ARTICLE
L'embolie pulmonaire
et la thrombose veineuse profonde étaient considérées,
jusqu'à récemment, comme deux entités cliniques séparées.
Les patients atteints d'une embolie pulmonaire étaient supposés
présenter une pathologie plus grave avec une physiopathogénie
différente. À partir d'études autopsiques sérieuses,
dès 1856 Virchow a été le premier à suggérer
que l'embolie pulmonaire puisse avoir comme origine une thrombose des
veines profondes des membres inférieurs [1]. Il fut alors considéré
comme un hérétique par la communauté médicale
: le dogme de l'époque considérait les thromboses veineuses
profondes et les embolies pulmonaires comme deux états pathologiques
différents [2]. Ce débat a continué pendant les décennies
suivantes bien que la coexistence de thromboses veineuses profondes et
d'embolie pulmonaire chez les mêmes malades ait continué
à être régulièrement rapportée [3].
Quoi qu'il en soit, jusqu'à très récemment, les livres
de références médicales catégorisaient ces
deux maladies selon deux entités cliniques séparées
[4]. À partir de ce concept, les malades atteints d'embolie pulmonaire
étaient supposés recevoir une approche thérapeutique
plus agressive que ceux « seulement » atteints d'une thrombose
veineuse profonde. Cela a conduit aux grands essais cliniques des années
1960 et 1970 qui ont évalué les thérapeutiques thrombolytiques
chez les malades atteints d'embolie pulmonaire [5-8]. D'après ces
études, douze à vingt-quatre heures de traitement thrombolytique
n'influenceraient pas différemment l'évolution clinique
d'un traitement par héparine intraveineuse [7]. Les analyses en
sous-groupe suggéraient qu'une petite proportion de malades atteints
d'embolie pulmonaire massive avec instabilité hémodynamique
pouvait bénéficier d'une reperfusion précoce permise
par le traitement thrombolytique [7]. Par ailleurs, les traitements par
thrombolytiques entraînaient une augmentation d'environ quatre fois
de l'incidence des hémorragies cliniquement graves [9]. À
la suite de ces essais, la thérapeutique standard des malades présentant
une embolie pulmonaire a consisté en un traitement initial par
héparine suivi par un traitement anticoagulant oral au long cours.
Ce traitement s'est avéré être identique à
la prise en charge thérapeutique des malades atteints de thrombose
veineuse profonde.
Au début des années 1980, un renouveau d'intérêt
pour le concept de maladie thromboembolique veineuse a émergé
mais, cette fois, à partir de données diagnostiques [10-13].
Les études initiales utilisant les phlébographies avaient
montré une forte incidence de thrombose veineuse des membres inférieurs
chez les malades présentant une embolie symptomatique [11, 13].
Avec la possibilité d'utiliser des techniques non invasives de
diagnostic des thromboses veineuses profondes des membres inférieurs,
les études suivantes ont évalué le rôle potentiel
de ces méthodes pour confirmer ou exclure la maladie thromboembolique
veineuse [12, 14, 15].
Dans cette revue, nous analyserons les arguments pour ou contre le fait
de considérer la maladie thromboembolique veineuse comme une seule
entité clinique. Nous l'aborderons du point de vue diagnostique,
pronostique, étiologique et thérapeutique. Si la maladie
thromboembolique veineuse est réellement une seule maladie, on
s'attendrait à trouver une forte prévalence de la coexistence
de ces deux maladies chez un patient donné, indifféremment
de la présentation initiale : symptômes thoraciques ou symptômes
des membres inférieurs. Quand ces deux maladies sont associées,
le pronostic, en particulier le risque de récidive mortel ou non,
ne devrait pas être très différent. De même,
le type et la force des facteurs de risque aussi bien que des facteurs
étiologiques devraient être comparables sur l'expression
clinique de la maladie thromboembolique. Finalement, la dose et l'efficacité
relative des anticoagulants dans le traitement de l'une ou l'autre manifestation
devraient être similaires.
