ARTICLE
Promoteurs
Association française de chirurgie hépato-biliaire et de
transplantation hépatique
Association française pour l’étude du foie
Copromoteur
Établissement français des greffes
Associés
Académie de chirurgie
Académie de médecine
Association française de chirurgie
Association nationale de prévention en alcoologie et
addictologie
Collège national universitaire des enseignants en addictologie
Société de pathologie infectieuse de langue française
Société de réanimation de langue française
Société française d’alcoologie
Société française d’anesthésie et de réanimation
Société française de chirurgie digestive
Société française de pathologie
Société francophone de transplantation
Société nationale française de gastro-entérologie
Société nationale française de médecine interne
Comité d’organisation
|
|
K. Boudjema, président : chirurgien, Rennes
D. Samuel, secrétaire : hépatologue, Villejuif
C. Balabaud : hépatologue, Bordeaux
J. Belghiti : chirurgien, Clichy
H. Bismuth : chirurgien, Villejuif
Y. Calmus : hépatologue, Paris
O. Chazouillères : hépatologue, Paris
D. Cherqui : chirurgien, Créteil
L. Chiche : chirurgien, Caen
S. Cohen : médecin au département médical et scientifique,
Établissement français des greffes, Paris
P. Dosquet : méthodologie Anaes, Saint-Denis La Plaine
C. Duvoux : hépatologue, Créteil
C. Jacquelinet : médecin au département médical et
scientifique, Établissement français des greffes, Paris
B. Launois : chirurgien, Rennes
C. Létoublon : chirurgien, Grenoble
M. Messner : hépatologue, Rennes
GP. Pageaux : hépatologue, Montpellier
C. Paindavoine : méthodologie Anaes, Saint-Denis La
Plaine
C. Partensky : chirurgien, Lyon
D. Sicard : médecin interniste, Paris
|
Jury
|
|
D. Sicard, président : médecin interniste, Paris
A. Benyamina : psychiatre addictologue, Villejuif
A. Biosse Duplan : chargé de mission santé, UFC Que Choisir,
Paris
JP. Bronowicki : hépato-gastro-entérologue,
Vandœuvre-lès-Nancy
C. Danet : infirmière de greffe, Villejuif
D. Gendrel : pédiatre, Paris
M. Hourmant : néphrologue, Nantes
F. Lazorthes : chirurgien, Toulouse
G. Le Loup : médecin généraliste, Amiens
JL. Nancy : philosophe, Strasbourg EA. Pariente :
hépato-gastro-entérologue, Pau
C. Petitnicolas : journaliste, Paris
H. Rousset : médecin interniste, Pierre-Bénite
B. Tirel : directeur d’hôpital, professeur à l’École
nationale de la santé publique, Rennes
G. Torpier : association Transhépate, Lille
|
Experts
|
|
R. Adam : chirurgien, Villejuif
D. Azoulay : chirurgien, Villejuif
M. Berenguer : hépatologue, Valencia
H. Bismuth : chirurgien, Villejuif
O. Boillot : chirurgien, Lyon
K. Boudjema : chirurgien, Rennes
Y. Calmus : hépatologue, Paris
C. Camby : directrice générale, Établissement français des
greffes, Paris
L. Chiche : chirurgien, Caen
PA. Clavien : chirurgien, Zürich
JC. Duclos-Vallée : hépatologue, Villejuif
F. Durand : hépatologue, Clichy
C. Duvoux : hépatologue, Créteil
J. Emond : chirurgien, New York
A. Hadengue : hépatologue, Genève
YP. Le Treut : chirurgien, Marseille
J. Lerut : chirurgien, Bruxelles
P. Majno : chirurgien, Genève
P. Mathurin : hépatologue, Lille
JP. Miguet : hépatologue, Besançon
GP. Pageaux : hépatologue, Montpellier
X. Rogiers : chirurgien, Hambourg
D. Samuel : hépatologue, Villejuif
A. Sauvanet : chirurgien, Clichy
O. Soubrane : chirurgien, Paris
C. Trépo : hépatologue, Lyon
P. Vinceneux : médecin interniste, Colombes
|
Groupe bibliographique
|
|
T. Asselah : hépatologue, Clichy
PH. Bernard : hépatologue, Bordeaux
M. Bismuth : hépatologue, Montpellier
P. Compagnon : chirurgien, Rennes
T. Decaëns : hépatologue, Paris
S. Dharancy : hépatologue, Lille
J. Dumortier : hépatologue, Lyon
É. Jacquet : chirurgien, Montpellier
E. Kimmoun : hépatologue, Villejuif
A. Laurent : chirurgien, Créteil
Y. Le Derf : chirurgien, Lyon
V. Leroy : hépatologue, Grenoble
R. Lorho : hépatologue, Rennes
|
Questions posées
Question 1. Comment optimiser la prise en charge des patients
transplantés pour hépatite virale ?
