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Pneumocystose des patients immunodéprimés non infectés par le VIH (le problème en hémato-cancérologie)


Médecine thérapeutique. Volume 8, Number 6, 343-8, Novembre - Décembre 2002, Articles spéciaux


Résumé  

Author(s) : Jean-Ralph Zahar, Véronique Perronne, Françoise Granier, Service de médecine interne- maladies infectieuses, Centre hospitalier François-Quesnay, 2, boulevard Sully, 78201 Mantes-la-Jolie, France..

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ARTICLE

Historique

Pneumocystis carinii a été isolé pour la première fois par Chagas et Carinii en 1920 [2]. C'est à la suite d'épidémies [3] survenant chez des nouveau-nés dénutris que cet agent infectieux a été identifié comme responsable de pneumopathies infectieuses en 1940. La présentation clinique associait une dyspnée subaiguë évolutive sur quelques semaines, une toux sèche et un syndrome fébrile, l'évolution spontanée entraînant une mortalité supérieure à 50 %.

À partir des années 60, on a observé de façon croissante des cas de PCP chez des greffés d'organes et des patients sous immunosuppresseurs en hémato-cancérologie [4]. Il existait une corrélation avec l'utilisation de traitements immunosuppresseurs en cancéro-hématologie et en greffe d'organe, entraînant une augmentation du nombre de patients exposés au risque, on a assisté à une augmentation des cas décrits dans la littérature [5].

En 1976, Hughes et al. ont démontré l'intérêt de la prophylaxie par thriméthoprim-sulfaméthoxazole (Bactrim®) chez les patients présentant une leucémie aiguë lymphoblastique [6, 7].

Avec l'épidémie du sida, l'intérêt pour la pneumocytose pulmonaire a augmenté. Toutefois, la gravité de cette maladie et sa fréquence au cours de la maladie VIH ont fait occulter, pendant de longues années, les cas survenant chez les patients non infectés par le VIH.

Alors que la prophylaxie systématique a permis de réduire les cas de PCP chez les patients VIH et que l'introduction de la corticothérapie comme traitement adjuvant des pneumocystoses graves du VIH a permis de réduire la mortalité hospitalière, nous avons assisté, du fait de l'utilisation de protocoles de chimiothérapie de plus en plus « agressifs », à la recrudescence de cas décrits en pathologie cancéro-hématologique.

Microbiologie/épidémiologie

Pneumocystis carinii est un agent infectieux ubiquitaire retrouvé dans l'environnement (sols) et également dans la population animale et humaine.

La classification taxonomique de P. carinii a longtemps été discutée mais des analyses récentes du RNA ribosomal ont permis de le classer comme faisant partie du genre fongique [8].

Les modes de contamination par P. carinii restent à l'heure actuelle très débattus. De nombreuses observations sont en faveur de la résurgence d'une infection latente à la faveur d'une immunodépression [9], comme le montrent les études de séroprévalence. L'acquisition de P. carinii aurait lieu dans l'enfance par inhalation, et la réactivation de la maladie ferait suite à un épisode d'immunodépression. Une contamination par voie inter-humaine semble possible [10, 11]. Certains auteurs, se basant sur le génotypage de souche de P. carinii, ont permis de démontrer une transmission inter-humaine chez des patients immunodéprimés [12].

Quant aux études animales, elles démontrent la possibilité d'une transmission aérienne par l'intermédiaire de l'environnement ou par transmission directe.

Connaître la pathogénie et le mécanisme de transmission de P. carinii est d'une importance majeure pour déterminer l'attitude à adopter en termes d'isolement chez des patients porteurs de PCP. Bien que le risque de transmission inter-humaine semble moins important que pour la tuberculose, il paraît actuellement souhaitable d'isoler les patients porteurs de PCP dans les services prenant en charge des patients immunodéprimés.

Toutefois, les patients immunodéprimés bénéficiant d'une prophylaxie adéquate ne doivent pas être considérés à risque d'acquisition ou de diffusion de la maladie.

P. carinii fait partie des agents pathogènes impliqués dans les infections des patients immunodéprimés, bien que quelques cas de PCP aient été rapportés chez des patients non immunodéprimés [13, 14]. Cependant, dans ces observations, la recherche d'une immunodépression sous-jacente n'était pas exhaustive.

