieure à 4 g/l
(4,6 mmol/l) :
LDL-cholestérol (g/l) = cholestérol total
(g/l) - HDL-cholestérol (g/l) - Triglycérides/5
(g/l)
LDL-cholestérol (mmol/l) = cholestérol total
(mmol/l) - HDL-cholestérol
(mmol/l) - Triglycérides/2,2 (mmol/l)
– Si les triglycérides sont ≥ 4 g/l
(4,6 mmol/l), quel que soit le niveau du cholestérol total, le
LDL-cholestérol ne peut être calculé (un dosage direct du
LDL-cholestérol est possible) : on est en présence d’une
hypertriglycéridémie (plus rarement d’une hyperlipidémie mixte)
devant faire l’objet d’une prise en charge adaptée.
– Chez un patient sans facteur de risque, le bilan lipidique
suivant sera considéré comme normal :
LDL-cholestérol < 1,60 g/l (4,1 mmol/l),
triglycérides < 1,50 g/l (1,7 mmol/l) et
HDL-cholestérol > 0,40 g/l (1 mmol/l). Il
n’est pas justifié de répéter le bilan, sauf en cas d’apparition
d’un facteur de risque cardiovasculaire.
– En l’absence d’un changement des habitudes alimentaires ou
d’une intervention médicamenteuse spécifique, d’un événement
cardiovasculaire ou d’une augmentation du poids, la répétition d’un
bilan lipidique plus d’une fois tous les 5 ans n’est pas
justifiée. En règle générale, la réalisation d’un bilan lipidique
de dépistage au-delà de 80 ans n’est pas justifiée.
Evaluation du risque cardiovasculaire global
Dans la négociation thérapeutique, il revient au praticien, non
seulement de rechercher la présence de facteurs de risque
cardiovasculaire, mais aussi d’en apprécier l’importance et
l’ancienneté.
Dans l’attente d’un outil d’estimation du risque cardiovasculaire,
validé en France, permettant d’évaluer objectivement le risque (cf.
recommandations de l’Anaes : Méthodes d’évaluation du risque
cardio-vasculaire global), une simple addition du nombre de
facteurs de risque présents chez l’individu (tableau 1), reste adaptée à la pratique
quotidienne (Accord professionnel).
Ceci permet de définir trois niveaux de risque (Accord
professionnel) :
– risque faible : aucun facteur de risque associé à la
dyslipidémie ;
– risque intermédiaire : au moins un facteur de risque
associé à la dyslipidémie ;
– haut risque : antécédents de maladie cardiovasculaire
avérée ou risques équivalents, tels que définis par Accord
professionnel dans le tableau 2.
Tableau 2. Les trois catégories
de patients à haut risque cardiovasculaire pour lesquels le
LDL-cholestérol doit être inférieur à 1 g/l.
- antécédents familiaux de maladie coronaire précoce
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– infarctus du myocarde ou mort
subite avant 55 ans chez le père ou chez un parent du
1er degré de sexe masculin ; |
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– infarctus du myocarde ou mort
subite avant 65 ans chez la mère ou chez un parent du
1er degré de sexe féminin |
| |
- tabagisme actuel ou arrêté depuis moins de
3 ans
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- hypertension artérielle permanente traitée ou non (se
reporter aux recommandations spécifiques)
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- HDL-cholestérol < 0,40 g/l
(1,0 mmol/l) quel que soit le sexe
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- microalbuminurie
(> 30 mg/24 heures).
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| 3) Les patients ayant un
risque > 20 % de faire un événement coronarien
dans les 10 ans (risque calculé à partir d’une équation de
risque)** |
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*Protéinurie > 300 mg/24 h ou clairance de
la créatinine estimée par la formule de
Cockcroft-Gault < 60 ml/min. |
| Formule de
Cockroft-Gault : Clairance de la
créatinine = (140 - âge ans) ×
poids (kg) × K / (créatininémie en µmol/l) en
ml/min/1,73 m2 |
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K = 1,23 chez l’homme et
1,04 chez la femme
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| **Cf. Anaes :
Recommandations sur les méthodes d’évaluation du risque
cardiovasculaire global. |
Suivant le contexte (âge …), la présence d’un seul facteur de
risque peut correspondre à un risque faible ou intermédiaire. Par
ailleurs, il est admis que le seuil de haut risque cardiovasculaire
correspond à un risque coronaire supérieur ou égal à 20 % sur
10 ans (c’est-à-dire : le risque de faire un infarctus du
myocarde dans les 10 ans est de 20 %).