Question 2. Dans quels cas la cirrhose alcoolique est-elle une
indication de transplantation hépatique ?
Question 3. Quels cancers du foie peut-on traiter par la
transplantation hépatique ?
Question 4. Quelle est la place du donneur vivant en
transplantation hépatique ?
Question 5. Quelles sont les extensions à l’indication de
transplantation hépatique ?
|
Pour l’organisation de cette conférence de consensus,
l’Association française de chirurgie hépato-biliaire et de
transplantation hépatique et l’Association française pour l’étude
du foie ont reçu une subvention éducationnelle de :
Établissement français des greffes, Fujisawa, Novartis, Roche,
Ferring, Genzyme, GlaxoSmithKline, Johnsson & Johnsson,
Schering-Plough
|
Avant-propos
|
Cette conférence a été organisée et s’est
déroulée conformément aux règles méthodologiques préconisées par
l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé
(Anaes).
Les conclusions et recommandations présentées dans ce document ont
été rédigées par le jury de la conférence, en toute indépendance.
Leur teneur n’engage en aucune manière la responsabilité de la
Haute Autorité de santé. |
Abréviations
CHC carcinome hépato-cellulaire
HAART highly active anti-retroviral therapy
IFN interféron
IFNp interféron pégylé
Ig anti-HBs immunoglobulines anti-HBs
TH transplantation hépatique
THDC transplantation hépatique par donneur cadavérique
THDV transplantation hépatique par donneur vivant
VHB virus de l’hépatite B
VHC virus de l’hépatite C
VIH virus de l’immunodéficience humaine
Introduction
Après les phases de maturation de la décennie 84/93 et de
perfectionnement de la décennie 93/03, cette conférence de
consensus s’intéresse à l’élargissement des indications de la
transplantation hépatique (TH), impliquant une réflexion sur son
organisation générale et sur la place du donneur vivant.
Expansion et/ou optimisation des ressources
existantes ?
Le contraste est fort en effet entre :
– la rareté persistante de l’offre d’organes prélevés et la
demande croissante, favorisée par les progrès des dépistages, de
l’imagerie et l’augmentation de la prévalence des maladies
chroniques virales et/ou tumorales du foie ;
– l’approche thérapeutique selon des programmes prédéfinis et
l’approche individuelle d’une personne malade ;
– la tentation constante d’élargissement des indications et la
nécessité de se fonder sur des preuves de niveau élevé.
Face à la rareté des dons, le recours de plus en plus banalisé à
cette thérapeutique justifie que les indications soient fondées
sur :
– des connaissances épidémiologiques plus précises : le
nombre de patients à transplanter et les besoins réels de greffons
ne sont pas connus ;
– une meilleure expression des résultats de la TH, qui devrait
permettre de mieux comparer les différentes indications et
stratégies thérapeutiques quant à l’efficacité et aux données
économiques ;
– une meilleure coordination des centres français entre eux et
avec les centres européens, les difficultés actuelles d’utilisation
des foies partagés (split) en étant l’illustration
frappante ;
– une meilleure organisation afin de réduire les hétérogénéités
de l’accès aux soins et les délais sur liste d’attente trop
disparates ;
– un renforcement dans toutes les régions françaises d’une
politique dynamique de prélèvements sur les personnes en état de
mort encéphalique, qui devrait pallier les disparités régionales
actuelles. Cette politique doit se fonder sur une motivation des
équipes de prélèvement, une amélioration de l’information et
l’éducation de la population générale vis-à-vis du don
d’organes.
La réflexion sur les indications de la TH ne peut ignorer :
– l’incidence croissante attendue des hépatites C et des
carcinomes hépato-cellulaires (CHC), essentiellement liée aux
progrès des dépistages et des outils diagnostiques ;
– les effets néfastes attendus de la diminution nette des
vaccinations contre l’hépatite B des enfants et nourrissons en
France ;
– l’indifférence sociale et médicale vis-à-vis de la dépendance
à l’alcool, ainsi que les carences de sa prise en charge
psychologique, sociale et médicale encore trop connotée de
jugements moralisateurs ;
– l’insuffisance des politiques de prévention primaire des
risques infectieux liés à l’usage parentéral de drogues ;
– l’augmentation des besoins de TH liés au vieillissement de la
population ;
– l’augmentation des hépatites B et C observées chez des
personnes immigrées.
La prise en charge des maladies chroniques du foie liées à l’alcool
ou aux hépatites, d’évolution longue et souvent fluctuante,
nécessite une collaboration précoce entre médecins généralistes et
hépatologues, de façon à mieux connaître les besoins et coordonner
une prise en charge adaptée bien avant la discussion éventuelle du
recours à la TH. Cette démarche conjointe autour du patient doit
permettre une amélioration et une homogénéisation des résultats
thérapeutiques.
