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Intérêt de la protéine C‐réactive et de la procalcitonine dans la prise en charge des sepsis : l‘exemple de la méningite


Médecine thérapeutique. Volume 9, Number 1, 26-31, Mars 2003, Revue


Résumé  

Author(s) : Eric Batard, Nathalie Asseray, Amal Kenzi, Isabelle Gueffet, Jean‐Luc Orsonneau, Gilles Potel , Médecine polyvalente‐urgences, centre hospitalier universitaire, Nantes Laboratoire de biochimie, centre hospitalier universitaire, Nantes .

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ARTICLE

Auteur(s) : Eric Batard1, Nathalie Asseray1, Amal Kenzi1, Isabelle Gueffet1, Jean-Luc Orsonneau2, Gilles Potel1

Médecine polyvalente-urgences, centre hospitalier universitaire, Nantes 
Laboratoire de biochimie, centre hospitalier universitaire, Nantes

L'étape diagnostique en médecine peut faire appel à 2 types de démarches [1]. Dans le raisonnement intuitif — le plus rapide, qui repose sur ce que l'on a appris et sur l'expérience — l'examen clinique et les examens para-cliniques simples aboutissent à une probabilité a priori. Si cette probabilité est très forte, aucun examen complémentaire biologique n'est nécessaire. La démarche objective, intégrant des examens complémentaires, notamment (mais pas seulement) biologiques, ne se justifie que quand la probabilité diagnostique a priori n'apparaît pas suffisante pour prendre une décision d'orientation et/ou de traitement. Dans cette hypothèse, le recours aux examens biologiques présuppose que le clinicien en connaisse la signification, le résultat obtenu ne constituant au mieux qu'une aide à la décision.

Les marqueurs biologiques du sepsis

Si l'on excepte la leucocytose et la vitesse de sédimentation, peu contributives du fait de leurs faibles sensibilité et spécificité, les deux principaux marqueurs de l'infection utilisables actuellement en pratique clinique sont les dosages de la protéine C-réactive (CRP) et de la procalcitonine (PCT) [2, 3].

La CRP

Il s'agit d'une protéine produite par les hépatocytes. C'est un marqueur de l'inflammation aiguë connu depuis 1930. Elle augmente sous l'influence de divers stimuli incluant l'infection, la brûlure, la chirurgie, les traumatismes majeurs et, d'une façon générale, elle est augmentée dans toutes les situations inflammatoires. Sa concentration peut alors augmenter d'un facteur 100, voire davantage [3]. Au cours des 10 dernières années, la mesure de la concentration de CRP par turbidimétrie ou immuno-néphélométrie est devenue plus précise et plus rapide, permettant de proposer ce paramètre dans la démarche diagnostique. Dans tous les cas, le réactif utilisé comporte un anticorps anti-CRP.

La PCT

Il s'agit d'un précurseur de la calcitonine comportant 116 acides aminés et une masse moléculaire de 13 kDa. Elle subit des clivages au niveau des cellules neuro-endocrines de la thyroïde, du poumon et du pancréas. C'est ainsi que l'on distingue trois molécules : la calcitonine, la katacalcine, et l'aminoprocalcitonine. C'est en 1993 que la première description d'un taux élevé de procalcitonine dans le sérum au cours du sepsis a été rapportée [4].

Sur le plan de la physiopathologie, il a été montré que le lipopolysaccharide (ou endotoxine) bactérien induit fortement la libération de PCT dans la circulation, les taux de PCT atteignant un pic vers la 6e heure, puis un plateau jusqu'à la 24e heure [5, 6]. La PCT est ensuite dégradée par une protéase spécifique, et sa demi-vie se situe entre 25 et 30 heures. A titre de comparaison, les taux de CRP augmentent entre la 12e et la 18e heure après le début de l'infection bactérienne.

