ARTICLE
| Ces dossiers sont issus de textes publiés chaque semaine depuis
quelques années dans Bibliomed. Actualisés si nécessaire
en fonction des données les plus récentes, ils ne résultent
pas d'une revue systématique de la littérature, mais d'une
veille documentaire en continu des principales revues médicales publiant
des études fondées sur les preuves, ou des recommandations
en résultant. Ils ont pour ambition de fournir au médecin
généraliste une actualisation des données sur les questions
pertinentes pour leur pratique retenues par le comité de rédaction. |
L'usage du cannabis, produit classé stupéfiant, reste interdit
en France (loi du 31 décembre 1970) : en acheter, en consommer, en détenir,
en donner, en revendre, en cultiver, en transporter ou conduire après
en avoir consommé sont passibles des tribunaux. Le cannabis est l'un
des produits dopants interdits aux sportifs.
Réglementation « décalée » devant une consommation
aussi répandue ? Il persiste beaucoup d'inconnues sur la consommation
du cannabis. La question essentielle est de savoir si sa consommation est dangereuse
: il serait tout autant irrationnel - et improductif - de l'affirmer sans preuves
que de prétendre le contraire... Nous sommes encore très loin
de tout savoir sur le cannabis, y compris ses éventuels effets thérapeutiques,
mais sa consommation, même « ludique » entraîne des dangers
réels et variés, risque « d'escalade » dans une improbable
échelle des drogues comprise, qui font l'objet de ce premier dossier.
Le danger est évidemment variable selon les doses consommées et
les circonstances de cette consommation. Il peut être augmenté
par la représentation positive que s'en font les jeunes, mais aussi par
les mélanges imprévisibles de certains « dealers ».
Un deuxième dossier fera le point sur ces « consommateurs »
de plus en plus fréquents dans la population jeune malgré l'interdit
et les risques juridiques. Se sentent-ils en danger ? Demandent-ils une aide
médicale ? Faut-il aller au-devant de cette demande ?
C'est à ces nombreuses questions que nous avons tenté, en analysant
les données des études et publications les plus récentes,
de donner une réponse aussi factuelle que possible.
Les questions auxquelles répond ce dossier ont fait l'objet de 5 publications
de Bibliomed : 501 du 10 avril 2008, 502 du 17 avril 2008, 503 du 24 avril 2008.
Effets somatiques immédiats et à long terme du cannabis
Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée, surtout chez
les jeunes : 50 % l'ont expérimentée, 20 % en consomment régulièrement.
Cependant les risques inhérents restent toujours discutés, notamment
en comparaison avec l'alcool. L'expertise réalisée en 2001 par
l'Inserm [2] a été mise à jour en 2004 [3], puis réactualisée
en 2007 par l'observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT)
[1]. Les principaux effets somatiques attendus ont été analysés
dans ces documents.
Le D9-tétrahydrocannabinol
C'est cette molécule, le THC, qui est le principal responsable des
effets, à une concentration variable selon les produits. L'absorption
est très rapide, avec passage sanguin et forte fixation tissulaire responsable
d'effets psychoactifs prolongés, de 45 à 150 minutes après
la consommation, sa demi-vie est de 8 à 10 jours.
Les effets cliniques immédiats
Les effets de l'inhalation apparaissent en 15 à 20 minutes chez le
consommateur occasionnel, un peu plus tard chez le consommateur régulier,
en 4 à 6 heures en cas d'ingestion. Ils s'estompent en plusieurs heures,
de 4 heures pour un « petit » joint, jusqu'à 24 heures pour
une forte dose. Il s'agit d'une euphorie en général modérée,
d'un sentiment de bien-être, suivis d'une somnolence. Il y a aussi affaiblissement
de la mémoire immédiate et troubles de l'attention. Cette «
ivresse cannabique » est associée, selon la dose, la tolérance
et l'individu, à une altération des performances psychomotrices
liée aux troubles de l'attention, de la coordination motrice et à
un allongement du temps de réaction. Elle entraîne aussi accélération
du rythme cardiaque, hypotension orthostatique, dilatation des vaisseaux périphériques,
parfois céphalées, hypersudation, yeux rouges, toux. Il y a souvent
aussi un accroissement de l'appétit.