Les conférences de consensus de 1983 et 1993, qui abordaient
déjà ces questions, recommandaient aussi une évaluation des soins
et des pratiques, en privilégiant l’existence de centres de TH peu
nombreux et à activité importante, source d’amélioration de la
compétence des équipes. Ces recommandations ont été peu suivies
d’effet, en particulier en France où le nombre des centres, dont
certains ont une activité faible, a augmenté.
Question 1. Comment optimiser la prise en charge des patients
transplantés pour hépatite virale ?
En cas d’hépatite virale, la TH doit être envisagée en cas
d’hépatite fulminante, de cirrhose décompensée et/ou de CHC.
Les hépatites virales représentent actuellement 20 % des
indications de TH en France, soit environ 200 à 250 TH par an
(sans compter les TH pour CHC ; cf. question 3). En
l’absence de données épidémiologiques précises, on ne sait
cependant pas quel pourcentage des malades atteignant
l’insuffisance hépatique terminale et\ou le CHC sont actuellement
proposés à la TH.
Les progrès et limites de la TH pour hépatite virale dépendent
aujourd’hui principalement de ceux des traitements antiviraux dans
le contrôle de la virémie.
Quels traitements proposer pour réduire le risque de
récidive de la maladie virale B sur le greffon ?
Le bien-fondé de l’indication de TH pour hépatite B n’est
aujourd’hui plus discuté, et la survie à moyen et long terme est
parmi les meilleures (75 % à 5 ans, 63 % à
10 ans dans le registre européen) (grade1 C). Le principal problème est la prévention de
la récidive sur le greffon, dont le risque (de l’ordre de 80 %
avant l’instauration de mesures préventives) croît avec la charge
virale prétransplantation.
1 Voir annexe
1.
Avant la transplantation
Il faut essayer de réduire la virémie au moins au-dessous de
105 copies/ml, en utilisant la lamivudine ou l’adéfovir
(l’interféron est contre-indiqué en cas de cirrhose décompensée)
chez tous les malades ayant une virémie détectable (avis
d’experts). Si la virémie
est ≥ 105 copies/ml, la TH est à
discuter.
La lamivudine ou l’adéfovir peuvent améliorer la fonction
hépatique et faire revenir certains malades en dehors des
indications de TH, mais avec un risque d’échappement par induction
de résistance virale, plus important avec la lamivudine qu’avec
l’adéfovir (grade C).
Le traitement antiviral B doit être discuté avant son
institution avec une équipe de TH chez tout malade cirrhotique
potentiellement transplantable. L’utilisation trop précoce de
traitements antiviraux au long cours, et notamment de l’adéfovir,
doit être limitée chez des malades ayant des lésions hépatiques peu
sévères pour ne pas induire de résistance virale avant la TH.
Pendant et après la transplantation
L’administration systématique de fortes doses d’immunoglobulines
anti-HBs (Ig anti-HBs) diminue le risque de récidive (définie par
la réapparition de l’antigène HBs) (grade C). Ce risque reste
cependant élevé chez les malades ayant une
virémie > 105 copies/ml avant la TH.
Il justifie l’adjonction d’un antiviral ; cette prophylaxie
est indiscutable en cas de réplication virale et à discuter en
l’absence de réplication (grade C).
La thérapeutique par Ig anti-HBs et antiviraux ne doit pas être
interrompue tout au long de la vie, sauf lorsqu’une séroconversion
spontanée anti-HBs peut être suspectée quand le titre des anticorps
anti-HBs ne diminue pas entre 2 injections d’Ig anti-HBs.
L’arrêt ou la diminution des Ig anti-HBs sous couvert de la
poursuite d’un antiviral ne devrait pas être proposé en dehors
d’essais randomisés de taille et de durée suffisantes, dont le jury
recommande la mise en œuvre rapide en raison du coût très élevé du
traitement à vie par les Ig anti-HBs.
Quels traitements proposer pour réduire le risque de
récidive de la maladie virale C sur le greffon ?
Le bien-fondé de l’indication de la TH pour hépatite C n’est pas
remis en cause par la dégradation aujourd’hui certaine des
résultats à moyen et long terme, par rapport à un passé récent plus
favorable à la TH dans cette indication. Ces résultats sont liés
à :
– la réinfection plus ou moins précoce du greffon par le
VHC ;
– l’évolution accélérée vers la cirrhose (10 à 40 % à
5 ans), avec ensuite un risque de décompensation très
important (40 % 1 an après le diagnostic), avec une
augmentation de la mortalité de 10 à 20 % après 5-10 ans
de suivi par rapport aux autres indications de la TH. La survie à
5 ans dans le registre européen est de 62 % en cas de
cirrhose et de 89 % en l’absence de cirrhose ;
– l’âge croissant des patients et des donneurs.
Avant la transplantation hépatique
L’éradication du VHC doit être recherchée, notamment chez les
malades qui n’ont pas reçu antérieurement un traitement antiviral
optimal.
