En apprécier la nature et l'importance relative était le but
de cet essai randomisé en simple aveugle américain.
L'essai concernait 262 adultes (âge moyen 39 ans, 76 % de femmes) atteints
d'un syndrome de côlon irritable (défini selon les critères
de Rome II, avec un score >= 150 sur l'échelle de sévérité
des symptômes). Pendant 3 semaines, un 1er groupe a été
mis sur liste d'attente (1re composante de l'effet placebo : évaluation/observation),
le second sous acupuncture-placebo seule (seconde composante : rituel thérapeutique),
le 3e également mais avec une relation praticien- patient chaleureuse
(3e composante : la relation médecin-patient). Les 3 semaines suivantes,
la moitié des patients a été tirée au sort pour
continuer dans son groupe d'origine. Les critères principaux étaient
l'amélioration du score de qualité de vie évalué
de 1 à 7 selon l'échelle Global improvment score( GIS) et le soulagement
des symptômes. À 3 semaines, le GIS était respectivement
dans les 3 groupes de 3,8, 4,3 et 5,0 (p < 0,001). Les résultats étaient
similaires pour l'amélioration des symptômes, leur score de sévérité,
et la qualité de la vie, différences toutes significatives, et
confirmées à la fin des 6 semaines. La qualité de la relation
médecin-patient apparaissait comme la composante la plus robuste de l'effet
placebo.
Drossman DA, Goldman P, Lembo AJ, Nguyen T, Park M, Rivers AL et al. Components
of placebo effect: randomised controlled trial in patients with irritable
bowel syndrome. BMJ. 2008;336;999-1003.
Pittrof R, Rubinstein I. The thinking doctor's guide to placebos. BMJ. 2008;336:1020
Les questions que se pose la rédaction !
* Cette étude quantifie des données connues sur l'effet placebo
: on pouvait s'en douter, mais il apparaît clairement ici que le «
rituel thérapeutique » qu'est l'acupuncture « placebo »
(ailleurs appelée Sham acupuncture ou acupuncture « fantôme
») a un modeste bénéfice par rapport à la simple liste
d'attente, et que c'est surtout le médecin qui est le placebo, comme
le disait si bien Balint...
* L'éditorial qui accompagne l'article précise les conditions
d'une utilisation rationnelle et éthique de l'effet placebo : que ce
soit en pleine connaissance de la part du médecin, mais aussi du patient,
en dehors de l'existence d'un traitement reconnu comme « gold standard
». Le premier principe reste celui de l'autonomie du patient.
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