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Radiosurgery for treatment of brain metastases


Neurologie.com. Volume 2, Number 3, 71-4, mars 2010, Revue flash

DOI : 10.1684/nro.2009.0128

Résumé   Summary  

Author(s) : Charles A Valery , Service de neurochirurgie, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris.

Summary : Stereotactic radiosurgery (SRS) is actually occupying an increasing place in the treatment of brain mestastases, because of its inocuity, its ability to reach deep lesions and its optimized cost-efficacy ratio. Targets can be destroyed by two different ways: linear Accelerator (LINAC) using photons and Gamma-knife using cobalt (GK).Excepting in case of intracranial hypertension, SRS is the first line treatment of brain metastases, but it can also be proposed as a boost or as a second line treatment. Its efficacy in terms of local control is comparable to surgery, with recurrence rate under 5% of the cases. Immediate toxicity is low, below 10% of the cases. Association with whole brain radiation therapy (WBRT) remains controversial. However, in the majority of the cases, local control is not influencing global survival as systemic disease does. Actual improvements: hypofractionation, association with surgical techniques or new approaches might extend indications toward larger lesions and improve results in terms of local and cerebral control.

Keywords : brain metastases, gamma-knife, radiotherapy, radiosurgery, stereotaxy

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ARTICLE

Auteur(s) : Charles A Valery

Service de neurochirurgie, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris

Le nombre de tumeurs cérébrales traitées par an en France et dans le monde augmente régulièrement depuis plusieurs décennies. Ceci découle non seulement de l’augmentation des facteurs de risque liés à l’environnement, des moyens diagnostiques accrus, de l’intensification de la surveillance, du vieillissement de la population, mais également de l’allongement de la durée de vie des patients atteints de lésions malignes (amélioration des traitements). En ce qui concerne les lésions cérébrales secondaires, le nombre de nouveaux cas découverts aux États-Unis est actuellement de 300 000 par an. En France, les prévisions augurent de 30 000 nouveaux cas annuels. L’incidence autopsique montre même un taux voisin de 30 % des patients atteints par certains types de cancer.

Les métastases les plus fréquemment rencontrées sont secondaires au poumon, au sein, au rein et au mélanome. Elles peuvent constituer un événement précoce ou tardif au cours de la maladie. On peut trouver une, deux, trois, voire une multitude de lésions chez un même patient, simultanément ou au cours de l’évolution de sa maladie. Le traitement radiochirurgical peut intervenir en première intention ou être prescrit de façon adjuvante ou en rattrapage d’un autre traitement. Les situations rencontrées peuvent donc être très diverses.

Après avoir décrit de façon chronologique l’évolution des conceptions du traitement des métastases cérébrales, nous exposerons les principales situations rencontrées en pratique courante et la place de la radiochirurgie pour chacune d’entre elles.

Évolution des concepts

L’irradiation encéphalique totale (IET) a été pendant plusieurs décennies le traitement de référence de ces lésions, avec des résultats modestes (médiane de survie de 3 à 7 mois). Cependant, en raison du risque d’encéphalopathie postradique, le traitement ne pouvait être administré qu’une seule fois. D’autre part, les lésions dites radiorésistantes (rein, mélanome) ne répondaient pas bien à ce traitement. Enfin, l’irradiation pouvait entraîner une altération des fonctions supérieures à distance du traitement [1] même si pour certains auteurs, c’est la récidive tumorale qui a pu en être la cause dans certains cas [2].

Dans les années 1990, la chirurgie de ces lésions, initialement cantonnée aux cas d’hypertension intracrânienne s’est développée, notamment dans le cas de lésions accessibles et peu nombreuses [3].

Par la suite, l’étude de Patchell, publiée en 1998, a montré que les patients traités par chirurgie et radiothérapie encéphalique présentaient significativement moins de récidives locales et décédaient moins souvent de causes neurologiques que ceux traités par chirurgie seule [4].

Lorsque la radiochirurgie est apparue, au cours des années 1990, elle a progressivement remplacé la chirurgie lorsqu’il s’agissait de lésions uniques ou peu nombreuses, de taille intermédiaire n’entraînant pas d’hypertension intracrânienne, ou lorsqu’il s’agissait de lésions dites « radiorésistantes ». En effet, comme l’a montré l’étude de Schöggl publiée en 2000, il n’existait pas de différence significative en termes de survie ou de contrôle local entre chirurgie suivie de radiothérapie et radiochirurgie [5].

L’association de l’IET à la radiochirurgie a été comparée à celle de la radiothérapie seule dans l’étude multicentrique randomisée d’Andrews publiée en 2004 [6]. Ses conclusions étaient en faveur d’une amélioration significative de la survie et de la qualité de vie chez les patients traités par radiothérapie et radiochirurgie.

