Cette étude de cohorte prospective américaine a évalué
entre juillet 2003 et juin 2004 la prévalence des polypes coliques plans
chez 1 819 vétérans ayant une coloscopie : 616 pour dépistage,
654 pour surveillance (risques personnels ou familiaux) et 549 pour le diagnostic
de symptômes.
Les polypes plans posent de difficiles problèmes de détection
et de traitement au cours de la coloscopie. Leur prévalence a été
de près de 10 % dans cette population, 36 cas (5,84 %) en dépistage,
101 cas (15,44 %) en surveillance, et 33 cas (6,01 %) en diagnostic. Il a été
diagnostiqué 15 cas (dont 2 dans le groupe dépistage) de carcinomes
in situ ou invasifs, soit 0,82 %. Ces polypes plans, surtout ceux qui sont déprimés,
sont environ 10 fois plus fréquemment associés à des éléments
carcinomateux que les polypes habituels quelle que soit leur taille OR global
9,78 ; 3,93-24,4) et dans les 3 sousgroupes. Dans l'éditorial qui accompagne
cette étude, Lieberman souligne que ce sont bien les lésions manquées
par la coloscopie qui posent problème, y compris à des endoscopistes
très entraînés (son équipe est l'une des plus connues
internationalement). Il insiste sur les critères d'assurance qualité
nécessaires, peut-être plus encore dans le cadre d'un dépistage
systématique, et sur les questions nombreuses que pose cette nouvelle
étude, notamment concernant le suivi optimal des lésions.
1. Soetkino RM, Kaltenbach T, Rouse RV, Park W, Maheshwari A, Sato T et
al. Prevalence of non polypoïd (flat and depressed) colorectal neoplasm
in asymptomatic and symptomatic adults. Jama. 2008;299:1027-35. 2. Lieberman
D. Nonpolypoid colorectal neoplasia int the United States. The parachute is
open. Jama. 2008;299:1068-69.
Les questions que se pose la rédaction
* La prévalence de ces polypes plans pourrait expliquer certains cancers
"d'intervalle" chez des patients à coloscopie normale malgré un
test de dépistage positif.
* On peut souligner que même dans cette étude à la méthodologie
impeccable et aux opérateurs spécialement entraînés,
la coloscopie, durant en moyenne plus d'une demi-heure (extrêmes : 9-98
mn), n'a été réellement "totale" que dans 1 701 cas (94
%) et a été responsable de 6 complications hémorragiques
dont 2 ont nécessité une nouvelle coloscopie d'hémostase.
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