Le diabète constitue en soi un seul facteur de risque mais en
pratique, les patients diabétiques cumulent les facteurs de risque
(âge, HDL-cholestérol bas, hypertension artérielle).
Bilan complémentaire
La mesure de la glycémie à jeun doit être réalisée de façon
systématique en cas de dyslipidémie. Le diabète de type 2 est par
ailleurs, une cause de dyslipidémie (facteur de majoration du
risque cardiovasculaire).
En fonction du contexte clinique, d’autres examens complémentaires
seront réalisés, notamment pour rechercher une cause à la
dyslipidémie.
En l’état actuel des connaissances, les dosages de CRP, Lp(a), et
homocystéine, ainsi que des explorations telles que l’ECG, l’ECG
d'effort, l’imagerie carotidienne, la mesure de l'épaisseur
intima-média, ne sont pas justifiés de manière systématique chez
les patients dyslipidémiques asymptomatiques. Leur intérêt doit
faire l’objet d’une évaluation et de recommandations
spécifiques.
Objectifs thérapeutiques
Les objectifs thérapeutiques résultent d'un accord professionnel
en l’absence d'essais de prévention comparant une cible
thérapeutique à une autre. En fonction du nombre de facteurs de
risque présents, ces objectifs sont les suivants :
– en l’absence de facteur de risque*, les
concentrations de LDL-cholestérol doivent être inférieures à
2,20 g/l (5,7 mmol/l) ;
– en présence d’un facteur de risque*, les
concentrations de LDL-cholestérol doivent être inférieures à
1,90 g/l (4,9 mmol/l) ;
– en présence de deux facteurs de risque*,
les concentrations de LDL-cholestérol doivent être inférieures à
1,60 g/l (4,1 mmol/l) ;
– en présence de plus de deux facteurs de risque*, les concentrations de LDL-cholestérol doivent être
inférieures à 1,30 g/l (3,4 mmol/l) ;
– en présence d’antécédents de maladie cardiovasculaie avérée
ou de risques équivalents, les concentrations de LDL-cholestérol
doivent être inférieures à 1 g/l (2,6 mmol/l).
Coefficients de conversion :
– Cholestérol : g/l × 2,58 = mmol/l ; mmol/l ×
0,387 = g/l
– Triglycérides : g/l × 1,14 = mmol/l ; mmol/l
× 0,875 = g/l
Ces objectifs thérapeutiques ne s'appliquent pas à
l'hypercholestérolémie familiale. En effet, le risque vasculaire
élevé de cette pathologie peut justifier un traitement plus
précoce.
L’obtention de l’objectif thérapeutique ne doit pas se faire au
prix d’un traitement hypolipémiant excessif ou mal toléré. Chez les
patients ayant initialement une concentration très élevée de
LDL-cholestérol, et notamment chez les patients à haut risque dont
la cible thérapeutique est basse (< 1g/l), le prescripteur
doit garder à l’esprit que la prescription de statine à fortes
doses ou en association nécessite une prise en compte au cas par
cas du rapport bénéfice\risque et ne doit jamais être systématique.
En effet, les fortes doses de statines et les bithérapies n’ont pas
fait l’objet à ce jour d’une évaluation suffisante dans ces
situations.
* Facteur de risque associé à la
dyslipidémie.
Traitement du patient dyslipidémique
Schéma général de prise en charge du patient
• Règle générale
Tout sujet ayant un LDL-cholestérol > 1,60 g/l
(4,1 mmol/l), ainsi que tout sujet ayant au moins un facteur
de risque cardiovasculaire, doit bénéficier d’une prise en charge
diététique, afin de modifier son mode de vie et son
alimentation.
Le traitement diététique sera toujours associé à des conseils
d’activité physique régulière, comme par exemple, la marche rapide
quotidienne pendant 30 minutes.
Une prise en charge des facteurs de risque associés est
nécessaire : tabagisme, diabète de type 2, HTA.
• Règles de prise en charge du patient dyslipidémique en
prévention primaire
1. Le traitement diététique sera proposé en monothérapie pour une
période minimum de 3 mois.
2. Il sera poursuivi même si l’objectif thérapeutique est atteint.
La négociation d’objectifs simples, peu nombreux et adaptés à
chaque patient, est la clé du succès et de la pérennisation du
régime diététique. Ainsi, il convient d’éviter les régimes trop
restrictifs conduisant à des déséquilibres alimentaires et à des
troubles du comportement alimentaire.
3. Si l’objectif thérapeutique n’est pas atteint au-delà de
3 mois d’un régime diététique bien conduit, une thérapeutique
médicamenteuse visant à obtenir une diminution supplémentaire du
LDL- cholestérol, doit être instituée, en complément du traitement
diététique.