Les risques mortels immédiats sont surtout liés aux accidents
de la route
Une consommation ponctuelle n'entraîne pas de surdoses graves, de cas
de décès après intoxication isolée de THC : il n'y
a pas de dose létale connue chez l'homme. Le seul risque mortel connu
est lié aux accidents de la route. Dans une étude française
(2001-2003, 230 accidents mortels annuels/6 000 pour la France) le risque de
mort est multiplié par 1,8 avec le seul cannabis, par 8,5 pour l'alcool,
par 14 lorsqu'ils sont associés. Parmi les 11 000 conducteurs de l'étude
SAM (2005) impliqués dans un accident mortel, 10 % étaient «
positifs » au cannabis, 17 % chez les moins de 25 ans. Le risque croit
avec les taux sanguins, passant de 1,5 pour un taux de THC < 1 à 2,13
pour un taux > 5, mais cette croissance est bien plus forte pour l'alcool,
passant de 2,7 pour une alcoolémie < 0,5 à 40 si elle est >
2 g/l [3].
Existe-t-il un risque cardiovasculaire ?
Une syncope orthostatique de cause non précisée chez le jeune
doit faire rechercher une prise de cannabis. Une artériopathie inhabituelle
chez un jeune peut faire rechercher une intoxication cannabique chronique :
quelques cas ont été publiés, mais les données sont
encore incertaines, notamment sur le rôle associé du tabac. Pour
l'infarctus du myocarde, le risque était augmenté dans les 60
minutes suivant l'usage de cannabis (OR 4,8) dans une cohorte de 3 882 patients.
Pour les AVC, les incertitudes persistent, mais un AVC chez un jeune doit faire
poser la question [4].
Un risque de cancers ?
La quantité des goudrons de la fumée du cannabis est 3 à
5 fois plus élevée qu'avec les cigarettes de tabac. Des cas de
cancers de la langue, de l'amygdale, du larynx et des voies aériennes
supérieures ont été signalés depuis les années
80. Il y a de nombreux facteurs confondants, notamment l'alcool et le tabac.
Dans deux études cas-témoin, après prise en compte de ces
facteurs, le risque relatif était de 2,6 et 8,2 [4]. Mais les études
sont encore souvent contradictoires [3].
Des troubles respiratoires
Les effets respiratoires sont semblables à ceux du tabac, même
plus fréquents dans une étude américaine : bronchite chronique,
toux expectoration. Mais les altérations de la fonction respiratoire
restent incertaines [4].
Que conclure pour notre pratique ?
Malgré les incertitudes persistantes on peut tirer quelques conclusions
:
- Le risque de la conduite automobile est majoré par le
cannabis, mais bien plus par l'alcool, seul et surtout associé
au cannabis.
- Les autres risques somatiques sont voisins de ceux du tabac,
mais beaucoup d'incertitudes persistent. Les études, encore
peu nombreuses, n'ont pas toujours pris suffisamment en compte les facteurs
confondants et sont d'interprétation difficile.
Au-delà des difficultés de réalisation et d'interprétation,
il apparaît cependant nettement dans toutes ces études que,
sous le seul angle somatique, ce n'est pas le risque intrinsèque
du cannabis qui est le plus en cause, mais celui des pluriconsommations.
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Dépendance, effets cognitifs et psychiatriques
Au-delà des effets immédiats du cannabis, bien connus, et des
effets tardifs où beaucoup d'incertitudes persistent, deux problèmes
dominent : celui des effets cognitifs et de leur retentissement pour la personne
et sa qualité de vie, celui d'une possible dépendance. D'autres
questions ont été également posées quant aux liens
entre la consommation de cannabis et la survenue de troubles psychiatriques
avérés. Là encore, malgré quelques informations
nouvelles, beaucoup d'incertitudes persistent.
