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Revascularisation of post-irradiation carotid artery stenosis


Sang Thrombose Vaisseaux. Volume 14, Number 6, 354-61, Juin - Juillet 2002, Mini-revues


Résumé   Summary  

Author(s) : Olivier Chataigner, Yves Castier, Fadi Francis, Guy Lesèche, service de chirurgie vasculaire et thoracique, hôpital Beaujon, AP-HP, 100, boulevard du Général-Leclerc, 92110 Clichy..

Summary : The commonest carotid artery lesions observed after cervical or mediastinal irradiation are steno-occlusive. The increasing incidence of ENT cancers, the treatment of which is essentially by radiotherapy alone or associated with surgery, explain the rising number of "radio-induced" carotid lesions. The histopathological effects of radiation on the arterial wall are an acceleration of atherosclerosis and secondary ischaemic lesions due to radio-induced occlusion of the vasa vasorum. Irradiation acts in synergy with other sources of arterial aggression such as hyperlipidaemia, hypertension, and smoking. The diagnosis and evaluation of carotid stenosis are based on echo-Doppler ultrasonography and MRI angiography. The imputability of ionising radiation is retained on a series of arguments, none of which is specific, and remains very theoretical because of the common intrication of preexisting atheromatous disease. Arteriography of the supraaortic vessels is essential for the management of these patients because of the multifocal and extensive nature of the lesions. A previous history of irradiation increases the risk of usually transient cranial nerve paralysis and of cervical wound healing. Nevertheless, the incidence of morbi-mortality reported in series of carotid artery surgery for post-irradiation lesions, conforms to expert recommendations. Angioplasty and stenting probably have a role to plays in the management of these patients. Prospective studies are required to determine its place with respect to conventional surgery which remains the reference treatment at present.

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ARTICLE

C'est au début des années 1940 que la radiothérapie a été utilisée dans le traitement des lésions malignes et en 1940 Cade et al. [1] rapportèrent le premier cas de rupture artérielle radio-induite. Depuis cette date, des complications artérielles radio-induites ont été décrites à tous les niveaux du réseau vasculaire [2]. L'incidence croissante des cancers ORL dont le traitement repose principalement sur la radiothérapie seule ou associée à la chirurgie explique le nombre croissant de lésions carotides radio-induites. Fajardo et al. [3] rapportaient en 1975 dix cas de rupture carotide ayant entraîné le décès chez huit patients. McReady et al. [4] en 1983 ont rapporté cinq accidents vasculaires cérébraux et/ou décès dans les suites de onze ruptures carotides. Les ruptures sont rarement le fait de la seule irradiation mais surviennent le plus souvent après traitement radio-chirurgical et l'infection y joue certainement un rôle prépondérant [2]. Des cas exceptionnels d'anévrismes carotides ont été rapportés dans les études publiées [5] mais ce sont les lésions sténo-occlusives qui sont les plus fréquentes et qui font l'objet de cette mini-revue.

Lésions histologiques

Les effets histopathologiques de l'irradiation sur la paroi artérielle correspondent à la fois à une accélération de l'athérosclérose et à des lésions ischémiques secondaires à l'occlusion radio-induite des vasa vasorum. Fajardo et al. [6] ont montré que les lésions artérielles radio-induites, en particulier celles de l'endothélium des artères de gros calibres et/ou de leur vasa vasorum ne sont pas de simples marqueurs morphologiques de l'irradiation mais constituent une maladie évolutive pour son propre compte.

Dans des conditions expérimentales les lésions histologiques induites par les radiations ionisantes ont une évolution triphasique [7-10] :

(i) précocement on constate des lésions de l'endothélium et de la membrane élastique interne avec œdème et vacuolisation aboutissant à une destruction partielle et/ou une desquamation endothéliale favorisant la formation de thrombus muraux ;

(ii) dans une seconde phase on constate une réparation incomplète et anarchique de l'endothélium et une diminution de la cellularité de la média puis une fibrose de la média alors qu'au niveau de l'adventice se constitue des foyers hémorragiques et des lésions chroniques d'inflammation ;

(iii) tardivement une néo-intima épaissie se reconstitue et les lésions de fibrose prédominent au niveau de la média et de l'adventice.