• Règles de prise en charge du patient à haut risque
cardiovasculaire (Cf. définition tableau 2), en
prévention secondaire ou à risque équivalent
1. Le traitement médicamenteux hypolipémiant et la dose prescrite,
doivent être par principe ceux qui ont fait leurs preuves dans des
grands essais d’intervention (cf. AMM des produits). L’habitude est
de commencer par une posologie faible et de l’augmenter par la
suite en fonction de l’efficacité et de la tolérance. L’utilisation
de fortes doses voire d’association d’hypolipémiants est à
envisager au cas par cas et ne doit pas se faire au détriment d’une
bonne tolérance et observance du traitement ;
2. Le traitement médicamenteux doit être institué le plus
précocement possible (Grade B), associé à la prescription
diététique et à la correction des autres facteurs de risque
(sédentarité, tabagisme, surpoids…) ;
3. Il n’existe pas de preuve absolue permettant de définir un
objectif thérapeutique : il dépend de chaque cas particulier
(tolérance du traitement, concentrations initiales du cholestérol).
La règle générale est d’obtenir des concentrations de
LDL-cholestérol inférieures à 1 g/l (2,6 mmol/l). Pour
certains patients en prévention secondaire coronaire, des données
récentes seraient en faveur d’un objectif thérapeutique plus bas
sous traitement (stratégie dite « intensive »). Le
rapport bénéfice/risque de cette stratégie « intensive »
reste à être évalué précisément. En effet, l’utilisation de fortes
doses de statine est associée à un risque musculaire et/ou
hépatique plus important.
Les traitements
Traitement diététique
Il est recommandé, en raison de la concordance des données et
des impacts multiples d’un bon équilibre alimentaire, qu’une prise
en charge nutritionnelle rigoureuse et adaptée, soit mise en place
pour chaque patient (Accord professionnel).
Un traitement diététique adapté, visant à modifier le comportement
nutritionnel, et associé à la pratique d’exercices physiques
réguliers, permet d’éviter l’instauration d’un traitement
médicamenteux dans de nombreux cas. Il doit pour cela être instauré
avec la conviction du prescripteur et celle du patient.
Les modifications du régime alimentaire comprennent
4 catégories de mesures :
1. une limitation de l’apport en acides gras saturés (graisses
d’origine animale), au profit des acides gras mono ou
poly-insaturés ;
2. une augmentation de la consommation en acides gras
poly-insaturés oméga 3 (poissons) ;
3. une augmentation de la consommation de fibres et de
micronutriments naturellement présents dans les fruits, légumes et
produits céréaliers ;
4. une limitation du cholestérol alimentaire, voire l’utilisation
d’aliments enrichis en stérols végétaux.
A ces recommandations, s’ajoute la nécessité de limiter la
consommation d’alcool, de contrôler le poids et de corriger une
sédentarité excessive.
En dehors des formes familiales de dyslipidémies, pour les
patients avec 0 ou 1 facteur de risque cardiovasculaire
associé, les mesures nutritionnelles et l’activité physique
doivent, le plus souvent, permettre à elles seules d’atteindre les
objectifs thérapeutiques.
Traitement médicamenteux
Lorsqu’un traitement médicamenteux est nécessaire, les
principales classes de médicaments indiquées dans la prise en
charge des différentes dyslipidémies sont :
– statines,
– fibrates,
– résines,
– inhibiteur de l’absorption intestinale du cholestérol,
– acide nicotinique.
Il est recommandé de prescrire des traitements ayant démontré leur
efficacité sur des événements cliniques, par rapport à ceux n’ayant
démontré qu’une efficacité biologique. Ainsi, hormis la
rosuvastatine, disponible récemment, et dont les études de
morbi-mortalité sont en cours, toutes les statines ont montré un
bénéfice sur la morbi-mortalité cardiovasculaire avec le plus haut
niveau de preuve : atorvastatine, fluvastatine, pravastatine
et simvastatine. D’autres hypolipémiants ont également montré un
bénéfice en prévention primaire ou secondaire (gemfibrozil,
colestyramine). Les fibrates ne doivent pas être utilisés en
première intention dans les hypercholestérolémies primaires.
• Hypercholestérolémies pures ou mixtes
En cas d’élévation du LDL-cholestérol (hypercholestérolémies pures
ou mixtes), les statines, hormis la rosuvastatine, sont le
traitement de première intention (Grade A). La rosuvastatine
est à utiliser en cas d’intolérance ou d’efficacité insuffisante
des autres statines.
