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Quel risque après une fibrillation auriculaire paroxystique ?


Publiée dans la revue : Médecine. Mai 2008. Volume 4Number 5,

Auteur(s) : Jean-Pierre Vallée

L'étude européenne d'observation Euro Heart Survey a suivi durant 1 an environ 4 000 patients en arythmie complète par fibrillation auriculaire (ACFA).

L'ACFA, selon les définitions de 2001 des sociétés américaines et européennes de cardiologie, était paroxystique chez 1 509 patients (récurrence possible, durée < 7 jours), persistante chez 1 109 (récurrence possible, durée > 7 j), permanente chez 1 515 (long cours, échec d'une ou plusieurs tentatives de cardioversions pharmacologiques ou électriques). Le risque de base de faire un AVC était plus important pour les patients en ACFA permanente. Pourtant, après une année de suivi, le risque d'AVC ou d'accident thromboembolique de toute nature, d'hémorragie majeure, ainsi que du critère combiné mortalité cardio vas - culaire/risque thromboembolique/hémorragie majeure était comparable dans les 3 sous-groupes de patients, en analyses à la fois unies et multivariées. Les patients qui ont fait un AVC avaient une fréquence et une durée des épisodes d'arythmie comparables aux patients indemnes, mais leur profil de risque initial était plus péjoratif. Après cardioversion, les patients du groupe ACFA paroxystique étaient à plus haut risque d'AVC (p = 0,029) et d'accident thromboembolique de toute nature (p = 0,001) que les patients du groupe ACFA persistante. Cette étude d'observation conforte donc les recommandations actuelles pour lesquelles le type de fibrillation n'est pas un critère décisionnel pour le choix de l'anticoagulation.

Nieuwlaat R, Dinh T, Olsson SB, Camm AJ, Capucci A, Tieleman RG, et al.on behalf of the Euro Heart Survey Investigators. Should we abandon the common practice of withholding oral anticoagulation in paroxysmal atrial fibrillation? Eur Heart J. 2008;29:915-22.


Les questions que se pose la rédaction
* L'ACFA paroxystique n'est donc pas une ACFA "bénigne" et expose au même risque thromboembolique que l'ACFA permanente. Si les conditions d'une anticoagulation sont réunies, celle-ci doit être faite à dose efficace (INR entre 2 et 3).
* Les auteurs soulignent que leur observation remet en cause le quasi-dogme de l'arrêt des anticoagulants après réduction d'une ACFA paroxystique.
* La discussion sur les critères décisionnels d'une anticoagulation n'est pas abordée ici. On peut signaler que dans les 3 catégories de patients de l'étude, il y avait de "lourds" facteurs de risque (antécédents personnels cardiovasculaires et cérébrovasculaires, HTA, diabète, chirurgie valvulaire cardiaque et autres...). Il ne faudrait pas en déduire que toute ACFA doit être anticoagulée à vie !


 

 

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