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XXIV e Journée du groupe lillois de recherche en médecine de la Reproduction


Médecine Thérapeutique Endocrinologie & Reproduction. Volume 6, Number 5, 329-30, septembre-décembre 2004, Compte rendu



Author(s) : Jean-Marie Antoine, Catherine Perves , Hôpital Tenon, 4 rue de la Chine, 75020 Paris, Laboratoires Organon.

ARTICLE

Auteur(s) :, Jean-Marie Antoine1, Catherine Perves2

1Hôpital Tenon, 4 rue de la Chine, 75020 Paris
2Laboratoires Organon

Les analogues de la GnRH sont très utilisés en FIV, notamment les agonistes en protocole long pour leurs avantages bien établis et de façon plus récente les antagonistes.Leur emploi reste beaucoup plus limité hors FIV, en dehors de quelques indications très ciblées :
  • allongement des phases lutéales courtes [1], déclenchement de l’ovulation [2] pour les agonistes ;
  • suppression d’une hypertonie chronique de la LH en cas de maladie des ovaires polykystiques pour les antagonistes, dans le but d’éviter une lutéinisation prématurée et de faire baisser le taux des fausses couches [3]. Leur éventuel effet bénéfique dans ce contexte reste cependant à confirmer.
Plus récemment, deux équipes ont publié sur de petites séries des résultats favorables de l’utilisation d’un antagoniste de la GnRH au cours des protocoles de stimulation en vue d’insémination intra-utérine [4, 5].Nous-mêmes avons cherché à évaluer l’intérêt de l’utilisation du ganirelix (Orgalutran®) au cours des protocoles de stimulation en vue d’insémination intra-utérine avec deux objectifs initiaux :
  • établir que son utilisation permet d’éviter de pratiquer les inséminations et le monitoring durant le week-end ;
  • et évaluer la proportion de cycles d’inséminations intra-utérines pour lesquels une administration d’antagonistes serait nécessaire pour y parvenir.

Matériel et méthode

Il s’agit d’une étude ouverte multicentrique en IAC/IAD ayant inclus pour un cycle des femmes de 17 à 38 ans, pesant de 50 à 90 kg, avec au moins une trompe perméable, au moins un million de spermatozoïdes mobiles et normaux au test de migration-survie, ayant accepté de participer à l’étude et donné leur consentement.

Étaient exclues les femmes avec un taux de FSH sérique (J2 ou J3) supérieur aux valeurs normales pour le centre, un antécédent de réponse multifolliculaire non désirée avec contre-indication au déclenchement de l’ovulation, un contre-indication stricte à une grossesse multiple, à l’emploi de l’Orgalutran® ou aux gonadotrophines.

La FSH a été administrée à partir de J2-J3, à une dose initiale libre en fonction de la patiente et des habitudes du centre avec adaptation possible en cours de traitement en fonction de la surveillance.

Une surveillance échographique et hormonale était obligatoire le mercredi si la stimulation avait débuté depuis au moins 4 jours, avec plusieurs décisions possibles en fonction des constatations :

  • au moins un follicule mature avec pic de LH : insémination le jeudi ;
  • au moins un follicule mature sans pic de LH : déclenchement par hCG et insémination le vendredi ;
  • follicules compris entre 14 et 17 mm : introduction de l’Orgalutran® 0,25 mg SC/jour et poursuite de la stimulation par FSH, nouvelle surveillance le vendredi et décision de déclenchement le samedi ou le dimanche (sans revoir une nouvelle fois la patiente) en vue d’une insémination le lundi ou le mardi ;
  • follicules inférieurs à 14 mm : poursuite de la stimulation par FSH seule, nouvelle surveillance et introduction de l’Orgalutran® le vendredi, patiente revue et déclenchement envisagé à partir du lundi.

