Home > Journals > Medicine > Médecine > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Médecine
- Current issue
- Index set of themes
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
Biology and research
Public health
Agronomy and biotech.
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version
  Version PDF

Dépistage de la trisomie 21 : comment, quand ? Propositions de la HAS (juin 2007)


Médecine. Volume 4, Number 4, 161-3, Avril 2008, Stratégies

DOI : 10.1684/med.2008.0269

Résumé  

Author(s) : La rédaction de Médecine , .

ARTICLE

Quels sont les problèmes posés par ce dépistage ?

Le dépistage de la trisomie 21 impose à la femme enceinte des choix successifs difficiles : accepter l'éventualité de passer d'une grossesse sans histoire à une « grossesse à risque », donc recourir à l'amniocentèse, éventuellement à l'interruption de grossesse... Pourtant, depuis qu'il est proposé systématiquement en France, le principe même semble bien accepté et la demande croît régulièrement : en 2003, 76 % des femmes de moins de 38 ans et 31 % des femmes de 38 ans et plus y ont participé contre 52 % et 10 % en 1997 ; et 95 % des femmes considérées comme « à risque » du fait des résultats des tests ont eu recours à l'amniocentèse, suivant ainsi les conseils de leur médecin. L'information fournie est un élément déterminant, mais complexe, alors qu'un choix réellement « éclairé » n'est possible aux femmes que si cette information est non seulement fiable, mais comprise, notamment pour celles qui font partie des populations de milieux socio-économiques défavorisés ou qui ne sont pas nées en France.

La situation française actuelle pose des problèmes éthiques majeurs, notamment du fait de l'hétérogénéité des pratiques échographiques de mesure de la clarté nucale : le principe de justice n'est pas respecté, puisque les propositions faites aux patientes sont différentes selon les lieux ; ni celui d'autonomie, puisque le choix des femmes dépend de la valeur attribuée par chaque professionnel aux tests de dépistage ; ni celui de bienfaisance, puisque le dépistage en plusieurs temps (âge maternel et clarté nucale au 1er trimestre, marqueurs entre 15 et 18 SA, échographie à 22 SA) peut indiquer à chaque fois des risques différents, majorant l'anxiété générée. En parallèle, la découverte de nouveaux marqueurs (PAPP-A et fraction libre de la b-hCG) a permis l'élaboration de nouvelles stratégies de dépistage. Un groupe de travail réuni par la HAS a donc fait en juin 2007 [1] une revue de la littérature sur ce point et proposé une évolution de la réglementation française vers un dépistage combiné biologie/échographie au 1er trimestre.

Nouvelles stratégies de dépistage

Dépistage combiné au 1er trimestre de la grossesse

Sur des arguments cliniques d'efficacité et de sécurité, économiques, d'acceptabilité et de préférences des femmes, la HAS propose et recommande un dépistage combiné au 1er trimestre de la grossesse, entre 11+0 et 13+6 SA, associant mesure de la clarté nucale (en fonction de la longueur craniocaudale) et dosage des marqueurs sériques (PAPP-A et fraction libre de la b-hCG).

Cette stratégie doit être accompagnée d'un programme d'assurance qualité dans le domaine de la mesure de la clarté nucale, ce qui suppose formation des professionnels et contrôle de qualité, au minimum qualitatif (vérification de la qualité des images échographiques au moyen d'un score ou d'une grille), progressivement quantitatif (suivi de la distribution des mesures de la clarté nucale), au niveau régional ou national.

Dans le cadre d'un éventuel diagnostic prénatal, les femmes doivent être en mesure de choisir la technique de prélèvement foetal (villosités choriales à partir de 11 SA ou amniocentèse à partir de 15 SA), sur la base d'une information complète délivrée par le professionnel de santé, éventuellement dans le cadre d'un conseil génétique.

Encadré 1.

Paroles de femmes

Il y a eu en 2004 (dernières données connues) 91 506 amniocentèses en France (environ 15 % des grossesses) découvrant 4 370 cas d'anomalies chromosomiques dont 41 % de trisomies 21. À ce taux d'amniocentèse, dont 0,5 à 1 % entraîne une fausse couche, le nombre de fausses couches d'enfants non trisomiques dépasse celui des enfants trisomiques dépistés...

« Le plus dur, c'est l'attente du résultat »

C'est en tout cas ce qu'affirmaient les lectrices du quotidien Le Parisien du 6 juin 2007, au moment de la sortie du rapport de la HAS. Elles soulignaient la difficulté de la décision d'amniocentèse, pourtant aboutissement « logique » du dépistage sérique. S'il ne s'agit bien sûr que de quelques opinions exprimées, il en ressort surtout une impression générale de manque de communication entre médecins et patientes, à la fois sur les risques de l'amniocentèse, les faux positifs et négatifs du dépistage. Selon la HAS, Il n'y a que peu de données sur ces points : l'anxiété majorée par un dépistage positif reviendrait au niveau antérieur après un diagnostic prénatal normal, mais les femmes concernées y auraient moins recours lors des grossesses ultérieures ; et globalement, les faux négatifs rendent plus difficiles l'acceptation de la situation lors de la naissance de l'enfant atteint (ce n'est plus vrai quelques années plus tard).

