ARTICLE
L' hypothèse que l'insuline puisse favoriser le développement
de l'athérosclérose et augmenter le risque d'accidents coronaires
et vasculaires est née au cours des années 70 et 80. Elle
était fondée sur des données épidémiologiques
et sur le résultat d'études métaboliques expérimentales
[1, 2].
Néanmoins, la prolongation des études épidémiologiques
initiales, la publication de nombreuses nouvelles études comportant
des paramètres plus complets, ainsi que des travaux expérimentaux
réalisés par d'autres équipes ont rendu l'hypothèse
insuline beaucoup moins convaincante. Ce sont ces données qui font
l'objet de la présente revue.
Données
expérimentales
Stout a proposé le premier que l'athérogenèse puisse
être stimulée ou déclenchée par un effet direct
de l'insuline sur la paroi artérielle.
Effet mitogène de l'insuline
Stout a montré [3] que l'insuline stimule la prolifération
des cellules musculaires lisses de la média artérielle en
culture. Néanmoins, l'effet mitogène de l'insuline n'a été
reproduit que de manière inconstante [4] et ne s'observe qu'à
des concentrations suprapharmacologiques, supérieures à
2 mU/ml [5, 6]. Dans le modèle in vivo du rat rendu diabétique
par streptozotocine, la réaction mitotique observée 2 et
14 jours après lésion de l'endothélium aortique n'est
pas réduite par l'insulinopénie et augmente de manière
modérée chez l'animal traité par l'insuline [7].
L'hypoglycémie apparaît en outre comme un puissant inhibiteur
de la prolifération cellulaire artérielle. Enfin, l'hyperinsulinémie
est dépourvue d'effet mitogène dans le modèle in
vivo de l'aorte de rat non diabétique soumise à une
agression mécanique [8]. De toute manière, la prolifération
des cellules musculaires lisses ne paraît pas être une étape
cruciale de l'athérosclérose, mais pourrait intervenir dans
la réparation de la paroi artérielle après lésion
de celle-ci.
Effets métaboliques de l'insuline
Les premières observations faisant évoquer un effet métabolique
de l'insuline sur les artères remontent aux années 1940.
Le diabète induit par l'alloxane chez le lapin exerce un effet
protecteur contre l'athérome expérimental induit par un
régime enrichi en cholestérol [9]. En outre, le traitement
du diabète par l'insuline semblerait supprimer cet effet protecteur
[10]. Ces éléments ont fait suspecter un effet athérogène
de l'insuline. En réalité, il s'agit d'athérome pur,
sans sclérose, donc différent des lésions humaines.
De plus, il existe une spécificité d'espèce ainsi
qu'une spécificité de modèle expérimental
comme l'ont montré d'autres travaux réalisés à
partir de modèles différents [5]. Il a été
avancé que l'insuline augmente la lipogenèse de l'intima
et de la média. La lipogenèse à partir du glucose
a été mesurée dans l'intima-média de l'aorte
thoracique de rat après lésion mécanique [11]. La
lésion stimule la lipogenèse de manière transitoire.
Cependant, l'adjonction d'insuline dans le milieu d'incubation et dans
le milieu de perfusion à concentrations croissantes (102
à 105 mU/ml) est dépourvue d'effet pour une période
allant jusqu'à 14 jours après la lésion.
En réalité, pour être en faveur de l'hypothèse
insuline, il faudrait supposer que son éventuelle action lipogène
sur la paroi artérielle soit délétère. Ceci
va à l'encontre des données actuelles concernant l'athérogenèse
et le dépôt des lipides dans l'intima, les lipides de la
plaque n'étant pas formés in situ mais provenant
en majorité des lipoprotéines de faible densité (LDL).
Insuline et resténose
La resténose après angioplastie coronaire pourrait constituer
un intéressant modèle de prolifération in vivo
des cellules musculaires artérielles chez l'humain. Les liens
entre l'insulinémie après charge en glucose et l'importance
de la resténose six mois après angioplastie coronaire ont
été étudiés [12]. Des données préliminaires
indiquent qu'il existe une corrélation négative entre la
diminution du diamètre coronaire mesuré après angioplastie
et au sixième mois, et l'insulinémie 120 minutes après
charge orale en glucose lors de l'angioplastie.
