ARTICLE
L'hypercholestérolémie
est une maladie fréquente : on estime qu'un individu sur 500 est
atteint de forme hétérozygote d'hypercholestérolémie
familiale tandis que 0,5 % de la population aurait une hypercholestérolémie
combinée familiale. Le bénéfice du traitement par
les statines, chez l'adulte, a considérablement renforcé
les évidences sur le rôle du cholestérol dans la pathogénie
de l'athérosclérose. Ceci pose de façon plus aiguë
le problème de l'extrapolation à l'enfant des résultats
positifs obtenus en prévention primaire et secondaire de l'athérosclérose
chez l'adulte. Dans cette synthèse consacrée à l'hypercholestérolémie
chez l'enfant, nous avons choisi d'envisager les questions suivantes :
- Quelles sont les évidences que le processus d'athérosclérose
commence dans l'enfance, ceci fournissant la base amenant à d'éventuelles
interventions thérapeutiques à mettre en place chez l'enfant
?
- Pourquoi et quand faut-il doser le cholestérol chez l'enfant
?
- Quels enfants devons-nous traiter et comment les traiter ?
Une attitude thérapeutique utilisant une approche
diététique adaptée aux besoins nutritionnels pour
l'âge ainsi qu'un éventuel traitement médicamenteux
dont il faudra surveiller la bonne tolérance s'impose. Il faut
d'emblée insister sur la nécessité d'une approche
familiale du traitement où la prise en charge médicale rigoureuse
renseignera l'enfant et ses parents sans les rassurer ou les inquiéter
à tort. Nous exclurons de cet article les formes d'hypercholestérolémie
les plus sévères comme l'hypercholestérolémie
familiale homozygote qui nécessite une prise en charge très
particulière et nous nous concentrerons sur l'hypercholestérolémie
isolée.
Arguments incitant à
traiter l'hypercholestérolémie de l'enfant
Les études épidémiologiques chez
l'enfant comme chez l'adulte sont en faveur de la responsabilité
des défauts du métabolisme des lipoprotéines et de
l'hypercholestérolémie dans l'apparition des lésions
d'athérosclérose [1, 2]. Il n'existe pas d'âge où
le cholestérol n'est plus un facteur de risque cardiovasculaire,
sauf peut-être après l'âge de 80 ans. Cependant, chez
l'enfant, il n'y a pas d'étude comparable à celles menées
chez l'adulte, prospectives, à long terme et mettant en corrélation
l'apparition des complications coronaires et la concentration de cholestérol
sur plusieurs décennies. Le rôle prédisposant de l'hypercholestérolémie
de l'enfant sur le risque ultérieur de cardiopathie ischémique
repose donc essentiellement sur des arguments indirects. Ainsi, le décès
des jeunes soldats lors des conflits du Viêtnam ou de la Corée
ont permis d'observer des plaques d'athérosclérose à
ce jeune âge [3, 4]. Dans l'étude Bogalusa, la surface mesurée
des stries lipidiques aortiques ou coronaires était proportionnelle
au niveau ante-mortem du cholestérol lié aux lipoprotéines
de basse densité chez les enfants qui étaient morts de cause
non reliée à une athérosclérose précoce
[5]. Ces données ont été renforcées par une
étude portant sur 390 sujets masculins âgés de 15
à 34 ans et qui indiquait une association positive entre la surface
des lésions intimales sur l'aorte, les artères coronaires
et les concentrations de cholestérol lié aux lipoprotéines
de basse et très basse densité tandis qu'une association
négative avec la concentration de cholestérol lié
aux lipoprotéines de haute densité existait [6]. Enfin,
un autre argument suggérant fortement que l'hypercholestérolémie
de l'enfant prédispose au développement précoce d'une
cardiopathie ischémique est apporté par l'étude des
sujets atteints d'hypercholestérolémie familiale. Au cours
de cette affection génétique, les individus hétérozygotes
développent fréquemment une cardiopathie ischémique
avant l'âge de 50 ans tandis que les sujets homozygotes, jusqu'à
récemment, développaient une coronaropathie avant l'âge
de 20 ans [7]. La comparaison des groupes d'âge fait donc apparaître
que plus on est jeune, plus la responsabilité du cholestérol
est forte dans la genèse de l'athérosclérose.