Chez l'individu sain, les taux circulants de PCT sont extrêmement bas, habituellement inférieurs à 0,1 ng/ml. Une augmentation peut être observée au cours des infections virales et des états inflammatoires, jusqu'à 1,5 ng/ml, alors que les taux observés au cours de l'infection bactérienne peuvent excéder 1000 ng/ml. C'est l'amplitude de cette réponse biologique qui en fait un marqueur probablement très intéressant pour l'infection systémique bactérienne. Les lieux de production de la PCT ne sont pas entièrement connus, mais il semble que le foie soit le site essentiel. Une étude a montré que les hépatocytes produisaient de grandes quantités de PCT après stimulation par TNF alpha et IL6 [7]. La fonction biologique de la PCT n'est pas connue de façon précise.

La mesure de la concentration sérique de PCT utilise une méthode sandwich immuno-luminométrique, ou une méthode utilisant la technologie TRACE (Time Resolved Amplified Cryptate Emission). La limite de détection est de 0,1 ng/ml, et le test nécessite un volume plasmatique de 20 ml. Le résultat peut être obtenu dans les 2 heures [8]. Il existe également une méthode semi-quantitative par immuno-chromatographie, qui fait l'objet de la commercialisation de kits (PCT-Quick BRAHMS). Pour ce test, 200 ml de plasma sont nécessaires, et la réaction est colorimétrique. Quatre réponses sont possibles : < 0,5 ng/ml, 0,5-2 ng/ml, 2-10 ng/ml et > 10 ng/ml.

Évaluation d'un test diagnostique

L'étude de tout nouveau test diagnostique commence par la mesure de sa sensibilité et de sa spécificité pour la pathologie considérée. Pour des tests quantitatifs, tels les dosages de la CRP et de la PCT, la sensibilité et la spécificité, qui évoluent en sens inverse, dépendent de la valeur-seuil que l'on retient. La valeur-seuil du test est choisie en fonction de l'objectif du test (dépistage large ou diagnostic de certitude), et des performances intrinsèques du test. Ce compromis sensibilité/spécificité est communément représenté sur une courbe ROC (Receiver Operating Curve), dont l'aire sous la courbe (ASC) permet d'évaluer la performance globale du test. Une ASC proche de 1 témoigne de l'existence d'une valeur seuil douée d'un grand pouvoir discriminant (bonne spécificité et bonne sensibilité) (Figure 1).

Pour une population de patients clairement définie, dans laquelle la prévalence de la maladie est connue, sont déterminées les valeurs prédictives positives et négatives du signe, qui donnent, pour un patient donné, la probabilité respectivement d'avoir la maladie si le signe est présent, et de ne pas l'avoir si le signe est absent. Parallèlement, le rapport de vraisemblance positif (RVP, ou Positive Likelihood Ratio des anglo-saxons) exprime le risque relatif d'avoir la maladie si le signe est présent (par rapport à la situation où la maladie est absente). Ces paramètres, exprimant une probabilité pour un patient d'avoir la maladie considérée, sont plus attrayants pour le clinicien, avec la réserve que celui-ci ne les utilise que pour des malades identiques à ceux chez qui ils ont été déterminés.

La troisième étape met en perspective le nouveau test diagnostique dans la pratique clinique. Un test diagnostique n'est pas un diagnostic. Avant l'obtention du résultat du test, le praticien s'est forgé une opinion sur la probabilité du diagnostic — la probabilité pré-test —, basée sur les données anamnestiques et cliniques et certains examens complémentaires. Le test modifie — c'est son rôle — la probabilité du diagnostic, aboutissant à une probabilité post-test (qui peut être supérieure ou inférieure à la probabilité pré-test). Finalement, un test sera d'autant plus utile pour le clinicien que la probabilité post-test sera différente de la probabilité pré-test, ce qui peut aussi s'exprimer par un rapport de vraisemblance d'autant plus éloigné de 1. Le nomogramme de Fagan permet de visualiser l'impact du rapport de vraisemblance sur la probabilité diagnostique (Figure 2).

En prenant l'exemple des méningites aiguës, nous verrons que les données de la littérature ne décrivent pas avec une précision suffisante ces propriétés diagnostiques pour la CRP et la PCT chez les patients infectés.

L'exemple de la méningite

La prise en charge d'un patient suspect de méningite commence par la réalisation d'une ponction lombaire, qui confirme le diagnostic en montrant la présence d'une réaction leucocytaire dans le liquide céphalo-rachidien. Se pose alors la question de l'origine bactérienne ou virale de la méningite, c'est-à-dire du choix entre l'instauration immédiate d'un traitement anti-infectieux et la simple surveillance.

