Home > Journals > Medicine > Sang Thrombose Vaisseaux > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Sang Thrombose Vaisseaux
- Current issue
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
Biology and research
Public health
Agronomy and biotech.
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version

L’insuline est-elle un facteur de risque d’athérosclérose ?


Sang Thrombose Vaisseaux. Volume 8, Number 1, 55-64, Janvier 1996, Mini-revues


Résumé   Summary  

Author(s) : Pierre-Jean Guillausseau, service de médecine B, hôpital Lariboisière, faculté de médecine Lariboisière Saint-Louis, université Paris-VII Denis-Diderot, 2, rue Ambroise-Paré, 75010 Paris, France..

Summary : L’hypothèse que l’insuline puisse être un facteur de risque de l’athérosclérose et de ses complications est née au cours des années 70, à partir d’arguments épidémiologiques et expérimentaux. Dans trois études prospectives (Helsinki, Busselton, Paris), menées chez des sujets non diabétiques, une corrélation était en effet observée entre l’insulinémie initiale (à jeun et après glucose) et le risque coronaire, en analyse univariée. La prise en compte d’autres facteurs, notamment lipidiques, et la pratique d’analyses multivariées, la prolongation des études initiales et les résultats de sept nouvelles études toutes négatives ne permettent plus guère actuellement de reconnaître à l’insuline un rôle causal chez les non-diabétiques. Chez les patients atteints d’un diabète non insulinodépendant et chez les intolérants au glucose, un rôle délétère éventuel de l’insuline endogène a pu être éliminé par les résultats convergents de quatre études prospectives. Les arguments tirés des études métaboliques expérimentales sont eux aussi remis en question : l’effet n’est observé qu’à des concentrations suprapharmacologiques d’insuline, ou n’est pas retrouvé. En outre, les phénomènes étudiés, prolifération des cellules musculaires lisses et lipogenèse in situ, ne semblent pas des étapes établies comme cruciales dans le développement ou les complications de la plaque d’athérosclérose. Des arguments indirects indiquent que l’insulinémie pourrait représenter, du moins chez les non-diabétiques, un indicateur de l’insulinosensibilité : l’insulinorésistance pourrait être, hypothèse plus récente mais elle aussi non démontrée, une condition exposant à un risque artériel accru. Le dernier candidat en date à la succession de l’insuline est la pro-insuline mais, là encore, les données définitives font défaut.

Pictures

ARTICLE

L' hypothèse que l'insuline puisse favoriser le développement de l'athérosclérose et augmenter le risque d'accidents coronaires et vasculaires est née au cours des années 70 et 80. Elle était fondée sur des données épidémiologiques et sur le résultat d'études métaboliques expérimentales [1, 2].

Néanmoins, la prolongation des études épidémiologiques initiales, la publication de nombreuses nouvelles études comportant des paramètres plus complets, ainsi que des travaux expérimentaux réalisés par d'autres équipes ont rendu l'hypothèse insuline beaucoup moins convaincante. Ce sont ces données qui font l'objet de la présente revue.

Données expérimentales

Stout a proposé le premier que l'athérogenèse puisse être stimulée ou déclenchée par un effet direct de l'insuline sur la paroi artérielle.

Effet mitogène de l'insuline

Stout a montré [3] que l'insuline stimule la prolifération des cellules musculaires lisses de la média artérielle en culture. Néanmoins, l'effet mitogène de l'insuline n'a été reproduit que de manière inconstante [4] et ne s'observe qu'à des concentrations suprapharmacologiques, supérieures à 2 mU/ml [5, 6]. Dans le modèle in vivo du rat rendu diabétique par streptozotocine, la réaction mitotique observée 2 et 14 jours après lésion de l'endothélium aortique n'est pas réduite par l'insulinopénie et augmente de manière modérée chez l'animal traité par l'insuline [7]. L'hypoglycémie apparaît en outre comme un puissant inhibiteur de la prolifération cellulaire artérielle. Enfin, l'hyperinsulinémie est dépourvue d'effet mitogène dans le modèle in vivo de l'aorte de rat non diabétique soumise à une agression mécanique [8]. De toute manière, la prolifération des cellules musculaires lisses ne paraît pas être une étape cruciale de l'athérosclérose, mais pourrait intervenir dans la réparation de la paroi artérielle après lésion de celle-ci.