Les études chez l'adulte comme le lipid research clinics trial
et la Helsinki heart study ont montré des effets bénéfiques
de prévention primaire où l'abaissement du cholestérol
est associé à une diminution du risque de coronaropathie
ischémique [8]. De même chez l'adulte, des essais de prévention
secondaire comme le coronary drug project et la Scandinavian
simvastatin survival study ont montré des effets bénéfiques
de l'abaissement du cholestérol en prévention secondaire
[8]. De plus, d'autres études ont montré l'association de
l'abaissement du cholestérol avec la régression de l'athérosclérose
coronaire documentée par angiographie [8]. Ces données peuvent
être généralisées et suggèrent que l'apparition
de stries lipidiques précoces et de plaques d'athérosclérose
chez l'enfant et l'adolescent peut être prévenue et est réversible
[5, 6].
Pourquoi et quand doser
le cholestérol chez l'enfant (tableau
I) ?
Le dépistage précoce des enfants qui,
dès le jeune âge, ont un facteur de risque cardiovasculaire
sur lequel il est possible d'intervenir paraît donc être un
élément nécessaire de la prévention de la
coronaropathie ischémique. La question est donc actuellement de
déterminer la meilleure stratégie pour dépister les
enfants à haut risque de cardiopathie ischémique. Le premier
point est de savoir si les concentrations de cholestérol de l'enfant
sont prédictives de celles à l'âge adulte. Plusieurs
études nord-américaines ont abordé ce point dans
de grandes populations d'individus suivis depuis l'enfance ou l'adolescence
jusqu'à l'âge adulte. Dans la Beaver country study,
seulement 41 % des enfants ou adolescents qui avaient une cholestérolémie
élevée supérieure au 80 e percentile des
normes en fonction de l'âge conservaient des valeurs élevées
à l'âge adulte [9]. Dans la muscatine study, des enfants
et adolescents âgés de 8 à 18 ans ont été
examinés à plusieurs reprises et suivis jusqu'à l'âge
de 20 à 30 ans [10]. Les enfants qui avaient une concentration
de cholestérol au-delà du 75e percentile à
deux reprises, 75 % des filles et 56 % des garçons, ne restaient
pas hypercholestérolémiques à l'âge adulte
[10]. Des enfants ayant un cholestérol au-delà du 90e
percentile à deux occasions, seulement 43 % des filles et 70 %
des garçons, restaient des adultes avec un cholestérol élevé
[10]. À l'inverse, la FELS longitudinal study a révélé
que, chez les enfants suivis entre l'âge de 9 et 21 ans, la présence
d'une hypercholestérolémie pour un enfant de 9 ans a une
assez bonne valeur prédictive d'avoir à 21 ans une cholestérolémie
élevée [11]. De plus, dans une étude ayant étudié
1 169 individus âgés de 5 à 14 ans, le cholestérol
lié aux lipoprotéines de basse densité en particulier,
lorsqu'il était supérieur au 90e percentile des
normes pour l'âge de manière persistante, prédisait
un risque d'hyperlipidémie à l'âge adulte considérablement
accru [12]. Enfin, l'élévation persistante du cholestérol
lié aux lipoprotéines de basse densité était
ainsi en corrélation avec l'augmentation de la prévalence
à l'âge adulte de l'obésité et de l'hypertension
[12]. En conclusion, il existe une valeur prédictive sur les concentrations
à l'âge adulte du cholestérol plasmatique lors de
l'enfance ; cette corrélation néanmoins reste imparfaite.
