ARTICLE
Test de lecture : au libre usage du lecteur
Les conditions de naissance de Médecine en 2005, en réponse à l'appel du
FOPIM nous nous en sommes expliqués à plusieurs reprises nous situaient, par
définition, parmi les revues totalement indépendantes de l'industrie des produits
de santé. Dans ce cadre, et conformément au projet déposé auprès de la DGS, le
test de lecture était l'un de nos engagements. Nous l'avons conçu comme une simple
incitation à la relecture d'articles du numéro précédent qui auraient pu prêter
à confusion ou à oubli, même seulement un mois après. Il nous paraissait ainsi
intéressant de permettre au lecteur de revenir sur quelques points précis pouvant
poser question.
Cependant, il restait à l'entière et libre disposition du lecteur. Aucune «
correction » ou même simple recueil n'étaient envisagés, en tout cas tant que
les règles du dispositif envisagé pour la FMC ne définissaient pas clairement
ce qu'il en était de l'abonnement à des revues médicales et la validation de
quelconques « crédits » par la réalisation d'un test de lecture. Nous avons
d'ailleurs exprimé en diverses occasions notre scepticisme sur l'intérêt de
ce type d'indicateur purement quantitatif quant à l'objectif visé : la qualité
de soins. Nous ne pouvons sur ce point raisonner qu'en termes réglementaires
ou docimologiques.
Test de lecture : au service de la formation initiale ?
Le changement que nous proposons avec le test de lecture de ce numéro ne concerne,
dans cette optique, que les étudiants du 3e cycle de médecine générale,
nos futurs confrères. De nombreux enseignants généralistes de ce 3e
cycle nous ont fait remarquer que la lecture d'une revue spécifiquement orientée
soins primaires et répondant à nos critères, notamment ceux d'une médecine factuelle
et totalement indépendante de l'industrie des produits de santé, pouvait être
considérée comme participant de facto à l'enseignement théorique du 3e
cycle.
Nous proposons donc aux étudiants abonnés à Médecine qui le souhaitent
de :
1. faire le test lors de chaque numéro (rappelons qu'il porte sur
le numéro précédent) : opération simple, puisqu'il s'agit de cocher la ou les
affirmations exactes, s'il y en a, éventuellement en se reportant au numéro
précédent, c'est toujours le but !
2. adresser le test rempli à l'adresse :
Revue Médecine, éditions John Libbey Eurotext,
127, Avenue de la République
92120 Montrouge
3. sans oublier de l'identifier avec précision (et lisibilité...
: nom, adresse, département concerné) : il ne s'agit plus là d'une simple relecture
de la revue précédente, mais de l'accréditation d'une démarche personnelle.
À la fin de l'année universitaire, nous adresserons aux lecteurs concernés
sous réserve bien entendu d'un taux de réussite suffisant une attestation
de participation destinée à leur Département Universitaire de Médecine Générale.
Il appartient évidemment à ces Départements de fixer le nombre d'heures-équivalence
enseignement qu'ils souhaitent attribuer le cas échéant à cette lecture attentive
1.
La Rédaction de Médecine
Note : À titre d'exemple, Le test de lecture de Médecine valide
18 heures complémentaires au même titre que le test de lecture de Prescrire
au Département d'Enseignement et Recherche en Médecine Générale de la Faculté
Pierre-et-Marie-Curie, site St-Antoine, à Paris.
Ce test de lecture de la revue porte sur le contenu
du numéro 7 de septembre 2009. Aucune question-piège, sauf ambiguïté bien involontaire
de notre part.
Dans ces 7 items, cochez la ou les affirmation(s) exacte(s) s'il y
en a !
1
A « L'analyse critique » d'un article scientifique a pour but de situer le
travail publié sur l'échelle implicite de la validité, donc de lui attribuer
un « niveau de preuve » qui situe sa contribution à la connaissance.
B La « lecture critique » procède d'une autre démarche, utilitaire, qui a pour
but de répondre à la simple question : dois-je inclure ce traitement (ou autre)
dans mes « outils de travail » ?
2
A La reprise d'une activité physique soutenue après 50 ans est à conseiller
chez tous les quinquagénaires, surtout s'ils sont sédentaires.
B La France fait partie des pays d'Europe où la prescription des médicaments
de la maladie d'Alzheimer est la moins fréquente.
C Dans une étude récente du centre Cochrane Danois, le sur-diagnostic dû au
dépistage programmé du cancer du sein (c'est-à-dire la détection de cancers
qui n'auraient jamais entraîné de symptômes ou de décès) est évalué à environ
1 cas sur 2.