Effets métaboliques de l'insuline

Les premières observations faisant évoquer un effet métabolique de l'insuline sur les artères remontent aux années 1940. Le diabète induit par l'alloxane chez le lapin exerce un effet protecteur contre l'athérome expérimental induit par un régime enrichi en cholestérol [9]. En outre, le traitement du diabète par l'insuline semblerait supprimer cet effet protecteur [10]. Ces éléments ont fait suspecter un effet athérogène de l'insuline. En réalité, il s'agit d'athérome pur, sans sclérose, donc différent des lésions humaines. De plus, il existe une spécificité d'espèce ainsi qu'une spécificité de modèle expérimental comme l'ont montré d'autres travaux réalisés à partir de modèles différents [5]. Il a été avancé que l'insuline augmente la lipogenèse de l'intima et de la média. La lipogenèse à partir du glucose a été mesurée dans l'intima-média de l'aorte thoracique de rat après lésion mécanique [11]. La lésion stimule la lipogenèse de manière transitoire. Cependant, l'adjonction d'insuline dans le milieu d'incubation et dans le milieu de perfusion à concentrations croissantes (102 à 105 mU/ml) est dépourvue d'effet pour une période allant jusqu'à 14 jours après la lésion.

En réalité, pour être en faveur de l'hypothèse insuline, il faudrait supposer que son éventuelle action lipogène sur la paroi artérielle soit délétère. Ceci va à l'encontre des données actuelles concernant l'athérogenèse et le dépôt des lipides dans l'intima, les lipides de la plaque n'étant pas formés in situ mais provenant en majorité des lipoprotéines de faible densité (LDL).

Insuline et resténose

La resténose après angioplastie coronaire pourrait constituer un intéressant modèle de prolifération in vivo des cellules musculaires artérielles chez l'humain. Les liens entre l'insulinémie après charge en glucose et l'importance de la resténose six mois après angioplastie coronaire ont été étudiés [12]. Des données préliminaires indiquent qu'il existe une corrélation négative entre la diminution du diamètre coronaire mesuré après angioplastie et au sixième mois, et l'insulinémie 120 minutes après charge orale en glucose lors de l'angioplastie.

Données épidémiologiques

Des études prospectives ont été réalisées à la recherche d'un lien éventuel entre l'insulinémie et le développement et les complications de l'athérosclérose chez des non-diabétiques et des diabétiques. Les résultats sont pour le moins contradictoires. Des études cas-témoins apportent des résultats plus constants. Ces études ont en fait conduit à se poser la question que l'on explorait peut-être, au travers de l'insulinémie, non l'action de l'insuline elle-même mais l'insulino-sensibilité.

Études cas-témoins chez des sujets non diabétiques

Les principales études cas-témoins comparant l'insulinémie de patients ayant présenté un accident coronaire ou vasculaire à celle de témoins appariés ont été revues récemment [3]. L'insulinémie est plus élevée à jeun en moyenne chez les patients ayant présenté un accident coronaire dans cinq études sur vingt-six (19 %), après charge orale en glucose dans treize études sur quatorze (93 %) et après glucose administré par voie veineuse dans quatre études sur huit (50 %). En ce qui concerne l'artériopathie oblitérante des membres inférieurs, l'insulinémie est plus élevée en moyenne à jeun dans une étude sur quatre (25 %) et dans cinq études sur cinq après charge orale ou veineuse en glucose (100 %). Pour les accidents vasculaires cérébraux, l'insulinémie à jeun et après glucose est plus élevée dans les trois études où elle a été dosée. Ces études transversales ont été à l'origine des études prospectives passées en revue au paragraphe suivant.

Études prospectives chez les non-diabétiques

Les trois premières études prospectives dont l'objectif était de chercher un lien entre l'insulinémie et l'insuffisance coronaire ont montré que l'insulinémie est un marqueur indépendant de décès par atteinte coronaire chez les sujets de sexe masculin d'âge moyen en analyse univariée [13, 15] (tableau I). Les résultats observés avec un plus long recul pour ces études [16, 18] indiquent que, en analyse multivariée, l'insulinémie après charge glucosée orale (60 ou 120 min selon les études) est un indicateur indépendant dans deux études sur trois [16, 17]. Elle n'était associée à la mortalité d'origine coronaire dans la troisième étude chez les hommes que si l'on analysait les résultats selon les quintiles de l'insulinémie et par tranches d'âge [18]. Il faut noter que ces études ne comportent pas, parmi les variables étudiées à l'origine, le cholestérol des lipoprotéines de haute densité (HDL). Sept études plus récentes (tableau I), où le cholestérol des HDL a été pris en compte dans la plupart des cas, ne confirment pas le résultat des études précédentes [19-25]. Il existe une relation inverse entre l'insulinémie et le HDL-cholestérol, d'une part, et entre le HDL-cholestérol et le risque coronaire, d'autre part. L'insulinémie à jeun et après charge orale en glucose n'apparaît comme indicateur indépendant d'accident coronaire en analyse multivariée dans aucune de ces études, chez les hommes et chez les femmes. L'étude de Rancho Bernardo [25] indique même une relation négative entre l'insulinémie 2 heures après charge orale de 75 g de glucose chez les sujets de sexe masculin et le risque d'accident coronaire. Dans l'étude du MRFIT [24], une corrélation positive est observée entre l'insulinémie à jeun et la survenue d'un événement coronaire majeur dans le sous-groupe des sujets qui avaient le phénotype 3/2 de l'apoprotéine E.

