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| Ces dossiers sont issus de textes publiés chaque semaine depuis
quelques années dans Bibliomed. Actualisés si nécessaire en fonction
des données les plus récentes, ils ne résultent pas d'une revue systématique
de la littérature, mais d'une veille documentaire en continu des principales
revues médicales publiant des études fondées sur les preuves, ou des recommandations
en résultant. Ils ont pour ambition de fournir au médecin généraliste une
actualisation des données sur les questions pertinentes pour leur pratique
retenues par le comité de rédaction. |
On peut rappeler qu'une étude publiée en 2006 dans le JAMA [2] montrait, à
partir des données de deux études épidémiologiques, la US Health and Retirement
Survey et la Health Survey for England, que la population d'âge moyen
(il s'agissait des 55-64 ans) était en meilleure santé en Grande Bretagne qu'aux
États-Unis pour un coût deux fois moindre, sur des critères de prévalence du
diabète, d'hypertension artérielle, de cardiopathies, d'infarctus du myocarde,
d'accidents vasculaires cérébraux, de cancers et de pathologies pulmonaires.
Les auteurs attribuent ce succès au moins en partie au fait que les britanniques
s'intéressent davantage à la prévention et que la facilité d'accès aux soins
favorise la prise en charge des patients à risque. Il faut tout de suite ajouter
que tout particulièrement dans ce domaine de la prévention, rien ne peut se
faire sans la participation du patient, acteur à part entière de sa santé future.
Le médecin est plus que jamais en position de compagnonnage et de conseil, ce
qui lui pose, comme à son patient, des problèmes de représentations et croyances,
mais aussi, très concrètement, de formation spécifique à laquelle l'enseignement
reçu en faculté ne l'a pas nécessairement préparé, d'organisation des soins,
de relation avec ces « patients » qui ne sont pas malades, et de rémunération...
Les questions auxquelles répond ce dossier ont fait l'objet de 3 publications
de Bibliomed : 485 du 6 décembre 207, 488 du 10 janvier 2008, 491 du 31 janvier
2008.
Quelles sont les attentes et les croyances des patients ?
Le concept de prévention occupe aujourd'hui une place centrale dans le « discours
» officiel, qu'il soit celui des décideurs politiques, de l'assurance maladie,
ou des associations de patients. Il renvoie chacun des « usagers de santé » à
ses propres responsabilités et choix en matière de mode de vie ou de comportements
lorsqu'ils interfèrent avec la santé, parfois à une démarche médicalisée lorsqu'il
s'agit de dépistages de maladies « silencieuses » ou à venir. Mais qu'attendent,
pensent, ou craignent nos patients dans ce domaine, au-delà des problèmes d'organisation
qui font l'objet de débats actuels dans tous les systèmes de soins ? Quelques
études ont tenté d'analyser cet aspect du problème [3-6].
USA : consultation de prévention annuelle
Sur 1 203 personnes interrogées sur l'intérêt d'un examen médical annuel, 63 %
l'estimaient nécessaire, mais 33 % seulement s'il devait être payé par le demandeur
[3]. Plus de 90 % pensaient que le médecin devait alors discuter des problèmes
d'alimentation, d'exercice physique, de tabac et d'alcool ; 90 % en attendaient
un examen clinique (coeur, poumons, réflexes, prostate), une prise de TA, moins
de 80 % un examen de la vue et de l'audition. Divers examens complémentaires étaient
demandés : frottis cervical (75 %), mammographie (71 %), PSA (65 %), cholestérol
(65 %), glycémie (41 %), analyse d'urines (40 %), recherche du sang occulte dans
les selles (39 %), radiographie thoracique (36 %). Les demandes concernant le
cholestérol et le PSA résistaient le mieux en cas de charge financière directe.