Comme chez les patients infectés par le VIH, le déficit de l'immunité cellulaire congénital ou acquis (corticothérapie au long cours, greffe de moelle osseuse, chimiothérapies, traitements immunosuppresseurs des greffés d'organes) semble être le facteur de risque principal. Les observations concernant des patients présentant un déficit de l'immunité humorale isolé [15] sont rares.

La fréquence de survenue d'une pneumocystose pulmonaire est liée à deux types de facteurs de risque : la pathologie sous-jacente et les traitements immunodépresseurs.

L'analyse de la littérature avant l'introduction en routine d'une prophylaxie pour la pneumocystose montre que cette infection survenait essentiellement chez des patients atteints de leucémie (plus particulièrement de leucémie aiguë lymphoblastique), de maladie de Hodgkin ou de rhabdomyosarcome [16]. D'autre part, certains patients atteints de maladies dites systémiques sont plus particulièrement exposés au risque de survenue d'une telle infection et notamment en cas de maladie de Wegener (tableau 1).

Plus récemment, la généralisation des greffes d'organes s'est associée à une augmentation des cas de PCP. Selon l'organe transplanté, les taux d'attaques en l'absence de prophylaxie varient de 4-10 % (greffe rénale) à 40 % (greffe pulmonaire ou cardiaque) [16]. Au cours de la greffe de moelle osseuse, l'incidence de la PCP varie de 0,6 % en cas d'autogreffe de moelle, à 7,6 % chez les patients allogreffés de moelle [17].

Le risque de PCP est variable selon le type de traitement immuno-supresseur prescrit et l'intensité de la chimiothérapie entreprise. Les patients atteints de maladies cancéreuses sont d'autant plus à risque, que les traitements utilisés sont agressifs. Ainsi, les patients atteints de métastases ou de cancer primitif cérébral recevant de hautes doses de dexaméthasone semblent plus exposés au risque [18].

L'utilisation en hématologie de nouvelles drogues telles que les analogues des purines (fludarabine) au cours de leucémies lymphoïdes chroniques a permis l'identification d'un nouveau groupe à risque, du fait de l'immunodépression induite et de la fréquence élevée d'infections opportunistes chez les patients traités par cette molécule en comparaison avec des protocoles plus classiques [19].

En greffe de rein, la cyclosporine a été identifiée comme un facteur de risque indépendant. De nombreuses molécules de chimiothérapie ont été mises en cause : le méthotrexate [20], l'endoxan [21] et, de façon moins fréquente, la bléomycine, l'asparaginase et la dactinomycine.

Les patients atteints de maladies dites de systèmes présentent un risque de PCP supérieur par rapport à la population générale, risque lié à l'utilisation de la corticothérapie. Le rôle de la corticothérapie dans la survenue de PCP semble un facteur de risque indépendant, quelle que soit la maladie sous-jacente ou l'intensité des traitements immunosuppresseurs utilisés. Trois études [22-24] (tableau 4) se sont intéressées au rôle de la corticothérapie. Dans deux d'entre elles, la pneumocystose survenait chez des patients sous corticoïdes (traitement d'attaque ou en phase de décroissance). La survenue d'une pneumocystose chez l'un (et non l'autre) de deux patients ayant la même maladie et la même dose de corticoïdes reste à ce jour inexpliquée [25].

Ainsi, la corticothérapie au long cours est retrouvée chez plus de 80 % des patients de cancéro-hématologie présentant une PCP. Aucune de ces études n'a permis d'établir de corrélation entre le risque de PCP et une dose-seuil ou une dose totale cumulée.

Existe-t-il une corrélation avec le taux de lymphocytes CD4+ ?

