Un groupe de travail international réuni à Lyon au centre
international de recherche sur le cancer (CIRC) a évalué les données
de la littérature à ce sujet.
On peut espérer de l'arrêt du tabac un bénéfice
significatif, augmentant avec la durée de l'abstinence, pour tous les
cancers majeurs associés au tabagisme : poumons, larynx, cavité
buccale et pharynx, ?sophage, estomac, foie, pancréas, vessie, rein,
col de l'utérus, nasopharynx, nez et sinus de la face, leucémie
myéloïde. Le risque ne revient cependant qu'à titre exceptionnel
au niveau de celui des personnes qui n'ont jamais fumé. Arrêter
de fumer diminue le sur-risque lié au tabagisme continu de décéder
de cancer, maladie cardio-vasculaire ou bronchopneumopathie chronique : la diminution
du risque cardiovasculaire est importante les 2 à 4 premières
années et atteint le niveau de ceux qui n'ont jamais fumé après
15 à 20 ans d'abstinence. La prévalence de toux chronique et d'expectoration
diminue en quelques mois après l'arrêt du tabac, la détérioration
de la fonction pulmonaire rejoignant en 5 ans celle des non-fumeurs. Cependant,
le risque de mortalité associé à la BPCO est définitivement
plus élevé chez les anciens fumeurs.
Leon ME, Dresler CM. Bénéfices de l'arrêt du tabac.
BEH. 2008;21-22:194-7.
Les questions que se posent la rédaction
* Les auteurs soulignent les limites de ces données encourageantes :
biais engendrés par les arrêts du tabac dus à l'une des
maladies étudiées, problèmes de classification des comportements
tabagiques, interférences avec d'autres modifications du mode de vie...
* Elles concluent à leur utilité pour soutenir les politiques
publiques d'incitation à l'arrêt du tabac. On peut ajouter qu'il
y a là pour les médecins de premier recours des arguments pour
aider leurs patients tabagiques (ou eux-mêmes !) à cesser de fumer.
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