Ces lésions expérimentales se superposent assez bien à celles observées en clinique. Dans les cinq premières années suivant une irradiation cervicale ou cervico-médiastinale, plusieurs observations d'occlusions carotides aiguës précédées d'accidents ischémiques transitoires ont été rapportées chez des malades jeunes n'ayant pas de facteurs de risque d'athérosclérose [11]. Pour Call et al. [11], le mécanisme principal serait la formation in situ d'un thrombus mural d'ailleurs bien documenté dans une observation au contact d'une lésion endothéliale radio-induite. Cinq à dix ans après l'irradiation, les lésions les plus fréquemment observées sont des occlusions par fibrose des différents constituants de la paroi vasculaire. Au-delà de 10 ans ce sont les lésions sténo-occlusives qui prédominent et se caractérisent par l'association de lésions athéroscléreuses et d'une fibrose péri-artérielle.

Les lésions radio-induites ont un aspect anatomopathlogique proche de celui observé au cours des lésions d'athérome « banal », cependant, les macrophages spumeux et les cristaux de cholestérol y sont moins nombreux et la fibrose artérielle et périartérielle y est plus importante. Néanmoins, aucun élément histologique n'est spécifique des lésions radio-induites.

Les conséquences sur l'endothélium de l'irradiation ont fait l'objet de très nombreux travaux expérimentaux bien documentés dans la revue de Eldor et al. [12]. L'endothélium apparaît comme l'élément clé et initiateur de réactions chroniques irréversibles. Les radiations ionisantes altèrent la capacité des cellules endothéliales à produire de la prostacycline, induisent un stress oxydatif responsable de la production de radicaux libres en excès, augmentent la production par les cellules endothéliales de facteurs chimiotactiques pour les plaquettes et les polynucléaires neutrophiles et de facteurs de croissance pour les cellules musculaires lisses et les fibroblastes.

Incidence, facteurs favorisants

L'incidence réelle des sténoses carotides radio-induites est difficile à déterminer pour plusieurs raisons : l'absence de programme de dépistage systématique qui conduit à ne prendre en compte le plus souvent que les lésions symptomatiques ; le délai de survenue qui dépasse en moyenne 10 ans (tableaux I et II) et est souvent supérieur à l'espérance de vie des patients irradiés ; la difficulté pour établir avec certitude une relation de cause à effet entre la lésion observée et/ou l'événement clinique et les antécédents d'irradiation.

Les données chiffrées sont peu nombreuses dans la littérature mais toutes les études sont concordantes pour montrer que les radiations ionisantes sont un facteur à la fois inducteur et accélérateur de lésions artérielles sténo-occlusives. Dans une étude prospective portant sur 118 patients survivant 5 ans après une irradiation cervicale Elerding et al. [13] ont retrouvé 17 % de sténoses hémodynamiquement significatives en occulopléthysmographie contre 8 % dans une population appareillée. Moritz et al. [14] ont dépisté par écho-doppler systématique 30 % de sténoses carotides supérieur à 50 % chez 53 patients irradiés (dose supérieure à 50 Gy) en moyenne 28 mois auparavant, contre 5,6 % dans une population témoin. Cheng et al. [15] ont réalisé des écho-doppler chez 96 patients consécutifs qui avaient eu une irradiation cervicale pour cancer du nasopharynx (dose supérieure à 45 Gy, délai moyen de 79 mois). Quinze patients (16 %) présentaient une sténose carotide supérieure à 70 % alors qu'aucune n'a été trouvée dans le groupe témoin (p < 0,05). Le risque relatif pour la population étudiée irradiée de développer une sténose carotide supérieur à 70 % cinq ans après l'irradiation était 15 fois supérieur. King et al. [16] ont étudié la prévalence des lésions carotides et quantifier l'épaisseur intima-média par mesure écho-doppler chez 42 patients qui avaient bénéficié d'une irradiation cervicale pour maladie de Hodgkin. L'âge moyen des patients au moment de l'irradiation était de 13 ans, la dose délivrée variait de 22 à 40 Gy et le délai était supérieur à 5 ans chez tous les patients. L'épaisseur intima-média était significativement plus élevée dans le groupe des 42 patients irradiés par rapport au groupe témoin (p < 0,005). Dans une étude rétrospective portant sur 23 patients irradiés en moyenne 6,5 ans auparavant (dose supérieure à 60 Gy) Carmody et al. (17) ont trouvé 21,7 % de sténoses supérieures à 70 % en écho-doppler contre 4 % dans une population témoin non appariée (p < 0,05). Seize des 23 patients du groupe irradié ont eu un deuxième écho-doppler après un délai moyen de 18 mois qui a mis en évidence une augmentation moyenne de 19 % du pic vélocimétrique systolique contre 1 % chez les18 patients du groupe témoin (p < 0,05).