Données
épidémiologiques
Des études prospectives ont été réalisées
à la recherche d'un lien éventuel entre l'insulinémie
et le développement et les complications de l'athérosclérose
chez des non-diabétiques et des diabétiques. Les résultats
sont pour le moins contradictoires. Des études cas-témoins
apportent des résultats plus constants. Ces études ont en
fait conduit à se poser la question que l'on explorait peut-être,
au travers de l'insulinémie, non l'action de l'insuline elle-même
mais l'insulino-sensibilité.
Études cas-témoins chez des sujets
non diabétiques
Les principales études cas-témoins comparant l'insulinémie
de patients ayant présenté un accident coronaire ou vasculaire
à celle de témoins appariés ont été
revues récemment [3]. L'insulinémie est plus élevée
à jeun en moyenne chez les patients ayant présenté
un accident coronaire dans cinq études sur vingt-six (19 %), après
charge orale en glucose dans treize études sur quatorze (93 %)
et après glucose administré par voie veineuse dans quatre
études sur huit (50 %). En ce qui concerne l'artériopathie
oblitérante des membres inférieurs, l'insulinémie
est plus élevée en moyenne à jeun dans une étude
sur quatre (25 %) et dans cinq études sur cinq après charge
orale ou veineuse en glucose (100 %). Pour les accidents vasculaires cérébraux,
l'insulinémie à jeun et après glucose est plus élevée
dans les trois études où elle a été dosée.
Ces études transversales ont été à l'origine
des études prospectives passées en revue au paragraphe suivant.
Études prospectives chez les non-diabétiques
Les trois premières études prospectives dont l'objectif
était de chercher un lien entre l'insulinémie et l'insuffisance
coronaire ont montré que l'insulinémie est un marqueur indépendant
de décès par atteinte coronaire chez les sujets de sexe
masculin d'âge moyen en analyse univariée [13, 15] (tableau
I). Les résultats observés avec un plus long recul
pour ces études [16, 18] indiquent que, en analyse multivariée,
l'insulinémie après charge glucosée orale (60 ou
120 min selon les études) est un indicateur indépendant
dans deux études sur trois [16, 17]. Elle n'était associée
à la mortalité d'origine coronaire dans la troisième
étude chez les hommes que si l'on analysait les résultats
selon les quintiles de l'insulinémie et par tranches d'âge
[18]. Il faut noter que ces études ne comportent pas, parmi les
variables étudiées à l'origine, le cholestérol
des lipoprotéines de haute densité (HDL). Sept études
plus récentes (tableau
I), où le cholestérol des HDL a été
pris en compte dans la plupart des cas, ne confirment pas le résultat
des études précédentes [19-25]. Il existe une relation
inverse entre l'insulinémie et le HDL-cholestérol, d'une
part, et entre le HDL-cholestérol et le risque coronaire, d'autre
part. L'insulinémie à jeun et après charge orale
en glucose n'apparaît comme indicateur indépendant d'accident
coronaire en analyse multivariée dans aucune de ces études,
chez les hommes et chez les femmes. L'étude de Rancho Bernardo
[25] indique même une relation négative entre l'insulinémie
2 heures après charge orale de 75 g de glucose chez les sujets
de sexe masculin et le risque d'accident coronaire. Dans l'étude
du MRFIT [24], une corrélation positive est observée entre
l'insulinémie à jeun et la survenue d'un événement
coronaire majeur dans le sous-groupe des sujets qui avaient le phénotype
3/2 de l'apoprotéine E.
L'analyse de ces dix études prospectives indique que l'insulinémie
apparaît tout au plus, et de manière non consistante, comme
un indicateur de risque coronaire chez les seuls sujets de sexe masculin
d'âge moyen. Les sujets ayant une insulinémie basse, dans
le quart inférieur de la distribution, présentent dans certaines
études un risque accru d'accident coronaire [13, 16, 18]. Dans
les études les plus récentes, le risque d'accident coronaire
apparaît lié de manière négative au cholestérol
des HDL [20, 21, 24, 25] et de manière positive à l'obésité
abdominale [20, 25] et à l'hypertriglycéridémie [19,
21, 23, 24]. Ces résultats ne sont pas en contradiction avec ceux
des trois premières études [16, 18] ; l'insulinémie
pourrait apparaître alors comme le marqueur d'un état métabolique
plus complexe, ou syndrome d'insulinorésistance, et non pas comme
un facteur de risque cardiovasculaire en elle-même [26].