Quelle est la nature de la dépendance au cannabis ?
Elle est liée à la capacité du THC d'induire une libération
de dopamine, modérée, comparable à celle de l'alcool, très
inférieure à celle de l'héroïne ou de la nicotine.
Elle est surtout comportementale, avec désir compulsif de consommer chez
environ 10 % des usagers (15 à 20 % des adolescents). Elle régresse
spontanément dans 2/3 des cas entre 20 et 25 ans, dépend de la
teneur - variable - du produit en THC, surtout de l'intensité et de la
durée de la consommation. Il n'existe pas de syndrome de sevrage, simplement
parfois anxiété, irritabilité, agitation, troubles du sommeil,
cédant à la reprise. Les conséquences sociales sont négatives,
d'autant plus qu'il s'agit de personnes en difficulté sur le plan social
[5, 7].
Troubles cognitifs et « syndrome amotivationnel »
De nombreuses études ont montré chez l'usager chronique une
altération des performances comportementales, sociales, scolaires et
professionnelles, avec difficultés de l'attention, de l'apprentissage,
désinsertion sociale, indifférence affective, pauvreté
idéatoire. Mais il semblerait que ces usagers soient souvent en situation
d'échec avant même le début de la consommation [5]. L'association
entre l'usage du produit et la survenue de ces problèmes reste incertaine,
de même que les données sur l'effet de l'arrêt de la consommation
: les troubles seraient réversibles en quelques semaines, mais le début
précoce de la consommation, sa durée et son importance seraient
des facteurs prédictifs de persistance. Effet neurotoxique réversible
du cannabis ? Conséquence des perturbations psychopathologiques à
l'origine de la conduite addictive et qui précèdent généralement
l'usage de drogues, particulièrement chez l'adolescent ? D'autres études
sont nécessaires [1, 5].
Troubles anxieux et dépressions
Au moins 1/4 des usagers rapportent des troubles anxieux (attaque de panique)
lors de la consommation, souvent aversifs... Une « psychose cannabinique
» (idées délirantes, hallucinations, labilité émotionnelle),
a été décrite jusqu'à 1 mois après consommation
[3].
La fréquence d'usage du cannabis est plus élevée chez
les sujets présentant des troubles dépressifs. Mais cet usage
est-il cause ou conséquence de la dépression ? Il semble que l'usage
du cannabis augmente le risque de survenue de symptômes et troubles dépressifs,
avec une relation dose-effet entre le risque et l'intensité de l'usage.
À l'inverse un syndrome dépressif de l'adolescence n'augmente
pas le risque d'usage [1, 6].
Troubles psychotiques et schizophrénie
L'abus et la dépendance au cannabis sont plus fréquents chez
les schizophrènes que dans la population générale (15 à
40 % vs. 5,6 à 7,7 %). Trois explications sont proposées pour
l'expliquer : l'automédication, le cannabis réduisant angoisses
et autres troubles. Cela pourrait concerner 1/3 des cas ; l'induction directe
des troubles psychotiques par le cannabis. Sur 50 000 conscrits suédois
revus 7 ans plus tard le risque de schizophrénie était sextuplé
chez les consommateurs face aux non consommateurs (3,8 % vs. 0,6 %), le niveau
de consommation et l'âge précoce du début étant facteurs
péjoratifs ; une vulnérabilité individuelle, montrée
dans des études de cohorte.
Par ailleurs le cannabis s'oppose aux effets des traitements antipsychotiques
ou thymorégulateurs, ce qui suppose que la consommation, même minime,
ne doit jamais être banalisée dans ces cas.
Que conclure pour notre pratique ?
C'est sans doute dans le domaine de la dépendance, des troubles
cognitifs et psychiatriques que le cannabis pose le plus de questions.
Mais il est souvent difficile de faire la part du produit et de ses
effets pharmacologiques propres, celle des autres produits utilisés,
et surtout du comportement addictif, avec ses composantes individuelles
et sociologiques.
