Home > Journals > Medicine > Médecine > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Médecine
- Current issue
- Index set of themes
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
Biology and research
Public health
Agronomy and biotech.
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version
  Version PDF

Dronedarone: FDA Drug Safety Communication


Médecine. Volume 7, Number 1, 17-9, Janvier 2011, Thérapeutiques

DOI : 10.1684/med.2011.0651

Résumé   Summary  

Author(s) : Jean-Pierre Vallée , Rédacteur en chef de Médecine .

Summary : [1-14-2011] The US Food and Drug Administration (FDA) is alerting healthcare professionals and patients about cases of rare, but severe liver injury, including two cases of acute liver failure leading to liver transplant in patients treated with the heart medication dronedarone (Multaq).

Keywords : anti-arythmia agents, atrial fibrillation, hepatitis, drug toxicity

ARTICLE

Ce qui est admis

En France, la dronédarone est indiquée, à la posologie de 400 mg 2 fois par jour, chez les patients adultes stables présentant un antécédent de fibrillation auriculaire (FA) ou actuellement en FA non permanente [1] afin de prévenir les récidives de FA ou de ralentir la fréquence cardiaque. Elle est contre-indiquée dans diverses situations cardiaques, hépatiques et rénales. Les multiples interactions médicamenteuses rendent sa prescription complexe.

Pour la Commission de la Transparence française, le rapport efficacité/effets indésirables est modéré. La dronédarone n'apporte pas d'amélioration du service médical rendu (ASMR V) par rapport à l'amiodarone malgré l'avis favorable donné sur le remboursement à 65 %.

L'ensemble de ces données nous faisait conclure en octobre dernier à des « preuves de tolérance acceptables avec un recul d'environ 2 années et demi, donc à suivre à plus long terme » et une « tolérance bonne » avec la même réserve de recul insuffisant, donc « à réserver », au cas par cas.

Aux USA, depuis la commercialisation de la dronédarone en juillet 2009, environ 492 000 prescriptions ont été faites en ambulatoire (147 000 patients) [2]. L'AMM avait été accordée « sous surveillance » (Risk Evaluation and Mitigation Strategy ­ REMS), pour prévenir notamment son utilisation chez des patients en insuffisance cardiaque sévère ou récemment hospitalisés pour insuffisance cardiaque, l'étude ANDROMEDA ayant montré dans ces conditions une mortalité deux fois plus élevée sous dronédarone.

En Grande Bretagne, après une première décision du NICE de ne pas recommander la dronédarone en traitement de la fibrillation auriculaire, il y a eu une telle campagne de la part de certains médecins et associations de patients qu'une seconde décision a invalidé la première. Le NICE a finalement recommandé en mars 2010 une utilisation limitée de la dronédarone [3] en traitement de deuxième ligne chez des patients ayant des cofacteurs de risque cardiovasculaire, lorsque la fibrillation auriculaire était insuffisamment contrôlée par les traitements de première ligne (incluant les b-bloquants).

Ce qui fait controverse

Une récente revue systématique et méta-analyse américaine [4] publiée dans le Journal of the American College of Cardiology a critiqué fortement la méthodologie de l'essai ATHENA. Elle a jugé ses résultats peu convaincants, notamment en termes de qualité de vie et de démonstration de sécurité du médicament par rapport à l'amiodarone, faisant douter de la qualité de [ses] données et de leur pertinence pour la pratique clinique. Les interactions avec la warfarine posaient notamment problème. La méta-analyse portait sur 6 essais (6 771 patients) sans conclure à un excès de toxicité pulmonaire ou hépatique, mais la durée brève de ces essais (6 mois) ne permettait pas de conclusions sur la sécurité à long terme. « La tolérance semblait meilleure, comparativement au placebo, que pour l'amiodarone, mais ce n'était que modeste et non significatif. »

Les auteurs concluaient que l'ensemble des données disponibles sur la dronédarone devaient la faire réserver à un nombre limité de patients très sélectionnés, principalement comme médicament de deuxième ou troisième ligne à la place de l'amiodarone, en cas d'échec des stratégies de régularisation par les autres anti-arythmiques ou s'ils n'étaient pas bien tolérés.

Ainsi, bien que la dronédarone soit généralement considérée comme plus sûre et mieux tolérée que l'amiodarone aux USA, l'éditorial qui accompagnait la publication de la méta-analyse suggérait que la dronédarone soit comparée dans des essais randomisés à la flécaïnide, au sotalol ou à la propafénone [5].

Le comité d'évaluation du NICE n'a pas modifié ses premières conclusions sur le fond [6] : la dronédarone n'est pas aussi efficace que les autres anti-arythmiques en prévention des rechutes de fibrillation auriculaire. Cependant, le NICE a inversé sa recommandation préliminaire de ne pas recommander la dronédarone dans le traitement de la de fibrillation auriculaire, ce qui est inhabituel et semble avoir été motivé par la virulente campagne menée par 191 cliniciens et des groupes de patients (passant par l'intermédiaire d'une procédure d'enquête et de décision parlementaire). Le NICE a ainsi accepté de prendre en compte les données selon lesquelles la dronédarone n'a pas conduit à une augmentation du risque de mortalité, contrairement aux anti-arythmiques avec lesquels il a été comparé. Il a aussi accepté de prendre en compte le fait que la dronédarone est une alternative possible lorsque les anti-arythmiques (et surtout l'amiodarone) entraînent sur le long terme une altération de la qualité de la vie. Mais une telle décision ouvre de fait la porte à toutes sortes de controverses, surtout au moment où la FDA lance son avis d'alerte sur le médicament.

