Dans cette méta-analyse Cochrane, les auteurs anglais ont vérifié
l'hypothèse communément admise que le dépistage de la dépression
hors contexte psychiatrique spécialisé en améliorait
la reconnaissance, la prise en charge et le pronostic.
Seize études (7 576 patients) utilisant des questionnaires de dépistage
ou de diagnostic spécifiques de la dépression ne montraient qu'une
augmentation modeste de la reconnaissance par les médecins (risque relatif
RR 1,27 ; 1,02- 1,59) ; ainsi que du taux de prise en charge spécifique
de toute nature (RR 1,30 ; 0,97-1,76), sans cependant influencer la prescription
d'antidépresseurs (RR 1,20 ; 0,87-1,66). Pour les 7 études fournissant
des données de suivi, il n'était observé aucun effet dû
à ce dépistage (différence moyenne standardisée
0,02, IC à 95 % 0,25 à 0,20). La recommandation
d'adopter des stratégies de dépistage recourant à ces «
outils standardisés » sans qu'il y ait en même temps d'amélioration
d'ordre organisationnel semble donc injustifiée.
Gilbody S, Sheldon T, House A. Screening and case-finding instruments for
depression: a metaanalysis. CMAJ. 2008;178:997-1003. Stewart DE. Battling
depression. CMAJ. 2008;178:1023-4.
Les questions que se pose la rédaction !
* L'éditorial canadien qui accompagne la méta-analyse
souligne que la majorité des épisodes dépressifs caractérisés
sont traités exclusivement par les médecins généralistes,
ce qui est vrai en France comme dans la plupart des pays analogues.
* On ne peut que souscrire à la conclusion générale de
cette étude (cf. le numéro de Médecinede juin) : «
dépister » ne sert ni à identifier, ni à améliorer
le pronostic de la dépression s'il n'y a pas dans le même temps
mise en uvre de pratiques collaboratives, systémiques et multidisciplinaires
de prise en charge de ces patients.
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