L'éditorialiste anglais nous met en garde contre les dangers d'incompréhension
et de communication liés à un vocabulaire hérité
de traditions millénaires.
Les industries de haute technologie aviation, nucléaire...nous
ont appris que des erreurs catastrophiques peuvent survenir s'il y a erreur
sur la compréhension de consignes élémentaires. Le jargon
médical qui sert à la communication usuelle entre professionnels
de santé remonte pour l'essentiel au Ve siècle avant Jésus-Christ.
Il peut être dangereux pour les patients lorsqu'il leur est incompréhensible
dans des situations pourtant cruciales. L'emploi de préfixes ou suffixes
qui se lisent ou s'entendent presque à l'identique, mais qui ont des
significations opposées, est particulièrement risqué, par
exemple hypo et hyper, pré et post, inter et intra... Nous devrions prendre
exemple sur l'industrie citée précédemment ; pour éviter
tout risque de confusion entre « f » et « s », le langage
militaire utilise foxtrot et sierra... Les abréviations sont une autre
source commune de confusion, les mêmes sigles ayant des significations
différentes d'un professionnel à l'autre. Bien qu'il soit extrêmement
complexe d'envisager une terminologie internationale excluant toute ambiguïté,
une démarche de simplification d'un langage archaïque et incompréhensible
au commun des mortels relève du simple bon sens !
Lyons M. Do classical origins of medical terms endanger patients? Lancet
2008;371:1321-2.
Les questions que se posent la rédaction
* L'éditorialiste du Lancet propose une démarche à laquelle
nous ne pouvons que souscrire : il y va de la sécurité des patients,
de l'efficacité de toute réflexion sur le partage de la décision.
* La mise à jour d'un vocabulaire parfois ésotérique
relevant d'une culture médicale plurimillénaire et sans doute
de vieux complexes de « domaine réservé » est probablement
d'une grande difficulté !
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