Coexistence thrombose veineuse
profonde et embolie pulmonaire
Les études phlébographiques, chez des
malades consécutifs atteints d'embolie pulmonaire prouvée,
ont montré qu'il existait une thrombose veineuse des membres inférieurs
chez 70 à 93 % [11, 13] d'entre eux, bien que seulement 10
à 15 % aient une thrombose veineuse symptomatique [16]. Bien qu'elles
ne soient pas bien documentées, on a suggéré que
les embolies pulmonaires restantes pouvaient avoir comme origine : les
veines du pelvis, les veines des bras, le cur droit [17, 18]. D'autres
explications pourraient être une embolisation complète du
thrombus à partir des veines des jambes, avec pour résultante
un veinogramme résiduel normal ou, plus rarement, une thrombose
locale dans les artères pulmonaires [17, 18]. Les études
plus récentes ont recherché la présence de thrombose
veineuse profonde des veines des membres inférieurs chez les malades
atteints d'embolie pulmonaire par les techniques non invasives telles
que la pléthysmographie d'impédance ou les techniques ultrasonographiques.
Dans ces études on a trouvé une fréquence beaucoup
plus faible de thrombose veineuse des membres inférieurs que dans
les études qui utilisaient la phlébographie [14, 15, 19-21].
L'explication la plus probable est que ces techniques non invasives détectent
beaucoup moins précisément les thromboses non occlusives,
non symptomatiques, plus petites ou beaucoup moins bien organisées
[22]. De plus, elles détectent relativement mal les thromboses
isolées des veines du mollet qui sont trouvées chez environ
40 % des malades ayant fait une embolie pulmonaire prouvée
[13, 23].
Concernant les malades présentant une thrombose veineuse profonde
symptomatique des membres inférieurs, plusieurs études indépendantes
ont montré qu'il existait, chez environ 50 % d'entre eux,
des signes certains d'embolie pulmonaire non symptomatique tels qu'on
peut en détecter par des scintigraphies de ventilation perfusion
de haute probabilité [24-27]. Une autre fraction d'environ 20 à
30 % de ces malades a des signes de scintigraphie pulmonaire de probabilité
intermédiaire, parmi lesquels une proportion significative correspond
probablement à des embolies pulmonaires [24-27]. Il peut être
intéressant de noter que, chez les malades ayant fait une embolie
pulmonaire, seulement 10 % environ de ceux dont le diagnostic a été
porté à partir d'une symptomatologie de thrombose veineuse
profonde ont des symptômes indicateurs d'une embolie pulmonaire
[28].
En conclusion, environ trois malades sur quatre avec embolie pulmonaire
ou thrombose veineuse profonde ont à l'évidence une maladie
atteignant les deux localisations. Cela conforte le fait que la maladie
veineuse thromboembolique ne soit qu'une seule et même entité.
Mais il reste à élucider pourquoi certains malades développent
de préférence des symptômes d'atteinte pulmonaire
et d'autres des symptômes d'atteinte veineuse des membres inférieurs.
Pronostic des malades atteints
d'une maladie thromboembolique veineuse
Pour comparer le pronostic des malades atteints soit
d'une thrombose veineuse profonde, soit d'une embolie pulmonaire, l'idéal
serait d'établir la fréquence de récidive ainsi que
la mortalité globale et spécifique à l'étiologie
dans l'ensemble de cette population atteinte des deux manifestations.
Jusqu'à présent, la plupart des informations sur le pronostic
des malades atteints de maladie thromboembolique veineuse ont été
obtenues par les études comparant différentes modalités
thérapeutiques. L'évolution de ces malades au cours de ces
études n'est peut-être pas représentative de la totalité
de la population, étant donné que ces populations sont habituellement
triées avec de nombreux critères d'exclusion. Par exemple,
les malades qui ont une espérance de vie courte, un risque augmenté
de saignement ou qui ont présenté un accident thromboembolique
massif ne sont fréquemment pas autorisés à être
inclus dans ces études.
Quatre cohortes prospectives qui ont inclus des patients consécutifs
pendant une période de temps donnée avec un diagnostic prouvé
soit de thrombose veineuse profonde, soit d'embolie pulmonaire, peuvent
être utilisées pour évaluer le pronostic de ces deux
catégories de malades [28-31]. Dans deux études, chez des
malades atteints de thromboses veineuses profondes, la mortalité
à 1 an était de 17 % (IC à 95 % : 13 à 19)
[28, 29]. Dans deux autres études, la mortalité des malades,
à 6 mois et à 1 an après un épisode qualificatif
d'embolie pulmonaire, était de 17 % (IC à 95 % : 11
à 23) et de 24 % (IC à 95 % : 19 à 28) respectivement
[30, 31]. Chez les malades atteints de thromboses veineuses des membres
inférieurs de même que chez ceux atteints d'embolie pulmonaire,
environ 2 % sont morts de récidive d'embolie pulmonaire fatale.
