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Mort subite du nourrisson : aspects épidémiologiques, histoire et statistiques


Médecine thérapeutique. Volume 4, Number 8, 633-40, Octobre 1998, Article spécial


Résumé  

Author(s) : Marie-Hélène Bouvier-Colle, Françoise Hatton.

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ARTICLE

En l'espace de 4 ans, le nombre des morts subites du nourrisson a considérablement diminué, passant de 1 464 cas déclarés en 1991 à 539 cas en 1995. « Drame familial et défi collectif » écrivaient Gilly et Dehan en 1989 [1]. Dix ans plus tard, si le drame familial demeure, il semble bien que le défi collectif ait été relevé. Et, pourtant, l'histoire récente de la mort subite du nourrisson (MSN) dans notre pays constitue une illustration remarquable des difficultés, face à un grave problème de santé publique, qui émaillent l'entente entre les médecins, les chercheurs et les décideurs, et des écueils qu'il faut surmonter pour privilégier certains axes de recherche, pour adopter les méthodes scientifiques convenables et parvenir enfin à une décision de santé publique. Cette histoire montre surtout que des renversements de tendance et des progrès extrêmement rapides peuvent encore intervenir dans la mortalité, phénomène habituellement considéré dans nos pays comme doté d'une grande force d'inertie.
Comment les faits statistiques peuvent-ils éclairer la décision du pouvoir politique dans un domaine particulièrement sensible pour l'opinion, celui de la santé de l'enfant ? À qui et à quoi doit-on attribuer le mérite des progrès lorsque les tendances s'inversent favorablement ? Ces questions sont éminemment présentes dans l'histoire épidémiologique de la mort subite du nourrisson et il est bien difficile d'y répondre. Nous avons donc choisi de rassembler les éléments objectifs relatifs à cette histoire, en commençant par décrire les tendances annuelles et saisonnières puis en rappelant les facteurs de risque, avérés, du syndrome. En outre, nous avons tenté de rapporter la chronologie des faits sociopolitiques qui y furent associés et qui nous ont paru marquants.
 
Variations temporelles : courbes et commentaires
 
Tendances annuelles
 
Tout a démarré en 1975 et tout semble rentrer dans l'ordre à partir de 1991. Pourquoi et que s'est-il réellement passé entre ces deux dates ?
Sur la figure 1 sont portées les fréquences de la mortalité infantile et de ses principales composantes entre 1970 et 1996. Il apparaît que la mortalité néonatale précoce a diminué fortement, et de manière assez régulière, tandis que la mortalité postnéonatale a commencé de stagner à partir de 1976, a même augmenté en 1980, est restée stable pendant 4 ans puis, après une diminution ténue en 1984, a conservé un niveau à peu près constant jusqu'en 1991. Or, durant cette période, la principale cause de mortalité postnéonatale figurant sur les certificats de décès est le syndrome de mort subite du nourrisson.
Vers 1985, lorsque la stagnation de la mortalité postnéonatale a attiré l'attention des responsables de la santé publique, la mort subite représentait 19 % des décès infantiles (1 231/6 389 cas, tableau 1) et près de la moitié des décès postnéonatals. Le taux était alors de 1,6 ‰ naissances vivantes.
La même année, on pouvait observer à peu près le même taux au Danemark, un taux de 1,1 ‰ en Suède ou aux Pays-Bas et un taux supérieur, de 2,2 ‰, en Norvège [2] ou en Angleterre-Galles [3].
La figure 2 montre l'évolution des taux annuels de mortalité infantile en France, entre 1970 et 1996, selon qu'il s'agit de la mort subite du nourrisson ou de décès dus à d'autres causes. L'augmentation de la mort subite du nourrisson apparaît clairement à partir de 1978-1979 ; le maximum est atteint en 1991, le nombre de cas s'élève alors à 1 464 décès enregistrés conduisant au taux de 1,93 ‰ naissances vivantes alors qu'il était de 0,53 en 1978. Dès 1992, le taux revient à 1,74 puis continue de chuter jusqu'à 0,74 en 1995.
Le caractère très particulier de la tendance de la mort subite du nourrisson ressort encore plus nettement de la figure 3 qui présente l'indice d'évolution de la mortalité infantile par rapport au niveau de 1970 retenu comme base de comparaison. L'allure d'une telle courbe incite à penser qu'un phénomène spécial s'est produit durant toute cette période et que l'on tend maintenant à retrouver une situation qui prévalait dans le début des années 70. Dans les pays scandinaves précédemment cités, les mêmes observations sont faites : montée des taux de mort subite du nourrisson à partir de 1975 jusqu'à des valeurs maxima atteintes en 1987 au Danemark, en 1989 en Norvège et en 1990 en Suède, toutes suivies d'une chute spectaculaire jusqu'en 1994. En Angleterre-Galles, à partir des données publiées, il a été montré que depuis 1971, moment où la mort subite devient une cause enregistrable, le taux a sans cesse grimpé jusqu'à un maximum de 2,3 ‰ en 1988, puis a diminué à 1,44 en 1991 et brutalement chuté à 0,70 en 1992 [3, 4]. Ces évolutions ont été simultanées de la stagnation de la mortalité postnéonatale totale de ces pays.
 
