L’étude longitudinale américaine Wave [1] montre que, malgré la prévalence
croissante de l’obésité aux USA, le surpoids ou l’obésité sont toujours perçus
très péjorativement par les adolescents
L'hypothèse des auteurs était que le surpoids avait un effet repoussoir chez
les adolescents, surtout les jeunes filles de race blanche, mais que cet effet
s’atténuait en raison de l'augmentation de prévalence de l'obésité aux États-Unis.
Ils ont analysé les données des vagues I (1994-1996 ; 18 000 garçons et filles
tirés au sort de diverses origines et niveaux d’étude) et III (2001-2002 ; 14
000) de la National Longitudinal Study of Adolescent Health. Une fille en surpoids
est perçue comme peu attirante quelle que soit la race (risque relatif à la
1re vague de 1,26 chez les Noirs, 1,23 chez les Hispaniques, 1,25 chez les Blancs
; à la 3e de 1,14, 1,22 et 1,25). Cette perception péjorative ne diminuait de
façon significative entre les deux vagues (p : 0,00018) que chez les Afro-américaines.
Tendances similaires de moindre ampleur, non significatives, chez les garçons.
Richmond TK, Bryn Austin S, Walls CE, Subramanian SV. The Association of
Body Mass Index and Externally Perceived Attractiveness Across Race/Ethnicity,
Gender, and Time. J Adolescent Health. 2012;50:74-9.
Que retenir pour notre pratique ?
• Les auteurs ont été surpris de constater que l’obésité « épidémique » qui
sévit aux États-Unis, y compris chez les enfants, ne gomme pas l’image péjorative
qu’elle véhicule. Leur mise en garde contre les effets injustes et négatifs
pour la santé de la persistance de cette représentation est à prendre en considération
dans toute forme d’aide aux adolescents dans cette situation où l’autodépréciation
est un facteur aggravant.
• Conclusion générale à laquelle on ne peut que souscrire : si tous les efforts
doivent être faits pour inverser l'épidémie d'obésité, ce doit être sans porter
de jugement de valeur…
Mots clés : Médecine de l'adolescent ; Obésité [Adolescent
Medicine; Obesity]
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