Études prospectives chez des diabétiques
et des intolérants au glucose
Les patients atteints d'un diabète non insulinodépendant
ou d'une intolérance au glucose ont longtemps été
considéré comme hyperinsulinémiques sur la foi de
dosages d'insuline plasmatique par la méthode radio-immunologique
mise au point par Berson et Yalow en 1959. Ayant un risque vasculaire
et coronaire accru, ils ont été considérés
comme un « bon modèle » pour examiner les rapports entre
l'hyperinsulinémie et le risque coronaire et vasculaire. Nous verrons
plus loin qu'ils ont en fait une insulinopénie et une dysfonction
insulaire.
Quatre études prospectives cherchant à établir
les liens entre l'insulinémie à jeun ou après charge
orale en glucose et les complications coronaires ont été
réalisées chez des patients ayant un diabète de type
2 (non insulinodépendant) ou une intolérance au glucose
(tableau II) [22, 27-29].
Les résultats de ces études sont concordants : l'insulinémie
n'est pas un facteur prédictif d'accident coronaire. Dans l'étude
de Bedford [27], l'insulinémie initiale semble même avoir
un effet protecteur. Ces résultats ne sont guère surprenants
car « l'insulinémie » dosée, avec la méthode
radio-immunologique classique, dans le diabète de type 2 et l'intolérance
au glucose, correspond à l'insuline vraie mais aussi à un
pourcentage important de pro-hormones, de faible activité biologique
: pro-insuline, pro-insuline clivée en 32-33 [30]. Chez les non-diabétiques,
l'insulinémie reflète en partie l'insulinosensibilité.
Ce n'est pas le cas des patients atteints de diabète non insulinodépendant
et d'intolérance au glucose, chez qui l'insulinémie reflète
moins la sensibilité périphérique à l'insuline
que le déficit insulinosécrétoire. Ces patients sont
insulinopéniques en valeur absolue ainsi que l'ont montré
les dosages spécifiques de l'insuline par méthode immunoradio-métrique
[31, 32].
Effets coronaires et vasculaires
de l'insulinothérapie chez les diabétiques
L'insuline exogène administrée à des diabétiques
de type I et II a été accusée de favoriser le développement
de l'athérosclérose et de ses complications. Le mode d'administration
de l'insuline exogène est par essence non physiologique et conduit
à une hyperinsulinémie périphérique. Il est
en effet nécessaire d'atteindre des concentrations élevées
d'insuline dans le sang périphérique pour obtenir par recirculation
des concentrations suffisantes dans le système porte et contrôler
le débit glucosé hépatique. Cinq études ont
été publiées à ce jour [22, 33-36]. Si trois
« innocentent » sans contredit l'insuline exogène (figure
1), les conclusions des deux autres études sont plus ambiguës
[34] (tableau III). Dans
l'étude bavaroise [34], les patients qui avaient présenté
une lésion vasculaire avaient des doses d'insuline plus élevées,
mais leur poids était en moyenne supérieur de 10 %, et ils
étaient en moyenne de 12 ans plus âgés. L'analyse
réalisée chez les indiens Pima insulinotraités milite
en faveur de cette explication : l'incidence des anomalies électrocardiographiques
est plus élevée chez les patients traités par l'insuline,
mais la différence disparaît lorsque l'âge, le sexe,
la durée du diabète et la prise d'antidiabétiques
oraux sont pris en compte [22].