France : prévention au cas par cas
Selon une étude de l'INSEE [4], 84 % des Français se préoccupent de leur alimentation
qu'ils considèrent équilibrée (mais seulement 70 % des 18-24 ans et 60 % de ceux
qui sont en situation de précarité). 40 % déclarent exercer une activité « sportive
» régulière, les autres s'abstenant par manque de temps (40 %), d'envie (37 %)
ou de santé (23 %). Les trois dépistages du cancer sont plus ou moins effectués
de manière « opportuniste » au cours d'une consultation ordinaire : sein (69 %),
col (85 %), colorectal (24 %). La question d'une consultation spécifique est posée
[5].
Que pensent les « réfractaires » ?
Une équipe danoise a interrogé 118 personnes qui avaient refusé de participer
à une étude sur le bilan de santé en soins primaires (sur 2 000 contactées) mais
acceptaient d'en discuter [6]. Ils refusaient par manque de temps, parce que le
bilan avait déjà été fait, ou qu'ils doutaient de son utilité. Tous insistaient
sur les limites du bilan avec les arguments suivants :
« On ne peut pas tout prévenir » : beaucoup tombent malades malgré
l'arrêt de l'alcool, du tabac, d'excès alimentaires, d'autres vivent jusqu'à
un âge avancé malgré de nombreux excès...
« On ne peut jamais savoir tout ce qui peut arriver » : crainte
des suites du dépistage, du risque de tests anormaux, crainte que ces risques
ne soient toujours à l'esprit, avec un sentiment de culpabilité et des effets
négatifs sur la qualité de vie...
« Il n'y a pas que les médecins qui peuvent faire quelque chose » :
C'est à chacun d'être autonome, de déterminer son style de vie, même de choisir
ses propres risques. Il est pourtant utile que le médecin informe sur ces risques,
mais la décision ne lui appartient pas...
« Je vais voir mon médecin quand j'en ai besoin » : il ne sert
à rien de consulter pour des problèmes mineurs, « écouter son corps » est un
concept discutable... Mais ces « réfractaires » appelleraient leur médecin sans
hésitation en cas de symptômes.
Que conclure pour notre pratique ?
Les objectifs de la prévention sont largement admis : influence
du mode de vie et des comportements à risque, utilité du dépistage des
cancers. Il est intéressant de constater que cet « accord » faiblit si
on demande une participation financière, de noter les réticences des jeunes
et des personnes en situation précaire, de constater que cholestérol et
PSA restent très demandés même s'ils entraînent un surcoût (influence
des médias ?).
Les opinions des réfractaires, mêmes si elles sont sans doute marginales,
mettent l'accent sur des principes éthiques et de mise en oeuvre de la
prévention : respect de l'autonomie du patient, nécessité de l'informer
clairement sur les risques, plutôt que de « prescrire » en ignorant la
difficulté de l'observance et de tout changement comportemental.
Les études américaines et danoises ont été réalisées en médecine générale.
Les bilans de santé sont réalisés par des généralistes dans ces pays.
Le rôle du médecin généraliste semble donc évident, même s'il n'est pas
réellement prévu dans le système français. |
Qu'en pensent les généralistes ?
Les patients semblent donc plutôt favorables à une médecine de « prévention ».
Il est maintenant envisagé en France la possibilité de « consultations périodiques
de prévention » intégrées à l'activité normale du généraliste [6]. Deux études,
une Française [7] et une canadienne [8] apportent des données sur ce que pensent
les généralistes de ces deux pays de leur action dans le domaine de la prévention.
Les médecins français se sentent efficaces
Ce sentiment d'efficacité [7] concerne l'aide aux changements de comportement,
à l'exception de l'alcool et des drogues. Il est important pour l'éducation thérapeutique
des asthmatiques, diabétiques et hypertendus (environ 80 % des médecins). Il est
particulièrement important pour le dépistage des cancers (90 %), moins pour l'alimentation,
l'exercice physique, l'abus de psychotropes et l'usage du préservatif (autour
de 60 %), un peu moins aussi pour le tabac (50 %).