Au-delà du débat public largement présent, jusqu'à
en faire un enjeu électoral et politique, nous conclurions volontiers
comme le président de la MILDT qu'il faut « informer, expliquer
et convaincre que ce produit illicite largement consommé, facilement
accessible, et qui paraît parfois si "anodin", peut aussi, dans
certains cas, empoisonner la vie » [1]. Les risques encourus par
les (jeunes) consommateurs de cannabis ne sont à l'évidence
pas les mêmes pour tous, notamment le risque d'escalade vers
d'autres drogues.
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Le cannabis augmente-t-il le risque d'usage d'autres drogues ?
En France, où presque un adolescent (garçon ou fille) de 16-17
ans sur 2 a expérimenté au moins une fois le cannabis et environ
1 sur 10 en fait un usage régulier [1], la question est essentielle.
Selon la théorie de « l'escalade », la consommation de cannabis
serait la première marche vers la consommation des autres drogues illicites.
Elle repose sur l'observation épidémiologique banale que très
peu d'individus consommateurs de cocaïne et d'héroïne n'ont
pas utilisé auparavant de marijuana ; la majorité d'entre eux
avaient auparavant l'habitude de consommer de l'alcool et/ou du tabac [8]. Cependant,
l'augmentation importante de la consommation de cannabis chez les jeunes (trois
fois plus en 2003 qu'en 1993) ne semble pas avoir entraîné d'augmentation
de la consommation d'héroïne, souvent citée dans la théorie
de « l'escalade » [3]. Voici les principales données des récentes
études sur ce point.
Trois notions complexes interfèrent
re est celle de séquences : l'usage de l'alcool, du tabac et du cannabis
précède généralement celui d'autres drogues illicites.
La 2e est le constat d'association entre consommations du cannabis et d'autres
drogues. La 3e est la question de la relation de causalité entre les
deux. Mais celle-ci ne peut être mise en évidence dans les études
épidémiologiques en population générale où
il est impossible d'éliminer tous les possibles facteurs confondants
[3, 8] ; ni dans l'observation des jumeaux, qui permet d'éliminer le
facteur génétique et sans doute une partie des facteurs environnementaux,
mais pas tous [3] ; ni dans les études d'impact des programmes de prévention
et d'intervention, qui semblent également efficaces quelles que soient
la drogue ou l'association de drogues en cause [8]. Si l'utilisation de modèles
animaux semble mieux maîtriser ces différents paramètres,
elle ne peut rendre compte des nombreux facteurs psychologiques, sociaux et
culturels humains.
Sensibilisation croisée ?
Les modèles animaux vont dans le sens de l'induction d'une sensibilisation
croisée entre cannabis et opioïdes ou amphétamine [3]. On
commence ainsi à mieux déchiffrer les bases pharmacologiques de
la dépendance. Mais si ces données permettent de mieux comprendre
la dépendance au cannabis, elles n'appuient en rien la théorie
de l'escalade chez l'homme. L'Inserm conclut prudemment qu'un effet sensibilisateur
du cannabis à d'autres substances ne peut être affirmé tant
que les mécanismes réellement responsables de l'addiction ne sont
pas élucidés et que l'on ne dispose pas de résultats d'études
réalisées chez l'homme [3].
Le « cannabis thérapeutique » conforte-t-il la théorie
de l'escalade ?
Un rapport canadien, soulignant que le cannabis n'est pas autorisé
comme substance thérapeutique, en présente les indications «
supposées », notamment dans les douleurs du SIDA et du cancer. Les
données sont extrapolées en partie de celles du Marinol® (tétrahydrocannabitol
par voie orale) commercialisé au Canada et aux États-Unis [9].
Bien qu'il n'existe pas à ce jour de données factuelles sur le
cannabis, il a été démontré que l'utilisation médicale
de morphine ne mène pas à la toxicomanie, ce qui montre la complexité
des comportements de toxicomanie et le rôle des conditions psychologiques
et sociales dans son développement [8, 9]. Un rapport européen
a une analyse et des conclusions semblables [10].
