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Hyperkaliémies médicamenteuses
Les centres de pharmacovigilance et les services de néphrologie et de cardiologie
des Régions Midi-Pyrénées et Aquitaine ont relevé 168 observations d'hyperkaliémie
> 6,5 mmol/L chez les patients hospitalisés. Les médicaments étaient responsables,
au moins en partie, de 102 cas (60,7 %), chez des sujets âgés (76 ans en moyenne)
souffrant dans 88 % des cas d'HTA ou de maladies cardiovasculaires. Il s'agissait
le plus souvent d'inhibiteurs de l'enzyme de conversion (47 %), de spironolactone
(41 %), d'antagonistes des récepteurs à l'angiotensine II (23 %) et de suppléments
potassiques (23 %). Dans 10 % des cas, le décès était en rapport avec l'hyperkaliémie.
L'association de ces médicaments est largement conseillée, notamment depuis l'étude
RALES, mais elle est dangereuse et grave puisque le risque létal existe chez 1
patient sur 10 et nécessite une surveillance clinique et biologique étroite.
Mots clés : hyperkaliémie [hyperkalemia]
Référence :
- Montastruc JL. BIP31.fr. 2011;18(4):42-3.
Dérivés terpéniques
Les dérivés terpéniques (camphre, cinéole, niaouli, thym sauvage, terpinol,
terpine, citral, menthol, huiles essentielles d'aiguille de pin, d'eucalyptus
et de térébenthine) sont traditionnellement indiqués en traitement d'appoint
des infections respiratoires aiguës bénignes. Ils ont été associés chez l'enfant
à diverses complications neurologiques : convulsions, somnolence et agitation,
en particulier chez le petit enfant, en raison de l'immaturité du système nerveux
central, et en cas d'antécédents d'épilepsie ou de convulsion fébrile. Ils étaient
déjà contre-indiqués par voie cutanée ou inhalée. Les formes suppositoires le
sont (15 décembre 2011) chez les enfants de moins de 30 mois ou ayant des antécédents
de convulsion fébrile ou d'épilepsie.
Formes nourrisson (retirées du marché) |
Bronchodermine®, Bronchorectine au citral®, Terpone®,
Trophirès composé®. |
Formes enfant (contre-indiquées avant 30 mois ou en cas d'antécédents
d'épilepsie ou de convulsions fébriles) |
Biquinol®, Bronchorectine au citral®, Bronchodermine®,
Coquelusedal®, Eucalyptine®, Ozothine®,
Ozothine à la diprophylline, Pholcones Bismuth®, Terpone®,
Trophirès®, Trophirès composé®. |
Mots clés : infections communautaires, infections des voies respiratoires
supérieures [community-acquired infections; respiratory tract infections]
Référence :
- Afssaps. Lettre aux professionnels de santé. Novembre 2011.
Antitranspirants : l'aluminium en question(s)
La relation entre l'exposition professionnelle aux poussières d'aluminium et les
cancers du poumon et de la vessie est établie depuis longtemps : la production
d'aluminium est classée depuis 1987 dans le groupe 1 des cancérogènes pour l'homme
par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Parmi les composés
de l'aluminium, plus de 25 sont utilisés dans des antitranspirants. L'absorption
cutanée in vitro varie de 0,5 % sur peau normale à 18 % sur peau lésée.
De 2004 à 2009, 3 déclarations d'effets indésirables ont été rapportées à l'Afssaps
:
une réaction prurigineuse modérée d'aspect papuleux après un mois d'utilisation
d'un antitranspirant à base d'aluminium (résolution spontanée en une semaine)
;
une réaction caustique après 3 jours (tests épicutanés négatifs excluant
une allergie) ;
des démangeaisons et sensations de brûlures survenues quelques heures
après l'application.
Mais malgré ce très faible nombre de déclarations, on a observé des cas d'irritations
cutanées chez des patients traités pour une hyperhydrose, des cas (rares) de
sensibilisation. L'hypothèse d'un lien de causalité entre utilisation d'antitranspirants
contenant de l'aluminium et cancer du sein, en particulier du quadrant supéro-latéral,
fait controverse. La conclusion rassurante d'un rapport fait en 2008 ne permet
pas d'exclure définitivement ce lien.
L'Afssaps recommande de réduire la concentration d'aluminium dans les produits
antitranspirants ou déodorants à 0,6 % d'aluminium, bien au-dessous des valeurs
utilisées dans les produits cosmétiques, et de ne pas les utiliser sur peau
lésée (par exemple après rasage ou en cas de lésion de la peau de type microcoupures).
Mots clés : composés de l'aluminium [aluminum compounds]
Référence :
- Afssaps. Évaluation du risque lié à l'utilisation de l'aluminium dans les
produits cosmétiques. Octobre 2011.