La TH est indiquée même chez les sujets qui restent virémiques
après antiviraux. Il n’y a pas de limite maximale du nombre de
copies accepté pour faire une TH. Mais, les malades qui ont une
charge virale > 106 copies/ml ont une
survie du greffon et une survie propre inférieures comparativement
à ceux qui ont une charge
virale < 106 copies/ml. Il n’y a pas
de limitation des indications de TH en fonction du génotype
viral.
Après la transplantation hépatique
Une évaluation histologique régulière du foie est
indispensable.
La période optimale du traitement de la récidive virale C semble
se situer après 1 an (avis d’experts), lorsque apparaissent
des lésions au moins égales à A1F1, prédictives d’un risque élevé
d’évolution vers la cirrhose (grade C). Bien qu’une augmentation du
risque de rejet n’ait pas été observée avec le traitement
antiviral, il est prudent de ne pas trop diminuer
l’immunosuppression pendant le traitement de la récidive virale C
(avis d’experts).
Avec l’association d’interféron pégylé (IFNp) et de ribavirine
(à posologie optimale tout en s’aidant de facteurs de croissance),
une réponse virologique (virémie nulle par PCR) durable est
observée chez environ un tiers des malades (grade C). Le traitement
antiviral doit être poursuivi si possible au moins 6 mois
après la négativation de la recherche du VHC par PCR. S’il n’y a
pas de négativation, le traitement est arrêté. Le bénéfice éventuel
de l’adjonction d’amantadine n’a pas été évalué après la TH.
Une dégradation progressive des résultats de la TH pour hépatite
virale C a été observée au cours des 3 dernières décennies,
sans que la cause en soit connue avec certitude. Il est possible
qu’elle soit liée à l’âge plus élevé des donneurs, à l’utilisation
des donneurs vivants et au renforcement des traitements
immunosuppresseurs. Il est actuellement recommandé d’éviter les
bolus de corticoïdes, l’anti-OKT3, de ne diminuer que lentement la
corticothérapie et d’utiliser un traitement immunosuppresseur
limité à un anticalcineurine (avis d’experts).
La réduction des cofacteurs aggravant l’évolution cirrhogène
(consommation d’alcool, de tabac, syndrome métabolique) est
toujours nécessaire (avis d’experts).
Peut-on proposer la transplantation hépatique chez les
malades co-infectés par le VIH ?
Les maladies virales B et C du foie sont devenues la première
cause de décès chez les malades infectés par le VIH. La prévention,
le dépistage et le traitement des hépatites virales B et C sont
impératifs chez tous ces malades.
Traitement des co-infections
L’évolution lésionnelle de l’hépatite B peut être ralentie par
des antiviraux anti-VHB (interféron, lamivudine, adéfovir,
ténofovir), avec des chances d’obtenir une réponse virale durable
plus faibles que chez les malades non co-infectés. L’utilisation
des antiviraux anti-VHB doit être raisonnée et discutée entre
infectiologues et hépatologues, pour ne pas, en fonction des stades
d’évolution des 2 infections, hypothéquer leur avenir.
La guérison de l’hépatite C peut être obtenue avec une
bithérapie associant IFNp et ribavirine chez environ 1/3 des
malades traités (grade B). L’épidémiologie actuelle comme
l’évolution cirrhogène des hépatites virales, nettement plus rapide
chez les malades infectés par le VIH (grade C), font du recours
éventuel à la TH une question majeure chez le sujet co-infecté.
Transplantation hépatique chez les malades
co-infectés
On ne dispose actuellement que de courtes séries de TH
totalisant environ 200 malades. Les TH ont été essentiellement
réalisées pour cirrhose décompensée, chez des malades très
sélectionnés, dont l’infection VIH était contrôlée par la HAART. Le
recul est faible, généralement 2-3 ans.
En cas d’hépatite B ou C, la survie à court terme en cas de
co-infection n’apparaît pas être plus mauvaise qu’en d’absence de
co-infection VIH (grade C).
En cas de co-nfection VIH-VHC, la charge virale C et surtout la
vitesse de progression de la fibrose sont très supérieures à celles
observées chez les malades non co-infectés. Le traitement de
l’hépatite C est plus difficile et a une efficacité plus limitée
qu’en l’absence de co-infection. Des complications spécifiques
(cytopathies mitochondriales notamment) doivent être prévenues et
dépistées. Le traitement immunosuppresseur doit être très
rigoureusement adapté en raison d’interactions médicamenteuses
majeures avec les antiprotéases.