L'étude du DCCT, dont la durée était en moyenne
de 6,5 ans [37], indique une tendance en faveur d'un rôle protecteur
de l'insuline dans le groupe soumis au traitement intensif (23 événements
cardiovasculaires majeurs contre 40 dans le groupe recevant un traitement
conventionnel, p = 0,08), en dépit de doses d'insuline plus élevées
dans le groupe traitement intensif (figure
2). L'essai de faisabilité de l'étude des Veterans
[35, 36] est actuellement terminé. Cette étude avait pour
objectif de comparer dans le diabète de type 2 les effets sur la
morbidité et la mortalité cardiovasculaires, d'un traitement
intensif par l'insuline (4 injections quotidiennes) à ceux d'un
traitement conventionnel. Les résultats après une durée
de surveillance moyenne de 27 mois (disponibles seulement sous forme de
résumé) [36] indiquent que le nombre de patients ayant présenté
un accident coronaire ou vasculaire majeur n'est pas différent
dans le groupe recevant un traitement intensif (16/75) de celui du groupe
recevant un traitement conventionnel (9/78). La différence devient
significative lorsque l'on s'adresse au nombre d'événements
et non plus au nombre de patients (18/75 contre 10/78). La mortalité
coronaire et la mortalité globale ne diffèrent pas entre
les deux groupes. Les doses d'insuline sont plus élevées
dans le groupe intensif que dans le groupe au traitement conventionnel.
Si l'intérêt d'un traitement « intensif » n'est
pas établi chez les diabétiques de type 2 non insulinodépendants,
ces résultats ne doivent cependant pas faire retarder l'insulinothérapie
chez un diabétique de type 2 insulinorequérant, l'hyperglycémie
chronique apparaissant comme le facteur majeur des complications microvasculaires
[37], mais aussi macrovasculaires, du diabète [28].
Insulinémie : indicateur
du syndrome d'insulinorésistance ?
Les données expérimentales et surtout les études
épidémiologiques que nous avons passées en revue
ne sont pas en faveur du rôle de l'insuline comme facteur de risque
d'athérosclérose, c'est-à-dire comme agent directement
causal des plaques et de leurs complications [38]. L'insulinémie
est cependant associée dans les études épidémiologiques
transversales et longitudinales à un ensemble de facteurs de risque
artériel dont le rôle est bien démontré [39,
40] : augmentation des triglycérides, diminution du cholestérol
des HDL plasmatiques [40-42], augmentation des particules LDL petites
et denses [43], localisation de la surcharge adipeuse à la partie
supérieure du corps (obésité abdominale ou androïde)
[44, 45].
L'association de l'hypertension artérielle et de l'hyperinsulinémie
a fait l'objet de nombreuses controverses [46]. Certaines études
transversales établissent une corrélation positive entre
l'insulinémie et l'hypertension artérielle chez des sujets
non diabétiques [47-50], mais des résultats contradictoires
ont aussi été publiés [51, 52]. Si le lien entre
l'hyperinsulinémie et l'hypertension artérielle est observé
chez les Caucasiens, il n'est pas mis en évidence chez les Noirs
américains [52], ni chez les Mexicains vivant aux États-Unis
et les indiens Pima, pourtant obèses insulinorésistants
[46]. Une différence de susceptibilité génétique
est probablement en cause.
Différents mécanismes ont été avancés
pour expliquer les liens entre hyperinsulinémie et hypertension
artérielle :
hyperactivité de l'échangeur Na+/H+
des cellules musculaires lisses de la paroi artérielle, ce qui
les rend plus sensibles aux hormones pressives (angiotensine II et catécholamines)
[53] ;
augmentation de la réabsorption tubulaire de sodium démontrée
en expérimentation aiguë, mais sans élévation
tensionnelle [54] ;
stimulation du système nerveux sympathique : l'hyperinsulinémie
réalisée grâce à la méthode du clamp
euglycémique chez des volontaires sains s'accompagne d'une augmentation
de la noradrénaline plasmatique et de la pression artérielle
systolique ; cet effet a été aussi observé en normo-insulinémie
avec la même méthode [55-57].
Pour compléter la revue des liens entre l'hyperinsulinémie
et l'hypertension artérielle, il faut souligner que les patients
atteints d'insulinome, tumeur développée à partir
des cellules b des îlots de Langerhans et responsable d'une hyperinsulinémie
importante, ne sont pas hypertendus, et que leur pression artérielle
n'est pas modifiée par l'exérèse de la tumeur.