Données initiales : la probabilité pré-test

Plusieurs éléments entrent en compte dans le diagnostic différentiel entre méningite virale (MV) et méningite bactérienne (MB) :
– l'existence d'une antibiothérapie antérieure ou d'une immunodépression sous-jacente ;

– une anomalie de l'examen neurologique (signe neurologique de localisation ou trouble des fonctions supérieures), un purpura, une défaillance cardio-vasculaire ou respiratoire ;

– dans le LCR, la proportion de PNN, le chiffre absolu des PNN, le taux de glucose, le rapport glucose LCR / sang, le taux de protides, le taux de lactates.

Divers travaux ont cherché à déterminer par analyse multivariée les facteurs prédictifs indépendants de la nature bactérienne d'une méningite. Citons en particulier le travail de Spanos et al., qui construit un modèle tenant compte de l'âge du patient, du mois de survenue de la méningite (l'été correspondant au pic de fréquence des méningites virales), le rapport glycorachie/glycémie et le taux de PNN dans le LCR [9]. Un autre modèle, établi par Hoen et al., met en évidence un ensemble différent de 4 facteurs prédictifs indépendants de méningite bactérienne, comprenant les leucocytes et du glucose sanguins, et des PNN et des protéines du LCR [10, 11]. La CRP et la PCT n'ont pas été incluses dans les variables testées par ces deux auteurs.

Apport des dosages de la CRP et de la PCT

L'utilisation de la CRP et de la PCT chez les patients présentant une méningite repose sur l'hypothèse qu'une valeur élevée témoigne de la nature bactérienne de la méningite, avec pour corollaire qu'une valeur basse résulte d'une méningite virale. Le mauvais pronostic d'une méningite bactérienne non traitée impose donc un test hautement sensible, aidant à ne pas méconnaître de méningites bactériennes. Par ailleurs, puisqu'il est souhaitable de ne pas traiter par antibiotiques les méningites virales, les tests envisagés doivent avoir une bonne spécificité. Comme on l'a vu plus haut, cette double exigence de sensibilité et de spécificité nécessite la détermination de la valeur-seuil du test correspondant au meilleur compromis entre sensibilité et spécificité, et qui n'est pas nécessairement le seuil de détection du laboratoire.

Dosage de la CRP

De nombreuses études ont été consacrées au dosage de la CRP, aussi bien dans le sérum que dans le LCR. Nous ne nous intéresserons qu'au dosage de la CRP sérique. Selon les études, la sensibilité de la CRP varie de 69 % à 99 % et la spécificité de 28 % à 99 %, pour une valeur-seuil allant de 8 à 100 mg/L [12].

Dans deux travaux français récents, les valeurs de CRP chez les patients atteints de MB et de MV se chevauchent, entre 28 et 48 mg/L chez l'enfant, et entre 18 et 122 mg/l chez l'adulte [13, 14]. Chez l'adulte, la valeur-seuil optimale est de 40 mg/L, avec une sensibilité et une spécificité respectives de 84 % et 90 % [14].

De plus, à notre connaissance, aucune étude n'a cherché à montrer que la CRP était un facteur prédictif de méningite bactérienne, indépendant des marqueurs classiques [12]. Citons néanmoins une étude pédiatrique qui conclut à l'identité des performances de la CRP et du score de Hoen basé sur 4 marqueurs biologiques simples du sang et du LCR [15].

Une autre utilisation de la CRP a été récemment proposée par une équipe pédiatrique hollandaise, qui mesure la CRP non pas pour interpréter les résultats de la ponction lombaire, mais pour détecter les patients ne nécessitant pas cet examen [16]. Après recherche par analyse multivariée des facteurs prédictifs indépendants de méningite bactérienne, les auteurs suggèrent que la combinaison de certains signes cliniques et de la CRP permet de sélectionner parmi les enfants présentant des signes méningés, ceux chez qui la probabilité de méningite bactérienne est si faible que la réalisation d'une ponction lombaire est inutile. Le modèle, dérivé sur une population de 286 cas, a été validé par la même équipe sur 74 enfants. Le gain apporté par le dosage de la CRP par rapport à l'examen clinique n'est cependant pas précisé. Cette approche, visant à ne pas faire de ponction lombaire aux enfants ayant une très forte probabilité de méningite virale, est pour le moins novatrice et nécessite d'être validée par d'autres équipes.

