L'essai randomisé irlandais ESMON montre que si le contrôle
de leur glycémie n'en est pas amélioré, la qualité
de leur vie s'en trouve altérée !
Parmi les 184 diabétiques nouvellement diagnostiqués (dont 111
hommes), les 96 du groupe autocontrôle pratiquaient une glycémie
au doigt à jeun et post-prandiale 4 jours par semaine ; les patients
des groupes intervention et témoin bénéficiaient du même
programme d'éducation thérapeutique structuré, avaient
le même algorithme de traitement antidiabétique : metformine d'abord,
ajustée jusqu'au maximum toléré en fonction du taux d'hémoglobine
à une glitazone ou à l'insuline. Ils répondaient tous les
3 mois à une enquête de bien-être. Il n'y a eu que 2,2% de
sortie d'essai. Aucune différence n'est apparue entre les deux groupes
à un quelconque moment de l'étude (durant 12 mois) en ce qui concerne
les taux d'Hb1C, de BMI, d'utilisation des antidiabétiques oraux, ou
d'incidence des hypoglycémies.
En revanche, l'autocontrôle de la glycémie était associé
à des scores de dépression significativement plus élevés
et une tendance plus fréquente à l'anxiété dans
l'enquête de bien-être faite à 12 mois.
1. O'Kane MJ, Bunting B, Copeland M, Coates VE, on behalf of the ESMON study
group. Efficacy of self monitoring of blood glusose in patients with newly
diagnosed type 2 diabetes (ESMON study): randomised controlled trial. BMJ.
2008;336:1174-7.
2. Gulliford M. Self monitoring of blood glucose in type 2 diabetes.. BMJ.
2008;336:1139-40.
Les questions que se posent la rédaction
* L'éditorial qui accompagne l'article de recherche rappelle l'historique
complexe et sujette à controverses de l'autocontrôle
glycémique chez les diabétiques de type 2 : des méta-analyses
antérieures (la dernière, méthodologiquement contestée,
en 2005) n'avaient constaté qu'un bénéfice minime sur le
taux d'hémoglobine glyquée.
* L'essai irlandais est le premier qui s'intéresse aux conséquences
d'une telle «attention» sur la qualité de vie.
La majoration de l'anxiété et de la dépression probablement
induites par ce suivi «trop» attentif incite à la prudence.
Le «mieux » ennemi du «bien»?
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