Médicaments et crampes nocturnes
La forte prévalence (37 à 50 %) des crampes musculaires nocturnes chez les sujets
âgés est parfois en rapport avec l'utilisation de médicaments. Trois classes ont
notamment été incriminées : thiazidiques, statines et b2 mimétiques de longue
durée d'action (LABAs). Une étude canadienne sur les prescriptions de quinine,
prescrite pour « crampes musculaires », chez les adultes de plus de 50 ans avant
et après début d'un traitement par ces médicaments apporte des données moins anecdotiques
à partir des données du registre de Colombie britannique (4,2 millions de patients)
sur 1 590 traitements diurétiques, 1 326 par statines et 576 par LABAs. Le ratio
quinine après/avant était respectivement de 1,47 (1,33-1,63 ; p < 0,001), 1,16
(1,04-1,29 ; p = 0,004) et 2,42 (2,02-2,89 ; p < 0,001), confirmant que ces médicaments
augmentent le risque de crampes nocturnes (toutefois peu en ce qui concerne les
statines et les associations thiazidiques/diurétiques de l'anse). La prescription
de ces médicaments risque d'aggraver les symptômes chez des patients souffrant
déjà des crampes nocturnes.
Mots clés : crampe musculaire [muscle cramp]
Référence :
- Garrison SR, Dormuth CR, Morrow RL, Carney GA, Khan KM. Nocturnal Leg Cramps
and Prescription Use That Precedes Them A Sequence Symmetry Analysis. Arch
Intern Med. 2012;172:120-6.
Métoclopramide : contre-indication avant 18 ans, prudence après...
L'AMM du métoclopramide (Primpéran® et génériques) en prévention des
vomissements date des années 1960. Le risque d'effets extrapyramidaux de ce neuroleptique
est important chez les enfants, avec comme principal facteur de risque le surdosage.
L'Afssaps [1] contre-indique son utilisation chez les moins de 18 ans (9 février
2012) et en souligne les risques neurologiques et cardiovasculaires chez l'adulte.
Une récente revue Cochrane [2] rappelait que la réhydratation par voie
orale est la pierre angulaire de la prise en charge de la gastro-entérite aiguë
chez l'enfant et l'adolescent. Si les vomissements ne la permettent pas, la
prise d'antiémétiques peut être nécessaire. Quelques essais randomisés, sur
de faibles effectifs, ont montré qu'une dose orale unique d'ondansétron réduit
le taux d'hospitalisation et la nécessité de réhydratation par voie IV.
Pour mémoire, les indications du métoclopramide sont extrêmement limitées chez
les moins de 20 ans en Grande Bretagne depuis 2006 [3].
Mots clés : antiémétiques, dyskinésies [antiemetics; dyskinesias]
Références :
- Afssaps. Primpéran® et éngériques (métoclopramide) contre-indication
chez l'enfant et l'adolescent. Février 2012.
- Fedorowicz Z, Jagannath VA, Carter B. Antiemetics for reducing vomiting
related to acute gastroenteritis in children and adolescents. Cochrane Database
of Systematic Reviews 2011, Issue 9. Art.No.: CD005506. DOI. 10.1002/14651858.CD005506.pub5.
- British National Formulary for Children. London : British Medical Association,
Royal Pharmaceutical Society of Great Britain, the Royal College of Paediatrics
and Child Health, and the Neonatal and Paediatric Pharmacists Group ; 2006.
Diarrhée prolongée sous IPP
La FDA américaine a enregistré de nombreuses déclarations de diarrhées à Clostridium
difficile chez les patients prenant un traitement par IPP. La plupart concernaient
des personnes âgées, ou atteintes de maladies chroniques et/ou de pathologies
associées, ou qui avaient pris des antibiotiques à large spectre, facteurs prédisposant
connus. Cependant, la responsabilité des IPP ne peut être définitivement exclue
et la prise d'IPP a pu aggraver le risque. La FDA a également examiné 28 études
d'observation : 23 montraient un risque d'infection ou de maladie (diarrhée comprise)
à Clostridium difficile de 1,4 à 2,75 fois plus élevé sous IPP qu'en son
absence ; les données cliniques rapportées dans 5 études signalaient chez certains
patients des colectomies et quelques (rares) décès. Les études publiées ne permettent
pas toujours d'évaluer la force de l'association entre IPP et infection à Clostridium
difficile et ne fournissent pas assez de données sur la relation entre le
risque et les doses ou la durée d'utilisation des IPP, ou les circonstances (prescription
médicale ou auto-prescription). Cependant, la FDA considère que les faits sont
suffisamment probants pour que la responsabilité du Clostridium difficile
soit évoquée en cas de diarrhée persistante chez un patient sous IPP, surtout
en cas de fièvre et douleurs abdominales. Elle recommande des prescriptions courtes
et aux plus faibles doses possibles.
Mots clés : diarrhée, inhibiteurs de la pompe à protons, reflux gastro-oesophagien
[diarrhea; proton pump inhibitors; gastroesophageal reflux]
Référence :
- FDA Drug Safety Communication: Clostridium difficile-associated diarrhea
can be associated with stomach acid drugs known as proton pump inhibitors
(PPIs). Safety Announcement [02-08-2012].
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