L'analyse de ces dix études prospectives indique que l'insulinémie apparaît tout au plus, et de manière non consistante, comme un indicateur de risque coronaire chez les seuls sujets de sexe masculin d'âge moyen. Les sujets ayant une insulinémie basse, dans le quart inférieur de la distribution, présentent dans certaines études un risque accru d'accident coronaire [13, 16, 18]. Dans les études les plus récentes, le risque d'accident coronaire apparaît lié de manière négative au cholestérol des HDL [20, 21, 24, 25] et de manière positive à l'obésité abdominale [20, 25] et à l'hypertriglycéridémie [19, 21, 23, 24]. Ces résultats ne sont pas en contradiction avec ceux des trois premières études [16, 18] ; l'insulinémie pourrait apparaître alors comme le marqueur d'un état métabolique plus complexe, ou syndrome d'insulinorésistance, et non pas comme un facteur de risque cardiovasculaire en elle-même [26].

Études prospectives chez des diabétiques et des intolérants au glucose

Les patients atteints d'un diabète non insulinodépendant ou d'une intolérance au glucose ont longtemps été considéré comme hyperinsulinémiques sur la foi de dosages d'insuline plasmatique par la méthode radio-immunologique mise au point par Berson et Yalow en 1959. Ayant un risque vasculaire et coronaire accru, ils ont été considérés comme un « bon modèle » pour examiner les rapports entre l'hyperinsulinémie et le risque coronaire et vasculaire. Nous verrons plus loin qu'ils ont en fait une insulinopénie et une dysfonction insulaire.

Quatre études prospectives cherchant à établir les liens entre l'insulinémie à jeun ou après charge orale en glucose et les complications coronaires ont été réalisées chez des patients ayant un diabète de type 2 (non insulinodépendant) ou une intolérance au glucose (tableau II) [22, 27-29]. Les résultats de ces études sont concordants : l'insulinémie n'est pas un facteur prédictif d'accident coronaire. Dans l'étude de Bedford [27], l'insulinémie initiale semble même avoir un effet protecteur. Ces résultats ne sont guère surprenants car « l'insulinémie » dosée, avec la méthode radio-immunologique classique, dans le diabète de type 2 et l'intolérance au glucose, correspond à l'insuline vraie mais aussi à un pourcentage important de pro-hormones, de faible activité biologique : pro-insuline, pro-insuline clivée en 32-33 [30]. Chez les non-diabétiques, l'insulinémie reflète en partie l'insulinosensibilité. Ce n'est pas le cas des patients atteints de diabète non insulinodépendant et d'intolérance au glucose, chez qui l'insulinémie reflète moins la sensibilité périphérique à l'insuline que le déficit insulinosécrétoire. Ces patients sont insulinopéniques en valeur absolue ainsi que l'ont montré les dosages spécifiques de l'insuline par méthode immunoradio-métrique [31, 32].

Effets coronaires et vasculaires de l'insulinothérapie chez les diabétiques

L'insuline exogène administrée à des diabétiques de type I et II a été accusée de favoriser le développement de l'athérosclérose et de ses complications. Le mode d'administration de l'insuline exogène est par essence non physiologique et conduit à une hyperinsulinémie périphérique. Il est en effet nécessaire d'atteindre des concentrations élevées d'insuline dans le sang périphérique pour obtenir par recirculation des concentrations suffisantes dans le système porte et contrôler le débit glucosé hépatique. Cinq études ont été publiées à ce jour [22, 33-36]. Si trois « innocentent » sans contredit l'insuline exogène (figure 1), les conclusions des deux autres études sont plus ambiguës [34] (tableau III). Dans l'étude bavaroise [34], les patients qui avaient présenté une lésion vasculaire avaient des doses d'insuline plus élevées, mais leur poids était en moyenne supérieur de 10 %, et ils étaient en moyenne de 12 ans plus âgés. L'analyse réalisée chez les indiens Pima insulinotraités milite en faveur de cette explication : l'incidence des anomalies électrocardiographiques est plus élevée chez les patients traités par l'insuline, mais la différence disparaît lorsque l'âge, le sexe, la durée du diabète et la prise d'antidiabétiques oraux sont pris en compte [22].