L'alerte de la FDA

La FDA a reçu plusieurs rapports de cas d'atteintes hépatiques avec lésions hépatocellulaires et insuffisance hépatique chez des patients traités par dronédarone. Parmi ceux-ci, deux cas d'insuffisance hépatique aiguë ont nécessité une transplantation. Ces cas ont fait l'objet de signalements volontaires au sein d'une population traitée dont la taille est inconnue. Il n'est donc pas encore possible d'estimer avec fiabilité leur fréquence ou d'établir une relation de causalité avec l'exposition au médicament.

Les deux cas d'insuffisance hépatique aiguë nécessitant une transplantation sont survenus chez deux femmes, âgées de 70 ans environ. Ces deux femmes avaient eu auparavant un dosage des enzymes hépatiques normal.

La première patiente avait une fibrillation auriculaire intermittente, une hypertension artérielle et une maladie coronarienne stable. Elle a été traitée par dronédarone pendant 4,5 mois. Deux semaines avant son hospitalisation, elle a signalé une fatigue et un épuisement croissants. Une semaine avant son admission, elle a interrompu la dronédarone. À son admission, elle avait un ictère, une coagulopathie, une élévation des transaminases et une hyperbilirubinémie. Une encéphalopathie hépatique s'est développée les 9 jours suivants. Un bilan pré-greffe n'a pas mis en évidence d'autre étiologie de l'insuffisance hépatique.

La seconde patiente avait des antécédents médicaux de fibrillation auriculaire paroxystique et un syndrome de Sjögren. Après 6 mois de traitement par dronédarone, elle a développé des symptômes analogues à ceux de la première patiente. Elle a été transplantée un mois plus tard. Aucune autre cause d'insuffisance hépatique n'a été identifiée.

Dans les deux cas, l'examen anatomopathologique montrait une nécrose hépatocellulaire étendue.

La FDA ajoute à l'information sur la dronédarone le risque potentiel d'atteinte hépatique au chapitre des mises en garde, précautions d'emploi et effets indésirables. L'agence continue à analyser les rapports d'effets secondaires possibles et interactions médicamenteuses avec la dronaderone qui ont été soumis à son Adverse Event Reporting System.

Conseils de la FDA aux professionnels de santé*

•Avertir les patients de consulter immédiatement en cas d'apparition d'anorexie, de nausées ou vomissements, fièvre, fatigue, douleurs abdominales dans le quadrant supérieur droit, ictère, prurit ou urines foncées.

•Vérifier les enzymes hépatiques (SGOT, SGPT et phosphatases alcalines) et la bilirubine, bien que l'on ne sache pas si leur surveillance périodique permet d'éviter la survenue d'une insuffisance hépatique grave.

•Arrêter immédiatement la dronédarone et assurer les soins nécessaires en cas d'apparition des troubles signalés ci-dessus.

•Ne pas recommencer le traitement par dronédarone chez des patients qui auraient présenté les symptômes ci-dessus si aucune autre explication des troubles hépatiques n'est évidente.

•Signaler tous les cas d'événements indésirables.

* Le message d'alerte de la FDA comprend un volet équivalent destiné aux patients.

Conclusion

La firme Sanofi-Aventis a adressé aux professionnels de santé américains un courrier d'alerte les informant de ces deux cas. Il est probable que les professionnels de santé européens recevront prochainement, si ce n'est déjà le cas, un tel courrier. L'agence européenne EMA a également reçu ces informations mises à l'ordre du jour de son prochain Comittee for Medicinal Product for Human Use. Il est également probable que l'EMA modifiera comme la FDA les informations et précautions d'emploi sur le médicament. Il n'y a pas d'autres informations sur le site de la FDA que l'annonce de ces deux cas d'hépatites médicamenteuses gravissimes et l'agence ne modifie pas pour le moment les indications du médicament. Il ne s'agit donc pas (pas encore ?) d'une « affaire » comme il y en a tant d'autres. Mais c'est en tout cas un appel ou rappel à la prudence des prescripteurs.

Pour ce médicament comme pour tous les autres, l'enchaînement d'événements et les questions fondamentales restent les mêmes :

­ Quelle est la pertinence clinique des effets bénéfiques annoncés pour ce médicament ?

­ Quel en est le rapport bénéfice/risque ?

­ Que se passe-t-il dans la « vraie vie » ? Il est compréhensible que passer de 6 771 patients d'essais randomisés à court terme à plusieurs centaines de milliers sur le long terme peut montrer quelques effets inattendus...

Références

  1. Perez L, Bouhanick B, Amar J, Chamontin B. Dronédarone. Une alternative à l'amiodarone dans la fibrillation auriculaire ? Médecine. 2010;6:351-5.
  2. Food and Drug Administration. FDA drug safety communication: severe injury associated with the use of dronedarone (marketed as Multaq). January 14, 2011.
  3. National Institute for Clinical Excellence. New draft NICE guidance recommends limited use of dronedarone for atrial fibrillation. March 30, 2010.
  4. Singh D, Cingolani E, Diamond GA, Kaul S. Dronedarone for atrial fibrillation. Have we expanded the antiarrhythmic armamentarium? J Am Coll Cardiol. 2010;55:1569-76.
  5. Torp-Pedersen C, Pedersen OD, Køber L. Antiarrhythmic drugs. Safety first. J Am Coll Cardiol. 2010;55:1577-9.
  6. National Institute for Clinical Excellence. Atrial fibrillation-dronedarone: Appraisal consultation document 2.

    Notes :

    1. NDLR. Il semble cependant se développer une telle démarche en faveur de l'utilisation des anticholinestérasiques dans la maladie d'Alzheimer, sous des pressions analogues...
    2. Au moment de la mise sous presse de cet article, cet envoi est annoncé comme en cours.


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]