ARTICLE
Mécanisme d'action
L'ivabradine est le seul représentant des inhibiteurs sélectifs et spécifiques
du courant pacemaker If qui contrôle la dépolarisation diastolique spontanée du
noeud sinusal (figures 1 et 2).
Ses effets cardiaques sont spécifiques du noeud sinusal, sans modification des
temps de conduction intra-auriculaire, auriculo-ventriculaire, intra-ventriculaire
ni sur la repolarisation ventriculaire. Elle n'influence pas la contractilité
myocardique ni le niveau de pression artérielle. Son effet anti-ischémique repose
uniquement sur son action chronotrope négative :
baisse des besoins en oxygène par la diminution de la fréquence cardiaque
;
augmentation des apports en oxygène par l'allongement de la diastole
durant laquelle se fait la perfusion coronarienne.
Résultats des principaux essais cliniques
Données d'efficacité
L'efficacité anti-angineuse et anti-ischémique de l'ivabradine a été analysée
dans quatre études randomisées en double aveugle : deux versus placebo,
une versus aténolol [3] et une versus amlodipine [4]. Les patients
inclus avaient en moyenne 60 ans, 85 % étaient des hommes, 60 % bénéficiaient
d'un traitement antérieur par b-bloquants. Ces études avaient des caractéristiques
communes en termes de :
Critères d'inclusion : hommes et femmes de 18 à 75 ans avec un angor
d'effort stable depuis au moins 3 mois.
Critères de jugement : critères ergométriques sur bicyclette ou tapis
roulant comme le délai d'apparition d'un sous-décalage du segment ST d'au moins
1 mm, le délai d'apparition de l'angor limitant ou encore le temps d'apparition
de la douleur angineuse.
Durée des études : entre 2 semaines et 4 mois.
Ces études ont montré :
une efficacité anti-angineuse et anti-ischémique de l'ivabradine versus
placebo aux doses de 5 et surtout de 10 mg × 2/jour (Borer JS, Circulation,
2003) ;
une non-infériorité de l'ivabradine 7,5 et 10 mg × 2/jour versus
aténolol 100 mg/jour, sans différence statistiquement significative entre les
2 posologies d'ivabradine [3] ;
une non-infériorité de l'ivabradine 7,5 et 10 mg × 2/jour versus
amlodipine 10 mg/jour, sans différence statistiquement significative entre les
2 posologies d'ivabradine [4] ;
l'absence de bénéfice supplémentaire de l'ivabradine 5 ou 7,5 mg × 2/jour
chez des patients déjà traités par amlodipine seule 10 mg/jour ;
une tolérance satisfaisante de l'ivabradine.
Aucune étude comparative n'est disponible avec les inhibiteurs calciques bradycardisants
(diltiazem ou vérapamil). Aucune étude n'a inclus spécifiquement des patients
contre-indiqués ou intolérants aux b-bloquants.
Au vu de ces études, l'ivabradine est un traitement symptomatique et préventif
des crises angineuses. Or des alternatives thérapeutiques existent comme
les b-bloquants ou les inhibiteurs calciques, avec un plus fort niveau de preuve.
La commission de transparence de 2006 a donc conclu à une ASMR de niveau III.
La population cible de l'ivabradine a été évaluée entre 26 000 et 60 000 patients.
Il s'agit de coronariens avec un angor chronique stable, en rythme sinusal,
contre-indiqués ou intolérants aux b-bloquants et ayant une fraction d'éjection
ventriculaire (FEV) < 45 % asymptomatique contre-indiquant l'emploi des inhibiteurs
calciques bradycardisants [5]. La commission de transparence souhaitait cependant
être tenue informée des résultats des études de morbi-mortalité en cours.