La plupart des autres décès étaient dus à
des facteurs de comorbidité, en particulier cancer ou pathologie
cardiaque [28-31]. Ainsi, il semble qu'il existe une petite différence
sur la mortalité globale entre les malades atteints de thrombose
veineuse profonde des membres inférieurs et ceux atteints d'embolie
pulmonaire, bien que la mortalité de cause spécifique soit
comparable. De toute façon, on doit prendre en compte le fait que
les malades atteints d'embolie pulmonaire ont habituellement une plus
grande fréquence de comorbidité, ce qui pourrait expliquer
la plus grande incidence de mortalité totale.
La fréquence de récidive de thrombose veineuse profonde
chez les patients ayant eu un premier épisode de thrombose veineuse
profonde après 1 an de suivi varie dans les deux études
entre 6 % (IC à 95 % : 2 à 12) et 13 % (IC à
95 % : 9 à 17) [28, 29]. Dans les études chez les malades
avec embolie pulmonaire, il existe une récidive d'embolie pulmonaire
de 3 % (IC à 95 % : 0,8 à 6) et 8 % (IC à 95%
: 6 à 11) respectivement après 6 et 12 mois [30, 31]. Ainsi
ces études pourraient indiquer que la fréquence de récidive
des accidents thromboemboliques veineux seraient similaires dans les deux
manifestations de cette entité. Cette façon de voir est
différente de ce qui a été rapporté dans une
revue récente, incluant 22 essais thérapeutiques et 3 suivis
de cohorte chez des malades atteints de pathologie veineuse thromboembolique,
qui a révélé que, dans les premiers mois après
l'accident, les malades atteints d'embolie pulmonaire avaient un risque
supérieur de récidive, fatale ou non, bien que cette différence
disparaisse avec un suivi plus long [32].
Une autre observation intriguante est que, chez les malades avec une récidive,
le nouvel accident thrombotique survient généralement dans
la même localisation (embolie pulmonaire ou thrombose veineuse profonde)
[32, 33]. Ainsi 80 % des malades ayant eu une thrombose veineuse profonde
des membres inférieurs ont une récidive dans les membres
inférieurs ; l'observation est similaire chez les malades dont
l'accident qualifiant a été une embolie pulmonaire. Cela
implique que ceux qui ont tendance à manifester leur risque thrombotique
par une embolie pulmonaire ont un risque supérieur de récidive
d'embolie pulmonaire et vice versa pour la thrombose veineuse profonde.
En conclusion, le pronostic à long terme est comparable, en particulier
pour le risque de récidive d'accident thromboembolique, fatal ou
non, chez les malades ayant présenté soit une embolie pulmonaire,
soit une thrombose veineuse du membre inférieur.
Physiopathogénie
Il existe un ensemble d'évidences montrant que
les facteurs de risque transitoires tels que la chirurgie, l'immobilisation,
la prise de contraceptifs oraux, la grossesse, le postpartum augmentent
le risque de thrombose veineuse profonde [29, 30, 34-36]. Cela est aussi
vrai pour l'existence d'une néoplasie, d'une obésité
ou d'un âge avancé [29, 30, 34-36]. De manière similaire,
ces mêmes facteurs ont été établis comme des
facteurs de risque indubitables d'embolie pulmonaire [30, 31, 35, 36].
Cette pathogénie similaire a été confirmée
dans une étude de population, l'étude de Worcester, dans
laquelle on a trouvé le même type de facteurs de risque chez
les malades ayant présenté un premier épisode soit
de thrombose veineuse profonde, soit d'embolie pulmonaire [37].
Les malades porteurs de la mutation facteur V Leiden ou d'un déficit
en antithrombine, en protéine C ou en protéine S ont un
risque accru de développer une thrombose veineuse profonde aussi
bien qu'une embolie pulmonaire [38-40]. Quoi qu'il en soit, il n'est toujours
pas établi que les malades avec l'une ou l'autre des manifestations
de la maladie thromboembolique aient ou non une prévalence similaire
de ces anomalies de la coagulation. Il y a, à l'heure actuelle,
de plus en plus de données pour suggérer que la prévalence,
par exemple, de la mutation du facteur V Leiden est moitié moins
fréquente chez des malades ayant eu une embolie pulmonaire que
chez ceux ayant eu une thrombose veineuse profonde [41, 42]. Cela ne devrait
pas être à tort interprété comme une indication
que les deux types d'accident thromboembolique veineux sont différents
mais beaucoup plus probablement que la présence d'une anomalie
thrombophile influence le risque d'embolisation. Quoi qu'il en soit, il
apparaît que la pathogénie de l'embolie pulmonaire et celle
de la thrombose veineuse profonde ont de nombreux points en commun.