D Il n'existe pas de preuves scientifiques suffisantes pour affirmer que l'abaissement
de la pression artérielle au dessous des valeurs de 140-160 pour la systolique
et 90-100 pour la diastolique réduit la morbimortalité liée à l'hypertension
artérielle.
3
A Une consommation insuffisante (< 250 mg/j) de vitamine C est associée à un
risque supplémentaire de crises de goutte chez les sujets sans antécédents dans
ce domaine.
B L'acide oxalique est l'un des métabolites de la vitamine C, dont une consommation
excessive (> 1 g/j) peut être responsable de lithiase chez des patients ayant
une maladie rénale pré-existante.
C L'acide valproïque est l'un des antiépileptiques recommandés en première
intention chez la femme en âge de procréer.
D Il a été constaté un effet paradoxal des mucolytiques sur l'encombrement
bronchique de nourrissons de moins d'un an et surtout de moins de 6 mois.
E La L-Dopa et les agonistes dopaminergiques peuvent être responsables de troubles
du comportement tels que jeu pathologique, achats compulsifs, hypersexualité,
etc., chez les patients atteints de maladie de Parkinson.
4
A Des apports élevés d'antioxydants (b-carotène) sont associés dans certaines
études observationnelles à une augmentation du taux de cancer du poumon chez
les fumeurs.
B En revanche, les doses dites « nutritionnelles » ont été associées dans la
population générale à une réduction de 31 % du risque de cancers, toutes localisations
confondues, et de 37 % du risque de décès chez les hommes.
C L'incidence de la cataracte est habituellement inversement associée aux apports
alimentaires en vitamines et anti-oxydants, particulièrement les vitamines C
et E.
D Plusieurs études in vitro et in vivo ont montré l'efficacité du resvératrol,
anti-oxydant contenu dans le vin rouge, dans la protection contre le risque
cardiovasculaire ischémique, l'athérosclérose, les maladies cancéreuses, les
maladies dégénératives comme la maladie d'Alzheimer, le diabète, l'inflammation
et les infections.
E Il serait donc licite, dans l'alimentation courante, d'introduire une supplémentation
contrôlée en anti-oxydants, à la manière de celle envisagée dans l'étude Suvimax.
5
A L'information du patient est depuis la loi du 4 mars 2002 un « droit » du
patient, imposant de ce fait des « obligations » au médecin.
B Elle doit répondre à 3 questions essentielles pour le patient : en quoi cet
examen ou ce traitement lui sera-t-il utile, va-t-il améliorer ou altérer sa
qualité de vie, et quels en sont les risques ou inconvénients ?
C Le mode de présentation « statistique » de l'information n'est pas ce qui
préoccupe le patient et n'a que très peu d'influence sur ce qu'il comprend de
l'information.
D La « vérité statistique » médicale diffère de la « vérité individuelle »
du patient ou plus exactement de son désir de vérité qui varie en phase
de bonne santé ou de maladie, et selon l'évolution de la maladie.
E L'annonce d'une mauvaise nouvelle est une responsabilité du médecin traitant,
et l'énoncé « s'asseoir pour parler » en résume assez bien les conditions.
6
A Les différentes publications de l'essai UKPDS ont apporté progressivement
les données factuelles qui justifient la stratégie recommandée de viser un taux
d'hémoglobine glyquée inférieur à 7 %.
B Le protocole initial de l'étude permet de constater plus de 10 ans après
que les hypothèses énoncées dès le départ par les auteurs ont bien été vérifiées.
C Les analyses intermédiaires publiées jusqu'en 1987 ne montraient que l'absence
de différence significative entre les groupes.
7
A Les « savoirs profanes » en santé sont influencés plus par l'information
délivrée par les professionnels que par l'environnement familial et social des
patients.
B De ce fait, les comportements de promotion de la santé sont plus systématiquement
présents dans les milieux sociaux défavorisés, mais informés, conscients de
la fragilisation de leur état de santé par leur environnement.
C Les « comportements à risque » (relation sexuelles non protégées, tabagisme,
etc.) peuvent s'expliquer par le fait qu'ils sont parfois synonymes de « qualité
de vie », jugée alors plus importante que sa durée.
D Globalement, les situations semblant le plus échapper à la maîtrise individuelle
(par exemple les accidents de la route et les cancers du sein ou du poumon)
sont considérées comme les risques les plus importants.
E La coexistence de différentes logiques de perception du risque santé impose
de réfléchir la prévention plus en termes de probabilité objective qu'en termes
de culture.
Réponses exactes au test de lecture du numéro 7 (portant sur le numéro 6
de juin 2009, volume 5) :
1. A, C, D
2. B
3. A, B, C
4. A, B
5. A, B, C, D, E, F
6. A, B, D
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