Dosage de la PCT

Plusieurs travaux ont récemment illustré l'intérêt potentiel de la PCT pour distinguer les méningites bactériennes des méningites virales.

Chez l'enfant

Gendrel et al. ont publié une série de 74 cas consécutifs de méningites hospitalisés dans un service parisien de pédiatrie générale sur une période de 4 ans (23 méningites bactériennes et 51 MV). Le taux de PCT sérique était de 0,32 ng/ml dans le groupe des méningites virales (extrêmes, de 0 à 1,7) contre 60,9 ng/ml (extrêmes, de 4,8 à 335) dans le groupe des méningites bactériennes, sans chevauchement entre les 2 populations de patients [16]. Un taux discriminant de 2 ng/ml était ainsi proposé par les auteurs. Les patients de moins d'un mois et ceux ayant reçu des antibiotiques dans les 48 heures précédentes étaient exclus de cette étude.

La même équipe a décrit l'utilisation prospective d'une stratégie de prise en charge des méningites incluant le dosage de la PCT, en utilisant un seuil décisionnel de 0,5 ng/ml, au cours d'une épidémie de méningite entérovirale [17]. Aucun cas de méningite bactérienne n'était négligé. La durée moyenne d'hospitalisation était diminuée de moitié par rapport à une précédente épidémie au cours de laquelle la PCT n'était pas utilisée (2,06 vs 4,47 jours).

Chez l'adulte

Viallon et al. ont rapporté les résultats d'une étude portant sur 179 cas consécutifs de méningite vus dans un service d'urgence (32 MB et 90 MV) [14]. La PCT était en moyenne de 10,03 ng/ml dans le groupe MB (extrêmes 0,93 – 104) et de 0,08 ng/ml dans le groupe MV (extrêmes 0,07 – 0,15), sans zone de chevauchement entre les deux types de méningite. Dans cette population de patients, dont ont été exclus les patients ayant reçu des antibiotiques dans les 48 heures précédentes ou présentant un autre foyer infectieux, le seuil de discrimination proposé pour la PCT est de 0,93 ng/ml.

Malheureusement, les travaux publiés par la suite n'ont pas confirmé l'impression très favorable donnée par les travaux français.

Hoffmann rapporte une série de 12 cas de méningite bactérienne de l'adulte, comprenant 3 cas post-neurochirurgicaux [18]. Trois patients sur 12 ont une PCT inférieure à 0,5 ng/ml, ce qui confère à ce test une sensibilité de 75 %.

D'autres travaux ont échoué à déterminer un seuil de PCT sérique discriminant les MB et MV. Schwarz et al. publient une série de 30 cas adultes de méningite, dont 16 cas de méningite bactérienne (11 cas bactériologiquement prouvés) et 14 cas de méningite virale [19]. Les taux de PCT des deux groupes sont significativement différents, mais se chevauchent entre 0,16 et 0,29 ng/ml. Le seuil de 0,5 ng/ml correspond à une sensibilité de 69 % et à une spécificité de 100 %. Enfin, Shimenati et al. ne trouvent pas de différence significative entre les taux moyens de PCT chez les patients présentant une MB (7 cas) et une MV (20 cas), contrairement à ce qu'ils observent avec la CRP [20].

Discussion

Les données actuellement disponibles dans la littérature sur l'usage de la PCT en cas de méningite laissent de nombreuses incertitudes, fort semblables à celles qui ont entaché l'aura de la CRP, qui ne s'est finalement pas imposée dans la prise en charge des méningites [12, 21, 22]. Par souci d'actualité, la discussion de la valeur diagnostique des marqueurs de sepsis au cours des méningites sera centrée sur la PCT, mais elle portera en réalité sur les mêmes problèmes que ceux qui ont été rencontrés avec la CRP.