Certains facteurs de risque de l'athérosclérose ont un effet synergique avec les radiations ionisantes. Plusieurs travaux expérimentaux et/ou cliniques ont montré le rôle néfaste de l'hyperlipidémie, de l'hypertension artérielle et du tabagisme [18-21]. L'influence de l'âge des patients au moment de l'irradiation n'est pas clair. Pour Elerding et al. [13] et Moritz et al. [14], l'âge n'est pas apparu comme facteur de risque alors qu'il apparaît comme significativement lié à l'existence d'une sténose carotide supérieure à 70 % dans les deux séries rapportées par Cheng et al. [15, 22]. La chimiothérapie n'apparaît pas comme un facteur aggravant [14, 16].

Dans une population de 240 patients (âge moyen : 62 ans) ayant bénéficié d'une irradiation cervicale en moyenne 7 ans auparavant, Cheng et al. [22] ont trouvé 11,7 % de sténoses carotides significatives à l'écho-doppler. Parmi les facteurs de risque étudiés, l'âge, le tabagisme, une coronaropathie, des antécédents d'accidents vasculaires cérébraux, l'absence d'intervention chirurgicale, l'intervalle de temps depuis l'irradiation et le site de la tumeur maligne sont apparues dans l'analyse univariée comme significativement liés à l'existence d'une sténose carotide. Après analyse multivariée, seuls trois facteurs persistaient : l'âge, les antécédents d'accident vasculaire cérébral et l'intervalle de temps depuis l'irradiation. Malheureusement, l'hypertension artérielle, la dyslipidémie et l'association à une chimiothérapie n'ont pas été pris en compte dans l'analyse.

Diagnostic

Les sténoses carotides radio-induites sont le plus souvent asymptomatiques. Elerding et al. [13] dans leur étude rétrospective portant sur 910 patients irradiés ont rapporté 63 (6 %) accidents vasculaires cérébraux après un suivi moyen de 9 ans alors que Moritz et al. [14] rapportent un tiers de lésions symptomatiques après un suivi moyen de 28 mois.

Le diagnostic et l'évaluation du degré de sténose carotide reposent sur l'examen écho-doppler et/ou l'angio-IRM. L'imputabilité des radiations ionisantes repose sur un faisceau d'argument dont aucun n'est spécifique :

(i) lésions artérielles limitées au champ d'irradiation ;

(ii) lésions multifocales, étendues avec atteinte de segments artériels habituellement épargnés par l'athérome (carotide primitive, carotide interne distale) ;

(iii) peu ou pas de facteurs de risque d'athérosclérose, absence d'autre localisation de la maladie athéromateuse ;

(iiii) lésion histologique de fibrose artérielle et/ou péri-artérielle prédominante. Le caractère radio-induit de la sténose est en fait très théorique du fait des intrications fréquentes avec une maladie athéromateuse préexistante.

