ARTICLE
La complexité de l'exercice de la médecine générale implique la nécessité d'une
recherche fréquente d'informations. Internet représente une solution puissante
et d'avenir à ce problème. Nous avons postulé que :
une recherche remise au lendemain est une recherche souvent compromise ;
une stratégie de recherche programmée facilite le recueil d'information
;
l'information disponible en temps réel représente un bénéfice pour le
patient.
Nous avons donc envisagé ce problème sous l'angle des sites consultables en
temps réel par le praticien. Ils constituent une partie seulement des possibilités
offertes par internet, mais une partie utile et peu explorée.
Méthode
3 « pistes »
Enquête par voie électronique auprès de confrères du réseau UnaformeC régional Test
personnel des sites non connus et éventuellement utiles.
Le site de l'Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention
des accidents du travail et des maladies professionnelles est apparu utile au
cours de l'atelier présentant ce travail. Il a donc été retenu dans la sélection
présentée.
Critères de sélection
La sélection des sites est nécessairement subjective. Elle doit relever d'une
démarche personnelle afin qu'elle puisse correspondre à ses besoins propres. Nous
avons opéré une sélection selon les critères suivants :
| Sites non retenus |
Justification |
| Sites grand public |
Manque de rigueur scientifique |
| Sites rédigés en anglais |
Difficulté linguistique possible |
| Sites payants |
Difficultés à les tester en raison du prix |
Sites avec conflits d'intérêts |
|
| Portails existants |
Personnalisation impossible |
L'ensemble de ces critères d'exclusion prête à discussion. Des références
aussi prestigieuses que up to date, collaboration cochrane, healthworld
on line, Prescrire, Vidal, EBM journal ne sont pas retenues. Un site
(ADM : aide à la décision médicale) s'inscrivant dans le cadre de l'université
virtuelle francophone (UVMF) et géré par le CHU de Rennes a été éliminé alors
que son principe même, donné par son nom, l'imposait. Nous attendrons une amélioration
de son ergonomie. Signalons enfin que la validité scientifique des sites, évaluable
par des grilles telles que le netscoring [1], n'a pas été testée de manière
explicite.
Résultats
Moteur de recherche : Google
± Google scholar : Google scholar permet d'éliminer une partie du bruit de fond
que l'on retrouve sur Google.
Portail : CISMeF
L'utilisation de ce catalogue nécessite un apprentissage. Nous conseillons au
lecteur d'éviter le mode de recherche « simple » ou « avancée ». Les modes d'entrée
performants sont « terminologie », en l'absence de mot-clé clairement identifié,
ou « recommandation » qui permet l'accès à l'ensemble des recommandations francophones,
y compris celles de la HAS. Nous ne retiendrons pas pour cette raison le site
de la HAS comme favori. À noter qu'en passant par le critère de recherche « terminologie
», il est possible d'accéder automatiquement à PubMed. Cette démarche ne relève
pas d'une consultation en temps réel, mais représente un outil puissant pour prolonger
les recherches si nécessaire.
Sites nationaux
Orphanet : pour ce qui concerne les maladies orphelines.
CRAT : référence pour la tératogenèse.
voyageurs.gouv : le site du ministère des Affaires étrangères pour les
voyageurs. Une alternative appréciée est l'institut Pasteur de Lille.
INRS : Institut national de recherche et de sécurité, pour tout ce qui
concerne les maladies professionnelles.
INVS : Institut de veille sanitaire pour les maladies à déclaration
obligatoire. Son BEH reprenant le calendrier vaccinal est un indispensable.
Sites régionaux
CHU et/ou CHR
Centre anti-poison
Centre de pharmacovigilance
AMELI/CPAM : le « webmédecin » se développe et sera un incontournable
de notre vie professionnelle.
Pages jaunes
Selon besoins locaux.
Liste de diffusion
Nous pouvons signaler l'utilité de s'inscrire aux listes de diffusion des organismes
suivants :
DGS : pour les alertes sanitaires
HAS (± Minerva) : pour les nouveautés en terme de recommandation
AMELI : pour les lettres d'information
Votre syndicat
Votre association de FMC...
Les sites retenus selon nos critères de sélection
|
http://www.orpha.net/consor/cgi-bin/home.php?lng=FR
http://www.lecrat.org/sommaireFR.php3
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs_909/index.html
http://www.inrs.fr/htm/tableaux_des_maladies_professionnelles.html
http://www.invs.sante.fr/surveillance/mdo/dispositif.htm
http://www.centres-antipoison.net/
http://www.centres-pharmacovigilance.net/
http://www.ameli.fr/
https://dgs-urgent.sante.gouv.fr/pow/idcplg?IdcService=SS_GET_PAGE&nodeId=660
http://www.has-sante.fr/portail/jcms/sd_668980/toutes-nos-publications-ligne-principale?portal=c_6737
http://www.minerva-ebm.be/fr/home.asp |
Discussion
Un nombre important de portails « clé en main » a été cité lors de l'enquête (HON,
esculape, entremed, egora, univadis, etc.). La justification de ces portails rejoint,
mais en partie seulement, la nôtre. Il s'agit de mettre à disposition du médecin
un certain nombre de liens reconnus comme utiles. Mais même si nous excluons l'aspect
« en temps réel » de notre démarche, nous n'avons tout de même pas retenu cette
manière de faire. En effet :
certains portails ne sont pas exempts d'arrière-pensées commerciales
;
l'ergonomie de ces portails nécessite un apprentissage pour leur utilisation.
Ce temps d'apprentissage à un outil « tout fait » peut être remplacé par un
temps de réflexion sur l'utilité de tel site ou tel lien ;
l'aspect personnalisation de ces portails est impossible. Les liens
régionaux sont donc exclus.
Nous pensons qu'une approche « proactive » est souhaitable.
L'élimination a priori de sites anglophones, même si elle peut se justifier,
nous prive de sources d'informations importantes. Il en est de même pour certains
sites payants : cet abonnement peut même être un contre-argument en ce qu'il
indique une probable indépendance de l'organisme en question.
Il reste donc un nombre important de structures ou agences publiques, gouvernementales.
Ce détail ne nous a pas échappé. S'il préserve des intérêts commerciaux, cela
peut représenter aussi un certain danger pour des situations particulières.
Conclusion
Cette proposition est une base de travail que chacun peut exploiter à sa guise.
Elle ne vaut que pour l'auteur, à cette date et ne demande qu'à être améliorée
dans le futur.
Son extension à des sites anglophones et/ou payants peut être une étape d'amélioration
importante. Cette approche pragmatique d'une partie de la problématique de la
recherche d'information sur internet répond partiellement à la problématique
plus vaste que représente le développement professionnel continu du médecin
(DPC)
Conflits d'intérêts : aucun
Références
- Netscoring de centrale Paris sur http://www.chu-rouen.fr/netscoring/
- Labrecque M. Se tenir à jour et répondre à ses questions cliniques grâce
à Internet. La lettre du DPC. 2009;18(6):2-4. Sur http://www.cemcq.qc.ca/fr/documents/LettreDPCvol18no2.pdf
Notes :
- Ce travail a été présenté et exploité en atelier lors des Journées Nationales
de Médecine Générale 2009.
- 7 des 13 médecins contactés ont répondu : Hubert Conrad, Jean Formery, Philippe
Hild, Jean-Martin Meyer, Serge Moser, Xavier Pagnon et Jean Tsoukas. Qu'ils
soient remerciés.
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