En résumé, la TH chez des malades infectés par le VIH
apparaît faisable (grade C) chez des malades hautement sélectionnés
ayant notamment une infection VIH stable, dans les mêmes
indications que chez les malades indemnes d’infection VIH, aux
conditions d’une organisation particulière des services
transplanteurs, d’un accompagnement renforcé et d’une évaluation
prospective rigoureuse (avis d’experts). La lourdeur particulière
du traitement, impliquant une observance plus difficile, et du
suivi laisse présager une réinsertion sociale encore plus difficile
que chez les malades non co-infectés.
Question 2. Dans quels cas la cirrhose alcoolique est-elle une
indication de transplantation hépatique ?
La cirrhose alcoolique est en France la première cause de TH
(270 sur 850 TH réalisées en 2003). La survie selon le
registre européen est de 83 % à 1 an, 72 % à
5 ans, 59 % à 10 ans.
Malgré ces résultats, une controverse persiste sur l’indication
de la TH dans la cirrhose alcoolique du fait du risque de récidive
de l’intoxication alcoolique après la greffe et à propos de la
durée d’abstinence avant la greffe. Cependant, les recommandations
existantes vont toutes dans le même sens :
– la cirrhose alcoolique est une indication de la TH au même
titre que les autres cirrhoses ;
– la prise en charge de la maladie alcoolique doit être assurée
par une équipe pluridisciplinaire.
En dehors du CHC, l’indication de la TH reste limitée aux cirrhoses
compliquées (classe C de Child-Pugh) (grade B). Elle n’est pas
recommandée en cas de classe B de Child-Pugh.
L’inscription des malades en liste d’attente de TH est possible
à 2 conditions :
– un bilan prégreffe particulièrement attentif à la recherche
des lésions liées à une toxicité alcoolique, voire
alcoolo-tabagique, extra-hépatique, tels les cancers et états
précancéreux ORL, bronchiques, œsophagiens, une pathologie
cardio-vasculaire et respiratoire ;
– une prise en charge alcoologique aussi précoce que possible
par une équipe spécialisée. Celle-ci peut aider au sevrage
alcoolique, qui peut permettre une amélioration fonctionnelle
hépatique suffisante pour faire sortir le malade des critères
d’indication d’une TH.
Le sevrage est indispensable et la période prégreffe doit être
utilisée pour forger la motivation à l’arrêt de l’alcool. Cet arrêt
engage le patient dans une démarche de soins alcoologiques
susceptible de le protéger de la rechute en post-greffe. La durée
de 6 mois d’abstinence avant TH (grade B) ne doit plus être
une règle intangible et ne doit pas être considérée comme une
condition à elle seule de l’accès à la TH.
La prévention de la rechute de l’alcoolisme avant et après la TH
doit être une préoccupation constante pluridisciplinaire, qui a été
trop longtemps négligée. Il existe des éléments d’orientation
prédictifs d’une rechute comme la précocité du début de
l’intoxication, des antécédents familiaux et des conditions
socio-économiques difficiles (grade B). Un épisode de
réalcoolisation ne préjuge pas d’une rechute : l’intervention
d’un psychiatre, d’un psychologue ou d’un addictologue est
recommandée pour évaluer cet événement et éviter la rechute.
La comorbidité hépatite C-alcool (30-40 % des malades
alcooliques) ne constitue pas une contre-indication de la TH. La TH
associe alors les contraintes de soins et de suivi liées à la fois
au VHC et à l’intoxication alcoolique. Une prise en charge
alcoologique est recommandée, d’autant plus que l’alcool est un
facteur reconnu d’évolution cirrhogène des hépatites C.
La consommation concomitante d’alcool et de tabac nécessite une
attention particulière car les patients abstinents en matière
d’alcool peuvent majorer leur consommation tabagique. Il est alors
recommandé de proposer une substitution nicotinique.
En résumé :
– la cirrhose alcoolique est une bonne indication de
TH ;
– un encadrement alcoologique systématique est fortement
recommandé, car la période avant la greffe doit permettre la mise
en place d’un projet de soins alcoologique ;
– la période post-greffe de cirrhose alcoolique doit, dans le
cadre d’une alliance thérapeutique, mobiliser l’attention de
l’ensemble de l’équipe de suivi au même titre que les autres formes
de cirrhoses. La participation à cette période d’une équipe
alcoologique est fortement recommandée ;
– le regard de la société et des professionnels de santé sur la
cirrhose alcoolique doit changer. Le patient cirrhotique alcoolique
candidat à la TH doit être considéré comme souffrant d’une double
pathologie, à la fois alcoolique et hépatique, et devrait en
conséquence bénéficier systématiquement d’une double prise en
charge spécialisée.
Question 3. Quels cancers du foie peut-on traiter par
transplantation hépatique ?
Le carcinome hépato-cellulaire
Le CHC représente 15 % des indications de TH en Europe. La
TH est contre-indiquée en cas de métastases, d’adénopathies,
d’envahissement vasculaire.