Traitement des malades atteints
d'embolie pulmonaire et de thrombose veineuse profonde
Si l'efficacité du traitement anticoagulant chez
les malades avec l'une ou l'autre manifestation de la maladie thromboembolique
veineuse est comparable, on devrait s'attendre à une approche thérapeutique
similaire. L'intensité du traitement devrait dépendre de
l'importance du processus thrombotique, la dose et l'efficacité
relative des traitements antithrombotiques devraient être équivalentes.
Les malades atteints d'une thrombose veineuse profonde des membres inférieurs
symptomatiques peuvent se présenter avec un spectre de symptomatologies
variant depuis la thrombose extensive compromettant la circulation artérielle
(c'est-à-dire la phlegmatia cærulea) jusqu'à
des petits thrombus localisés, sans tendance ni à s'étendre
ni à emboliser [14, 43-45]. De manière similaire, il existe
pour les malades présentant une embolie pulmonaire symptomatique
un spectre qui va de l'embolie pulmonaire massive avec instabilité
hémodynamique, voire mort subite, jusqu'à une maladie auto-limitée
qui disparaît spontanément [14, 15, 46].
En fait, l'approche thérapeutique est similaire pour les malades
présentant une thrombose veineuse profonde et une embolie pulmonaire,
c'est-à-dire un accident thromboembolique veineux massif, sans
s'occuper s'il est localisé aux membres inférieurs ou aux
poumons, et peut bénéficier d'une thérapeutique thrombolytique
ou même de la chirurgie. De l'autre côté du spectre,
la répétition des examens non invasifs pour évaluer
l'étendue de la maladie s'est révélée être
une approche appropriée. Quoi qu'il en soit, la plupart des malades
atteints de thrombose veineuse profonde ou d'embolie pulmonaire ont une
maladie thromboembolique veineuse d'un type modéré qui est
traitée efficacement en première intention par héparine
(non fractionnée ou de bas poids moléculaire), puis par
un traitement anticoagulant oral [9, 32, 47]. Ainsi, pour ce qui est des
stratégies thérapeutiques, l'approche est similaire chez
les malades atteints de thrombose veineuse profonde et d'embolie pulmonaire.
REFERENCES
1. Virchow RLK. Thrombose und Embolie. Gefässen Entzündung
und septische Infektion. In : Virchow RLK, ed. Gesammelte Abhandlungen
zur wissenschaftlichen Medicin. Frankfurt : Meidinger Sohn und Co,
1856 : 219-732.
2. Luzatto B. Embolis dell'arteria polmonale. Milan :
Fratelli Richiedei eds., 1880.
3. Homans J. Thrombosis of the deep veins of the lower leg, causing
pulmonary embolism. N Engl J Med 1934 ; 211 : 993-7.
4. Isselbacher KJ, Adams RD, Braunwald E, Petersdorf RG, Wilson
JD. Harrison's Principles of Internal Medicine. Ninth edition.
New York : McGraw-Hill Book Company, 1980.
5. Browse NL, Brist MD, James DCO. Streptokinase and pulmonary
embolism. Lancet 1964 ; 11 : 1039-43.
6. Sauatter RD, Emanuel DA, Fletcher FW, Wenzel FJ, Matson JI.
Urokinase for the treatment of acute pulmonary thromboembolism. JAMA
1967 ; 202 : 143-6.
7. The Urokinase Pulmonary Embolism Trial. A national coopérative
study. Am Heart J 1973 ; 47 (suppl. 2) : 1-108.
8. Urokinase-Streptokinase Embolism Trial : phase 2 results.
JAMA 1974 ; 229 : 1606-13.
9. Turkstra F, Koopman MMW, Büller HR. The treatment of
deep vein thrombosis and pulmonary embolism. Thromb Haemostas 1997
; 78 : 489-96.