Existe-t-il une valeur-seuil de PCT distinguant parfaitement les MB des MV, avec une sensibilité et une spécificité de 100 % comme mesurées dans les premières études ? Ou devra-t-on déterminer, comme pour la plupart des autres tests diagnostiques, un seuil décisionnel (cut-off point) correspondant au meilleur compromis entre sensibilité et spécificité ? Cette dernière question en appelle une autre : comment définir la valeur-seuil de PCT ? On serait tenté d'utiliser un seuil « universel » de positivité, par exemple celui de 0,5 ng/ml. Or le seuil dépend probablement de l'âge du patient. Ainsi, pour les méningites virales, la valeur proposée chez l'enfant est de 2 ng/ml, alors qu'elle est de 0,93 ng/ml chez l'adulte [13, 14]. De même, la valeur-seuil dépend manifestement de la pathologie considérée. Ainsi, Lorrot et al., considérant tous les enfants présentant une fièvre ≥ 38,5 °C, quel que soit le foyer infectieux, ont retenu un seuil de 1 ng/ml pour les infections bactériennes, avec pour les infections bactériennes non invasives une sensibilité de 69 % [23]. Ces discordances imposent donc de mesurer les performances de la PCT pathologie par pathologie, et de déterminer par courbe ROC la valeur-seuil optimale offrant le meilleur compromis sensibilité-spécificité, et de connaître approximativement les rapports de vraisemblance positifs ou négatifs pour les valeurs supérieures ou inférieures à la valeur-seuil.

Qu'apporte réellement le dosage de la PCT au diagnostic ? Autrement dit, modifie-t-il vraiment la probabilité pré-test de diagnostic, qui tient compte de l'examen clinique, de la chimie, de la cytologie et de l'examen direct du LCR ? Par extension, existe-t-il des sous-groupes de patients pour lesquels la PCT a une utilité diagnostique, et des sous-groupes chez qui elle est peu ou pas rentable ? Par exemple, il est évident que la dosage de la PCT n'a pas d'intérêt chez les patients dont l'examen direct du LCR montre des bactéries. Comme pour la CRP, les études jusqu'ici publiées sur la PCT n'ont pas cherché à montrer que ce dosage était un facteur prédictif indépendant de la nature bactérienne de la méningite. Des analyses multivariées prenant en compte les facteurs prédictifs classiques et la PCT sont donc nécessaires avant d'envisager son utilisation en pratique clinique.

L'étape suivante de la démonstration de l'intérêt du dosage de PCT consistera à inclure ces dosages dans une stratégie globale de prise en charge d'une méningite, codifiant la recherche et l'interprétation des signes anamnestiques, cliniques et biologiques (dont la PCT ne sera donc qu'un élément), et devant aboutir à une décision thérapeutique (antibiothérapie ou abstention) ou à une décision d'orientation (hospitalisation ou retour à domicile). Une telle stratégie devra être évaluée prospectivement, en termes d'efficacité et idéalement de coût des soins, comme cela a été fait pour les D-dimères dans le diagnostic de l'embolie pulmonaire [24, 25].

Le débat sur l'utilisation des marqueurs du sepsis en cas de méningite n'est donc pas clos, tant pour la PCT, qu'on ne peut pas encore recommander d'utiliser en pratique clinique, que pour la CRP, dont il n'est pas encore exclu qu'elle puisse être utile si elle est interprétée en conjonction avec d'autres signes, dans le cadre d'une stratégie diagnostique globale. Dans tous les cas, des travaux complémentaires, centrés sur l'impact réel de ces paramètres sur la décision médicale, s'avèrent indispensables. C'est sur les populations de patients présentant un réel problème diagnostique pré-test que doivent porter ces travaux. Comme souvent en médecine, le risque est grand de voir se développer des habitudes de démarches diagnostiques non validées, faute de disposer de travaux méthodologiquement corrects. La détermination initiale de la sensibilité et de la spécificité d'un test devrait se faire à l'aide d'une population témoin bien décrite, ce qui est rarement le cas, puis les valeurs prédictives devraient être calculées par des études faites en situation réelle, avec détermination d'un seuil décisionnel par pathologie. Enfin la place du test devrait être intégrée dans la démarche diagnostique globale (quelle amélioration de la probabilité pré-test ?), avant d'être utilisé en routine.

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