L'étude du DCCT, dont la durée était en moyenne de 6,5 ans [37], indique une tendance en faveur d'un rôle protecteur de l'insuline dans le groupe soumis au traitement intensif (23 événements cardiovasculaires majeurs contre 40 dans le groupe recevant un traitement conventionnel, p = 0,08), en dépit de doses d'insuline plus élevées dans le groupe traitement intensif (figure 2). L'essai de faisabilité de l'étude des Veterans [35, 36] est actuellement terminé. Cette étude avait pour objectif de comparer dans le diabète de type 2 les effets sur la morbidité et la mortalité cardiovasculaires, d'un traitement intensif par l'insuline (4 injections quotidiennes) à ceux d'un traitement conventionnel. Les résultats après une durée de surveillance moyenne de 27 mois (disponibles seulement sous forme de résumé) [36] indiquent que le nombre de patients ayant présenté un accident coronaire ou vasculaire majeur n'est pas différent dans le groupe recevant un traitement intensif (16/75) de celui du groupe recevant un traitement conventionnel (9/78). La différence devient significative lorsque l'on s'adresse au nombre d'événements et non plus au nombre de patients (18/75 contre 10/78). La mortalité coronaire et la mortalité globale ne diffèrent pas entre les deux groupes. Les doses d'insuline sont plus élevées dans le groupe intensif que dans le groupe au traitement conventionnel.

Si l'intérêt d'un traitement « intensif » n'est pas établi chez les diabétiques de type 2 non insulinodépendants, ces résultats ne doivent cependant pas faire retarder l'insulinothérapie chez un diabétique de type 2 insulinorequérant, l'hyperglycémie chronique apparaissant comme le facteur majeur des complications microvasculaires [37], mais aussi macrovasculaires, du diabète [28].

Insulinémie : indicateur du syndrome d'insulinorésistance ?

Les données expérimentales et surtout les études épidémiologiques que nous avons passées en revue ne sont pas en faveur du rôle de l'insuline comme facteur de risque d'athérosclérose, c'est-à-dire comme agent directement causal des plaques et de leurs complications [38]. L'insulinémie est cependant associée dans les études épidémiologiques transversales et longitudinales à un ensemble de facteurs de risque artériel dont le rôle est bien démontré [39, 40] : augmentation des triglycérides, diminution du cholestérol des HDL plasmatiques [40-42], augmentation des particules LDL petites et denses [43], localisation de la surcharge adipeuse à la partie supérieure du corps (obésité abdominale ou androïde) [44, 45].

L'association de l'hypertension artérielle et de l'hyperinsulinémie a fait l'objet de nombreuses controverses [46]. Certaines études transversales établissent une corrélation positive entre l'insulinémie et l'hypertension artérielle chez des sujets non diabétiques [47-50], mais des résultats contradictoires ont aussi été publiés [51, 52]. Si le lien entre l'hyperinsulinémie et l'hypertension artérielle est observé chez les Caucasiens, il n'est pas mis en évidence chez les Noirs américains [52], ni chez les Mexicains vivant aux États-Unis et les indiens Pima, pourtant obèses insulinorésistants [46]. Une différence de susceptibilité génétique est probablement en cause.

Différents mécanismes ont été avancés pour expliquer les liens entre hyperinsulinémie et hypertension artérielle :

­ hyperactivité de l'échangeur Na+/H+ des cellules musculaires lisses de la paroi artérielle, ce qui les rend plus sensibles aux hormones pressives (angiotensine II et catécholamines) [53] ;

­ augmentation de la réabsorption tubulaire de sodium démontrée en expérimentation aiguë, mais sans élévation tensionnelle [54] ;

­ stimulation du système nerveux sympathique : l'hyperinsulinémie réalisée grâce à la méthode du clamp euglycémique chez des volontaires sains s'accompagne d'une augmentation de la noradrénaline plasmatique et de la pression artérielle systolique ; cet effet a été aussi observé en normo-insulinémie avec la même méthode [55-57].

Pour compléter la revue des liens entre l'hyperinsulinémie et l'hypertension artérielle, il faut souligner que les patients atteints d'insulinome, tumeur développée à partir des cellules b des îlots de Langerhans et responsable d'une hyperinsulinémie importante, ne sont pas hypertendus, et que leur pression artérielle n'est pas modifiée par l'exérèse de la tumeur.

Un déficit du système fibrinolytique peut favoriser le développement et les complications des thromboses artérielles. Ainsi, une augmentation du PAI-1 (plasminogen activator inhibitor type I) est un facteur de risque indépendant de récidive d'infarctus du myocarde chez les patients jeunes de sexe masculin [58, 59]. L'élévation du PAI-1 pourrait être un lien entre le syndrome d'insulinorésistance et le risque d'athérosclérose [60]. De fait, une corrélation positive entre l'activité du PAI-1 et l'insulinémie a été mise en évidence dans plusieurs études transversales [61-63].

L'insulinémie dans ce contexte pourrait constituer un indicateur indirect de l'insulinosensibilité [26], les coefficients de corrélation de l'insulinémie avec les mesures réalisées avec la méthode de clamp euglycémique variant de 0,27 à jeun, chez des sujets à tolérance glucidique et poids normaux, à des valeurs de l'ordre de 0,50 à 0,60 à jeun ou après charge en glucose, chez des obèses [64, 65]. Chez les diabétiques non insulinodépendants, les résultats sont contradictoires selon les études [65, 66], ce qui peut s'expliquer par la non-spécificité du dosage utilisé pour l'insuline [31, 32]. Néanmoins, aucune étude prospective n'a démontré que le syndrome d'insulinorésistance est en lui-même un facteur de risque d'athérosclérose. En outre, l'ensemble des différents éléments qui le constituent pourrait n'être qu'un regroupement artificiel de facteurs aux déterminants génétiques différents et présents avec une fréquence importante dans la population générale.