Bilan préopératoire

L'artériographie des troncs supra-aortiques est indispensable chez ces patients qui ont souvent des lésions étendues, multi-focales et de localisations inhabituelles (atteinte de la carotide primitive, de la carotide interne post-bulbaire) (figures 1 et 2). La réalisation d'un scanner cérébral avec injection ou d'une IRM chez les patients symptomatiques s'impose du fait des antécédents carcinologiques et de l'association possible à une tumeur radio-induite [23]. La connaissance du stade évolutif de la pathologie maligne initiale est indispensable à prendre en compte dans la décision de revascularisation d'autant plus que la lésion est asymptomatique. La recherche et la correction des facteurs athérogènes associés s'impose comme pour toute lésion sténosante carotide. Lorsque la décision de revascularisation est prise, un examen ORL doit étudier les cordes vocales du fait du risque d'atteinte du nerf pneumogastrique lors de la dissection et l'état de la filière oro-laryngée si une intubation est nécessaire. Un écho-doppler veineux des membres inférieurs évalue la qualité des veines saphènes internes et permet un marquage préopératoire dans l'éventualité d'un pontage. Les irradiations à visée curatrice (supérieures à 45 Gy) induisent une fibrose de la peau, des tissus sous-cutanés et profonds. L'intensité de la fibrose est variable d'un sujet à l'autre et dépend en grande partie de la dose initiale reçue. Au pire la fibrose est responsable d'un véritable « blindage » de la région cervicale. Cette fibrose complique significativement la dissection chirurgicale et augmente le risque de nécrose tissulaire et d'infection du site opératoire. Des antécédents de curage ganglionnaire homolatéral et la présence d'un trachéostome augmentent également le risque de nécrose tissulaire et d'infection du site opératoire.

Traitement

Les indications de revascularisations des sténoses carotides en milieu irradié ne font l'objet d'aucune recommandation internationale. En effet, dans tous les grands essais (NASCET, ESCT, ACAS) consacrés à la prise en charge thérapeutique des sténoses carotides, les antécédents d'irradiation étaient un critère d'exclusion.

Chirurgie

Les données de la littérature concernant la chirurgie des sténoses carotides en milieu irradié sont pauvres. Dans une revue exhaustive, Francfort et al. [24, 25] n'ont retrouvé que 20 cas publiés avant 1989. Au cours des quinze dernières années, plusieurs facteurs ont contribué à augmenter la prise en charge chirurgicale des sténoses carotides en milieu irradié : moindre appréhension, au fil de l'expérience, des chirurgiens vasculaires spécialisés ; amélioration de la survie des patients irradiés ; développement du dépistage systématique par écho-doppler.

Depuis 1989, sept séries [24-31] regroupant 97 patients (extrêmes 7-24) ont été rapportés dans les études publiées. Au cours de la même période (1990-2001), 29 revascularisations carotides en milieu irradié ont été réalisées chez 26 patients dans notre centre [32]. Les résultas de ce collectif de 123 patients figurent sur le tableau I et suscitent plusieurs commentaires.

La chirurgie des sténoses carotides en milieu irradié peut être réalisée sous anesthésie locale (42 % dans note série) bien qu'elle soit le plus souvent pratiquée sous anesthésie générale. Cette prépondérance de l'anesthésie générale est parfois purement subjective : simple préférence du chirurgien ; mais parfois objective : lésions carotides multiples, extensives et/ou très distales, nécessité de réaliser un lambeau de couverture musculo-cutané et/ou de prélever un greffon veineux saphène, nécessité d'effectuer un pontage extra-anatomique à partir d'un autre tronc supra-aortique homo- ou controlatéral, intervention a priori longue, difficile et pénible pour le patient.

La dissection est souvent difficile, le pédicule jugulo-carotidien et les nerfs crâniens (nerf vague, nerf glosso-pharyngien, nerfs laryngés supérieur et inférieur, nerf grand hypoglosse) sont souvent engainés dans une fibrose dense.