Résultats

Dix-neuf centres français ont inclus au total 178 femmes (1 à 25 par centre) d’août 2003 à août 2004. Parmi elles, 13 n’ont pas été traitées par FSH (7 pour grossesse spontanée, 2 pour sperme insuffisant sur un test de migration–survie de contrôle, 2 pour raisons personnelles et 2 pour dépassement de la date de fin d’étude).

Sur les 165 patientes traitées par FSH, 98 (59,4 %) ont reçu de l’Orgalutran®, 67 (40,6 %) n’en ont pas reçu. Ces deux groupes quasi randomisés, puisque la seule différence portait sur les jours de la semaine au cours desquels l’ovulation risquait de survenir, ont été comparés entre eux.

Les résultats principaux font apparaître dans le groupe traité par Orgalutran® par rapport au groupe non traité :

  • une durée de stimulation par FSH plus longue : 9 jours contre 7,9 jours (p = 0,007) ;
  • une dose totale de FSH administrée augmentée : 693 UI contre 544 UI (p < 0,001) ;
  • une durée moyenne d’administration d’Orgalutran® de 2,5 jours ;
  • une proportion d’IIU effectivement réalisées plus élevée : 94,9 % contre 82,1 % (p < 0,008) ;
  • un taux de progestérone plasmatique le jour de l’IIU plus élevé (6,2 ± 5,1 ng/ml contre 4,4 ± 3,8 ng/ml ; p < 0,034) alors que le nombre de follicules vus à l’échographie en cours de surveillance n’était pas significativement différent ;
  • un taux de grossesses cliniques plus élevé (22,4 % contre 9 % ; p = 0,02) ;
  • un taux de grossesses évolutives à 17,5 % contre 7,5 % (p = 0,06) ;
  • un nombre de grossesses gémellaires (2 contre 0) non significativement différent.

Parallèlement, les surveillances ont été supprimées et les inséminations très fortement réduites le week-end : 2/148 seulement encore faites le dimanche (1,4 %).

Conclusion

Cette étude confirme la faisabilité de l’utilisation d’un antagoniste de la GnRH en insémination. L’objectif initial de suppression des surveillances et des inséminations le week-end a été très largement atteint.

De façon inattendue et par des mécanismes qui devront être analysés, le taux final de grossesses cliniques s’est avéré significativement amélioré par rapport celui du groupe ne recevant pas d’Orgalutran®, sans augmentation du risque de grossesse multiples.

Ces données, allant dans le même sens que celles d’autres séries d’effectifs plus limités [4, 5] paraissent très encourageantes et suggèrent l’intérêt d’une utilisation large de cette approche au cours des stimulations en vue d’insémination intra-utérine.

Références

1 Cedrin-Durnérin I, Bstanding B, Galey J, Bry-Gauillard H, Massin N, Hugues J-N. Beneficial effects of GnRH agonist administration prior to ovarian stimulation for patients with a short follicular phase. Reprod Biomed Online 2003 ; 7 : 179-84.

2 Emperaire JC, Parneix I, Ruffie A. Luteal phase defects following agonist triggered ovulation : a patient-dependent response. Reprod Biomed Online 2004 ; 9 : 22-7.

3 Elkind-Hirsch KE, Webster BW, Brown CP, Vernon MW. Concurrent ganirelix and follitropin beta therapy is an effective and safe regimen for ovulation induction in women with polycystic ovary syndrome. Fertil Steril 2003 ; 79 : 603-7.

4 Ragni G, Alagna F, Brigante C, et al. GnRH antagonists and mild ovarian stimulation for intrauterine insemination : a randomized study comparing different gonadotrophin dosages. Hum Reprod 2004 ; 19 : 54-8.

5 Rates Ricciarelli E, Gómez-Palomares JL, Acevedo-Martín B, et al. Timing ovulation for intrauterine insemination with a GnRH antagonist increases pregnancy. In : 20th Annual Meeting of the ESHRE, Berlin, Germany, 27–30 June. 2004 ; Abstract 0–179.


 

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