Variations saisonnières
 
La mort subite du nourrisson est caractérisée par des variations saisonnières très marquées : la fréquence la plus élevée se manifeste en période hivernale et la plus basse en période estivale. On a pu montrer que l'amplitude des variations saisonnières, qui ne sont pas spécifiques de cette cause (figure 4), était majorée dans le syndrome, un peu à l'image des infections respiratoires. L'effet saisonnier était suffisamment important pour introduire une différence de survie significative parmi les cohortes de nourrissons selon qu'ils naissaient à l'automne, atteignant l'âge de 3 mois en plein hiver, ou au printemps et en été [5].
La modification importante et récente du schéma de la mort subite et l'allure des dernières variations saisonnières pouvaient faire penser à la disparition du pic hivernal. En fait, le calcul d'un indice relatif montre que les variations saisonnières existent toujours en 1995 (figure 5). Ce fait est confirmé par les études anglaises réalisées récemment sur cette même question [6].
 

Problèmes de définition

La mort subite du nourrisson apparaît pour la première fois isolée en tant que telle au chapitre des Symptômes, signes et états morbides mal définis, de la Classification internationale des maladies 9e révison (CIM-9), sous la rubrique 798.0 Syndrome de la mort subite chez le nourrisson (nourrisson trouvé mort dans un berceau). La 9e révision de la CIM a été publiée en 1975, par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Étant le fruit de réunions internationales de spécialistes, elle traduit un état des connaissances légèrement antérieur à la date de sa publication.

De fait, en 1969, lors de la deuxième Conférence internationale de Seattle sur les causes de la mort subite du nourrisson, un certain Beckwith, anatomopathologiste, l'avait
définie comme une entité telle que le « décès soudain d'un enfant, inattendu de par son histoire et dont l'examen post mortem approfondi échoue à trouver une cause adéquate du décès » (tableau 2). Cette définition a été généralement acceptée même si l'on voit bien que les notions « d'examen post mortem approfondi » et de « cause adéquate » restent critiquables [7]. Une définition plus précise fut ensuite proposée par le comité de spécialistes qu'avait réuni, en 1991, le National Institute of Child Health and Human Development des États-Unis : « Décès soudain d'un enfant âgé de moins de 1 an qui reste inexpliqué après une investigation approfondie comportant la réalisation d'une autopsie complète, l'examen de la scène du décès et la revue de l'histoire clinique. » Mais il s'agissait toujours d'une définition par exclusion, dépendant très directement de la réalisation et de la nature de l'examen post mortem approfondi.
Dans notre pays l'adjectif inexpliqué fut, dans un premier temps, inclus dans la formule mort subite inexpliquée du nourrisson (MSIN), ce qui ne coïncidait ni à la réalité (en France, la proportion des autopsies est beaucoup plus faible que dans la plupart des pays anglo-saxons et scandinaves), ni à l'usage de la langue anglaise qui utilisait l'expression sudden infant death syndrome (SIDS). Le qualificatif inexpliqué a été progressivement banni de la terminologie, disparition attestée par le fait que le Groupe d'étude en langue française sur la MSIN devint le GELF-MSN.
Cette évolution traduisait en fait plusieurs difficultés propres à notre pays : celle de s'entendre sur une définition acceptable pour des spécialités médicales différentes (pédiatrie, anatomopathologie, épidémiologie) et sur un minimum commun de protocole anatomopathologique qui soit réalisable dans toutes les régions ; ensuite, la difficulté légale et matérielle de réaliser concrètement des investigations post mortem approfondies pour tous les décès de cette catégorie.
En réalité, le syndrome de mort subite reste une cause mal définie. Tout d'abord en théorie, parce qu'il demeure un « diagnostic » d'élimination. Ensuite dans la pratique, parce que les statistiques des causes de mortalité sont établies à partir de déclarations faites sur le certificat médical de décès, déclaration faite alors même que le médecin ne dispose en général pas des résultats de l'autopsie. En effet, même lorsque celle-ci a été réalisée, soit les résultats ne sont pas disponibles au moment de la certification, soit ils ne sont pas portés à la connaissance du service chargé d'élaborer la statistique. Les données de routine, issues des statistiques des causes médicales de décès, en France comme ailleurs, sont les seules qui permettent le suivi de la mort subite du nourrisson et des autres causes de mortalité dans le temps (surveillance des tendances) et dans l'espace (comparaisons régionales et internationales). Or, ces deux dimensions sont essentielles à la connaissance du phénomène eu égard à sa dimension épidémiologique. Une étude réalisée sur tous les décès de la période postnéonatale survenus en France en 1986 a permis de montrer que 48 % des cas déclarés « mort subite du nourrisson » étaient en fait explicables car dus à une pathologie précise [7]. Ces éléments suggèrent que les nombres déclarés de mort subite du nourrisson ont vraisemblablement été surestimés dans notre pays par rapport à la définition de Beckwith. De nouveaux critères de définition ont été récemment proposés dans les pays nordiques afin d'y réévaluer le diagnostic de mort subite et inattendue de l'enfant (encadré 1). Ils permettent une réelle comparaison des taux entre eux. Or, un fait intéressant à propos de ces études est que le taux finlandais de mort subite du nourrisson n'a jamais changé pendant toutes ces années (0,5 ‰ environ) et que les taux norvégiens ont toujours été supérieurs aux autres (il s'agit du pays où la fréquence de l'autopsie reste inférieure à celle des autres), alors que les tendances observées dans les autres pays (Danemark, Norvège et Suède) ont connu les mêmes fluctuations que celles de la France pour revenir aujourd'hui à des valeurs inférieures, en moyenne de 0,5 à 0,7 ‰ [8].
 