En deuxième intention, peuvent être utilisés les résines, les
inhibiteurs de l’absorption intestinale du cholestérol (ézétimibe),
les fibrates ou l’acide nicotinique.
La posologie du traitement et le choix d’une combinaison dépendent
de paramètres difficiles à codifier (âge, tolérance, efficacité,
observance).
• Hypertriglycéridémies
L’élévation isolée des concentrations sériques des triglycérides
entre 1,5 et 4 g/l (1,7 et 4,6 mmol/l), nécessite avant
tout un traitement diététique spécifique (réduction pondérale
associée à une activité physique, réduction des glucides simples,
réduction de la consommation d’alcool). Cependant, en cas
d’hypertriglycéridémie pure (exclusive) réfractaire à la
diététique, le recours aux fibrates semble justifié si les
concentrations sériques des triglycérides restent au-delà de
4 g/l (4,6 mmol/l) (Accord professionnel).
• HypoHDL-émie
L’hypoHDL-émie est un facteur de risque cardiovasculaire, le plus
souvent associé à une hypertriglycéridémie, un diabète de type 2 ou
une obésité.
Elle justifie et nécessite la correction de
l’hypertriglycéridémie, l’équilibre du diabète de type 2, la
correction de la surcharge pondérale.
En prévention secondaire, en cas d’échec de la diététique, une
hypertriglycéridémie avec un LDL-cholestérol < 1,0 g/l
et un HDL-cholestérol < 0,40 g/l, peut justifier
la prescription d’un fibrate.
• Associations d’hypolipémiants
Certains patients à haut risque peuvent nécessiter en deuxième
intention une association d’hypolipémiants. Le choix de
l’association dépend de l’anomalie lipidique résiduelle sous
monothérapie :
– pour abaisser le LDL-cholestérol, les associations
statine + ézétimibe et statine + résine sont
possibles ;
– pour agir sur les triglycérides et le HDL-cholestérol,
l'association statine + acide nicotinique est possible.
L’association statine + fénofibrate est classiquement
déconseillée ; elle peut se discuter après avis spécialisé.
Elle nécessite une surveillance clinique et biologique régulière et
rigoureuse.
• Surveillance du traitement
Une fois instauré, le traitement médicamenteux, comme le traitement
diététique, doit être poursuivi au long cours, tout en faisant
l’objet de réévaluations périodiques. L’efficacité maximale du
traitement est obtenue en 4 semaines environ.
Les hypolipémiants, surtout à fortes posologies, exposent à des
effets indésirables : digestifs pour la colestyramine,
hépatiques et musculaires pour les fibrates et les statines. Ces
effets sont dose-dépendants.
Concernant les risques hépatiques et musculaires liés aux statines,
il convient de prendre en compte les éléments suivants :
1. Surveillance hépatique
Le contrôle des transaminases est impératif au moins une fois
dans les 3 mois qui suivent l’instauration d’un traitement
hypolipémiant. Ultérieurement, il n’existe pas de données
scientifiques permettant de proposer une périodicité à ces
contrôles. Dans ces conditions, en l’absence de point d’appel et
chez les patients dont les transaminases étaient normales, un
contrôle annuel est recommandé (Accord professionnel).
L’arrêt du traitement est justifié devant une augmentation
persistante (contrôlée à un mois) des ASAT ou des ALAT, au-delà de
3 fois la limite supérieure à la normale. Les statines doivent
être utilisées avec précaution chez les patients consommant des
grandes quantités d’alcool ou ayant des antécédents hépatiques.
2. Risque musculaire
Selon les principales conclusions d’une mise au point sur les
statines de l’Afssaps (juin 2002) :
– Il n’y a pas de justification scientifique à pratiquer un
dosage initial systématique des CPK dans la population
générale.
– Il est nécessaire d’effectuer un dosage des CPK avant
traitement dans les situations à risque suivantes :
• insuffisance rénale,
• hypothyroïdie,
• antécédents personnels ou familiaux de maladie musculaire
génétique,
• antécédents personnels d’effet indésirable musculaire avec un
fibrate ou une statine,
• abus d’alcool,
• âge supérieur à 70 ans, d’autant plus qu’il existe d’autres
facteurs de risque musculaire.
– Tout symptôme musculaire inexpliqué apparaissant sous
traitement doit faire pratiquer un dosage des CPK.
– A l’inverse, la surveillance systématique des CPK n’a aucun
intérêt actuellement démontré en l’absence de signes cliniques.
Par extension, la surveillance des fibrates obéit aux mêmes
règles de surveillance.
Des atteintes musculaires (myalgies et rhabdomyolyses) ont
également été observées sous ézétimibe seul ou associé à une
statine.