Pro-insulinémie : indicateur de risque vasculaire ?

Les patients présentant un diabète de type 2 (non insulinodépendant) ou une intolérance au glucose se caractérisent par une élévation disproportionnée de la pro-insuline et de la pro-insuline clivée en 32-33 comme nous l'avons vu plus haut [31, 32]. Une corrélation étroite entre pro-insuline et pro-insuline clivée en 32-33 et PAI-1 et d'autres facteurs de risque d'athérosclérose a été observée chez des diabétiques non insulinodépendants [67, 68]. La pro-insuline semble exercer un effet direct sur les cellules endothéliales et la sécrétion de PAI-1 [69]. Dans une population non diabétique (celle de la San Antonio Heart Study), la pro-insuline plasmatique était associée de manière indépendante avec les triglycérides et la pression artérielle systolique, même après ajustement pour l'insulinémie [70].

Ces données sont limitées et nécessitent confirmation avant d'incriminer la pro-insuline de manière définitive. On pourrait en rapprocher le fait que les essais cliniques menés avec la pro-insuline en comparaison avec l'insuline ont été interrompus, en raison de la survenue plus fréquente d'infarctus du myocarde (7 à 18 fois plus fréquents) chez les patients traités au long cours (plus d'un an) par la pro-insuline [71]. Là encore, les concentrations plasmatiques observées chez les patients traités étaient beaucoup plus élevées que celles observées spontanément [71]. En revanche, le traitement par l'insuline des patients atteints d'un diabète de type 2 diminuerait à la fois les concentrations plasmatiques de pro-insuline et l'activité du PAI-1 [72].

CONCLUSION

La revue des données épidémiologiques et expérimentales concernant les liens éventuels entre l'insulinémie et l'athérosclérose et ses complications permet de conclure comme Barrett-Connor [73] que l'insuline n'est pas un facteur de risque, c'est-à-dire un facteur causal d'athérosclérose. En revanche, l'insulinémie pourrait être un indicateur du syndrome d'insulinorésistance, lui-même ensemble de facteurs de risque d'athérosclérose et de ses complications. Cet indicateur ne semble opérant que chez les non-diabétiques. Enfin, la signification du syndrome d'insulinorésistance en termes de risque coronaire et vasculaire et les implications thérapeutiques qui en découlent restent à préciser.

REFERENCES

Remerciements

Nous remercions Loïc Capron qui nous a amicalement conseillé et qui a relu ce texte.


1. Stout RW. Diabetes and atherosclerosis. The role of insulin. Diabetologia 1979 ; 16 : 141-50.

2. Stout RW, Vallence-Owen J. Insulin and atheroma. Lancet 1969 ; 1 : 1078-80.

3. Stout RW. Insulin and atheroma. 20-year perspective. Diabetes Care 1990 ; 13 : 631-54.`

4. Capron L. Insuline et athérogenèse. Journ Annu Diabetol Hotel Dieu 1990 ; 117-79.

5. Capron L. Insuline et athérosclérose. Sang Thromb Vaiss 1989 ; 1 : 18-23.

6. Capron L.. À propos du syndrome X (lettre). Sang Thromb Vaiss 1994 ; 6 : 146-7.

7. Capron L, Jarnet J, Kazandjian S, Housset E. Growth-promoting effects of diabetes and insulin on arteries. An in vivo study of rat aorta. Diabetes 1986 ; 35 : 973-8.

8. Ridray S, Ktorza A, Picon L, Capron L. In vivo effect of insulin on the acute proliferative response of the rat aorta to injury. Arterioscler Thromb 1992 ; 12 : 633-8.

9. Duff GL, Mc Millan GC. The effect of alloxan diabetes on experimental cholesterol atherosclerosis in the rabbit. I. The inhibition of experimental cholesterol atherosclerosis in alloxan diabetes. II. The effect of alloxan diabetes on the retrogression of cholesterol atherosclerosis. J Exp Med 1949 ; 89 : 611-30.

10. Duff GL, Brechin DJH, Finkelstein WE. The effect of alloxan diabetes on experimental cholesterol atherosclerosis in the rabbit. IV The effect of insulin therapy on the inhibition of the atherosclerosis in the alloxan-diabetic rabbit. J Exp Med 1954 ; 100 : 371-80.

11. Capron L, Jarnet J. Effects of injury and insulin on lipid synthesis from glucose by the rat thoracic aorta. Arterioscler Thromb 1991 ; 11 : 91-6.