La réalisation d’une biopsie hépatique n’est pas contre-indiquée
chez les candidats à la TH sous réserve de protection du trajet
pariétal et d’une sélection attentive des indications (avis
d’experts) :
– tumeur unique de petite taille : sous réserve de
difficulté d’interprétation liée à la taille de l’échantillon
tumoral et aux variations inter-observateurs, elle peut préciser la
nature d’un petit nodule isolé et diminuer ainsi les faux
positifs ;
– tumeur plus volumineuse : elle permet de rechercher des
critères (mauvaise différenciation, invasion microvasculaire) qui
pourraient être de mauvais pronostic. Ils n’ont de valeur que s’ils
sont présents et amènent alors certaines équipes à discuter
l’indication de la TH, mais cette attitude est controversée. Le
jury suggère des études spécifiques sur cette question.
Les CHC formés d’une tumeur unique de moins de 5 centimètres
ou de 2 à 3 nodules de moins de 3 cm (« critères de
Milan ») représentent l’indication la mieux validée de TH
(grade B).
Bien que la TH soit le traitement le plus efficace à long terme,
le CHC unique de moins de 2 cm (TNM1) ne doit plus être
considéré comme une indication systématique de TH en dehors de la
cirrhose Child-Pugh C (avis d’experts). Les raisons sont
l’existence d’alternatives thérapeutiques (notamment la TH de
rattrapage immédiat), le risque de faux positifs, la rareté des
greffons contrastant avec l’augmentation prévisible de cette
situation.
En France, 28 % des CHC transplantés dépassent les
« critères de Milan ». Les tumeurs définies par les
critères UCSF (un nodule < 6,5 cm de diamètre, ou
plusieurs nodules dont le plus volumineux
est < 4,5 cm et dont la somme des diamètres
n’excède pas 8 cm) auraient une survie de 50 % à
5 ans. Le jury recommande une évaluation pour confirmer cette
survie et préciser les facteurs pronostiques, notamment
histologiques et biologiques. Il est essentiel, compte tenu de la
pénurie actuelle de greffons, de faire de telles TH uniquement dans
le cadre d’études.
Bien qu’un traitement d’attente soit habituellement prescrit,
aucun n’a fait la preuve de son efficacité réelle. Il est
indispensable de les évaluer.
Autres cancers
La place de la TH dans la prise en charge des tumeurs malignes
autres que le CHC est incertaine en raison de la multiplicité des
étiologies, de l’hétérogénéité des stades de prise en charge et de
l’insuffisance méthodologique des données de la littérature.
Une survie d’au moins 50 % à 5 ans autorise la TH de
rares patients porteurs d’hépatoblastome, d’hémangio-endothéliome
épithélioïde ou de métastases de tumeur carcinoïde (grade C).
Les mauvais résultats des TH pour métastases de cancer
colorectal, tumeur endocrine pancréatique, cholangiocarcinome
périphérique contre-indiquent ces indications. Soit ces tumeurs
sont résécables et ne relèvent pas de la TH, soit elles sont
inextirpables par hépatectomie partielle, donc évoluées, et la TH a
de mauvais résultats.
Le cholangiocarcinome hilaire semble faire partie de ce dernier
groupe : le taux élevé de récidive et la fréquence des
complications septiques, associés à la pénurie de greffons ont
contre-indiqué cette indication pour la majorité des équipes. Une
publication récente de la Mayo Clinic repose la question ;
mais elle a concerné un groupe hypersélectionné (2 % des
patients), a associé un traitement adjuvant lourd et n’a porté que
sur 28 cas.
Question 4. Quelle est la place du donneur vivant en
transplantation hépatique ?
La transplantation hépatique à partir d’un donneur
vivant
La TH à partir d’un donneur vivant (THDV) s’est développée ces
dernières années pour répondre à des exigences culturelles
(impossibilité de prélèvement dans certains pays liée à l’image du
corps) ou à des exigences contextuelles (rareté et délai prolongé
d’accès aux greffons incompatible avec la survie de certains
patients).
– En Europe, les THDV représentaient 2,7 % des greffes et
en France 5 % en 2003. Globalement, un centre sur 2 est
concerné et en France 12 sur 24, avec ces 3 dernières années,
40 greffes annuelles en moyenne au plan national.
Du fait de l’hétérogénéité des situations, de l’amélioration des
techniques et de la progression des expériences, il n’est pas
possible d’avoir un avis définitif sur les résultats de la THDV,
mais l’intérêt de cette procédure est acquis avec des survies qui
semblent comparables aux TH à partir de donneurs cadavériques
(THDC) chez l’adulte et probablement meilleures chez l’enfant.
Il n’y a pas d’indications spécifiques à la THDV et le jury,
préoccupé par une mortalité du donneur de 0,27 % en Europe
(0,46 % en cas de prélèvement de foie droit qui est celui
utilisé pour la TH chez l’adulte) et une morbidité élevée
(27 %), suggère que cette activité soit limitée à certains
centres ayant une expérience suffisante et régulière.