Relation statistique n'est pas causalité
Toutes les études épidémiologiques européennes
montrent que la plupart des consommateurs de cannabis débutent dans l'adolescence
ou au début de l'âge adulte, toutes couches de la société
confondues. Beaucoup s'arrêtent à la première expérience,
ou très vite. Parmi les autres, certains poursuivent un « simple
usage », d'autres poursuivent l'escalade vers une polyconsommation... [11]
Mais cette relation statistique n'est pas un lien de causalité [10].
Que conclure pour notre pratique ?
Aucune de ces publications récentes n'apporte de réelle
surprise : il est confirmé que l'usage chronique de cannabis présente
en soi des risques pour la santé qui justifient une intervention.
Nous n'avons pas de réponse à la question posée
sur le risque d'escalade du cannabis vers d'autres drogues. Aucune expérimentation
directe n'étant envisageable, cette réponse élusive
doit nous suffire, et n'empêche pas de poursuivre la recherche animale
et épidémiologique pour en découvrir les éventuels
mécanismes, même si cela ne concerne qu'une fraction particulière
« à risque » des consommateurs de cannabis.
Devant un tel phénomène de société, toute
réaction de rejet, condamnation, ou fausses certitudes, ne peut
être qu'aveu d'impuissance ou échec. Il est nécessaire
de développer des interventions adaptées. Ce sera l'objet
de notre second dossier, dans le numéro suivant de Médecine.
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Références
- OFDT. Cannabis, données essentielles 2007 (Costes JM dir).
- Inserm. Expertise collective. Cannabis. Quels effets sur le comportement
et la santé. Paris; Inserm: 2001.
- Inserm. Expertise collective. Cannabis. Mise à jour 2004.
- Mallaret M, Dematteis M. Effets somatiques liés à la consommation
de cannabis. Rev Prat. 2005;55:41-9.
- Karila L, reynaud M, Vignau J, Alter C. Altération cognitive liée
à la consommation aiguë et chronique du cannabis. Rev Prat 2005;55:23-6.
- Collectif. Le cannabis est-il cause de schizophrénie et de dépression
? Bibliomed 2002:287. Sur www.unaformec.org
- Laqueille X. Troubles psychiatriques liés, induits ou associés
au cannabis. Rev Prat. 2005;55:30-4.
- Kandel D. Does marijuana use cause the use of other drugs? JAMA. 2003;289:482-3.
- Santé Canada. Marihuana. Information destinée aux professionnels
de la santé, 2004.
- Ministry of Public Health of Belgium. Technical Report of the International
Scientific Conference Brussels, Belgium. 2002.
- Beck F, Legleye S, Spilka S. Polyconsommation de substances psychoactives
(alcool, tabac et cannabis) dans la population générale française
en 2005. Presse Med. 2008;37:207-15.
En résumé : le cannabis
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- Le D9-tétrahydrocannabinol, principal responsable des
effets du cannabis, a une concentration variable selon les produits. Il
est rapidement absorbé, stocké, et peut entraîner
des effets cliniques immédiats variables dans leur intensité
et leur durée.
- Le risque de la conduite automobile est majoré par le cannabis,
mais bien plus par l'alcool, seul et surtout associé au cannabis.
- Les autres risques somatiques sont voisins de ceux du tabac.
- Malgré les incertitudes persistantes, sous le seul angle somatique,
ce n'est pas le risque intrinsèque du cannabis qui est le plus
en cause, mais celui des pluriconsommations.
- C'est dans le domaine de la dépendance, des troubles cognitifs
et psychiatriques que le cannabis pose le plus de questions. Les risques
encourus par les (jeunes) consommateurs de cannabis ne sont à l'évidence
pas les mêmes pour tous.
- Nous n'avons pas de réponse à la question posée
sur le risque d'escalade du cannabis vers d'autres drogues.
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