10. Moser KM, Lemoine JR. Is embolic risk conditioned by location
of deep venous thrombosis ? Ann Intern Med 1981 ; 94 : 439-44.
11. Hull RD, Hirsh J, Carter CJ, et al. Pulmonary angiography,
ventilation lung scanning, and venography for clinically suspected pulmonary
embolism with abnormal perfusion lung scan. Ann Intern Med 1983
; 98 : 891-9.
12. Hull RD, Raskob GE, Coates G, Panju AA, Gill GJ. A new noninvasive
management strategy for patients with suspected pulmonary embolism. Arch
Intern Med 1989 ; 149 : 2549-55.
13. Kruit WHJ, de Boer AC, Sing AK, van Roon F. The significance
of venography in the management of patients with clinically suspected
pulmonary embolism. J Intern Med 1991 ; 230 : 333-9.
14. Hull RD, Raskob GE, Ginsberg JS, et al. A noninvasive
strategy for the treatment of patients with suspected pulmonary embolism.
Arch Intern Med 1994 ; 154 : 289-97.
15. Wells P, Ginsberg J, Anderson D, et al. The use of
a clinical model in a propective management study of patients with suspected
pulmonary embolism. Blood 1996 ; 88 : 625s (abstract).
16. Stein PD, Terrin ML, Hales CA, et al. Clinical, laboratory,
roentgenographic, and electrocardiographic findings in patients with acute
pulmonary embolism and non pre-existing cardiac or pulmonary disease.
Chest 1991 ; 100 : 598-603.
17. Havig O. Deep vein thrombosis and pulmonary embolism. Acta
Chir Scand 1977 ; (suppl. 478) : 42-7.
18. Wagenvoort CA. Pathology of pulmonary thromboembolism. Chest
1995 ; 107 : S10-17.
19. Perrier A, Bounamaux H, Morabia A, et al. Diagnosis
of pulmonary embolism by a decision analysis-based strategy including
clinical probability, D-dimer levels, and ultrasonography : a management
study. Arch Intern Med 1996 ; 156 : 531-6.
20. Christiansen F, Kellerth T, Andersson T, Ragnarsson A, Hjortevang
F. Ultrasound at scintigraphic « intermediate probability of pulmonary
embolism ». Acta Radiol 1996 ; 37 : 14-7.
21. Turskstra F, Kuijer PMM, van Beek EJR, Brandjes DPM, ten
Cate JW, Büller HR. Diagnostic utility of ultrasonography of leg
veins in patients suspected of having pulmonary embolism. Ann Intern
Med 1997 ; 126 : 775-81.
22. Lensing AWA, Hirsh J, Büller HR. Diagnosis of venous
thrombosis. In : Coleman RW, Hirsh J, Marder VJ, Salzman EW, eds. Hemostasis
and Thrombosis: Basic Principles and Clinical Practice. 3rd
édition. Philadelphia : Lippincott, 1994 : 1297-321.
23. Fernandez-Canton G, Vidaur IL, Munoz F, Antonana MA, Uresandi
F, Calonge J. Diagnostic utility of color doppler ultrasound in lowert
limb deep vein thrombosis in patients with clinical suspicion of pulmonary
thromboembolism. Eur J Radiol 1994 ; 19 : 50-5.
24. Huisman MV, Büller HR, ten Cate JW, van Royen EA, Kersten
MJ, Baks R. Unexpected high prevalence of silent pulmonary embolism in
patients with deep venous thrombosis. Chest 1989 ; 95 : 498-502.
25. Dorfman GS, Cronan JJ, Tupper TB, Messersmith RN, Denny DF,
Lee CH. Occult pulmonary embolism : a common occurrence in patients with
deep venous thrombosis. Am J Roentgenol 1987 ; 148 : 263-6.
26. Doyle DJ, Turpie AGG, Hirsh J, et al. Adjusted subcutaneous
heparin or continuous intravenous heparin in patients with accute deep
vein thrombosis. Ann Intern Med 1987 ; 107 : 441-5.
27. Parcouret G, Alison D, Pottier JM, Bertrand P, Charbonnier
B. Free-floating thrombus and embolic risk in patients with angiographically
confirmed proximal deep venous thrombosis. Arch Intern Med 1997
; 157 : 305-8.
28. Prandoni P, Lensing AWA, Cogo A, et al. The long-term
clinical course of acute deep vein thrombosis. Ann Intern Med 1996
; 125 : 1-7.