Études de morbi-mortalité
L'étude BEAUTIFUL [1] s'est intéressée aux patients coronariens, insuffisants
cardiaques stables depuis au moins 3 mois. Cette étude de supériorité, versus
placebo, a évalué l'intérêt de rajouter au traitement de référence de l'insuffisance
cardiaque, de l'ivabradine, sur la réduction de la mortalité cardiovasculaire,
des hospitalisations pour infarctus du myocarde (IDM) ou pour insuffisance cardiaque
(critère primaire composite). Elle a inclus 10 917 patients avec un suivi médian
de 2 ans. Ils étaient âgés en moyenne de 65 ans, 83 % étaient des hommes, plus
d'1/3 étaient diabétiques, 88 % avaient un antécédent d'IDM. La fraction d'éjection
ventriculaire moyenne était de 32 %, 58 % étaient en NYHA II et 27 % en NYHA III.
87 % recevaient un b-bloquant, 90 % un bloqueur du système rénine-angiotensine,
29 % un anti-aldostérone. La posologie moyenne de l'ivabradine était de 6,18 mg
× 2/jour.
L'étude est négative sur le critère principal.
Une étude en sous-groupe préalablement spécifiée s'est intéressée
aux patients dont la fréquence cardiaque était supérieure à 70 battements/mn
à l'inclusion. Dans ce sous-groupe, il a été montré une réduction significative
pour 2 critères secondaires : hospitalisations pour IDM fatals ou
non (RR = 0,64 ; 0,49-0,84 ; p = 0,001) et revascularisations coronariennes
(RR = 0,70 ; 0,52-0,93 ; p = 0,016). Cette étude ne permet donc pas de conclure
sur l'intérêt de l'ivabradine dans la réduction de la morbi-mortalité cardiovasculaire
dans ce type de population. Le profil de tolérance de l'ivabradine dans l'insuffisance
cardiaque systolique stabilisée et en association aux b-bloquants a été satisfaisant.
SHIFT [2] est aussi une étude de supériorité versus placebo,
menée chez l'insuffisant cardiaque stable depuis au moins 1 mois, hospitalisé
pour décompensation cardiaque dans l'année précédente. Il s'agissait une nouvelle
fois d'évaluer l'intérêt de rajouter au traitement de référence de l'insuffisance
cardiaque de l'ivabradine, sur la réduction de la mortalité cardiovasculaire
et des hospitalisations pour insuffisance cardiaque (critère primaire composite).
Elle a inclus 6 558 patients insuffisants cardiaques « tout venants » avec un
suivi médian de 2 ans. Ils étaient âgés en moyenne de 60 ans, 76 % étaient des
hommes. Dans 68 % des cas, l'insuffisance cardiaque était d'origine ischémique
(cardiopathies congénitales et valvulaires exclues). La fraction d'éjection
ventriculaire moyenne était de 29 %, 49 % étaient en NYHA II et 50 % en NYHA
III. 89 % recevaient un b-bloquant, 79 % un IEC, 14 % un ARA2, 61 % un anti-aldostérone.
La posologie moyenne de l'ivabradine était de 6,5 mg × 2/jour.
L'étude est positive sur le critère principal (RR = 0,82 ; 0,75
0,90 ; p < 0,0001) mais ce résultat ne repose que sur la réduction des
premières hospitalisations pour insuffisance cardiaque (RR = 0,74 ; 0,66-0,83],
p < 0,0001).
Une étude en sous-groupe montre que les patients avec une fréquence
cardiaque 6 77 bpm à l'inclusion tirent un meilleur bénéfice de l'ivabradine.
Il y a eu significativement plus d'effets secondaires dans le groupe placebo
que dans le groupe ivabradine (3 847 versus 3 388, p = 0,025).
Une étude ancillaire de SHIFT [6] a subdivisé en quintiles la fréquence
cardiaque à l'inclusion pour le groupe placebo et à J28 pour le groupe ivabradine.
L'analyse a porté sur le même critère primaire (réduction de la mortalité cardiovasculaire
et des hospitalisations pour insuffisance cardiaque) en fonction de chaque quintile
de fréquence cardiaque. Dans le groupe placebo, les 682 patients du quintile
le plus élevé (6 87 bpm) ont deux fois plus de risque de présenter le critère
primaire par rapport aux 461 patients dont le rythme est compris entre 70 et
72 bpm (RR = 2,34 ; 1,84-2,98 ; p < 0,0001). Dans le groupe ivabradine, le risque
relatif est d'autant plus faible que la fréquence cardiaque à J28 est basse.