Enfin, l’étude multicentrique randomisée d’Aoyama, publiée en 2006, a montré que l’association IET-radiochirurgie n’augmentait pas significativement la durée de survie des patients par rapport à la radiochirurgie seule [7]. Bien qu’elle diminuât la probabilité de rechute cérébrale, elle n’influait pas non plus sur la fréquence de décès lié à une cause neurologique. De plus, récemment, dans une étude randomisée américaine comparant radiochirurgie versus radiochirurgie + radiothérapie, Chang et al. ont montré à l’ASCO 2008 qu’il existait une altération significative de la mémoire et de l’apprentissage dans le groupe ayant eu une irradiation totale [8].

Ainsi, actuellement et de façon croissante, la radiochirurgie est utilisée de façon répétée, au gré de l’apparition de nouvelles localisations, assurant ainsi un contrôle local et cérébral chez des patients par ailleurs stabilisés du point de vue de leur maladie générale.

Schémas thérapeutiques

Les indications de la radiochirurgie dépendent de l’âge, de l’index de Karnofsky (IK), du nombre de lésions cérébrales et du caractère contrôlé ou non de la maladie systémique. Différents indices composites ont été proposés afin de décrire les paramètres cliniques des patients et de permettre une sélection des patients éligibles pour ce traitement, notamment l’indice RPA (recursive partitioning analysis) qui comporte l’âge, l’IK, le contrôle du cancer primitif et la présence de métastases extracrâniennes (tableau 1). Les patients à RPA I ou II ont un pronostic beaucoup plus favorable que les patients RPA III [9]. Cependant, aucun indice ne permet de prédire avec certitude le bénéfice que le patient en retirera, certains patients RPA III pouvant avoir une survie à long terme. Enfin, il faut souligner que l’IK doit être apprécié en tenant compte des conséquences éventuelles d’un effet de masse de la tumeur cérébrale, dans la mesure où la levée de celui-ci permet une réversion rapide de la symptomatologie, et donc une amélioration significative de l’IK.

Au sein du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière, la radiochirurgie est généralement indiquée pour des patients avec un IK > 60, contrôlés sur le plan de la maladie systémique et présentant au plus trois lésions de taille inférieure à 30 mm, qu’elles soient radiosensibles ou non.

Lésion unique

Chez les patients présentant une maladie systémique contrôlée et plus généralement de groupe RPA I, voire RPA II, le contrôle local doit être recherché systématiquement car il peut allonger significativement la survie. En dehors des situations particulières que constituent l’existence d’une hypertension intracrânienne liée à une volumineuse lésion ou la nécessité d’un diagnostic histologique et qui requièrent un acte chirurgical, on pratique une radiochirurgie seule. Elle est toujours associée à une surveillance rapprochée (IRM tous les 3 mois) afin de détecter les récidives précoces. L’utilisation d’une IET associée reste controversée, à l’exception notable du cancer du poumon à petites cellules - l’étude EORTC 22952 en cours devrait répondre à cette question - du fait des risques d’atteinte des fonctions supérieures. À ce stade, il a en effet été montré qu’il n’existait pas de perte de chance entre IET associée à la RC et IET administrée en situation de rattrapage, en termes de survie ou de contrôle local. Par ailleurs, si d’autres lésions apparaissent, on peut soit répéter la radiochirurgie, soit effectuer une IET, aucune étude prospective n’ayant répondu à cette question pour l’instant. L’IET est indiquée en cas de lésions multiples survenant simultanément durant l’évolution de la maladie.

Dans le cas des patients RPA III, la radiochirurgie ou l’IET peuvent être utilisées dans un but purement palliatif pour améliorer la qualité de vie des patients (figure 1). De plus, même dans ce groupe, on peut retrouver des survivants à long terme.

Tableau 1 Classification RPA

I

Âge < 65 IK > 60 Cancer primitif contrôlé Pas de métastases extracrâniennes

II

IK > 60 et l’un des items suivants : - âge > 65- cancer primitif non contrôlé - présence de métastases extracrâniennes

III

IK < 70

IK : index de Karnofsky.

Lésions peu nombreuses (n = 2,3)

Plus de 50 % des patients présentent plus d’une lésion cérébrale secondaire. Pour ceux présentant moins de 4 lésions, une attitude « agressive » paraît souhaitable, ainsi que l’avait déjà montré la série chirurgicale de Bindal dans laquelle le pronostic des patients présentant 3 lésions était équivalent à celui des patients à lésion unique. De même, certaines séries radiochirurgicales ont montré, pour des métastases cérébrales de cancer du sein, un pronostic comparable pour une ou de multiples lésions. À l’inverse, d’autres auteurs ont montré que le risque de rechute distale augmentait avec la pratique de traitements exclusivement locaux (chirurgie, radiochirurgie). Dans la série de Lutterbach, plus le nombre de métastases cérébrales était élevé, plus la probabilité que de nouvelles lésions apparaissent augmentait. Ainsi, des patients traités pour 4 ou 5 lésions secondaires présentaient dans 100 % des cas de nouvelles lésions, contre 13 % pour ceux traités pour une lésion unique. La raison de ces discordances entre les séries publiées pourrait être, d’après le groupe de Pittsburgh, que le véritable facteur pronostique n’est pas le nombre de lésions mais le volume lésionnel total (somme des volumes des lésions) qui serait inversement proportionnel à la survie.