Il convient, par ailleurs, d’être vigilant sur le risque
d’interactions médicamenteuses dans le cas de prescription
d’associations telles que statine + fibrate,
fibrate + anti-vitamine K, ou
colestyramine + autre médicament. L’association de
plusieurs hypolipémiants, appartenant à la même classe
pharmacologique, est illogique et parfois dangereuse. La
combinaison gemfibrozil + statine est
contre-indiquée.
Adaptations nécessaires aux populations spécifiques
• Enfant
L’hyperlipidémie de l’enfant est une pathologie rare qui
nécessite une prise en charge spécialisée.
Le dépistage doit être ciblé. Il est seulement justifié chez les
enfants à risque, en raison d’un surpoids ou d’antécédents
familiaux (hypercholestérolémie familiale ou antécédents
vasculaires précoces).
L’enfant doit bénéficier de recommandations diététiques. La
prescription d’un hypolipémiant relève d’un avis spécialisé. Elle
est réservée, en règle générale, aux formes familiales avec une
élévation importante du LDL-cholestérol.
• Sujet âgé
Les résultats de nouvelles études d’interventions réalisées en
prévention secondaire confirment les bénéfices de la prévention
cardiovasculaire chez les patients âgés de 70 à 80 ans et
conduisent à appliquer les mêmes règles de prise en charge que chez
les sujets plus jeunes.
Chez les sujets âgés de plus de 80 ans, les critères
permettant la prolongation du traitement en prévention primaire
sont :
– le cumul de facteurs de risque,
– l’absence de pathologie non cardiovasculaire réduisant
notablement l’espérance de vie,
– une bonne tolérance du traitement.
Il n’est pas recommandé de débuter un traitement en prévention
primaire après 80 ans (Accord professionnel).
• Dyslipidémie et syndrome métabolique
Le syndrome métabolique intègre habituellement dans sa définition,
une augmentation du tour de taille, des concentrations de
triglycérides élevées, des concentrations de HDL-cholestérol
basses, une élévation de la pression artérielle et des anomalies de
la régulation glycémique incluant une insulino-résistance.
Le cumul de ces facteurs de risque est associé à un risque
cardiovasculaire élevé.
La prise en charge du syndrome métabolique fait appel à des
mesures diététiques et à l’activité physique. A l’heure actuelle,
aucun médicament n’a d’indication spécifique dans le traitement du
syndrome métabolique. La stratégie thérapeutique consiste à prendre
en charge individuellement chaque facteur de risque.
• Diabétiques de type 2
(se référer aux recommandations spécifiques)
• Sujets atteints du VIH
Les sujets atteints du VIH ont actuellement une survie prolongée
et certaines données suggèreraient qu’ils ont un risque
cardiovasculaire augmenté.
Leur affection et les traitements utilisés pour la traiter
favorisent les hyperlipidémies, notamment les hypertriglycéridémies
parfois sévères.
Il convient de tenter d’optimiser le traitement en identifiant une
combinaison antirétrovirale ayant la même efficacité et un effet
dyslipidémiant moindre.
En cas d’échec, ces patients doivent être traités comme les autres
patients, en choisissant les hypolipémiants présentant le risque le
plus faible d’interactions médicamenteuses avec les traitements du
sida.
• Hyperlipidémies secondaires ou iatrogènes
Les hyperlipidémies secondaires (hypothyroïdie, syndrome
néphrotique, insuffisance rénale, cholestase...) ou iatrogènes
(corticoïdes, contraception œstro-progestative, rétinoïdes,
antirétroviraux...) ne doivent pas donner lieu à des prescriptions
d’hypolipémiants, sans traiter la maladie causale ou arrêter le
traitement responsable, dans la mesure du possible (Accord
professionnel).
|
« Texte reproduit avec l’autorisation de
l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de
santé. »
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|
Ces recommandations ainsi que leur
argumentaire référencé sont disponibles sur le site internet de
l’Affsaps (www.afssaps.fr à la rubrique RBP).
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– homme de 50 ans ou plus |
| |
– femme de 60 ans ou plus |
|
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| 1) Les patients ayant des
antécédents : |
|
• de maladie coronaire avérée (angor
stable et instable, revascularisation, IDM, IDM silencieux
documenté), |
|
• de maladie vasculaire avérée
(accident vasculaire cérébral ischémique, artériopathie
périphérique à partir du stade II). |
| 2) Les patients ayant un
diabète de type 2, sans antécédent vasculaire mais ayant un haut
risque cardiovasculaire défini par : |
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• une atteinte rénale*, |
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• ou au moins deux des facteurs de
risque suivants : |
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