Les patients dont la fréquence cardiaque à l'inclusion est la plus élevée tirent
le meilleur bénéfice de l'ivabradine, parallèlement à une réduction plus importante
de la fréquence cardiaque. Après ajustement pour la baisse de la fréquence cardiaque,
l'effet de l'ivabradine n'est plus significatif (RR = 0,95 ; 0,85-1,06 ; p =
0,352), ce qui sous-entend que le bénéfice clinique du traitement est lié à
la réduction de la fréquence cardiaque.
Ces nouvelles données ouvrent des perspectives cliniques qui seront discutées
dans le paragraphe suivant, dans l'attente de recommandations officielles.
Une autre donnée d'ordre physiopathologique semble se confirmer : la fréquence
cardiaque est un facteur de risque dans l'insuffisance cardiaque.
Place actuelle de l'ivabradine et perspectives
Indications actuelles
À ce jour, l'ivabradine est indiquée dans le traitement symptomatique de l'angor
chronique stable chez le patient coronarien en rythme sinusal :
en cas d'intolérance ou de contre-indication aux b-bloquants
(indication remboursée à 65 %) ;
ou en association aux b-bloquants chez des patients insuffisamment
contrôlés par une dose optimale de b-bloquants et dont la fréquence cardiaque
reste supérieure à 60 bpm (indication non remboursée).
Perspectives de développement
D'après les résultats de l'étude SHIFT [2], l'ivabradine diminue les hospitalisations
pour insuffisance cardiaque dans l'insuffisance cardiaque systolique stable.
Son efficacité semble directement liée à son effet chronotrope négatif. Son association
avec les autres traitements de l'insuffisance cardiaque, dont les b-bloquants,
n'a pas posé de problème particulier. Aussi, l'ivabradine pourrait apparaître
dans les prochaines recommandations de prise en charge de l'insuffisance cardiaque.
Son bénéfice étant directement proportionnel à l'amplitude de réduction de la
fréquence cardiaque, elle sera d'autant plus efficace que les patients sont tachycardes
stables. La tachycardie de l'insuffisant cardiaque est un marqueur de morbi-mortalité
[8]. L'ivabradine pourrait alors être indiquée pour les stades NYHA II et III,
sous réserve d'une évaluation positive des autorités de santé.
Prescription et surveillance
L'action chronotrope négative de l'ivabradine est dose-dépendante, sans effet-rebond
à l'arrêt du traitement contrairement aux b-bloquants. Il n'a pas été observé
d'échappement thérapeutique lors de l'utilisation prolongée d'ivabradine.
La réduction de la fréquence cardiaque est proportionnelle à la fréquence cardiaque
de départ. Elle est d'environ 10 à 15 bpm au repos et à l'effort.
La posologie initiale recommandée est de 5 mg × 2/jour. Après 3 à 4 semaines
de traitement, la posologie peut être augmentée à 7,5 mg × 2/jour, en fonction
de la réponse thérapeutique. Si durant le traitement la fréquence cardiaque
de repos descend de façon persistante en dessous de 50 bpm ou si le patient
présente des symptômes liés à la bradycardie (sensations vertigineuses, fatigue,
hypotension...), la dose doit être diminuée et une posologie de 2,5 mg × 2/jour
peut être envisagée. Le traitement doit être interrompu si la fréquence cardiaque
reste inférieure à 50 bpm ou si les symptômes liés à la bradycardie persistent.
Chez les plus de 75 ans, une posologie initiale plus faible doit être mise
en place (2,5 mg × 2/jour) avant de l'augmenter si nécessaire.
Aucune adaptation de posologie n'est nécessaire pour une clairance de créatinine
supérieure à 15 mL/min.
Les comprimés sont administrés en deux prises quotidiennes, le matin et le
soir, au cours des repas pour limiter la variabilité intra-individuelle.