Ainsi, les patients présentant 3 lésions au plus sont traités en première intention par radiochirurgie, et ce d’autant que la maladie cancéreuse est contrôlée par ailleurs. Si l’une d’entre elles est « chirurgicale », elle est opérée, les autres lésions étant traitées par radiochirurgie.

Lésions multiples (n > 3)

Dans le cas des patients RPA I ou II, on préférera d’abord l’IET à la radiochirurgie. S’il existe une lésion volumineuse accessible et que la maladie est contrôlée par ailleurs, on combinera chirurgie et IET. La radiochirurgie peut être utilisée comme boost pour des lésions volumineuses ou en rattrapage si elles répondent mal au traitement. Elle a également une place dans le cas de lésions « radiorésistantes ».

Pour les patients RPA III, la radiochirurgie n’a pas d’indication, hormis le traitement d’une lésion en zone fonctionnelle dans une optique compassionnelle.

Lésions récidivantes

Si la maladie est bien contrôlée, on recherchera la qualité de la réponse obtenue par le traitement initial. S’il était radiochirurgical ou radiothérapique, on préférera une radiochirurgie en ayant pris soin d’éliminer une radionécrose qui constitue le principal diagnostic différentiel d’une récidive métastatique. Ce diagnostic est difficile à établir malgré les techniques récentes d’IRM multimodales (spectroscopie et perfusion/diffusion) ainsi que les techniques d’imagerie métaboliques (scintigraphie et PET). Parfois, seule la chirurgie permet le diagnostic. En cas de radionécrose, la chirurgie, une corticothérapie, voire une anticoagulation efficace, seront proposées, ou l’abstention thérapeutique en cas de caractère asymptomatique.

Perspectives

Le spectre d’action de la radiochirurgie sur les métastases tend à s’étendre, tant sur le plan du nombre de lésions pouvant être pris en charge que du volume lésionnel maximum toléré (réduction volumique par ponction stéréotaxique de kyste tumoral, ou par association à la microchirurgie). L’utilisation de la radiochirurgie comme traitement complémentaire de la chirurgie est actuellement en cours d’évaluation, du fait du taux de récidive locale après exérèse seule, avoisinant 50 % contre 27 % après chirurgie et radiochirurgie [10].

L’hypofractionnement, utilisant masque et repositionnement pour des séances de quelques minutes sur 3 ou 5 jours consécutifs, permet de traiter des lésions mesurant jusqu’à 6 cm de diamètre.

Dans les perspectives, on peut également citer l’association à des thérapies nouvelles utilisant soit une synergie, soit une complémentarité d’action avec la radiochirurgie : chimiothérapie in situ, nanotechnologie, traitement au laser ou aux ultrasons, thérapie génique.

De fait, à chaque étape, l’amélioration des résultats du traitement de la maladie cancéreuse générale entraîne la nécessité d’optimiser la prise en charge de sa composante neurologique. La route est donc encore longue !

Références

1 De Angelis LM, Delattre JY, Posner JB. Radiation-induced dementia in patients cured of brain metastases. Neurology 1989 ; 39 : 789-96.

2 Regine WF. The radiation oncologist’s perspective on stereotactic radiosurgery. Technol Cancer Res Treat 2002 ; 1 : 43-9.

3 Patchell RA, Tibbs PA, Walshjw et al. A randomised trial of surgery in the treatment of single metastase to the brain. N Engl J Med 1990; 322 : 494-500.

4 Patchell RA, Tibbs PA, Regine WF, et al. Postoperative radiotherapy in the treatment of single metastases to the brain: a randomized trial. JAMA 1998 ; 280 : 1485-9.

5 Schöggl A, Kitz K, Reddy M, et al. Defining the rôle of stereotactic radiosurgery versus microsurgery in the treatment of single brain metastases. Acta Neurochir (Wien) 2000 ; 142 : 621-6.

6 Andrews DW, Scott CB, Sperduto PW. Whole brain radiation therapy with or without stereotactic radiosurgery boost for patients with one to three brain metastases : phase III results of the RTOG 9508 randomised trial. The Lancet 2004 ; 363 : 1665-72.

7 Aoyama A, Shirato H, Masao T, Keiichi N, Tatsuya T. Stereotactic radiosurgery plus whole-brain radiation therapy vs stereotactic radiosurgery alone for treatment of brain metastases. JAMA 2000 ; 295 : 2483-91.

8 Chang E. Phase III randomized clinical trial of radiosurgery with or without whole brain radiation therapy in patients newly diagnosed with 1 to III brain metastases. ASCO, 2008.

9 Chidel MA, Suh JH, Reddy CA, Chao ST, Lundbeck MF. Application of recursive partitioning analysis and evaluation of the use of whole brain radiation among patients treated with stereotactic radiosurgery for newly diagnosed brain metastases. Int J Radiat Oncol Biol Phys 2000 ; 47 : 993-9.

10 Mathieu D, Kondziolka D, Flickinger JC, et al. Tumor bed radiosurgery after resection of cerebral metastases. Neurosurgery 2008 ; 62 : 817-23.


 

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