Les médecins ressentent aussi des freins à leur démarche éducative, surtout
la résistance des patients (40 %) et le manque de temps (30 %). Le manque de
formation, les problèmes de rémunération, le sentiment d'inefficacité, sont
assez peu exprimés (entre 3 et 7 %).
On peut remarquer dans ces résultats un sentiment d'efficacité plus fort dans
les domaines à forte composante biomédicale (cancers, asthme, diabète, HTA)
que dans les dimensions psychologiques et sociales des addictions. Mais surtout
les auteurs signalent plusieurs autres études qui montrent que la réalité des
pratiques est plus modeste que cette impression d'efficacité déclarée par les
médecins dans l'enquête.
Les obstacles perçus par les médecins canadiens
35 généralistes de la région de Montréal ont été interrogés sur les obstacles
qu'ils rencontrent pour intégrer dans leur pratique les activités de prévention
proposées par les recommandations professionnelles [8].
Certains étaient liés aux « usagers » : ils manqueraient de motivations pour
changer leur style de vie, attacheraient plus d'importance aux résultats des
tests qu'à ceux de l'entretien et de l'examen clinique, ce qui fait que le test
devient pour le médecin un outil de négociation pour faire accepter les changements...
Ils n'auraient pas perçu l'importance de la continuité des soins et du médecin
personnel, comme si, devenus « usagers », ils faisaient leurs courses en allant
chez un médecin. Pour les médecins, au contraire, la prévention implique que
le patient soit prêt à investir dans la relation thérapeutique, le médecin personnel
apparaissant le principal « facilitateur » dans cette relation. Restent encore
les obstacles liés à certains patients, notamment ceux en situation de précarité,
qui ne se sentent pas concernés.
D'autres étaient liés à l'organisation du système de soins et de la pratique
: manque de temps, charge de travail, quelles que soient les modalités de la
pratique. Intégrer la prévention dans une consultation tout venant, faire un
repérage à cette occasion est difficile et nécessite une forte motivation du
médecin. La rémunération doit prendre en compte ce type d'activité. Par ailleurs,
certains messages des recommandations et des spécialistes seraient parfois contradictoires
ou difficiles à mettre en oeuvre.
D'autres enfin liés au médecin lui-même : le manque de formation est le plus
souvent mentionné ; ce qui expliquerait selon les auteurs que la plupart des
médecins réduisent leurs « conseils » à la transmission de l'information sans
utiliser les méthodes visant à favoriser le changement comportemental.
Que conclure pour notre pratique ?
La prévention la plus difficile à mettre en oeuvre est celle qui
implique des changements comportementaux du patient. Les médecins
incriminent les patients, leur tendance à privilégier le biomédical, qui
en fait de simples « consommateurs » de médecine. Mais il y a manifestement
d'autres explications, comme le montre le manque de concordance entre
le sentiment d'efficacité déclarée des médecins et les enquêtes sur la
réalité des pratiques.
Intégrer la prévention dans l'activité du généraliste pose des problèmes
de formation, d'organisation et de rémunération. Créer une consultation
spécifique de prévention est sans doute un élément de solution. Faut-il
pour cela séparer le préventif du curatif comme le proposent certains
[9], alors que c'est l'interpénétration du préventif et du curatif qui
fait une des spécificités de la médecine générale ? Il faut en tout cas
prévoir pour le généraliste, dans le cadre de son travail « ordinaire
» auprès de ses patients, des conditions réalistes pour une tâche de prévention
globale. Il paraît de l'intérêt de tous que le suivi et l'accompagnement
des démarches de prévention soient assurés par le même professionnel. |
Dans quelles conditions peuvent-ils se rencontrer sur ce point ?
Les patients « croient » en la prévention, les médecins en font, ou croient le
faire. Dans les conditions actuelles, la prévention s'intègre au cas par cas dans
l'activité de soins. Si, comme le prévoit la loi de santé publique de 2004, était
créée une « consultation périodique de prévention » [6], quels devraient en être
les principes généraux et les modalités de mise en oeuvre. Le rapport Ménard apporte
des éléments de réflexion [6, 10].