Principales contre-indications
Fréquence cardiaque de repos < à 60 bpm avant le traitement.
Instabilité hémodynamique, infarctus aigu du myocarde, angor instable.
Insuffisance hépatique sévère.
Maladie du sinus, bloc sino-auriculaire, bloc auriculo-ventriculaire
du 3e degré.
L'ivabradine est exclusivement métabolisée par le CYP3A4. Elle ne doit
pas être prescrite avec des inhibiteurs puissants de ce cytochrome P450 au risque
de majorer la bradycardie : antifongiques azolés (kétoconazole, itraconazole),
antibiotiques de la famille des macrolides (clarithromycine, érythromycine,
josamycine, télithromycine), inhibiteurs de protéases (nelfinavir, ritonavir),
jus de pamplemousse...
Femme enceinte : des effets tératogènes ont été mis en évidence lors
d'études précliniques.
Femme allaitante : l'ivabradine est excrété dans le lait maternel.
Précautions d'emploi
L'utilisation concomitante d'ivabradine et d'inhibiteurs calciques bradycardisants
(diltiazem ou vérapamil) n'est pas recommandée.
La prescription d'ivabradine doit être évitée en cas de QT long congénital
ou chez des patients déjà traités par des médicaments allongeant l'intervalle
QT.
Dans des études de phase III, l'association d'ivabradine avec d'autres classes
thérapeutiques n'a pas donné lieu à des problèmes de sécurité d'emploi : IEC,
ARA2, diurétiques, dérivés nitrés, statines, fibrates, IPP, antidiabétiques
oraux, antiagrégants plaquettaires.
Surveillance
Il est important de surveiller la fréquence cardiaque d'un patient sous ivabradine,
avec un objectif cible au repos < 60 bmp mais > 50 bpm, en l'absence de symptomatologie
suspecte.
Principaux effets indésirables
Les effets indésirables les plus fréquents (6 1/100, < 1/10) sont dose-dépendants
et liés à l'effet pharmacologique du produit :
Cardiaques : bradycardie (3,3 % des patients surtout les 2-3
premiers mois, 0,5 % des patients ont présenté une bradycardie sévère ^ 40 bpm),
BAV du 1er degré, extrasystoles ventriculaires. Cela nécessite d'adapter
la posologie en fonction de la réponse clinique.
Oculaires : l'ivabradine peut interagir avec le courant rétinien Ih
qui s'apparente au courant cardiaque If. Cela se traduit par des phosphènes,
habituellement provoqués par de brusques variations de l'intensité lumineuse.
Ils apparaissent en général dans les 2 premiers mois de traitement puis disparaissent
le plus souvent spontanément ou à l'arrêt du traitement. Ils sont rapportés
par 14,5 % des patients. Moins de 1 % ont dû interrompre le traitement. Il faut
être vigilant en cas de conduite nocturne. Le recul est encore limité et
les effets ophtalmologiques à long terme ne sont pas connus.
Plan de gestion de risque
Le plan de gestion de risque de l'ivabradine [9] comprend plusieurs études de
sécurité d'emploi, en plus de la pharmacovigilance classique :
une étude de suivi à long terme : extension à 7 ans de plusieurs études
du plan de développement clinique ;
une étude de sécurité visant à documenter l'absence de toxicité rétinienne
à 3 ans ;
une enquête européenne de prescription dans la pratique courante, notamment
en France.
2 études de sécurité cardiaque chez des populations à haut risque. Il
s'agit des études BEAUTIFUL [1] et SHIFT [2] présentées ci-dessus.
Références
- Fox K, Ford I, Steg PG, Tendera M, Ferrari R ; BEAUTIFUL Investigators.
Ivabradine for patients with stable coronary artery disease and left-ventricular
systolic dysfunction (BEAUTIFUL): a randomised, double-blind, placebo-controlled
trial. Lancet. 2008;372(9641):807-16.
- Swedberg K, Komajda M, Böhm M, Borer JS, Ford I, Dubost-Brama A, Lerebours
G, Tavazzi L ; SHIFT Investigators. Ivabradine and outcomes in chronic heart
failure (SHIFT): a randomised placebo-controlled study. Lancet. 2010;376(9744):875-85.
