L'étude européenne d'observation Euro Heart Survey a suivi
durant 1 an environ 4 000 patients en arythmie complète par fibrillation
auriculaire (ACFA).
L'ACFA, selon les définitions de 2001 des sociétés américaines
et européennes de cardiologie, était paroxystique chez 1 509 patients
(récurrence possible, durée < 7 jours), persistante chez 1
109 (récurrence possible, durée > 7 j), permanente chez 1 515
(long cours, échec d'une ou plusieurs tentatives de cardioversions pharmacologiques
ou électriques). Le risque de base de faire un AVC était plus
important pour les patients en ACFA permanente. Pourtant, après une année
de suivi, le risque d'AVC ou d'accident thromboembolique de toute nature, d'hémorragie
majeure, ainsi que du critère combiné mortalité cardio
vas - culaire/risque thromboembolique/hémorragie majeure était
comparable dans les 3 sous-groupes de patients, en analyses à la fois
unies et multivariées. Les patients qui ont fait un AVC avaient une fréquence
et une durée des épisodes d'arythmie comparables aux patients
indemnes, mais leur profil de risque initial était plus péjoratif.
Après cardioversion, les patients du groupe ACFA paroxystique étaient
à plus haut risque d'AVC (p = 0,029) et d'accident thromboembolique de
toute nature (p = 0,001) que les patients du groupe ACFA persistante. Cette
étude d'observation conforte donc les recommandations actuelles pour
lesquelles le type de fibrillation n'est pas un critère décisionnel
pour le choix de l'anticoagulation.
Nieuwlaat R, Dinh T, Olsson SB, Camm AJ, Capucci A, Tieleman RG, et al.on
behalf of the Euro Heart Survey Investigators. Should we abandon the common
practice of withholding oral anticoagulation in paroxysmal atrial fibrillation?
Eur Heart J. 2008;29:915-22.
Les questions que se pose la rédaction
* L'ACFA paroxystique n'est donc pas une ACFA "bénigne" et expose au
même risque thromboembolique que l'ACFA permanente. Si les conditions
d'une anticoagulation sont réunies, celle-ci doit être faite à
dose efficace (INR entre 2 et 3).
* Les auteurs soulignent que leur observation remet en cause le quasi-dogme
de l'arrêt des anticoagulants après réduction d'une ACFA
paroxystique.
* La discussion sur les critères décisionnels d'une anticoagulation
n'est pas abordée ici. On peut signaler que dans les 3 catégories
de patients de l'étude, il y avait de "lourds" facteurs de risque (antécédents
personnels cardiovasculaires et cérébrovasculaires, HTA, diabète,
chirurgie valvulaire cardiaque et autres...). Il ne faudrait pas en déduire
que toute ACFA doit être anticoagulée à vie !
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