Principes généraux
Ne pas ajouter une couche supplémentaire à ce que l'on fait plus ou moins consciemment
depuis 50 ans. La prévention exige plus encore que le soin le vrai partage entre
médecin et « usager » d'un même mode de raisonnement face à la santé. La prise
en compte des possibilités techniques, des croyances et des comportements sont
d'égale importance. Le but est de répondre à de vrais besoins de santé, pas d'en
créer de faux, en particulier en instaurant des processus « normatifs ».
• Identifier les risques dont le repérage peut conduire à
un bénéfice individuel et collectif. La prévention doit viser les risques
de maladies graves, potentiellement évitables dans les dix ans à venir. Les
méthodes de prévention proposées doivent répondre aux critères de validation
scientifique (utilité, innocuité, acceptabilité, coûts) sans lesquelles aucune
action n'est éthique.
• Individualiser les objectifs et la périodicité en fonction
du risque personnel lié à l'âge, aux caractéristiques et attentes personnelles,
à l'histoire familiale. Si les principes restent les mêmes pour tous, la prévention
a des particularités chez l'enfant, l'adolescent, la personne de plus de 80
ans. À l'âge adulte, le risque « à prévenir » semble notablement différent à
30, 50, et 70 ans. Chacune de ces « étapes » semble un moment privilégié pour
une consultation de prévention programmée, avec l'accord de la personne concernée.
• Insérer ces bilans dans un suivi au long cours.
C'est indispensable à l'efficacité de toute action de prévention. De ce point
de vue, le médecin traitant est sans doute le meilleur interlocuteur, puisqu'il
peut « naturellement » assurer le suivi du « bilan de santé » qu'il a proposé
ou pratiqué. Celui-ci débouche le plus souvent sur des modifications comportementales
et du style de vie, parfois des prescriptions médicamenteuses. Dans tous les
cas, l'« accompagnement » médical est l'un des facteurs principaux d'observance.
Son rythme est à déterminer au cas par cas, de même que l'intervention éventuelle
d'autres professionnels en fonction des problèmes présentés.
Modalités de mise en oeuvre
Le repérage et les conseils opportunistes : des études en ont montré la faisabilité
et l'utilité pour l'alcool, le tabac, le cannabis, le dépistage des cancers, lors
de consultations standard. La faisabilité à grande échelle, la possibilité de
prendre en compte dans ce cadre l'ensemble des risques, posent des questions sans
réponse dans le cadre français actuel de rémunération du généraliste.
Une consultation périodique annuelle est habituellement promue
[9]. Pourtant, aucune étude ne permet d'évaluer le bénéfice à attendre d'une
telle fréquence [11]. Elle semble plus aboutir à un rituel de réassurance [11).
Une consultation périodique individualisée en fonction des risques personnels
semble plus raisonnable si l'on tient compte des autres rencontres que fera
le patient dans le cadre des soins.
La coordination prévention/soins est fondamentale et ne peut
être que renforcée par la réalisation de la consultation de prévention par le
médecin traitant. Elle sera facilitée par les méthodes d'éducation du patient
par le généraliste, intégrées dans la consultation ordinaire, comme les propose
le Genevois Assal [12] : « le médecin peut aborder au fil de ses consultations
les différents secteurs qui sont concernés par la maladie. À chaque consultation,
deux ou trois de ces thèmes peuvent être discutés avec le malade. La meilleure
solution est de les choisir pour la consultation suivante en demandant au malade
de se préparer en inscrivant dans un petit cahier quelques notes ou questions
pour le médecin. Presque tous les malades adhèrent à cette approche et l'apprécient.
