Les tatouages permanents sont de plus en plus populaires. Des complications
de cette pratique sont régulièrement rapportées, bien que
rares dans l'absolu. Leur nature évolue au fil des années. L'introduction
d'un pigment exogène dans le derme n'est pas sans risque. Chaque siècle
a connu son lot de complications spécifiques : infections sévères
parfois mortelles et épidémies de syphilis d'inoculation au site
de tatouage au début du xxe siècle, réactions d'hypersensibilité
aux pigments, principalement sur les tatouages rouges, tumeurs bénignes,
dermatoses localisées, hépatites et infections par le VIH à
la fin du xxe siècle.
Les éditorialistes mettent en exergue les complications propres à
ce début du xxie siècle : eczémas de contact après
tatouage temporaire au henné, association avec un mélanome, douleurs
et brûlures sur des tatouages sombres contenant de l'oxyde de fer lors
de la réalisation d'IRM, risque de dépôt des pigments dermiques
d'un tatouage dans l'espace périmédullaire (avec de potentielles
complications neurologiques ultérieures) lors d'une anesthésie
péridurale à travers un tatouage lombaire d'une parturiente...
Kluger N, Bessis D, Raison-Peyron N, Guillot B. Tatouages permanents : de
nouvelles complications au xxie siècle. Presse Med. 2006;35:1598-600.
Les questions que se pose la rédaction
* On ne peut qu'adhérer aux propositions des auteurs : le médecin
peut proposer au candidat au tatouage des alternatives surtout s'il s'agit de
femmes jeunes, mères potentielles, par exemple le choix d'un autre site
que la région lombaire ou d'un motif comportant des espaces libres sans
pigment pour permettre le passage éventuel d'une aiguille...
* Sans trop d'illusions ! Il est assez rare que les «candidats»
demandent au préalable un avis médical... La fréquence
réelle de ces complications reste de toute façon inconnue.
DOI : 10.1684/med.2007
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