« Arriverons-nous à vivre avec un trisomique ? »

Selon certaines études récentes analysées par la HAS, les femmes interrogées sur les risques de l'amniocentèse classaient par ordre de « préférence » :

1) une grossesse sans problème donnant naissance à un enfant en bonne santé ;

2) une perte foetale liée à un acte diagnostique avec nouvelle conception dans les 2 ans qui suivent la perte ;

3) une perte foetale sans grossesse future ;

4) la naissance d'un enfant atteint de trisomie 21 [1].

Verdict sans appel, qui n'élude cependant pas les graves problèmes éthiques sous-jacents : le risque d'entraîner une attitude globalement négative à l'égard des personnes atteintes de trisomie 21, celui de renforcer le phénomène social de rejet des sujets considérés comme anormaux, et de rendre encore plus intolérable la moindre anomalie de l'enfant et du foetus...

 

Poursuite du dépistage par marqueurs sériques au 2e trimestre

Les femmes qui n'auraient pu bénéficier du dépistage combiné du 1er trimestre pour des raisons de délais ou parce qu'une mesure adéquate de la clarté nucale n'aurait pu être réalisée doivent pouvoir avoir accès à une offre de dépistage.

Lorsque le dépistage combiné proposé ci-dessus ne peut être fait, une stratégie en deux temps (mesure de la clarté nucale au 1er trimestre et dosage des marqueurs sériques du 2e trimestre) peut être proposée, sous réserve d'évaluer la validité des logiciels de calcul du risque dans ce cas.

La HAS ne recommande pas :

* Les stratégies de dépistage intégré où le résultat des marqueurs du 1er trimestre (mesure de la clarté nucale et des marqueurs sériques) ne sont « révélées » qu'avec celui des marqueurs sériques du 2e trimestre.

* Le dépistage séquentiel reposant sur une mesure de la clarté nucale et le dosage des marqueurs sériques du 2e trimestre avec un calcul de risque au 2e trimestre n'intégrant pas les résultats de l'ensemble des tests réalisés préalablement : cette stratégie conduit à des taux de détection élevés, mais aussi des taux d'amniocentèse importants.

* La proposition de réalisation d'un diagnostic prénatal d'emblée pour les femmes de 38 ans et plus, sans offre de recours préalable au dépistage. Elle n'est plus justifiée puisque les stratégies de dépistage permettent d'obtenir des taux de détection très élevés tout en assurant une diminution majeure des taux de prélèvements foetaux.

Une information adaptée

Quelle que soit la stratégie choisie, les femmes enceintes doivent être convenablement informées : des avantages et inconvénients des tests proposés, de la notion de risque et de la distinction entre risque et diagnostic de certitude, des possibilités en matière de prélèvement pour le diagnostic prénatal et en matière d'interruption médicalisée de grossesse, qui ne doivent en aucun cas être présentés comme une obligation.

Perspectives

Trois méthodes de dépistage en cours de développement ouvrent des perspectives pour l'avenir : la détection des cellules foetales circulantes (érythroblastes surtout : leur apparition dans le sang maternel vers 12 SA permettrait un diagnostic prénatal au 1er trimestre), d'autres marqueurs échographiques que la clarté nucale, et de nouveaux marqueurs sériques.

Ces perspectives « techniques » pourraient changer plus ou moins rapidement même les propositions actuelles. Mais quelles que soient les stratégies envisagées, l'essentiel concerne l'information des femmes aux trois temps de la décision : dépistage, diagnostic, et interruption de grossesse.

Référence

  1. HAS. Évaluation des stratégies de dépistage de la trisomie 21. Recommandation en santé publique. Juin 2007. Sur www.has-sante.fr

 

En résumé : dépistage de la trisomie 21

- Depuis 1997, le dépistage prénatal de la trisomie 21 par dosage d'au moins 2 marqueurs sériques entre 15 et 18 SA doit être proposé systématiquement à toute femme enceinte. Le dépistage par échographie du 1er trimestre s'est développé parallèlement.

- La situation française actuelle pose des problèmes éthiques majeurs de justice, d'autonomie, et de bienfaisance.

- Le groupe d'experts réuni à la demande de la HAS recommande un dépistage combiné au 1er trimestre de la grossesse :

* entre 11+0j et 13+6j semaines d'aménorrhée,

* associant mesure de la clarté nucale et dosage des marqueurs sériques (PAPP-A et fraction libre de la b-hCG).

- En cas d'impossibilité de ce dépistage combiné, une stratégie en deux temps (mesure de la clarté nucale au 1er trimestre et dosage des marqueurs sériques du 2e trimestre) peut être proposée en « rattrapage ».

- Le dépistage combiné doit aussi être proposé aux femmes de 38 ans et plus. Le diagnostic prénatal d'emblée n'est plus actuellement justifié du seul fait de l'âge maternel.

- Quelles que soient les stratégies envisagées, l'essentiel concerne l'information des femmes aux trois temps de la décision : dépistage, diagnostic, et interruption de grossesse.

 

Notes :

Voir dans ce même numéro l'article de Favre et Moutel : Échographie du 1er trimestre de la grossesse ; pp. 186-90.

Le développement de cette stratégie de dépistage en France implique la modification du cadre réglementaire actuel (arrêtés du 27 mai 1997 et du 30 septembre 1997) du dépistage prénatal de la trisomie 21.


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]