Depuis 1981, le taux de CD4 plasmatique est reconnu comme le facteur de risque principal de survenue de PCP au cours de l'infection par le VIH. Ainsi, l'attitude diagnostique et prophylactique est dictée par le seuil de CD4 inférieur ou égal à 200/mm3. Une attitude comparable chez les patients non atteints par le VIH semble pour l'instant impossible. Une seule étude prospective a mesuré le taux de CD4 chez les patients non infectés par le VIH et présentant des facteurs de risques ou une PCP [26]. Les auteurs comparant les taux moyens de CD4 plasmatiques dans les quatre différents groupes (tableau 5) ont démontré une différence significative des moyennes et médianes des taux plasmatiques de CD4 en cas de pneumocystose ou de facteurs de risque comparativement aux autres groupes. Toutefois, à elle seule, cette étude ne permet pas de corréler la survenue de pneumocystose au faible taux plasmatiques de CD4 chez les patients non VIH. D'autres auteurs [27] ont essayé d'approcher le risque par le biais des lymphocytes plasmatiques totaux ; à l'heure actuelle, aucune attitude prophylactique ne peut être basée sur le taux de CD4 chez les patients immunodéprimés et non VIH.

À qui doit-on proposer la prophylaxie ?

Les populations des patients immunodéprimés nécessitant une prophylaxie anti-Pneumocystis sont en constante évolution, du fait, des traitements immunodépresseurs utilisés dans la greffe de moelle et d'organe solide, des chimiothérapies intensives utilisées dans les cancers. Chez les patients immunodéprimés non atteints par le VIH, le risque de pneumocystose varie selon la nature et la durée des traitements immunosuppresseurs. Il est important d'essayer de définir les patients à risque. Le risque relatif de survenue d'une pneumocystose semble plus élevé, dans les 6 premiers mois d'une greffe d'organe solide, chez les patients recevant une corticothérapie prolongée et chez les patients recevant une intensification de leurs traitements immunosuppresseurs dans le cadre d'une GVH, d'un rejet aigu ou de recrudescence de leur maladie dite systémique. Les patients immunodéprimés présentant un risque élevé de pneumocystose doivent recevoir une prophylaxie systématique (tableaux 1 et 2). Sepkowitz et al. [25] ont récemment proposé d'administrer la prophylaxie à tous les patients présentant : des maladies dysimmunitaires (qu'elles soient induites par une chimiothérapie, par une radiothérapie ou par une corticothérapie), dans le cadre d'une maladie inflammatoire lors d'une prescription de plus de 20 mg/j de corticoïdes pendant plus de 4 semaines. Toutefois, les auteurs ne jugeaient pas nécessaire d'administrer une telle prophylaxie en cas de corticothérapie isolée, même de longue durée, en l'absence de pathologie dysimmunitaire sous-jacente [26].

Au vu des expériences des équipes américaines [27], les patients devant bénéficier d'une prophylaxie sont, les patients transplantés lymphopéniques, les patients recevant un traitement induisant une immunodépression cellulaire T ou une corticothérapie de plus de 20 mg/j sur une période supérieure à 3 semaines (durée arbitraire), patients transplantés d'organes ; dans ce cas, la durée est dictée par l'incidence de l'infection dans l'institution et le type d'organe transplanté. En effet, les auteurs préconisent une prophylaxie à vie en cas de greffe de cœur, de foie ou de poumon, et de six mois à un an en cas de greffe rénale. Ces recommandations sont fondées sur les périodes à haut risque induites par les traitements immunodépresseurs.

Chez les patients d'hématologie, la prophylaxie doit être administrée dans l'année qui suit une allogreffe de moelle, notamment en cas d'intensification des traitements immunosuppresseurs pour GVH. En cas d'autogreffe de moelle, la prophylaxie devra être discutée en fonction de la qualité du greffon.

Quelles sont les molécules à proposer pour une prophylaxie ?

La molécule de référence reste l'association thriméthroprim-sulfaméthoxazole [28, 29], et ce malgré les risques de myélotoxicité. La posologie d'un comprimé de Bactrim® faible par jour ou de 3 comprimés de Bactrim® fort par semaine permet une prophylaxie efficace. Par ailleurs, cette molécule, par son activité prophylactique anti-Toxoplasma gondii, semble encore plus intéressante. Toutes les autres molécules proposées sont à considérer comme de deuxième ligne, leur activité prophylactique incomplète ne leur permet pas d'être proposées en première intention.