- Tardif JC, Ford I, Tendera M, Bourassa MG, Fox K ; INITIATIVE Investigators.
Efficacy of ivabradine, a new selective I(f) inhibitor, compared with atenolol
in patients with chronic stable angina. Eur Heart J. 2005;26(23):2529-36.
- Ruzyllo W, Tendera M, Ford I, Fox KM. Antianginal efficacy and safety of
ivabradine compared with amlodipine in patients with stable effort angina
pectoris: a 3-month randomised, double-blind, multicentre, noninferiority
trial. Drugs. 2007;67(3):393-405.
- Commission de la Transparence Avis du 29 Novembre 2006. www.has-sante.fr
- Böhm M, Swedberg K, Komajda M, Borer JS, Ford I, Dubost-Brama A, Lerebours
G, Tavazzi L ; SHIFT Investigators. Heart rate as a risk factor in chronic
heart failure (SHIFT) : the association between heart rate and outcomes in
a randomised placebo-controlled trial. Lancet. 2010 Sep 11;376(9744):886-94.
- HAS. Fiche de bon usage de l'ivabradine Juillet 2007. www.has-sante.fr
- Pocock SJ, Wang D, Pfeffer MA, Yusuf S, McMurray JJ, Swedberg KB, Ostergren
J, Michelson EL, Pieper KS, Granger CB. Predictors of mortality and morbidity
in patients with chronic heart failure. Eur Heart J. 2006;27(1):65-75.
- AFSSAPS. Plan de gestion de risque de l'ivabradine. www.afssaps.fr
Conflits d'intérêts : LP a reçu des honoraires du laboratoire
Servier sans rapport avec le sujet traité. JA a reçu des honoraires pour des
conférences et sa participation à des congrès a été prise en charge. BC est
intervenu dans une conférence organisée par Servier Médical sans rémunération.
BB a reçu un soutien logistique pour assister à un congrès Servier.
NDLR. Nous ne publions pas dans ce numéro de nouveau tableau d'évaluation
de l'ivabradine, tel que nous le proposions dans le numéro de septembre
2007 à la fin de l'article de P. Le Corvoisier et O. Montagne (L'ivabradine,
inhibiteur du courant If. Une nouvelle classe d'anti-angineux, pour quels
patients ? Médecine. 2007;3:298-301).
Les remarques faites dans ce tableau restent d'actualité. La place de
l'ivabradine dans l'insuffisance cardiaque systolique stable est une perspective
nouvelle dont l'avenir seul dira l'intérêt (cf. la lecture critique de
l'étude SHIFT par Patrick Nony, utilisant les 8 questions développées
précédemment entre mars 2007 et janvier 2008, dans ce même numéro de Médecine,
p. 443). |
En résumé : l'ivabradine en 2010 |
L'ivabradine est le seul représentant des inhibiteurs sélectifs et
spécifiques du courant pacemaker If. Son effet est purement chronotrope
négatif.
Suite à des études cliniques d'efficacité anti-angineuse sur des paramètres
ergométriques, il est indiqué en deuxième intention comme traitement
symptomatique de l'angor chronique stable chez le patient coronarien
en rythme sinusal, intolérant ou contre-indiqué aux b-bloquants
(indication remboursée à 65 %), ou en association aux bêtabloquants
si la fréquence cardiaque reste supérieure à 60 bpm malgré une dose
optimale de bêtabloquants (indication non remboursée).
L'étude SHIFT publiée en 2010 [2] montre que l'ivabradine diminue les
hospitalisations pour insuffisance cardiaque dans l'insuffisance cardiaque
systolique stable. Il est donc possible que l'ivabradine rentre
dans l'arsenal thérapeutique de l'insuffisance cardiaque pour un stade
NYHA à définir (II ? III ?), sous réserve d'une évaluation positive des
autorités de santé. D'ici là, le rôle de la pharmacovigilance reste essentiel. |
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