– Les contre-indications, en dehors de celles communes à la
THDC, sont représentées essentiellement par un volume hépatique
fonctionnel inadéquat, à la fois pour le donneur et le receveur, et
par certaines particularités anatomiques.
Chez le donneur, on doit s’assurer de l’intégrité hépatique
(absence de fibrose et de stéatose), de l’absence de comorbidités,
de fragilité psychologique et de troubles psychiatriques
invalidants. Ceci impose un bilan très rigoureux sur le plan
médical et des entretiens successifs permettant une information
complète et bien comprise, de façon à obtenir un consentement
éclairé et en toute liberté, dans le respect des dispositions
prévues par la loi relative à la bioéthique du 6 août 2004.
– Le jury insiste sur l’obligation absolue de prévoir pour le
donneur un suivi médical, psychologique et social à long terme. La
tenue d’un registre par l’Établissement français des greffes,
prévue par la loi, est conforme à ce souhait et permettra une
estimation à long terme des risques encourus, information qui n’est
pas disponible à ce jour. Pour des cas exceptionnels de
complications chez le donneur, la solidarité nationale doit être
mobilisée.
– La THDV est une solution de recours qui ne doit pas conduire,
dans l’état actuel des connaissances, à un élargissement des
indications, même si le jury a bien perçu l’extension souhaitée par
certains dans le cadre du CHC.
– La THDV est une procédure qui devrait se stabiliser, si l’on
se donne les moyens en personnel et en matériel de faire appel à
d’autres techniques à développer ou à initier.
Ainsi, deux modalités (split et domino), pour lesquelles le
jury regrette que l’on ne puisse à ce jour avoir une évaluation
suffisante, nécessitent une meilleure coordination et coopération
entre les centres avec une rationalisation des moyens et devraient
être étendues. La technique de prélèvement sur cœur arrêté, à
l’instar d’autres pays européens, doit être rapidement initiée en
France.
Enfin, le jury souhaite insister sur le point le plus important
de sa réflexion, à savoir la nécessité de se donner les moyens
d’une information et d’une éducation du public et des médecins,
ciblées sur l’utilisation optimale des possibilités de prélèvements
cadavériques, qui restent manifestement sous-exploitées.
Quels sont les moyens chirurgicaux autres que le donneur
vivant pour pallier le manque de greffons
hépatiques ?
– La bipartition du foie (split) nécessite des équipes
chirurgicales très entraînées et maîtrisant parfaitement cette
technique. Elle nécessite encore plus une organisation sophistiquée
autour de l’acte opératoire et la collaboration de plusieurs
équipes habituées à travailler ensemble. Le receveur du foie
gauche, quand il ne s’agit pas d’un enfant, doit être soigneusement
sélectionné, particulièrement en fonction du poids.
– La transplantation séquentielle (ou domino) est
représentée actuellement par la polyneuropathie amyloïde familiale,
où la TH est devenue le traitement de choix, et pour laquelle le
foie explanté ne provoque pas de symptomatologie pendant au moins
10 ans. Une surveillance attentive est requise, car le recul à
moyen et long terme est insuffisant.
– L’utilisation de foies marginaux ne peut être acceptée
en routine, mais peut rendre des services chez des receveurs en
danger immédiat.
– Le prélèvement sur donneur à cœur arrêté n’est pas
autorisé actuellement en France. Il nécessite des procédures
contraignantes et des équipements importants rapidement
mobilisables. Malgré ces difficultés, le jury recommande que cette
procédure soit initiée rapidement en France.
Question 5. Quelles sont les extensions à l’indication de
transplantation hépatique ?
Comment tenir compte de l’âge en transplantation
hépatique ?
Donneurs et receveurs ont vieilli. Ainsi en 2003, 15 % des
malades greffés avaient plus de 60 ans, 4 % plus de
65 ans et ils étaient principalement transplantés pour
cirrhose (69 %) et cancer (20 %). L’âge des malades
arrivés au stade de la TH pour hépatite C est en augmentation
constante.
– L’utilisation de greffons provenant de donneurs de plus de
60 ans ne semble pas délétère, sauf peut-être en cas de TH
pour hépatite C.
– En l’absence de comorbidité affirmée après un bilan
particulièrement développé (notamment aux plans cardio-vasculaire
et oncologique), il est légitime d’accepter de transplanter jusqu’à
l’âge de 70 ans (à l’exception des malades hospitalisés en
unité de soins intensifs). L’augmentation de la morbidité
post-greffe, liée principalement au traitement immunosuppresseur,
explique probablement la surmortalité d’environ 10 % par
rapport aux malades de moins de 60 ans observée dans la
décennie suivant la TH.
– Les indications ne doivent pas différer de celles admises pour
les malades plus jeunes.
Retransplantation hépatique
Dix pour cent des TH en France sont de retransplantations.