La pentamidine [30] en aérosol a été proposée ; toutefois, ce traitement n'assure qu'une prophylaxie partielle. En greffe d'organes solides, des échecs ont été décrits, notamment dans les 8 premières semaines de traitement. Le risque de PCP au cours d'un traitement prophylactique par pentamidine (IV ou aérosol) est estimé à 10 % chez les patients greffés d'organe.

La dapsone [29] utilisée à la dose de 50 mg/j en prophylaxie primaire s'est révélée inefficace dans un certain nombre de cas ; toutefois, son utilisation à des doses de l'ordre de 100 mg/j reste limitée par sa toxicité, le tout rendant cette molécule peu intéressante dans cette indication. Les études comparant la dapsone, administrée à 100 mg/j deux à trois fois par semaine, à la pentamidine ont montré une équivalence en termes d'activité prophylactique.

L'atovaquone [30], molécule utilisée en curatif, semble être aussi intéressante en prophylaxie. Dans une étude de tolérance prospective randomisée comparant l'atovaquone (1 500 mg/j) associée à l'ofloxacine (400 mg/j) au Bactrim® en prophylaxie primaire chez des patients greffés de cellules souches périphériques, les auteurs ont démontré une efficacité identique et une meilleure tolérance. En effet, 8 des 20 patients traités par Bactrim® ont été dans l'obligation d'interrompre leur traitement du fait d'une mauvaise tolérance (myélotoxicité ou toxicité cutanée), alors que l'on ne notait aucune complication chez les 20 patients traités par atovaquone. D'autre part, dans ce travail, aucun cas de PCP n'avait été révélé dans les deux groupes, suggérant que l'atovaquone à 1 500 mg/j pouvait être proposé en alternative au Bactrim® chez les patients ayant présenté une intolérance.

Clinique

Peut-on dégager des particularités cliniques entre VIH et non VIH ? Dans la maladie VIH, la présentation habituelle comporte une triade associant une fièvre, une toux sèche et une dyspnée d'installation progressive, associée radiologiquement à une pneumopathie alvéolo-interstitielle.

En cancéro-hématologie, la présentation clinique n'a aucune spécificité et peut prêter à confusion avec l'évolution de l'affection initiale. Elle est souvent plus aiguë, semble plus bruyante avec une dyspnée d'installation brutale, une hypoxémie profonde et des opacités pulmonaires alvéolaires, nodulaires ou alvéolo-interstitielles (tableau 3).

En 1984, Kovacks et al. [31], dans une étude comparative de patients infectés (n = 49) ou non (n = 39) par le VIH, mettaient en évidence une durée moyenne des symptômes de 28 jours dans le groupe VIH et de 5 jours dans le groupe non VIH, données ultérieurement confirmées par d'autres travaux [32]. Chez les patients non VIH, la présentation clinique peut être en tous points semblable à une infection bactérienne banale de par la brutalité de la symptomatologie et l'importance de la fièvre.

Toutefois, le tableau peut être plus discret et la triade dyspnée brutale, toux et fièvre n'est pas constante ; dans une étude rapportant 105 cas de pneumocystose, 25 patients étaient apyrétiques, 10 d'entre eux avaient une PaO2 à l'air ambiant > 85 mmHg et 8 ne présentaient aucune anomalie radiologique [22].

Existe-t-il une particularité en cancéro-hématologie ? La réponse semble difficile dans la mesure où toutes les études comparant des patients VIH aux patients immunodéprimés non VIH et présentant une pneumocystose n'individualisaient pas les patients de cancéro-hématologie. Toutefois, dans notre expérience personnelle (soumis à publication), la symptomatologie est brutale, l'hypoxémie sévère, les opacités radiologiques diffuses et souvent alvéolaires.

Méthodes diagnostiques

Le diagnostic de pneumocystose du patient VIH est fondé sur une forte probabilité clinique qui sera confirmée par le lavage broncho-alvéolaire (LBA) et/ou l'expectoration induite, les deux méthodes ayant des sensibilités respectives de 86-97 % et 60-90 %, et une très bonne spécificité (100 % pour le LBA).

Les patients non infectés par le VIH et ayant une pneumocystose pulmonaire semblent présenter une charge fungique plus faible que les patients VIH+ [33], rendant le diagnostic parasito- et anatomo-pathologique difficile.

