Epstein, enseignant à l'université de Rochester (New York), développe
dans cette revue générale les modèles d'évaluation
en formation initiale dans les domaines de compétence définis
par l'ACGME (Accreditation Council for Graduate Medical Education) : connaissances,
communication, gestes techniques, raisonnement clinique, professionnalisme à
la fois envers l'individu et la collectivité. Il ajoute qu'évaluer
les compétences ainsi développées n'est pas une fin en
soi, mais permet plutôt de vérifier que le réflexe de développement
professionnel permanent a bien été acquis... Il détaille
ensuite les objectifs de l'évaluation (formative ou sommative), ses méthodes
(écriture, supervision clinique, observation directe ou différée
par vidéo, simulations cliniques par patients « standardisés
», évaluations « multisources » par les pairs, portfolios,
etc.). Il relève enfin les défis actuels : domaines nouveaux (comme
l'exercice en équipe ou les domaines d'expertise très spécifiques),
insuffisances (évaluation trop ponctuelle, insuffisamment reproductible,
concernant plus le savoir que les compétences vraies). Conclusion en
demi-teinte : il n'y a que peu d'études montrant une corrélation
réelle entre évaluation et qualité des soins...
L'éditorial de Klass (canadien) élargit le débat aux médecins
en exercice. Lui aussi note que nous avons besoin de mieux comprendre la relation
entre évaluation et résultats. Il relève l'importance des
échanges entre pairs, des formations complémentaires là
où se révèlent de vrais besoins, donc de la nécessaire
interaction entre formation et évaluation. Ce n'est qu'à ces conditions
que se rejoindront les exigences de la profession (maintien des compétences)
et de la société (qualité optimale des soins délivrés).
Epstein R. Assessment in medical education. NEJM. 2007;356:387-96.
Klass D. Assessing doctors at work. Progress and challenges. NEJM. 2007;356:414-5.
Commentaires de la rédaction
* À un moment où les mêmes problèmes se posent
dans tous les pays semblables, cette réflexion nord-américaine
(Etats-Unis et Canada) montre bien que nous ne sommes qu'au début d'une
longue histoire...
* Rien ne nous permet de dire que les « choix » actuels vont dans
le bon sens. La « séparation » très franco-française
de deux champs différents, formation continue et évaluation des
pratiques, pose pour le moins question...
* Les mêmes problèmes se retrouvent de part et d'autre de l'Atlantique
: il est plus facile d'évaluer des connaissances ou des procédures
que de s'intéresser à la réelle qualité des soins.
À suivre ?
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