Sur ces bases, deux propositions concernant les modalités de dépistage
de l'hypercholestérolémie chez l'enfant ont été
faites : dépistage systématique chez tous les enfants ou
dépistage ciblé en fonction des facteurs de risque génétiques
et éventuellement environnementaux. L'American academy of pediatrics
a recommandé de ne doser le cholestérol plasmatique que
chez les enfants dont les parents ou les grands-parents ont eu un infarctus
myocardique documenté, une coronarographie anormale ou un accident
vasculaire cérébral avant l'âge de 55 ans, ainsi que
chez les enfants dont les parents ont un cholestérol plasmatique
supérieur ou égal à 2,4 g/l [13]. Ceci a été
critiqué par plusieurs études ; l'utilité de l'histoire
familiale pour prédire les concentrations de cholestérol
chez les adolescents a été remise en cause. En effet, des
auteurs ont remarqué que l'histoire familiale avait une faible
sensibilité de dépistage en particulier si, rapportée
par un patient adolescent, elle différait alors de celle obtenue
par les parents [14]. Des auteurs de l'Irlande du Nord ont atteint les
mêmes conclusions : ils ont mesuré le cholestérol
total dans un échantillon de 1 000 enfants entre 12 et 15 ans et
les ont divisés en fonction de l'histoire familiale positive pour
maladie cardiovasculaire, angine de poitrine ou accident vasculaire cérébral
[15]. La sensibilité de détection de l'histoire familiale
pour une hypercholestérolémie, dans le groupe des enfants
avec cholestérol élevé, était basse, seulement
33 % [15]. Du fait de cette diminution considérable de la
sensibilité de dépistage si le dosage du cholestérol
est effectué en fonction des antécédents familiaux,
le National cholesterol education program (NCEP) a proposé
d'étendre le dépistage aux enfants dont les antécédents
familiaux sont inconnus et à ceux qui ont d'autres facteurs de
risque tels que l'obésité, le tabagisme, l'alimentation
riche en graisses, l'hypertension et le diabète [16]. Cette attitude
a été testée et semble améliorer la sensibilité
du dépistage en identifiant plus de 95 % des enfants hypercholestérolémiques
[17]. On voit bien que le problème des modalités du dépistage
n'est pas réglé. Celui-ci pourrait être fait plutôt
à partir de l'âge de 4 ans, âge auquel les concentrations
de cholestérol sont en corrélation avec celles mesurées
à l'âge de 11 ans et ont donc une certaine valeur prédictive
qu'elles n'ont pas dans les quatre premières années, en
particulier à l'âge de 2 ans où de plus en plus de
« bilans de santé » pris en charge par les organismes
sociaux incluent un dosage de cholestérol [7].
Quels enfants traiter pour
hypercholestérolémie et comment ?
Le NCEP a recommandé deux approches du traitement.
Une première approche est une approche de population recommandant
une alimentation pauvre en graisses totales et en graisses saturées
pour tous les enfants et les adolescents de plus de 2 ans. Ces conseils
nutritionnels peuvent être appliqués à la maison et
à l'école quel que soit le niveau de cholestérol.
La deuxième approche, l'approche diététique ciblée
sur l'enfant hypercholestérolémique, s'impose en première
ligne lorsque le cholestérol lié aux lipoprotéines
de basse densité s'accroît au-delà de 1,1 g/l, approximativement
le 75e percentile des valeurs normales. L'efficacité
et l'absence d'effets indésirables des modifications diététiques
recommandées ont été testées chez 663 enfants
sur trois ans : les enfants qui avaient reçu une alimentation pauvre
en graisses et en cholestérol et avaient abaissé modestement
leur cholestérol lié aux lipoprotéines de basse densité,
en moyenne de 0,15 g/l, avaient pu accepter les modifications alimentaires
et ne présentaient pas de déficit nutritionnel (ferritine,
rétinol, zinc, folates) ; de plus, leur croissance était
normale [18]. Cette large étude confirmait deux études plus
anciennes qui avaient montré que les alimentations pauvres en graisses
saturées, en cholestérol, pouvaient abaisser le cholestérol
lié aux lipoprotéines de basse densité chez l'enfant
[19, 20]. Une autre étude confirmait aussi chez les enfants à
l'école primaire la possibilité de suivre les recommandations
du NCEP, sans différence entre les apports caloriques, les apports
en minéraux, en vitamine D ou en vitamine E, entre les enfants
ayant modifié leur alimentation et le groupe témoin [21].
La seule différence est que les enfants dans le groupe traité
avaient un apport plus important de vitamine A [21]. En effet, l'apport
de vitamine A est un des points importants à considérer
lors du régime chez l'enfant : l'éviction du beurre, des
laitages non écrémés et du jaune d'uf, sources
de vitamine A, fait que l'on ne couvre les apports recommandés
que si l'on augmente l'apport de fibres, de fruits et légumes,
autres sources de bêtacarotène, ce qui est ici limité
par les goûts de l'enfant. De même l'apport alimentaire en
une autre vitamine liposoluble, la vitamine D, est insuffisant lors du
régime : mais ici les recommandations de prévention du rachitisme,
vitamine D tous les jours jusqu'à l'âge de 2 ans et en hiver
jusqu'à 5 ans, permettent chez les plus jeunes de couvrir les besoins.