Chez les patients de cancéro-hématologie, la diversité de la présentation clinico-radiologique et les limites diagnostiques du LBA rendent l'approche plus difficile.

Toutefois, le diagnostique reste fondé sur l'utilisation du LBA dont l'analyse cytologique reste l'examen indispensable auquel l'adjonction de techniques diagnostiques récentes, ayant démontré leur intérêt diagnostique chez les patients VIH telles que l'immunofluorescence et la PCR, permettent un meilleur rendement.

Avant l'épidémie du VIH, l'examen cytobactériologique des crachats spontanés dans le diagnostic de PCP connaissait un mauvais rendement. Au vu des récentes études comparant l'étude cytologique du liquide broncho-alvéolaire à la PCR dans le LBA et les crachats, et au vu de la sensibilité et spécificité, de la valeur prédictive positive et négative, de la PCR dans le LBA (100, 91, 90 et 100 %) ou les crachats (89, 94, 93 et 100 %), il est raisonnable de penser que la recherche par PCR à partir des crachats induits pourra faire partie de l'arsenal diagnostique chez les patients de cancéro-hématologie.

Traitement et place de la corticothérapie

La pierre angulaire du traitement de la PCP reste l'association thriméthroprime-sulfométhoxazole à la dose de 12 ampoules quotidiennes.

Depuis les études de Gagnon et al. [34], l'adjonction d'une corticothérapie par voie intraveineuse dans les pneumocystoses graves de patients VIH positif (paO2 < 70 mmHg) a permis de réduire le risque de détresse respiratoire, la nécessité d'une assistance ventilatoire et la mortalité intra-hospitalière. À l'heure actuelle, deux études rétrospectives se sont intéressées à la corticothérapie des PCP en cancéro-hématologie sans que l'on puisse démontrer une efficacité certaine.

En effet, Delclaux et al., dans une étude rétrospective [35] comportant 39 patients non VIH atteints de PCP, ne mettaient pas en évidence de différence significative de mortalité hospitalière entre les groupes recevant une corticothérapie ou non. Dans une autre étude [36], les auteurs notaient une différence significative en termes de durée de ventilation mécanique, de durée de séjour en réanimation et hospitalière au profit du groupe corticothérapie.

Actuellement, nous réservons la corticothérapie au cas de pneumocystose pulmonaire grave nécessitant une ventilation mécanique invasive ou non ; toutefois, cette attitude n'est pas consensuelle. Nous pensons que la corticothérapie est justifiée en cas de LBA multi-kystique (mimant la PCP des VIH) ou de syndrome de détresse respiratoire réfractaire aux différentes techniques d'oxygénation. Il est indispensable, avant de débuter une corticothérapie, de peser le risque d'immunodépression induite par cette dernière.

Pronostic et mortalité

Durant les années 80, la mortalité de la pneumocystose pulmonaire chez les patients VIH était de l'ordre de 50 %. Depuis l'introduction de la corticothérapie comme traitement adjuvant et l'amélioration des techniques de réanimation, on assiste à une diminution importante de la mortalité avec des chiffres oscillant actuellement aux alentours de 10 %.

Toutefois, dans le même temps, la mortalité des patients atteints de pneumocystose non VIH reste dramatiquement proche de 50 %, que ce soit dans l'étude de Kovacs en 1984 (mortalité de 41 %) ou dans les études les plus récentes qui montrent une mortalité de l'ordre de 40 % [37].

CONCLUSION

La pneumocystose pulmonaire est une infection de plus en plus fréquente en hémato-cancérologie du fait des traitements immunosuppresseurs utilisés. Sa présentation clinique diffère, par rapport au patients VIH, par sa brutalité et sa gravité. Le diagnostic reste difficile du fait du faible nombre de kystes retrouvés dans les prélèvements pulmonaires. Sa mortalité, contrairement aux patients VIH, reste élevée malgré les différentes tentatives de prise en charge diagnostique et thérapeutique.

Remerciements. Au Dr P. Lesprit (CHU Henri-Mondor) pour sa lecture attentive et ses corrections judicieuses.

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