 
De très nombreux facteurs de risque :
un seul spécifique, l'âge ;
un seul préventif, la position de sommeil dorsale
 
De très nombreux facteurs de risque ont été recherchés et mis en avant durant toutes ces années où les études se sont multipliées [10-14]. Un seul est vraiment spécifique de la mort subite : l'âge de survenue du décès, en moyenne 2 mois et demi, le risque étant maximum entre 2 et 3 mois et 90 % des cas se produisant avant 6 mois. Parmi les autres facteurs, le pic hivernal, quoique vraiment prononcé pour la mort subite du nourrisson, existe également pour les pathologies infectieuses et virales ; l'excès de décès pour le sexe masculin se retrouve fréquemment pour la plupart des pathologies, l'âge de la mère (risque plus élevé quand elle est jeune), la prématurité, le faible poids de naissance, l'exposition in utero au tabac, le tabagisme des parents et le contexte socioculturel défavorisé sont communs à la plupart des causes de mortalité postnéonatale [15].
Facteur le plus récemment incriminé, la position de sommeil sur le ventre s'est imposée avec la force de l'évidence en quelques mois dans plusieurs pays. Pourtant, depuis longtemps, le sommeil du nourrisson focalisait les recherches, les très nombreux travaux réalisés ayant permis d'améliorer notablement les connaissances sur les phases du sommeil, les apnées et la maturation du système nerveux central à cet âge. Mais ces résultats n'avaient pas mis en évidence un fait commun conduisant tout droit à la prévention. Très différent fut, en 1991, l'impact des résultats d'une étude australienne publiés dans le Lancet [16] ­ qui montraient l'effet positif du couchage sur le dos ­ et repris par le Figaro [17] (tableau 2). Le désavantage de la position ventrale avait pourtant été suspecté plusieurs années auparavant. En 1975, Tonkin faisait l'hypothèse que l'obstruction aérienne de l'oropharynx pendant le sommeil paradoxal était le mécanisme causal de la mort subite du nourrisson, et qu'il était renforcé lorsque l'enfant était couché sur le ventre [18]. Cette analyse rencontra immédiatement le soutien de Beckwith [19] et Kravitz reprit cette idée quelques années plus tard [20]. En France, le premier à attirer l'attention des pédiatres sur les méfaits de la position ventrale fut Sénécal en 1987 [21]. La conviction des spécialistes tendit à s'établir plus fermement vers 1990-1991. À partir de cette date, des campagnes d'information auprès du grand public se multiplièrent en Europe en particulier [2, 6, 22] et un peu plus tardivement aux États-Unis. En France l'association Naître et Vivre et la Direction générale de la Santé ont mené successivement trois campagnes en 1994, 1995 et 1996 [23, 24]. La première avait été conçue de manière à mettre en place une procédure d'évaluation de ses effets dans quatre départements pilotes [12], ce qui a permis de mettre en évidence une baisse significative de la position ventrale entre 1994 et 1995, en parallèle avec la diminution de la mort subite du nourrisson dans les départements pilotes.
Aujourd'hui, malgré le changement radical de la fréquence du syndrome, le pic hivernal demeure, ce qui apparaît sur la figure 5 obtenue avec les données françaises et qui rejoint les analyses faites sur les données anglaises [6]. La distribution par âge conserve son allure typique (figure 6) et l'excès de décès pour le sexe masculin persiste. En ce qui concerne les autres facteurs de risque, des études seraient nécessaires. Toutefois, des observations cliniques récentes (C. Carpentier, communication personnelle) suggèrent que les cas de mort subite du nourrisson tendent à se concentrer au sein de la population extrêmement défavorisée, ce qui est également décrit en Angleterre [14-25]. Ce constat, fait dans la région Nord-Pas-de-Calais et qu'il faudrait vérifier dans d'autres régions, demande de poursuivre avec la plus grande énergie les efforts de prévention s'adressant aux populations les plus démunies.

