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Empreinte génomique et tumorigenèse


Médecine thérapeutique. Volume 8, Number 4, 211-9, Juin - Août 2002, Articles spéciaux


Résumé  

Author(s) : Anne Barlier, Alain Enjalbert, Laboratoire ICNE, UMR 6544 CNRS, Université de la Méditerranée, Institut Jean-Roche, Faculté de médecine Nord, bd Pierre-Dramard, 13916 Marseille cedex 20, France..

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Figure 1. Établissement de l'empreinte et propagation durant la gamétogénèse et le développement embryonnaire (d'après Falls et al. [1]).

L'allèle paternel (ligne pointillée) est soumis à empreinte et l'allèle maternel (ligne continue) est exprimé. La marque d'empreinte (carré bleu) représente une méthylation parentale-spécifique établie durant la gamétogenèse. A : les génomes maternel et paternel ont un schéma d'empreinte différent qui est toujours présent après la fertilisation. B : la marque d'empreinte et la lecture de l'empreinte sont maintenues dans les cellules somatiques durant leur division. C : l'empreinte parentale spécifique est effacée dans les cellules germinales primordiales. D : une marque d'empreinte appropriée est rétablie à la génération suivante.




   
   Figure 2. Événements moléculaires sur le chromosome 15q11-q13 à l'origine des syndromes de Willi-Prader (PWS) et d'Angelman (AS) (d'après Nicholls et al. [13]) Pour 70 % des patients, il s'agit d'une délétion sur le chromosome, paternel (P en noir) pour le PWS et maternel (M en gris) pour le AS. Une disomie uniparentale (UPD), maternelle est responsable de 25 % des PWS et paternelle de 2 % des AS. Une mutation sur un gène au niveau du chromosome maternel est présente dans 20 % des AS. Enfin une mutation du centre d'empreinte sur le chromosome paternel peut entraîner un épigénotype maternel P (M) et a été retrouvé dans quelques cas de PWS. À l'inverse, une mutation du centre d'empreinte sur le chromosome maternel peut entraîner un épigénotype paternel M (P) et a été retrouvé dans quelques cas d'AS.



   
   Figure 3. Empreinte parentale au cours de la tumorigenèse (d'après [1]). A : à cause de l'empreinte génomique (Tx), seul un des allèles d'un gène suppresseur de tumeur (T) est exprimé. La perte d'hétérozygotie (LOH) ou bien une mutation inactivatrice de l'allèle exprimé (TM) aboutit à une perte fonctionnelle du gène suppresseur de tumeur. B : à cause de l'empreinte génomique (Px), seul un des allèles d'un protooncogène (P) est exprimé. La perte d'empreinte (LOI) ou une disomie uniparentale (UDP) aboutit à une expression biallélique du protooncogène.



   
  

Figure 4. Empreinte des gènes IGF-2 et H19 : un exemple de fonctionnement d'un insulateur (d'après [21]). Le gène H19 est exprimé uniquement par le chromosome maternel. Le gène IGF-2 est exprimé uniquement par le chromosome paternel (les flèches horizontales indiquent les promoteurs actifs). Les 2 gènes partagent les mêmes enhancers (E) situés en aval de H19. Le centre d'empreinte (DMR), situé en amont de H19, fonctionne comme un insulateur. La méthylation sur le chromosome paternel (petits cercles bleu foncé) empêche d'une part la transcription de H19 sur ce chromosome et d'autre part la fixation de la protéine CTCF. L'absence de fixation de CTCF permet aux enhancers en aval de H19 d'entrer en contact avec le promoteur d'IGF-2 et d'induire sa transcription. À l'inverse, sur le chromosome maternel, la DMR n'est pas méthylée (petits cercles bleu ciel) permettant la transcription de H19 et la liaison de CTCF. Cette protéine liée à l'ADN empêche le promoteur de l'IGF-2 d'interagir avec les enhancers en amont d'H19 résultant en l'extinction de la transcription d'IGF-2 sur ce chromosome.




   
   Figure 5. Transduction du signal impliquant la sous-unité alphas des protéines dans la cellule somatotrope. Impact de l'oncogène gsp (d'après [44]). A : physiologiquement le récepteur de la GHRH (growth hormone releasing hormone), stimulé par son ligand active la sous-unité alphas des protéines G permettant un échange GDP (guanosine diphosphate) en GTP (guanosine triphosphate). La sous-unité alpha liée au GTP stimule alors l'adénylate cyclase (AC). Le retour à l'état basal de la sous-unité alphas se fait grâce à l'activité GTPasique de la molécule qui permet l'hydrolyse du GTP en GDP. B : en cas de mutation activatrice, la sous-unité alphas perd son activité GTPasique et reste en permanence sous sa forme active, entraînant une augmentation de l'activité de l'adénylate cyclase, l'augmentation du taux d'AMPc intracellulaire et, en conséquence, de la prolifération cellulaire et de la sécrétion de GH, observées dans les adénomes somatotropes.



   
   Figure 6. Empreinte génomique du gène GNAS1 (d'après [35]). Ce gène possède plusieurs transcrits soumis à empreinte ; 3 transcrits Gsalpha, XLalphas et NESP55 codent pour des protéines. Ils possèdent un premier exon (rectangle blanc) qui leur est spécifique venant s'épisser sur l'exon 2. Un quatrième transcrit ne code pour aucune protéine. Il démarre au niveau de l'exon 1A et s'épisse lui aussi au niveau de l'exon 2. Les exons 2 à 13 sont communs à ces 4 transcrits. Enfin un ARN antisens (flèche ondulée) commence en amont de XLalphas et traverse l'exon NESP55. Ces 5 isoformes du gène sont soumises à empreinte (les flèches horizontales indiquent les promoteurs actifs). La flèche en pointillé sur le chromosome paternel indique que ce promoteur n'est pas actif dans certains tissus. NESP55 est soumis à une empreinte paternelle, son promoteur paternel est méthylé (petits cercles bleu foncé), à l'opposé, XLalphas est exprimé uniquement à partir de l'allèle paternel, son promoteur paternel n'est pas méthylé (petits cercles bleu ciel), et l'ARN antisens est exprimé lui aussi à partir de l'allèle paternel. Le promoteur de Gsalpha n'est méthylé ni sur le chromosome maternel ni sur le chromosome paternel. Enfin, la partie en amont de l'exon 1A est méthylée sur le chromosome maternel. Cette région correspondrait au centre d'empreinte (DMR). Pour expliquer l'empreinte paternelle de Gsalpha dans certains tissus, une des hypothèses serait qu'une protéine (ovale grisé), spécifique de ces tissus, viendrait se fixer sur l'allèle non méthylé paternel en amont de l'exon 1A et empêcherait le contact entre un enhancer (E) situé plus en amont et le promoteur de Gsalpha.



 

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