12. Steg PG, Belkherraz A, Himbert D, Juliard JM, Capron L, Assan R. Does insulin affect the restenotic process after coronary angioplasty ? A prospective study. Eur Heart J 1993 ; 14 (suppl.) : 277 (résumé).

13. Welborn TA, Wearne K. Coronary heart disease incidence and cardiovascular mortality in Busselton with reference to glucose and insulin concentrations. Diabetes Care 1979 ; 2 : 154-60.

14. Pyörälä K. Relationship of glucose tolerance and plasma insulin to the incidence of coronary heart disease : results from two population studies in Finland. Diabetes Care 1979 ; 2 : 131-41.

15. Ducimetière P, Eschwège E, Papoz L, Richard JL, Claude JR, Rosselin GE. Relationship of plasma insulin levels to the incidence of myocardial infarction and coronary heart disease mortality in middle-aged population. Diabetologia 1980 ; 19 : 205-10.

16. Welborn TA, Knuiman MW, Ward N, Whittall DE. Serum insulin is a risk marker for coronary heart disease mortality in men but not in women. Diab Res Clin Pract 1994 ; 26 : 51-9.

17. Pyörälä K, Savolainen E, Kaukola S, Haapakoski J. Plasma insulin as coronary heart disease risk factor : relationship to other risk factors and predictive value during 9,5 year follow-up of the Helsinki Policemen study population. Acta Med Scand 1985 ; 701 (suppl.) : 38-52.

18. Fontbonne A, Charles AM, Thibult N, et al. Hyperinsulinemia as a predictor of coronary heart mortality in a healthy population : the Paris Prospective Study, 15 year follow-up. Diatebologia 1991 ; 34 : 356-61.

19. Welin L, Eriksson H, Larsson B, Ohlson LO, Svärdsudd K, Tibblin G. Hyperinsulinemia is not a major coronary risk factor in elderly men. The study of men born in 1913. Diabetologia 1992 ; 35 : 766-70.

20. Hargreaves AD, Logan RL, Elton RA, Buchanan KD, Oliver MF, Riemersma RA. Glucose tolerance, plasma insulin, HDL cholesterol and obesity : 12-year follow-up and develop-
ment of coronary heart disease in Edinburgh men. Atherosclerosis 1992 ; 94 : 61-9.

21. Rewers M, Shetterly SM, Baxter J, Hamman RF. Insulin and cardiovascular disease in hispanic and non-hispanic whites : the San Luis Valley Diabetes Study. Circulation 1992 ; 85 : 865 (résumé).

22. Liu QZ, Knowler WC, Nelson RG et al. Insulin treatment, endogenous insulin concentration, and ECG abnormalities in diabetic Pima Indians. Cross-sectional and prospective analyses. Diabetes 1992 ; 41 : 1141-50.

23. Yarnell JWG, Sweetnam PM, Mark SV, Teale JD, Bolton CH. Insulin in ischaemic heart disease : are associations explained by triglyceride concentrations ? The Caerphilly prospective study. Br Heart J 1994 ; 1994 ; 71 : 293-6.

24. Orchard TJ, Eichner J, Kuller LH, Becker DJ, Mc Callum LM, Grandits GA. Insulin as a predictor of coronary heart disease : interaction with apolipoprotein E phenotype. A report from the Multiple Risk Factor Intervention Trial. Ann Epidemiol 1994 ; 4 : 40-5.

25. Ferrara A, Barrett-Connor EL, Edelstein SL. Hyperinsulinemia does not increase the risk of fatal cardiovascular disease in elderly men or women without diabetes : the Rancho Bernardo Study 1984-1991. Am J Epidemiol 1994 ; 140 : 857-69.

26. Godsland IF, Stevenson JC. Insulin resistance : syndrome or tendency ? Lancet 1995 ; 346 : 100-3.

27. Jarrett RJ, Mc Cartney P, Keen H. The Bedford Survey : ten-year mortality rates in newly diagnosed diabetics, borderline diabetics and normoglycaemic controls and risk indices for coronary heart disease in borderline diabetics. Diabetologia 1982 ; 22 : 79-84.

28. Uusitupa MIJ, Niskanen LK, Siitonen O, Voutilainen E, Pyörälä K. Ten-year cardiovascular mortality in relation to risk factors and abnormalities in lipoprotein composition in type 2 (non-insulin-dependent) diabetic and non diabetic subjects. Diabetologia 1993 ; 36 : 1175-84.

29. Fontbonne A, Thibult N, Eschwège E, Ducimetière P. Body fat distribution and coronary heart disease mortality in subjects with impaired glucose tolerance or diabetes mellitus : the Paris Prospective Study, 15 year follow-up. Diabetologia 1992 ; 35 : 464-8.

30. Guillausseau PJ. Anomalies de l'insulinosécrétion et diabète de type 2 : données récentes. Diabete Metab 1994 ; 20 : 325-9.