Un déficit du système fibrinolytique peut favoriser le
développement et les complications des thromboses artérielles.
Ainsi, une augmentation du PAI-1 (plasminogen activator inhibitor
type I) est un facteur de risque indépendant de récidive
d'infarctus du myocarde chez les patients jeunes de sexe masculin [58,
59]. L'élévation du PAI-1 pourrait être un lien entre
le syndrome d'insulinorésistance et le risque d'athérosclérose
[60]. De fait, une corrélation positive entre l'activité
du PAI-1 et l'insulinémie a été mise en évidence
dans plusieurs études transversales [61-63].
L'insulinémie dans ce contexte pourrait constituer un indicateur
indirect de l'insulinosensibilité [26], les coefficients de corrélation
de l'insulinémie avec les mesures réalisées avec
la méthode de clamp euglycémique variant de 0,27 à
jeun, chez des sujets à tolérance glucidique et poids normaux,
à des valeurs de l'ordre de 0,50 à 0,60 à jeun ou
après charge en glucose, chez des obèses [64, 65]. Chez
les diabétiques non insulinodépendants, les résultats
sont contradictoires selon les études [65, 66], ce qui peut s'expliquer
par la non-spécificité du dosage utilisé pour l'insuline
[31, 32]. Néanmoins, aucune étude prospective n'a démontré
que le syndrome d'insulinorésistance est en lui-même un facteur
de risque d'athérosclérose. En outre, l'ensemble des différents
éléments qui le constituent pourrait n'être qu'un
regroupement artificiel de facteurs aux déterminants génétiques
différents et présents avec une fréquence importante
dans la population générale.
Pro-insulinémie : indicateur
de risque vasculaire ?
Les patients présentant un diabète de type 2 (non insulinodépendant)
ou une intolérance au glucose se caractérisent par une élévation
disproportionnée de la pro-insuline et de la pro-insuline clivée
en 32-33 comme nous l'avons vu plus haut [31, 32]. Une corrélation
étroite entre pro-insuline et pro-insuline clivée en 32-33
et PAI-1 et d'autres facteurs de risque d'athérosclérose
a été observée chez des diabétiques non insulinodépendants
[67, 68]. La pro-insuline semble exercer un effet direct sur les cellules
endothéliales et la sécrétion de PAI-1 [69]. Dans
une population non diabétique (celle de la San Antonio Heart Study),
la pro-insuline plasmatique était associée de manière
indépendante avec les triglycérides et la pression artérielle
systolique, même après ajustement pour l'insulinémie
[70].
Ces données sont limitées et nécessitent confirmation
avant d'incriminer la pro-insuline de manière définitive.
On pourrait en rapprocher le fait que les essais cliniques menés
avec la pro-insuline en comparaison avec l'insuline ont été
interrompus, en raison de la survenue plus fréquente d'infarctus
du myocarde (7 à 18 fois plus fréquents) chez les patients
traités au long cours (plus d'un an) par la pro-insuline [71].
Là encore, les concentrations plasmatiques observées chez
les patients traités étaient beaucoup plus élevées
que celles observées spontanément [71]. En revanche, le
traitement par l'insuline des patients atteints d'un diabète de
type 2 diminuerait à la fois les concentrations plasmatiques de
pro-insuline et l'activité du PAI-1 [72].
CONCLUSION
La revue des données épidémiologiques et expérimentales
concernant les liens éventuels entre l'insulinémie et l'athérosclérose
et ses complications permet de conclure comme Barrett-Connor [73] que
l'insuline n'est pas un facteur de risque, c'est-à-dire un facteur
causal d'athérosclérose. En revanche, l'insulinémie
pourrait être un indicateur du syndrome d'insulinorésistance,
lui-même ensemble de facteurs de risque d'athérosclérose
et de ses complications. Cet indicateur ne semble opérant que chez
les non-diabétiques. Enfin, la signification du syndrome d'insulinorésistance
en termes de risque coronaire et vasculaire et les implications thérapeutiques
qui en découlent restent à préciser.
REFERENCES
Remerciements
Nous remercions Loïc Capron qui nous a amicalement conseillé
et qui a relu ce texte.
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