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Faut-il « dépister » la dépression ?


Publiée dans la revue : Médecine. Septembre 2008. Volume 4Number 7,

Auteur(s) : Jean-Pierre Vallée, Anne-Marie Baqué Gensac, Jean-Christian Grall, Patrice Queneau

Dans cette méta-analyse Cochrane, les auteurs anglais ont vérifié l'hypothèse communément admise que le dépistage de la dépression ­ hors contexte psychiatrique spécialisé ­ en améliorait la reconnaissance, la prise en charge et le pronostic.

Seize études (7 576 patients) utilisant des questionnaires de dépistage ou de diagnostic spécifiques de la dépression ne montraient qu'une augmentation modeste de la reconnaissance par les médecins (risque relatif RR 1,27 ; 1,02- 1,59) ; ainsi que du taux de prise en charge spécifique de toute nature (RR 1,30 ; 0,97-1,76), sans cependant influencer la prescription d'antidépresseurs (RR 1,20 ; 0,87-1,66). Pour les 7 études fournissant des données de suivi, il n'était observé aucun effet dû à ce dépistage (différence moyenne standardisée ­ 0,02, IC à 95 % ­ 0,25 à 0,20). La recommandation d'adopter des stratégies de dépistage recourant à ces « outils standardisés » sans qu'il y ait en même temps d'amélioration d'ordre organisationnel semble donc injustifiée.

Gilbody S, Sheldon T, House A. Screening and case-finding instruments for depression: a metaanalysis. CMAJ. 2008;178:997-1003. Stewart DE. Battling depression. CMAJ. 2008;178:1023-4.

Les questions que se pose la rédaction !

* L'éditorial ­ canadien ­ qui accompagne la méta-analyse souligne que la majorité des épisodes dépressifs caractérisés sont traités exclusivement par les médecins généralistes, ce qui est vrai en France comme dans la plupart des pays analogues.

* On ne peut que souscrire à la conclusion générale de cette étude (cf. le numéro de Médecinede juin) : « dépister » ne sert ni à identifier, ni à améliorer le pronostic de la dépression s'il n'y a pas dans le même temps mise en œuvre de pratiques collaboratives, systémiques et multidisciplinaires de prise en charge de ces patients.


 

 

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