31. Davies MJ, Metcalfe J, Gray IP, Day JL, Hales CN. Insulin deficiency rather hyperinsulinemia in newly diagnosed type 2 diabetes mellitus. Diabetic Med 1993 ; 10 : 305-12.

32. Davies MJ, Rayman G, Gray IP, Day JL, Hales CN. Insulin deficiency and increased concentration of intact and 32-33 split proinsulin in subjects with impaired glucose tolerance. Diabetic Med 1993 ; 10 : 313-20.

33. The University Group Diabetes Program. Effects of hypoglycemic agents on vascular complications in patients with adult-onset diabetes. VII. Mortality and selected non fatal events with insulin treatment. JAMA 1978 ; 240 : 37-42.

34. Janka HU, Zeigler A, Standl E, Mehnert H. Daily insulin dose as a predictor of macrovascular disease in insulin treated non-insulin-dependent diabetics. Diabete Metab 1987 ; 13 : 359-64.

35. Abraira C, Colwell JA, Nuttall FQ, et al. Veterans Affairs Cooperative Study on glycemic control and complications in type II diabetes (VA CSDM). Diabetes Care 1995 ; 18 : 1113-23.

36. Abraira C, Johnson N, Colwell J, and the VA CSDM group. VA cooperative study on glycemic control and complications in type II diabetes (VA CSDM) : results of the completed feasibility trial. Diabetes 1994 ; 43 : 59 A (résumé).

37. The Diabetes Control and Complications Trial (DCCT) Research Group. Effect of intensive diabetes management on macrovascular events and risk factors in the Diabetes Control and Complications Trial. Am J Cardiol 1995 ; 75 : 894-903.

38. Jarrett RJ. Why is insulin not a risk factor for coronary heart disease ? Diabetologia 1994 ; 37 : 945-7.

39. Fontbonne A. Why can high insulin levels indicate a risk for coronary heart disease ? Diabetologia 1994 ; 37 : 953-5.

40. Zavaroni I, Bonora E, Bagliana M, et al. Risk factors for coronary artery disease in healthy persons with hyperinsulinemia and normal glucose tolerance. N Engl J Med 1989 ; 320 : 702-6.

41. Fontbonne A, Papoz L, Eschwège E, Roger M, Saint-Paul M, Simon D. Features of insulin-resistance syndrome in men from french caribbean islands. The Telecom study. Diabetes 1992 ;
41 : 1385-9.

42. Frayn KN. Insulin resistance and lipid metabolism. Curr Opin Lipidol 1993 ; 4 : 197-204.

43. Reaven GM, Chen YDI, Jeppesen I, Maheux P, Krauss RM. Insulin resistance and hyperinsulinemia in individuals with small, dense low density lipoprotein particles. J Clin Invest
1993 ; 92 : 141-6.

44. Haffner SM, Fong D, Hazuda HP, Pugh JA, Patterson JK. Hyperinsulinemia, upper body adiposity and cardiovascular risk factors in non diabetics. Metabolism 1984 ; 37 : 333-45.

45. Ostlund RE, Staten M, Kohrt WM, Schultz J, Malley M. The radio of waist-to-hip circumference, plasma insulin level and glucose intolerance and independant predictors of the HDL2 cholesterol level in older adults. N Engl J Med 1990 ; 322 : 229-34.

46. Haffner SM. Insulin and blood pressure : fact or fantasy. J Clin Endocrinol Metab 1993 ; 76 : 541-2.

47. Modan M, Halkin H, Almog S. Hyperinsulinemia. A link between hypertension obesity and glucose tolerance. J Clin Invest 1985 ; 75 : 809-17.

48. Jiang X, Srinivan SR, Bao W, Berenson GS. Association of fasting insulin with blood pressure in young individuals. The Bogalusa Heart Study. Arch Intern Med 1993 ; 153 : 323-8.

49. Manicardi V, Camellini L, Bellodi G, Coscelli C, Ferrannini E. Evidence for an association of high blood pressure and hyperinsulinemia in obese man. J Clin Endocrinol Metab 1986 ; 62 : 1302-4.

50. Feskens EJM, Tuomilehto J, Stengaro JH, Pekkanen J, Nissinen A, Kromhout D. Hypertension and overweight associated with hyperinsulinemia and glucose tolerance : a longitudinal study of the finnish and dutch cohorts of the seven countries study. Diabetologia 1995 ; 38 : 839-47.

51. Muller DC, Elahi D, Pratley RE, Tobin JD, Andres R. An epidemiological test of the hyperinsulinemia-hypertension hypothesis. J Clin Endocrinol Metab 1993 ; 76 : 544-8.

52. Chaiken RL, Banerji MA, Huey H, Lebovitz HE. Do blacks with NIDDM have an insulin-resistance syndrome ? Diabetes 1993 ; 42 : 444-9.

