Les deux essais randomisés anglais de l’étude MAPS soulignent l’indigence
de nos connaissances et de notre prise en charge de ce douloureux handicap [1].
Les patients souffrant d’incontinence urinaire 6 semaines après prostatectomie
totale (essai 1 ; 391 patients) ou résection transurèthrale (essai 2 ; 397 patients)
avaient 4 sessions de rééducation sur 3 mois ou les soins habituels et conseils
d’hygiène de vie. Le critère primaire était l’incontinence urinaire autorapportée
(questionnaires postaux) et le ratio coût incrémental/qualité (qualityadjusted
life year ; QALY) à 12 mois. L’analyse, en « aveugle » pour les seuls évaluateurs
(ce n’était évidemment pas possible pour les participants ou les soignants)
était faite en intention de traiter. Le taux d’incontinence urinaire à 12 mois
était identique dans les 2 groupes (essai 1 : 76 % vs 77% ; 2 : 65 % vs 62 %).
La rééducation augmentait les coûts par patient (sans aucun effet adverse) mais
sans différence notable en QALYs. Cet échec (en efficacité et coûtefficacité)
et la persistance d’un taux élevé d’incontinence 12 mois après chirurgie suggèrent
que la connaissance et la prise en charge de cette iatrogénie sont totalement
insuffisantes. Drake [2] dit de ces chiffres (10 % d’incontinence à 1 an après
résection transuréthrale, 40 % après prostatectomie totale, dont la moitié vécues
comme « sévères ») qu’ils « méritent une franche discussion avec le patient
avant toute chirurgie », notamment à un moment où le dépistage du cancer de
la prostate par PSA impose de plus en plus la question.
1. Glazener C, Boachie C, Buckley B, Cochran C, Dorey G, Grant A et al. Urinary
incontinence in men after formal one-to-one pelvic-floor muscle training following
radical prostatectomy or transurethral resection of the prostate (MAPS): two
parallel randomised controlled trials. Lancet. 2011;378:328–37.
2. Drake MJ. Managing post-prostatectomy stress urinary incontinence. Lancet.
2011;378:293-4.
Que retenir pour notre pratique ?
• La « franche discussion » avant toute intervention ne concerne pas que l’urologue
!
• Mais le médecin de famille est ici « entre le marteau et l’enclume ». Dans
le cas du dépistage, dont l’opportunité et la nocivité sont controversées, c’est
bien en amont qu’il faut discuter des conséquences éventuelles.
Mots clés : Incontinence urinaire ; Prostatectomie [Urinary
Incontinence; Prostatectomy]
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