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Contraception par patches et risque thromboembolique
En septembre 2006, la FDA soulignait les résultats de 2 études
épidémiologiques : la première montrait un doublement du
risque thromboembolique chez les femmes utilisatrices du contraceptif par patch
Ortho Evra® (commercialisé en France sous le nom d'Evra®) ; la
seconde ne montrait aucune différence avec le risque associé à
une contraception orale contenant 30 à 35 ? d'éthinyl estradiol
et du norgestimate de progestérone. Le fabricant de Ortho-Evra et la
FDA ont modifié le 22 janvier 2008 la monographie du contraceptif : une
nouvelle étude d'épidémiologie a confirmé que le
risque thromboembolique veineux était plus élevé avec le
patch qu'avec une contraception orale, probablement en raison de l'augmentation
du taux d'estrogènes circulants (environ 60 % de plus au stade d'équilibre
qu'avec un contraceptif oral contenant 35 ? d'éthinyl estradiol, bien
que les pics de concentration soient inférieurs de 25 %). Ce risque est
à mettre en balance avec le bénéfice attendu d'une plus
grande sécurité contraceptive chez des femmes qui ont tendance
à « oublier » leur comprimé quotidien.
Référence
Ortho Evra® (norelgestromin/ethinyl estradiol transdermal system). Sur
http://www.fda.gov/cder/foi/label/2008/021180s026lbl.pdf
Cannabis et cancer du poumon
L'étude a été menée en Nouvelle-Zélande
chez des patients de moins de 55 ans. 79 cas de cancer bronchopulmonaire et
324 témoins ont été inclus. En utilisant comme bases de
calcul les nombre de joints-année pour le cannabis (après ajustement
sur les variables confondantes telles le tabagisme) et de paquets-année
pour le tabac (après ajustement pour le cannabis), le risque relatif
de cancer du poumon associé à la consommation de cannabis était
augmenté de 8 % (2-15) par joint-année et au tabac de 7 % (5-9)
par paquet-année. Le tertile le plus haut d'utilisation de cannabis (>
10,5 joints-année) était associé à un quintuplement
du risque de cancer bronchopulmonaire (RR 5,7 ; 1,5-21,6).
Référence
Aldington S, Harwood M, Cox B, Weatherall M, Beckert L, Hansell A, et al.
Cannabis use and risk of lung cancer : a case-control study. Eur Respir J. 2008;31:280-6.
Érythropoïétine à risque...
Le risque thromboembolique veineux chez les patients atteints de cancer traités
par érythropoïétine ou darbepoïetine a été
évalué, à partir de 38 essais cliniques (8 172 patients),
à 1,57 (1,31-1,87). Le risque relatif de mortalité analysé
à partir de 51 essais cliniques (13 611 patients) était de 1,10
(1,01-1,20) chez les patients traités. Le rapport bénéfice/risque
des stimulants de l'érythropoïèse devra être réévalué
chez les patients atteints de cancer à la lumière de ces données.
Référence
Bennett CL, Silver SM, Djulbegovic B, Samaras AT, Blau A, Gleason KJ, et al.
Venous thromboembolism and mortality associated with recombinant and darbepoïetin
administration for the treatment of cancer-associated anemia. JAMA. 2008;299:914-24.
Statines et problèmes tendineux
96 accidents tendineux ont été signalés entre 1990 et
2005 aux 31 centres de pharmacovigilance français. La moyenne d'âge
des patients était de 56 ans, la durée médiane de traitement
de 243 jours, un accident survenant cependant au bout de 24 heures de la prise
de statine. Près d'un patient sur 3 était « à haut
risque » du fait d'un diabète, d'une hyperuricémie, ou d'une
pratique sportive intensive. Les complications - tendinite avec ou sans rupture
ou rupture avec ou sans tendinite - ont été suffisamment sévères
chez 17 patients pour justifier une hospitalisation et 19 patients ont souffert
d'un déficit fonctionnel significatif. L'imputabilité de ces accidents
aux statines est probable du fait de la concomitance entre leur survenue et
le début du traitement. Les tendinites ont disparu ou se sont améliorées
à l'arrêt du médicament et ont recommencé à
sa reprise chez 7 patients. Toutes les statines ont été incriminées.
Le mécanisme en cause est inconnu.
Référence
Marie I, Delafenêtre H, Massy N, et al. Tendinous disorders attributed
to statins: A study on ninety-six spontaneous reports in the period 1990-2005
and review of the literature. Arthritis Care Res. 2008;59:367-72.
Corticoïdes cachés...
La patiente de 28 ans, d´origine africaine, consultait pour une prise
de poids de 12 kg et une infertilité. L'examen clinique et les dosages
hormonaux (cortisol et ACTH très bas) confirmaient un syndrome de Cushing.