53. De Fronzo RA, Ferrannini E. Insulin resistance : a multifaceted syndrome responsible for NIDDM, obesity, hypertension, dyslipidemia, and atherosclerotic heart disease. Diabetes Care 1991 ; 14 : 173-94.

54. Skott P, Hother-Nielsen O, Bruun NE, et al. Effects of insulin on kidney function and sodium excretion in healthy subjects. Diabetologia 1989 ; 32 : 694-9.

55. Rowe JW, Young JB, Minaker KL, Stevens AL, Pallotta J, Landsberg L. Effect of insulin and glucose infusions on sympathic nervous system activity in normal man. Diabetes 1981 ; 30 : 219-25.

56. Anderson EA, Hoffman RP, Balon TW, Sinkey CA, Marka L. Hyperinsulinemia produces both sympathic neural activation and vasodilation in normal humans. J Clin Invest 1991 ; 87 : 2246-52.

57. Anderson EA, Balon TW, Hoffman RP, Sinkey CA, Mark AL. Insulin increases sympathetic activity but not blood pressure in borderline hypertensive humans. Hypertension 1992 ; 19 : 621-7.

58. Hamsten A, Wiman B, Defaire U, Blomback M. Increased plasma level of a rapid inhibitor of tissue plasminogen activator in young survivors of myocardial infarction. N Engl J Med 1985 ; 313 : 1557-63.

59. Gram J, Jespersen J, Kluft C, Rijken DC. On the usefulness of fibrinolysis variables in the characterization of a risk group for myocardial reinfarction. Acta Med Scand 1987 ; 221 : 149-53.

60. Juhan-Vague I, Alessi MC, Vague P. Increased plasma plasminogen activator inhibiteur 1 levels. A possible between insulin resistance and atherothrombosis. Diabetologia 1991 ; 34 : 457-62.

61. Juhan-Vague I, Roul C, Alessi MC, Ardissone JP, Heim M, Vague P. Increased plasminogen activator inhibitor activity in non insulindependent diabetic patients. Relationship with plasma insulin. Thromb Haemostas 1989 ; 61 : 370-3.

62. Eliasson M, Asplund K, Evrin PE, Lindahl B, Lundblad D. Hyperinsulinemia predicts low tissue plasminogen activator activity in a healthy population : the Northern Sweden Monica Study. Metabolism 1994 ; 43 : 1579-86.

63. Marques-Vidal P, Sie P, Cambou JP, Chap H, Perret B. Relationship of plasminogen activator inhibor activity and lipoprotein (a) with insulin, testoterone, 17 b-estradiol and testosterone binding globulin in myocardial infarction patients and healthy controls. J Clin Endocrinol Metab 1995 ; 80 : 1794-98.

64. Hollenbeck CB, Chen N, Chen YDI, Reaven GM. Relationship between plasma insulin response to oral glucose and insulin stimulated glucose utilization in normal subjects. Diabetes 1984 ; 33 : 460-3.

65. Ludvik B, Nolan JJ, Baloga J, Sacks D, Olefsky J. Effect of obesity on insulin resistance in normal subjects and patients withs NIDDM. Diabetes 1995 ; 44 : 1121-5.

66. Laakso M. How good a marker is insulin level for insulin resistance. Am J Epidemiol 1993 ; 137 : 959-65.

67. Nagi DK, Hendra TJ, Ryle AJ, et al. The relationships of concentrations of insulin, intact proinsulin and 32-33 split pro-insulin with cardiovascular risk factors in type 2 (non-insulin-dependent) diabetic subjects. Diabetologia 1990 ; 33 : 532-7.

68. Yudkin JS. Coronary heart disease in diabetes mellitus : three new risk factors and an unifying hypothesis. J Intern Med 1995 ; 238 : 21-30.

69. Schneider DJ, Nordt TK, Sobel BE. Stimulation by proinsulin of expression of plasminogen activator inhibitor type I in endothelial cells. Diabetes 1992 ; 41 : 890-5.

70. Haggner SM, Mykkäne NL, Stern HP, Valdez RA, Heisserman J, Bowsher RR. Relationship of proinsulin and insulin to cardiovascular risk factors in non diabetic subjects. Diabetes 1992 ; 42 : 1297-302.

71. Galloway JA, Franck BH, Hooper SA, et al. Biosynthetic human proinsulin. Diabetes Care 1992 ; 15 : 666-92.

72. Jain SK, Nagi DK, Slavin BM, Lumb PJ, Yudrin JS. Insulin therapy in type 2 diabetic subjects supresses plasminogen activator inhibitor (PAI-I) and proinsulin like molecules independently of glycaemic control. Diabetic Med 1993 ; 10 : 27-32.

73. Wingard DL, Ferrara A, Barrett-Connor EL. Is insulin really a heart disease risk factor ? Diabetes Care 1995 ; 18 : 1299-1304.


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]