Ils préparent la discussion mais pratiquement aucun n'évoque spontanément les
notes prises, comme s'il croyait que son médecin ne prendra pas le temps de
les discuter. Par expérience personnelle, la plupart de ces thèmes peuvent être
abordés dans un premier temps, surtout s'ils ont été préparés avant la consultation
par le patient. Ils ouvrent ainsi souplement, par petites touches, la porte
à l'éducation thérapeutique, à la gestion du traitement, à la résolution de
problèmes, à l'histoire de vie, aux croyances de santé, à la vie familiale,
professionnelle et sociale en toute pertinence avec la gestion de la maladie
». Les entretiens, au fil des consultations, doivent être conduits de façon
très interactive, pas à pas, avec des objectifs peu ambitieux, en tenant compte
des représentations, en reformulant ce que dit le patient, en prévenant et dédramatisant
les rechutes, en utilisant les erreurs, pour analyser avec lui les divers problèmes
qu'il rencontre.
Que conclure pour notre pratique ?
La prévention est l'un des constituants majeurs du système de santé.
Qu'elle soit réalisée dans le cadre de l'activité habituelle de soins
ou dans un cadre plus spécifique, elle impose un suivi par le médecin
traitant.
Une « consultation périodique de prévention » a sans doute des avantages
: faisabilité, nouveaux modes de rémunération... Mais les tentatives
réalisées dans le cadre du système français n'ont jusqu'ici touché qu'une
minorité de patients, souvent déjà très médicalisés. Elles nécessitent
de toute façon un suivi au-delà de la démarche spécifique « prévention
», qui très souvent impliquera des changements de style de vie et parfois
des médicaments ; et à côté les repérages et conseils « opportunistes
» gardent toute leur importance.
Il n'est donc pas possible de séparer prévention et soins : ces
deux activités sont complémentaires, dans une mise en oeuvre inspirée
des principes de l'éducation du patient promue pour les maladies chroniques,
passant par des collaborations interdisciplinaires. Les besoins spécifiques
de formation et de rémunération adaptées doivent être intégrés dès maintenant
à toute réflexion sur l'évolution du système de soins. |
Références
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part croissante et une évolution de l'activité. Médecine. 2007;2:74-78.
- Banks J, Marmot M, Oldfield Z, Smith JP. Disease and Disadvantage in the
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- Nielsen KD, Dyhr L, Lauritzen T, Malterud K. You can't prevent everything
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- Buttet P, Fournier C. Prévention et éducation pour la santé. Quel rôle pour
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Paris: INPES; 2004:63-82.
- Hudon E, Beaulieu MD, Roberge D. Integration of the recommendations of the
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- Colombet I, Ménard J. Consultation de prévention en médecine générale :
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- Laine C. The annual physical examination : needless ritual or necessary
routine. Ann Int Med. 2007;136(9):701-3.
- Assal JP. Et si une certaine pédagogie conduisait à une médecine plus globale
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En résumé : Regards croisés patients/généralistes sur la prévention |
Le concept de prévention occupe aujourd'hui une place centrale
dans le « discours » officiel. L'indispensable liaison « prévention-soin
» apparaît beaucoup moins dans ce discours.
Côté patients, les objectifs de la prévention sont largement
admis, bien que cet « accord » faiblisse si on demande une participation
financière et qu'il y ait ici ou là des réticences et des maldonnes. Les
opinions des réfractaires, mêmes si elles sont sans doute marginales,
mettent l'accent sur des principes éthiques et de mise en oeuvre de la
prévention.
Côté médecins, il apparaît que la prévention la plus difficile
à mettre en oeuvre est celle qui implique des changements comportementaux
du patient.
Intégrer la prévention dans l'activité du généraliste pose des
problèmes de formation, d'organisation et de rémunération. Créer
une consultation spécifique de prévention est sans doute un élément de
solution. Il faut en tout cas prévoir pour le généraliste, dans le cadre
de son travail « ordinaire » auprès de ses patients, des conditions réalistes
pour une tâche de prévention globale.
Il paraît de l'intérêt de tous que le suivi et l'accompagnement
des démarches de prévention soient assurés par le même professionnel. |
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