Les éditorialistes (allemand et autrichien) s'appuient sur les récentes
études sur les statines pour remettre en question cette notion que mettent
en avant les principales recommandations internationales.
Aucun des grands essais d'intervention avec des statines n'est basé
sur cette notion suggérée par la plupart des lipidologues, et
aucun n'a testé cette hypothèse : tous utilisaient une dose fixe
de statines, éventuellement avec des ajustements modestes. Ils ont en
outre en commun l'inconvénient d'une population très sélectionnée
et observante qui ne nous apprend pas grand-chose de la "vraie" vie. Aucun essai
d'observation n'a davantage exploré la relation entre dose de statine
et cible de LDL-cholestérol. Tout ce qu'il est possible de dire aujourd'hui
est que les patients à haut risque cardiovasculaire doivent être
traités par une dose standard de statines, quel que soit leur taux de
LDL-cholestérol. C'est seulement cela acquis qu'il sera envisageable
d'affiner la méthode...
Donner-Banzhoff N, Sönnichsen A. Strategies for prescribing statines.
Evidence supports prescribing a standard dose without further testing or dose
adjustement. BMJ. 2008;336:288-9.
Les questions que se pose la rédaction
* La question posée est largement pertinente pour les patients en prévention
secondaire, où la prescription ne peut être différée
dès qu'il y a eu accident, d'autant que le risque d'effets adverses augmente
avec la dose prescrite.
* En prévention primaire, l'urgence n'est pas de "prescrire", mais de
travailler sur le long terme, sur les différents facteurs de risque en
cause (voir l'étude EPIC-Norfolk dans cette même revue de presse).
* Les auteurs ajoutent que dans ces conditions, on peut comprendre que les praticiens
"boudent" les recommandations, parce qu'elles ne reposent pas réellement
sur des faits démontrés. Faut-il les remettre à jour ?
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