29. Beyth RJ, Cohen AM, Landefeld CS. Long term outcomes of deep
vein thrombosis. Arch Intern Med 1995 ; 155 : 1031-7.
30.Van Beek EJR, Kuijer PMM, Büller HR, Brandjes DPM, Bossuyt
PMM, ten Cate JW. The clinical course of patients with suspected pulmonary
embolism. Arch Intern Med 1997 ; 157 : 2593-8.
31. Carson JL, Kelley MA, Duff A, et al. The clinical
course of pulmonary embolism. N Engl J Med 1992 ; 326 : 1240-5.
32. Douketis JD, Kearon C, Bates S, Duku EK, Ginsberg JS. Risk
of fatal pulmonary embolism in patients with treated venous thromboembolism.
JAMA 1998 ; 279 : 458-62.
33. The Columbus investigators. Low-molecular-weight heparin
in the treatment of patients with venous thromboembolism. N Engl J
Med 1997 ; 337 : 657-62.
34. Nordström M, Lindblad B, Bergqvist D, Kjellström
T. A prospective study of the incidence of deep-vein thrombosis within
a defined urban population. J Intern Med 1992 ; 232 : 155-60.
35. Carter CJ, Anderson FA, Brownell Wheeler H. Epidemiology
and pathophysiology of thromboembolism. In : Hull RD, Raskob GE, Pineo
GF, eds. Venous thromboembolism : an evidence-based atlas. New
York : Futura Publishing Co, Armonk 1996 : 3-20.
36. Van Beek EJR, Büller HR, ten Cate JW. Epidemiology of
venous thromboembolism. In : Tooke JE, Lowe GO, eds. Textbook of vascular
medicine. London : Arnold 1996 : 471-88.
37. Anderson FA, Wheeler HB, Goldberg RJ, et al. A population-based,
perspective of the hospital incidence and case-fatality rates of deep
vein thrombosis and pulmonary embolism. The Worcester DVT study. Arch
Intern Med 1991 ; 151 : 933-8.
38. Lane DA, Manucci PM, Bauer KA, et al. Inherited thrombophilia
: part II. Thromb Haemostas 1996 ; 76 : 824-34.
39. Friederich PW, Sanson BJ, Simioni P, et al. Frequency
of pregnancy-related, venous thromboembolism in anticoagulant factor-deficient
women : implications for prophylaxis. Ann Intern Med, 1996 ; 125
: 955-60.
40. Middeldorp S, Henkens C, Koopman MMW, et al. The incidence
of venous thromboembolism in family members of patients with Factor V
Leiden mutation and venous thrombosis. Ann Intern Med 1998 ; 128
: 15-20.
41. Manten B, Westendorp RGJ, Koster T, Reitsma PH, Rosendaal
FR. Risk factor profiles in patients with different clinical manifestations
of venous thromboembolism : a focus on the factor V Leiden mutation. Thromb
Haemostas 1996 ; 76 : 510-3.
42. Martinelli I, Cattaneo M, Panzeri D, Manucci PM. Low prevalence
of factor V : Q506 in 41 patients with isolated pulmonary embolism. Thromb
Haemostas 1997 ; 77 : 440-3.
43. Lensing AWA, Hirsh J. Rationale and results of thrombolytic
therapy for deep vein thrombosis. In : Bernstein EF, ed. Vascular diagnosis.
St-Louis, Missoury : Mosby-Year Book, Inc 1993 : 875-9.
44. Huisman MV, Büller HR, ten Cate JW, Vreeken J. Serial
impedance plethysmography for suspected deep venous thrombosis in outpatients.
The Amsterdam General Practitioner Study. N Engl J Med 1986 ; 314
: 823-6.
45. Heijboer H, Büller HR, Lensing AWA, Turpie AGG, Colly
LP, ten Cate JW. A comparison of real-time untrasonography with impedance
plethysmography for the diagnostic of deep-vein thrombosis in symptomatic
outpatients. N Engl J Med 1993 ; 329 : 1365-9.
46. Dalen JE, Alpert JS, Hirsh J. Thrombolytic therapy for pulmonary
embolism. Arch Intern Med 1997 ; 157 : 2550-6.
47. Ginsberg JS. Managment of venous thromboembolism. N Engl
J Med 1996 ; 335 : 1816-28.
|