Dans la plupart des cas (65 % dans notre série) il est possible de réaliser une endartériectomie conventionnelle après artériotomie longitudinale [28-31]. L'intérêt (réduction du risque d'AVC à 30 jours et réduction du risque de resténose) de fermer l'artériotomie par un patch d'élargissement n'est plus contesté. En revanche la nature, prothétique ou veineuse du patch, reste controversée. Le patch veineux pourrait offrir une meilleure résistance à l'infection mais s'accompagner d'un taux plus élevé de resténose (expérience personnelle). Dans un nombre non négligeable de cas (35 % dans notre série) la réalisation d'un pontage anatomique (carotido-carotidien homolatéral) ou extra-anatomique (à partir d'un autre tronc supra-aortique homo- ou controlatéral) s'impose : pan-artérite sans plan d'endartériectomie individualisable, lésions étendues sur la carotide commune et/ou la carotide interne distale post-bulbaire, mauvaise qualité de la paroi après endartériectomie. La nature prothétique ou veineuse du pontage suscite les mêmes controverses que pour les patchs.

L'utilisation d'un lambeau de couverture musculo-cutané mérite une discussion particulière. La plupart des séries de la littérature mentionne un cas occasionnel où la couverture de l'artère carotide restaurée a nécessité un lambeau mais elle ne présente aucune directive pour son utilisation et n'indique pas si cette décision a été prise en pré- ou en per-opératoire. Cependant, la plupart des auteurs s'accordent pour recommander l'utilisation d'un lambeau de couverture chaque fois que coexistent des facteurs de risque infectieux et/ou compromettant le processus de cicatrisation : lésions sévères de radio-dermite, antécédents de curage ganglionnaire cervical homolatéral, trachéostome.

La chirurgie carotide en milieu irradié a mauvaise réputation. Elle s'accompagne effectivement d'un taux plus élevé de paralysies le plus souvent transitoires des nerfs crâniens et de problèmes de cicatrisation cervicale [29, 31]. Néanmoins, les résultats en terme de taux cumulé d'AVC et de décès péri-opératoires (30 jours) sont conformes aux recommandations des experts qui préconisent l'intervention lorsque ce taux est inférieur à 6 % en cas de sténose symptomatique et inférieur à 3 % en cas de sténose asymptomatique (tableau I).

Endovasculaire

L'angioplastie avec stent a été proposée comme méthode alternative. Mellière et al. ont tenté une angioplastie carotide avec stent chez un malade ayant une sténose de l'artère carotide primitive mais la procédure a dû être abandonnée, le malade perdant connaissance lors de l'inflation du ballonnet [33]. Un autre malade de cette série ayant une sténose de la carotide interne en aval d'un pontage veineux a eu une angioplastie carotide avec stent avec un bon résultat technique. Dans la série de Teitlebaum et al. qui comportait 26 angioplasties carotides, un patient de 32 ans avait une sténose radio-induite [34]. La procédure endovasculaire fut un succès technique mais le contrôle écho-doppler à six mois a montré une occlusion de l'artère carotide stentée. Cheng et al. ont réalisé une angioplastie carotide avec stent chez quatre patients symptomatiques qui avaient été irradiés pour un cancer du nasopharynx, l'un d'entre eux a présenté un accident vasculaire cérébral post-procédure du à une migration du stent et à une thrombose et est décédé d'une hémorragie cérébrale [15]. À côté de ces cas sporadiques, deux séries récentes méritent une attention particulière [35, 36]. La compilation de ces deux séries (tableau II) totalise 21 patients et 24 procédures. Le matériel endovasculaire a été introduit sous anesthésie locale par ponction percutanée de l'artère fémorale. Les lésions carotides ont été franchies par un guide puis « stentées » d'emblée (primary stenting) sans angioplastie préalable, le stent était de type Wallstent. Le taux de succès technique a été de 100 %, la mortalité a été nulle et deux patients (8 %) ont présenté une complication neurologique (1 AVC, 1 AIT). Dans ces deux séries, le suivi était très court (8 et 18 mois respectivement). L'angioplastie avec stent a vraisemblablement un rôle à jouer dans la prise en charge thérapeutique des sténoses carotides serrées en milieu irradié. Seules des études prospectives et forcement multicentriques compte tenu du faible nombre de patients permettront de préciser ce rôle par rapport à la chirurgie conventionnelle qui dans l'état actuel des connaissances reste la technique de référence.

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