Chez les adolescents en croissance rapide, l'adjonction de vitamine D
peut être envisagée quand il y a un régime anticholestérol
standard, d'autant que certains la recommandent pour tous les adolescents.
L'apport de vitamine E est lui souvent couvert par l'augmentation de l'apport
en huiles végétales. L'apport de calcium est en règle
préservé, à condition de garder les laitages et les
yaourts qui en sont riches, même préparés avec du
lait écrémé. La spécificité pédiatrique
qui nous semble être devoir mentionnée est la difficulté
à obtenir puis à maintenir des modifications du comportement
alimentaire sur une longue durée, alors que des écarts de
régime n'ont pas de conséquences « visibles »
et que c'est l'ensemble du fonctionnement alimentaire de la famille qui
doit être modifié. Néanmoins, l'absence d'effets indésirables
des approches diététiques semble donc confirmée.
Cependant, cette approche diététique reste insuffisante
pour certains enfants chez qui il faut alors introduire un traitement
médicamenteux.
Les recommandations du NCEP sont d'introduire un traitement pharmacologique
seulement chez les enfants de 10 ans ou plus, sur la base de la concentration
du cholestérol lié aux lipoprotéines de basse densité
[16] (tableau V). Cependant,
il peut être utile d'instaurer un traitement médicamenteux
plus tôt sur la base des données développées
plus haut dans l'espoir d'éviter le développement de l'athérosclérose.
Ceci a été fait chez des enfants de 6 à 11 ans qui
ont reçu de la cholestyramine lorsqu'ils avaient un cholestérol
lié aux lipoprotéines de basse densité supérieur
à 1,9 g/l ou supérieur à 1,6 g/l en présence
d'antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire précoce
[22]. Dans cette étude, la croissance et le développement
de ces enfants étaient normaux. Il faut noter qu'il existait chez
les enfants traités par cholestyramine une élévation
de la concentration sanguine d'homocystéine et une réduction
de la concentration des folates. Le cholestérol lié aux
lipoprotéines de basse densité (la cholestyramine était
associée à un traitement diététique) était
abaissé de 17 % en moyenne en 1 an, avec une dose administrée
de 8 grammes par jour. On peut d'ailleurs noter que cette dose semble
celle qui apporte le maximum de bénéfices en termes de réduction
de cholestérol sans augmenter trop le risque d'effets secondaires,
en particulier digestifs, ce qui se passe souvent au-delà de 8
grammes par jour [23]. La cholestyramine (Questran®) est
donc le médicament de première ligne dans le traitement
de l'hypercholestérolémie de l'enfant. Si l'acceptabilité
de la cholestyramine est parfois mauvaise, on peut recourir au colestipol,
disponible en France par le biais d'une autorisation temporaire d'utilisation.
Sur le plan pratique, chez l'enfant comme chez l'adulte, la poudre de
cholestyramine peut être diluée dans différents jus
de fruits ou de l'eau, la formule qui convient alors à l'enfant
étant la meilleure.
Notre but thérapeutique est en théorie
de ramener le cholestérol lié aux lipoprotéines de
basse densité dans les concentrations recommandées par le
NCEP, inférieure à 1,6 g/l ou inférieure à
1,3 g/l en présence de facteurs de risque familiaux. Il n'existe
pas de seuil d'intervention médicamenteuse qui puisse être
déterminé sur des bases scientifiques. Certains réservent
l'intervention à la concentration de cholestérol qui correspond
à la xanthomatose familiale, cholestérol total supérieur
à 3 g/l ou cholestérol lié aux lipoprotéines
de basse densité supérieur à 2,2 g/l, chez l'enfant.
D'autres ont une attitude plus interventionniste, dès que le cholestérol
lié aux lipoprotéines de basse densité est supérieur
à 1,9 g/l. En pratique, l'introduction du traitement médicamenteux
pour un cholestérol total supérieur à 3 g/l ou un
cholestérol lié aux lipoprotéines de basse densité
supérieur à 2,2 g/l chez l'enfant est le plus souvent notre
attitude, tout en renforçant la thérapeutique après
la puberté, car il n'existe pas d'étude sur l'utilisation
des hypolipidémiants au très long cours et compte tenu du
risque d'effets secondaires. En conclusion, surtout chez les enfants et
les jeunes adolescents, nous cherchons à réduire le cholestérol
lié aux lipoprotéines de basse densité, plutôt
qu'à le normaliser complètement, cette attitude entraînant
une perte de compliance au traitement.