La patiente a finalement admis qu´elle utilisait depuis 7 ans une crème
« pour éclaircir sa peau » achetée non en pharmacie,
mais dans une boutique « spécialisée » dans les crèmes
de ce type. Celle-ci, dont la patiente utilisait 60 g par semaine, était
bien un dermocorticoïde : le clobétasol (en France : Dermoval®,
crème considérée comme d'activité « forte »
selon la monographie du Vidal®).
Référence
Goldstone AP, Tan TM, Meeran K. The pursuit of beauty. Lancet. 2008;371:596.
Mortalité de la moxifloxacine
La moxifloxacine (Izilox®) est utilisée dans les exacerbations
aiguës de bronchite chronique, pneumonies communautaires à l'exception
des formes sévères et sinusites aiguës bactériennes.
Des atteintes hépatiques sévères, survenant généralement
au bout de 3 à 10 jours de traitement, et dans quelques cas jusqu'à
30 jours après son arrêt, ont eu pour la majorité des patients
une évolution favorable, mais 8 cas d'hépatite fulminante mortelle
ont été enregistrés. De plus, 35 cas de syndrome de Stevens-Johnson
ont été notifiés, dont 3 d'évolution fatale et 7
pour lesquels le pronostic vital a été engagé. Parmi ces
10 cas, 3 ont évolué vers un syndrome de Lyell confirmé.
Compte tenu du nombre de patients traités (76,3 millions jusqu'en mai
2007), le taux de notification est faible, mais l'Afssaps rappelle aux professionnels
de santé d'être attentifs aux premiers signes d'atteintes hépatiques
ou de réactions cutanées et d'en informer les patients.
Référence
Afssaps. Izilox : information importante de pharmacovigilance. Sur www.agmed.sante.gouv.fr
Pharmacovigilance française de la varénicline
Du 12 février au 31 août 2007, 335 cas ont été
analysés par les centres de pharmacovigilances français dont 45
cas graves, incluant un décès survenu 48 heures après le
début du traitement. Au cours de la période considérée,
il a été estimé, à partir du nombre de boîtes
vendues, que 212 517 patients ont été exposés à
la varénicline, ce qui fait un taux de notification des cas graves sur
les 6 premiers mois de commercialisation de 2,12/10 000 : psychiatriques (15
cas), gastro-intestinaux (5), système nerveux (9), cardiovasculaires
(8), hépatiques et voies biliaires (2), respiratoires (1), cutanés
et annexes (2), interaction (1 avec AVK), obstétrique (1), ostéomusculaire
(1). Par ailleurs, au 31 août 2007, 290 cas non graves ont été
analysés. Selon la Commission nationale de Pharmacovigilance, les résultats
de ce bilan sont conformes au profil de sécurité d'emploi attendu
et ne révèlent pas la survenue d'effets indésirables inattendus
majeurs. Il est difficile d'évaluer la responsabilité respective
du médicament, de la poursuite de la consommation de tabac, ou du sevrage
tabagique, notamment dans la survenue des effets cardiovasculaires et des effets
neuropsychiatriques.
Référence
Commission nationale de pharmacovigilance du 27 novembre 2007. Sur http://afssaps.sante.fr/htm/1/pharmaco/cr-pv-071101.pdf
Les effets indésirables du BCG-SSI®
Ce vaccin est le seul disponible en France pour la prévention de la
tuberculose. Après 30 mois de commercialisation, 1 292 notifications
de pharmacovigilance ont été recensées pour plus de 740
000 flacons vendus : 675 abcès locaux, essentiellement chez des enfants
âgés de moins de 6 ans, 14 adénites suppurées, 1
(peut-être 2) bécégite(s) généralisée(s),
225 réactions locales de plus de 1 cm (sans abcès) et autres incidents
mineurs. Il y a eu 111 hospitalisations. Dans plus de 16 % du total des cas
d'abcès locaux rapportés, un traitement antibiotique et/ou antituberculeux
(par voie locale ou générale) a été instauré
(110/675). Un cas suspect d'ostéite d'évolution favorable a été
signalé chez une enfant immunodéprimée âgée
de 3 ans. Le taux de mésusage du vaccin est de l'ordre de 35,4 % du total
des cas d'abcès locaux recensés (239/675) : site d'administration
non recommandé (151 cas) et/ou sous ou surdosage (47 cas). Il est rappelé
que le décret no 2007-1111 du 17 juillet 2007 a levé l'obligation
vaccinale contre la tuberculose pour les enfants de moins de 6 ans lors de leur
entrée en collectivités, et pour les enfants de plus de 6 ans,
les adolescents et jeunes adultes qui fréquentent des établissements
d'enseignement, des services sociaux d'enseignement ou médico-sociaux.
Référence
Commission nationale de pharmacovigilance du 27 novembre 2007. Sur http://afssaps.sante.fr/htm/1/pharmaco/cr-pv-071101.pdf
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