ENCADRÉ 1
 
Critères de diagnostic pour la mort subite du nourrisson selon le protocole du groupe des anatomopathologistes nordiques (Danemark, Finlande, Norvège, Suède) (d'après Vege [8])
 
* Poumon. Gradation des modifications pulmonaires selon :
­ la densité des neutrophiles dans les alvéoles ;
­ les lymphocytes dans le tissu interstitiel ;
­ les infiltrats neutrophiles et les lymphoïdes dans le tissu péribronchial.
* Myocardite : définition d'après le système de classification de Dallas.
* Autres modifications : malformations cardiaques, tumeurs et autres conditions.
* Remaniements cérébraux : structure encéphalique normale et modifications absolument non spécifiques, telles qu'hyperémie et œdème modéré du cerveau, sont requises pour le diagnostic de mort subite du nourrisson.

ENCADRÉ 2
 
Mission des centres de référence créés par la circulaire de 1986
 
* Jouer un rôle d'animation en matière de soins, de recherche et d'enseignement.
* Apporter un appui technique aux équipes et professionnels de la santé confrontés à ce problème.
* Diffuser auprès des équipes hospitalières et du corps médical toutes les informations nécessaires.
* Mettre en place une surveillance sous monitorage à domicile lorsqu'elle s'avère nécessaire et prendre en charge les nourrissons faisant l'objet d'une prescription de surveillance par monitorage à domicile.
* Organiser le transport du corps de l'enfant décédé vers un établissement d'hospitalisation où seront pratiqués des examens médicaux complémentaires et une autopsie.
* Apporter une aide psychologique à la famille de la victime.
* Informer les professionnels de santé [28].

CONCLUSION

Pendant un temps, la substitution à d'autres causes plus ou moins bien définies, telles que la suffocation alimentaire et les affections respiratoires, avait semblé expliquer l'évolution très spéciale de la mort subite du nourrisson. On avait souligné, vers 1975, que la diminution des suffocations accidentelles d'origine alimentaire accompagnait la montée du syndrome en France, mais l'effet était négligeable [26]. Ce transfert entre causes, de 1975 à 1980, avait été mis en évidence pour plusieurs pays européens [3, 27]. Il est certain, à l'heure actuelle, que ces transferts, réels mais réduits, n'expliquent ni la poussée ni l'effacement du syndrome. Une étude scandinave récente apporte sur ce point une conclusion claire : ni l'augmentation ni le déclin de la mort subite du nourrisson ne sont dus à des changements de pratiques diagnostiques [8].
Et pourtant, la question de la définition demeure un point crucial car sa non-prise en considération, de manière rigoureuse, alimente une grande partie des controverses entre spécialistes qui, souvent, comparent ce qui n'est pas comparable.
La multiplication soudaine de la mort subite du nourrisson vers 1970 puis sa diminution tout aussi imprévisible et rapide, vers 1991, conduisent à chercher un fait spécial sous-jacent. Le changement de position de sommeil, la mode ventrale importée des États-Unis vers 1970, remplit bien cet office [3].
La mobilisation des pouvoirs publics qui fut assez précoce en France dans un premier temps, grâce à l'appel de certains pédiatres (encadré 2), a par contre tardé ensuite à produire ses effets par rapport à ce qui a été entrepris plus vite aux Pays-Bas, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, sans doute faute de consensus entre médecins. Mais sans mobilisation aucune, aurait-on observé une baisse aussi spectaculaire ? On peut sérieusement en douter.
Enfin, la grande leçon de cette histoire est que la mortalité offre encore des perspectives de diminution importantes dans nos pays, alors même que son niveau est déjà peu élevé. Il importe donc de ne pas relâcher les efforts de prévention.

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28. Direction générale de la santé, à messieurs les Commissaires de la République de région et de département. 1986. Circulaire relative à la prise en charge par les établissements hospitaliers publics des problèmes posés par la mort subite du nourrisson. Paris : ministère des Affaires sociales et de la Solidarité nationale, 14 mars, 15.


 

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