Quelles sont les autres options pharmacologiques ouvertes pour les enfants
? Certains ont utilisé chez les enfants au-delà de 10 ans
et en particulier après la période pubertaire de petites
doses d'inhibiteurs de l'HMG-CoA réductase (statine). Dans ce cas,
le traitement a été utilisé chez des sujets avec
une concentration de cholestérol lié aux lipoprotéines
de basse densité très élevée, supérieure
à 1,9 g/l et une histoire familiale de coronaropathie précoce.
Il faut noter que les effets tératogéniques de ces agents
ne sont pas encore complètement déterminés et que
le moindre risque cardiovasculaire chez les jeunes femmes et les grossesses
possibles font que l'on évite ces médicaments chez l'adolescente.
Les associations avec des séquestrants des acides biliaires, type
cholestyramine, sont, comme chez l'adulte, synergiques et peuvent être
utilisées. Des protocoles thérapeutiques sont en cours pour
déterminer les conditions d'utilisation des statines après
l'âge de 13 ans. Il faut enfin signaler les fibrates, souvent utilisés
en cas d'élévation du cholestérol et des triglycérides,
bien qu'ils soient contre-indiqués, au niveau de l'autorisation
de mise sur le marché.
CONCLUSION
En conclusion, chez les enfants et les adolescents,
la première ligne de traitement est l'approche diététique
qui se fait en tenant compte des besoins nutritionnels de l'enfant pour
sa croissance. Dans les formes d'hypercholestérolémie plus
sévères (on exclut ici les formes très sévères
d'hypercholestérolémie homozygote), les séquestrants
des acides biliaires sont en adjonction avec l'approche diététique,
les médicaments de première ligne.
Les aspects psychologiques et comportementaux d'un traitement pour hypercholestérolémie,
en particulier familiale, ont été très peu évalués.
Dans une étude menée en Norvège, les enfants hypercholestérolémiques
n'avaient pas un score différent de celui des enfants non hypercholestérolémiques
pour ce qui est de leur fonctionnement social et de leurs activités
sociales, évalués par des échelles quantifiées
[24]. Les échelles d'évaluation comportementale et émotionnelle
ne semblaient pas différentes chez les enfants atteints d'hypercholestérolémie
familiale ; néanmoins le groupe des enfants ayant un parent avec
une coronaropathie, ou étant décédé de coronaropathie,
avait un score d'évaluation globale des fonctions psychosociales
faiblement mais significativement abaissé, par rapport aux enfants
dont les parents n'avaient pas de coronaropathie, ceci restant d'interprétation
clinique délicate [24]. Cela souligne qu'on ne peut se passer de
l'évaluation de la répercussion psychologique de changement
d'attitude diététique et/ou d'introduction d'un traitement
médicamenteux chez les enfants atteints d'hypercholestérolémie.
Remerciements
À l'équipe de diététique
du service : Mme M.O. Grenèche, M. L. François et Mme C.
Pathenay.
Aux professeurs É. Bruckert, service d'endocrinologie et métabolisme,
hôpital de la Pitié-Salpêtrière et D. Sidi,
service de cardiologie pédiatrique, hôpital Necker pour leur
collaboration dans la prise en charge des patients et de leur famille.
À Mlle A. Deléens pour le travail de secrétariat.
REFERENCES
1. Newman WP III, Freedman DS, Voors AW, et al. Relation
of serum lipoprotein levels and systolic blood pressure to early atherosclerosis
: the Bogalusa heart study. N Engl J Med 1996 ; 314 : 138-44.
2. Berenson GS, Srinivasan SR, Nicklas TA, et al. Cardiovascular
risk factors in children and early prevention of heart disease. Clin
Chem 1988 ; 34 : B115-22.
3. Enos W, Holmes R, Beyer J. Coronary disease among United States
soldiers killed in action in Korea. JAMA 1953 ; 152 : 1090-2.
4. McNamara JJ, Molot MA, Stremple JF, et al. Coronary
artery disease in combat casualties in Vietnam. JAMA 1971 ; 216
: 1185-7.
5. Berenson GS, Wattingley WA, Tracy RE, et al. Atherosclerosis
of the aorta and coronary arteries and cardiovascular risk factors in
persons aged 6 to 30 years studied at necropsy (the Bogalusa heart study).
Am J Cardiol 1992 ; 70 : 851-8.
