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Éditorial |
Médecine thérapeutique / Pédiatrie. Volume 8, Number 2, 55-6, mars-avril 2005, Dossier
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Author(s) : Sophie Lemerle . |
ARTICLE
Auteur(s) :, Sophie Lemerle
Nos tutelles ont enfin estimé logique que les pédiatres puissent
prendre en charge les adolescents jusqu’à 18 ans et la
convention en train d’être signée par les médecins généralistes
donne la possibilité aux 16-18 ans de choisir leur pédiatre,
entre autres, comme médecin traitant.Mais, l’on sait que les
adolescents qui consultent en ville vont voir majoritairement leur
généraliste lorsqu’ils ont un souci de santé, mais aussi leur
infirmière scolaire, leur dentiste, leur médecin scolaire, peu le
pédiatre et encore moins le psychiatre.Ces mêmes adolescents
représentent néanmoins 15 % des passages aux urgences
hospitalières et là, ils rencontrent au gré des endroits,
urgentistes, pédiatres, généralistes, surspécialistes, chirurgiens,
psychiatres, assistantes sociales…Les pédiatres suivent les
adolescents malades chroniques parce qu’ils ont une bonne
connaissance de la pathologie. Mais de l’objet de soin de ses
parents, son médecin peut l’aider à devenir un sujet à part
entière, en particulier vis-à-vis de sa maladie chronique.À
l’opposé, le médecin généraliste qui rencontre un adolescent seul,
doit être conscient de l’importance de la place des parents et
faire avec eux.En réalité, les adolescents ne relèvent d’aucun
domaine de santé spécifique mais ils rencontrent de nombreux
professionnels de santé d’horizons divers selon les ressources
locales. Les accueillir ne suffit pas, il faut s’y former.La
problématique de l’adolescence, dominée par les modifications
corporelles, la quête d’identité et l’accès à l’autonomie, requiert
une formation spécifique où l’empathie, l’écoute et la
bienveillance ne suffisent plus, où le soutien aux parents dont le
rôle est central ne s’improvise pas. Seul un apprentissage du
savoir-faire mais surtout du « savoir-être » permet
d’adapter au mieux notre prise en charge de la santé des
adolescents « tout venant » mais aussi des jeunes
patients vivant avec une maladie chronique. La connaissance et la
gestion des prises de risques, plus que la prévention, doivent être
l’objectif majeur de ces prises en charge.C’est dans cet esprit
qu’un pédiatre (Patrick Alvin) et un pédopsychiatre (Daniel
Marcelli) ont créé un diplôme inter-universitaire pour la médecine
et la santé de l’adolescent qui réunit depuis dix ans un public
pluridisciplinaire de professionnels de la santé, confrontés aux
difficultés de l’adolescence.Devant la richesse des échanges de ce
diplôme, il nous a semblé maintenant nécessaire de créer une
Société française pour la santé de l’adolescent.Là, médecins
somaticiens, psychiatres et psychologues, personnel de santé
scolaire, de santé publique, gynécologues et centres d’éducation et
de planification familiale, personnel socioéducatif, etc., à
l’image de l’indispensable travail en réseau nécessaire pour
prendre en charge la santé globale des adolescents, pourraient
partager leurs expériences, mener des recherches et représenter
cette spécialité auprès des instances nationales et
internationales. Cette société multidisciplinaire devrait respecter
les fonctions de chacun dans un souci de partage et de
reconnaissance mutuelle.Les médecins généralistes demandent des
formations « psy » pour les aider à comprendre les
adolescents. Les adolescents ont peur des psychiatres ou plutôt de
la folie. Ils demandent qu’on les écoute et plus ou moins
explicitement qu’on les aide. L’adolescence n’est pas une maladie
mentale… (Paul Jacquin).Ce numéro de MTP se veut à l’image du
réseau dans lequel nous voudrions travailler, dans la
pluridisciplinarité, une discipline n’excluant pas l’autre.Un
pédiatre dit les difficultés particulières de la prise en charge
des maladies chroniques à l’adolescence. Un médecin généraliste
expose son mode d’approche des adolescents. L’intérêt de l’accueil
en pédiatrie des adolescents à partir du symptôme est exposé
d’après l’expérience de cet accueil au CHU de Rennes. Une
gynécologue spécialisée dans l’accueil des adolescentes parle de
son approche de leur sexualité. L’épidémiologie des causes de
passage des adolescents aux urgences est décrite à partir de
l’expérience de Nantes. Un résumé du congrès de la section
européenne de l’IAAH (International Association for Adolescent
Health) organisé à Paris en septembre 2003, témoigne de la
communauté de nos intérêts de par le monde. Un psychothérapeute
d’adolescents parle de sa place dans une unité de médecine de
l’adolescent. Un psychiatre et un médecin scolaire attirent
l’attention sur le harcèlement scolaire.Si vous êtes intéressés par
cette approche des adolescents venez rejoindre la Société française
pour la santé des adolescents.
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