– Celles-ci s’imposent en cas de non-fonctionnement ou de
dysfonctionnement du greffon en super urgence ou en urgence.
Globalement le résultat est inférieur de 20 % à celui d’une TH
primaire.
– Les TH tardives ou « électives », généralement pour
récidive de la maladie initiale, imposent aux équipes un choix
entre transplantation primaire et retransplantation, ce qui
justifie de définir, de manière souple, les contre-indications à la
retransplantation.
La décision de retransplantation repose d’abord sur l’analyse
détaillée des souhaits du patient lui-même et doit intégrer l’âge
et les possibilités thérapeutiques sur le ou les facteurs
étiologiques. C’est particulièrement le cas pour l’infection du
greffon par le virus de l’hépatite C, où les résultats des
retransplantations sont incomplètement connus et où les indications
doivent être analysées au cas par cas.
Annexe
1. Échelle de gradation des
recommandations utilisées par l’Anaes
pour les études thérapeutiques.
Tableau. Grade des
recommandations.
| Niveau de preuve
scientifique fourni par la
littérature (études
thérapeutiques) |
Grade
des recommandations |
| Niveau
1 |
A |
| Essais comparatifs
randomisés de forte puissance |
|
| Méta-analyse d’essais
comparatifs randomisés |
Preuve scientifique
établie |
| Analyse de décision basée
sur des études bien menées |
|
| Niveau
2 |
|
| Essais comparatifs
randomisés de faible puissance |
B |
| Études comparatives non
randomisées bien menées |
Présomption
scientifique |
| Études de
cohorte |
|
| Niveau
3 |
|
| Études
cas-témoins |
C |
| Niveau
4 |
|
| Études comparatives
comportant des biais importants |
|
| Études
rétrospectives |
Faible niveau de
preuve |
| Séries de cas |
|
Indications des greffes multi-organes
Elles représentent 5 % des THDC, essentiellement greffes
foie-rein, et font l’objet d’une priorité régionale attribuée aux
greffes multiples.
La question de l’effet protecteur de la TH sur la greffe rénale
sur le plan immunitaire reste une constatation dont l’explication
n’est pas claire.
Si l’indication de greffe foie-rein est incontestable dans une
affection comme l’hyperoxalurie primitive de type I ou la
polykystose hépato-rénale, la question se pose des doubles greffes
dans les cirrhoses. L’indication dans le cas de la cirrhose
alcoolique associée à une néphropathie chronique pré-terminale
n’est pas clairement définie. Dans le cadre des cirrhoses virales,
la survie globale, lorsqu’elle est comparée à la THDC isolée, ne
semble pas différente.
Le syndrome hépato-rénal n’est pas une indication du fait de la
réversibilité de l’atteinte rénale après TH isolée.
La question a été débattue du caractère prioritaire accordé aux
receveurs des doubles greffes. Son caractère systématique a été
critiqué au profit d’une discussion au cas par cas.
Quant aux greffes foie-cœur, foie-poumon ou foie-intestin, le
manque de données nécessaires pour évaluer correctement leurs
indications nécessite une collaboration internationale et leur
soumission systématique à un registre exhaustif avant de proposer
des recommandations.
Conclusion
La rareté des dons d’organes et la croissance des indications ne
doivent pas orienter exclusivement la recherche vers les solutions
qui substituent à la THDC des techniques toujours plus complexes ou
contraignantes.
L’humanité constitue désormais, grâce aux (ou à cause des)
propositions médico-chirurgicales de plus en plus audacieuses, un
réseau interactif permanent ; celui-ci doit encourager
l’inscription des dons provenant de personnes en état de mort
cérébrale dans l’univers culturel quotidien. Il ne s’agit pas
seulement de générosité et de compassion, mais d’un véritable enjeu
de solidarité écologique interhumaine.
La pénurie, mieux nommée rareté des organes transplantables,
n’est pas une situation à laquelle on doive se résigner. Des
exemples français et européens montrent l’efficacité d’initiatives
régionales ou nationales pour maximiser les dons.
À ce prix seulement l’élargissement des indications pourra être
discuté. Le recours au donneur vivant, au donneur à cœur arrêté, au
partage des foies pourra certes améliorer la situation, mais ne
remplacera jamais le pool des greffons disponibles non exploités.
Un effort majeur doit être déployé dans ce domaine, sans hésiter à
affronter les obstacles culturels contemporains, au premier rang
desquels figure ce paradoxe d’une société individualiste
simultanément demandeuse de réparation et hostile au prélèvement du
corps.
|
Les versions longue et courte des recommandations sont
disponibles sur demande écrite auprès de :
|
|
Haute Autorité de santé
Service communication
2, avenue du Stade de France – 93218 Saint-Denis La
Plaine CEDEX
ou consultable sur le site de la HAS : www.has-sante.fr - rubrique
« Publications »
|
|