6. Relationship of atherosclerosis in young men to serum lipoprotein
cholesterol concentrations and smoking, a preliminary report from the
pathobiological determinants of atherosclerosis in youth (PDAY) research
group. JAMA 1990 ; 264 : 3018-24.
7. ESPAGN committee on nutrition. Committee report : childhood
diet and prevention of coronary heart disease. J Pediatr Gastroenterol
Nutr 1994 ; 19 : 261-9.
8. Levine GN, Keaney JF, Vita JA. Cholesterol reduction in cardiovascular
disease. Clinical benefits and possible mechanisms. N Engl J Med 1995
; 332 : 512-21.
9. Stuhldreher WL, Orchard TJ, Donahue RP, et al. Cholesterol
screening in childhood : sixteen year Beaver country lipid study experience.
J Pediatr 1991 ; 119 : 552-6.
10. Lauer RM, Lee J, Clarke WR. Factors effecting the relationship
between childhood and adults cholesterol levels. The muscatine study.
Pediatrics 1988 ; 82 : 309-18.
11. Guo S, Beckett L, Chumlea C, et al. Serial analysis
of plasma lipids and lipoproteins from individuals 9-21 years of age.
Am J Clin Nutr 1993 ; 58 : 61-7.
12. Bao W Srinivasan SR, Wattigney WA, Bao W, Berenson GS. Usefulness
of childhood low-density lipoprotein cholesterol level in predicting adult
dyslipidemia and other cardiovascular risks. The Bogalusa heart study.
Arch Intern Med 1996 ; 156 : 1315-20.
13. American academy of pediatrics committee on nutrition. Statement
on cholesterol. Pediatrics 1992 ; 90 : 469-73.
14. Gagliano NJ, Emans SJ, Woods ER. Cholesterol screening in
the adolescent. J Adolesc Health 1993 ; 14 : 104-8.
15. Primrose ED, Savage JM, Boreham CA, Cran GW, Strain JJ. Cholesterol
screening and family history of vascular disease. Arch Dis Child
1994 ; 71 : 239-42.
16. National cholesterol education program. Report of the expert
panel on blood cholesterol levels in children and adolescents. Pediatrics
1992 ; 89 : 525-84.
17. Diller PM, Huster GH, Leach AD, et al. Definition
and application of the discretionary screening indicators according to
the national cholesterol education program for children and adolescents.
J Pediatr 1995 ; 126 : 345-52.
18. The writing group for the dietary intervention study in children
collaborative research group : efficacy and safety of lowering dietary
intake of fat and cholesterol in children with elevated low-density lipoprotein
cholesterol : the dietary intervention study in children (DISC). JAMA
1995 ; 273 : 1429-35.
19. Shannon BM, Tershakovec AM, Martel JR, et al. Reduction
of elevated LDL-cholesterol levels of 4 to 10-year-old children through
home-based dietary education. Pediatrics 1994 ; 94 : 923-7.
20. Key JO, Rocchini AP. A family focus program to lower blood
cholesterol. J Am Diet Assoc 1991 ; 91 : 1113-5.
21. Copperman N, Schebendach J, Arden MR, Jacobson MS. Nutrient
quality of fat and cholesterol-modified diets of children with hyperlipidemia.
Arch Pediatr Adolescent Med 1995 ; 149 : 333-6.
22. Tonstad S, Knudtzon J, Sivertsen M, Refsum H, Ose L. Efficacy
and safety of cholestyramine therapy in peripubertal and prepubertal children
with familial hypercholesterolemia. J Pediatr 1996 ; 129 : 42-9.
23. Superko HR, Greenland P, Manchester RA, et al. Effectiveness
of low-dose colestipol therapy in patients with moderate hypercholesterolemia.
Am J Cardiol 1992 ; 70 : 135-40.
24. Tonstad S, Novik TS, Vandvik IH. Psychosocial function during
treatment for familial hypercholesterolemia. Pediatrics 1996 ;
98 : 249-55.
25. Celermajer DS, Sorensen KE, Gooch VM, et al. Non-invasive
detection of endothelial dysfunction in children and adults at risk of
atherosclerosis. Lancet 1992 ; 340 : 1111-5.
26. Sorensen KE, Celermajer DS, Spiegelhalter DJ, et al.
Non-invasive measurement of human endothelium dependent arterial responses
: accuracy and reproductibility. Br Heart J 1995 ; 74 : 247-53.
|