ARTICLE
Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) représentent
l'application de principes issus de la psychologie scientifique à la
pratique clinique de la psychothérapie. Elles se sont développées
progressivement en France depuis les années 1970, mais les premiers travaux
dans les pays anglo-saxons remontent à la fin des années 1950.
Les TCC s'inscrivent aisément dans le modèle bio-psycho-social
[1] selon lequel les troubles psychiatriques ont une origine à la fois
biologique, psychologique et sociale. Les données actuelles de la génétique
montrent que l'héritabilité ne représente que 40 % de l'étiologie
des troubles psychiatriques, le reste étant explicable par des processus
sociaux, interpersonnels, ou le développement psychologique individuel,
ou des évènements qui surviennent dans la vie de chacun [2]. Il
reste donc une large place pour des facteurs étiologiques psychosociaux
et des interventions psychothérapiques destinées à en modifier
les effets. Les TCC ont été fondées, d'abord, sur les théories
de l'apprentissage : conditionnement classique, conditionnement opérant,
théorie de l'apprentissage social. Puis elles ont pris pour référence
les théories cognitives, en particulier le modèle du traitement
de l'information.
Principe thérapeutique : modifier un apprentissage émotionnel,
cognitif ou comportemental inadapté
Ces apprentissages, ainsi que les processus cognitifs qui les accompagnent,
peuvent jouer un rôle causal direct dans l'étiologie d'un trouble
psychopathologique, rôle causal pas nécessairement unique. Une
vulnérabilité, inscrite dans le tempérament et d'origine
génétique favorise ces conditionnements. C'est ainsi que l'on
définit un trait héritable comme le « neuroticisme »
qui se trouve en amont des processus de conditionnement dans les troubles anxieux
et dépressifs. Des variations génétiques qui influent sur
le transporteur de la sérotonine, qui lui-même régule le
fonctionnement du noyau amygdalien, seraient sous-jacents [3]. Les données
actuelles de l'épidémiologie génétique montrent
que dans l'anxiété et aussi la dépression, et dans la plupart
des troubles psychiatriques, les facteurs environnementaux sont tout aussi importants
que les facteurs génétiques dans l'expression clinique des troubles.
Le conditionnement classique (ou répondant, ou pavlovien) a pour effet
de mettre en place les réponses du système nerveux végétatif
[4], « biologie des émotions » en relation avec les facteurs
cognitifs [5, 6]. La conscience joue peu de rôle dans ce type d'apprentissage,
qui a lieu dans deux structures neurologiques qui appartiennent à des
structures primitives du cerveau, le thalamus et l'amygdale, et également
le tronc cérébral. L'apprentissage de la peur et des réactions
anxieuses a lieu dans le thalamus et l'amygdale, selon une voie qui court-circuite
le cortex préfrontal. Cette voie est utilisée quand il s'agit
de réponses immédiates de survie : fuir, affronter et combattre,
ou s'immobiliser. Mais à cette voie courte se superpose une voie longue,
qui va permettre un traitement conscient, et plus lent de l'information. Cette
voie fait relais dans les aires préfrontales qui font partie du néocortex.
Une atteinte du cortex préfrontal empêche la décroissance
des réponses de peur et d'anxiété par l'exposition répétée
aux situations provocatrices d'anxiété.
Des organismes comprenant un nombre limité de neurones (aplysie) peuvent,
à côté des réponses conditionnelles, mémoriser
après une seule rencontre avec un stimulus nuisible (sensibilisation)
[7], ce qui entraîne une potentialisation à long terme résultant
d'une cascade d'événements chimiques : la réponse va s'accroître
sans qu'il soit nécessaire de mettre en place de nouvelles expériences
de conditionnement.
L'habituation est l'inverse de la sensibilisation ; c'est un processus physiologique
très général, forme élémentaire et primitive
d'apprentissage qui peut être assez facilement utilisée comme paradigme
expérimental et principe thérapeutique. Chez la personne souffrant
de réponses émotionnelles excessives, l'habituation par présentation
prolongée et répétée des stimuli (principe d'exposition)
aboutit à la diminution de la force des réponses inconditionnelles
contrôlées par le tronc cérébral et le complexe amygdalien.
En revanche, la présentation brève des stimuli évocateurs
d'obsessions et de compulsions ou de phobies ne fait qu'accroître l'intensité
des réponses motrices, cognitives et végétatives futures.
Il s'agit du phénomène inverse de l'habituation : la sensibilisation.
En général, il faut 45 minutes d'exposition pour aboutir au
phénomène d'habituation. Le thérapeute doit donc proposer
aux patients phobiques ou obsessionnels, des séances répétées
et prolongées plutôt que des séances brèves et espacées.
Ainsi, le plus connu des principes utilisés en TCC est l'exposition aux
situations anxiogènes [8, 9]. Celle-ci est en général effectuée
de manière graduelle et précédée d'une phase d'exposition
prolongée et répétée en imagination qui vise à
habituer les réponses physiologiques inadaptées et à éteindre
les réponses motrices d'évitement.
Le conditionnement opérant (ou skinnerien ou instrumental) a été
décrit dès la fin des années 1930 [10] comme une extension
de la théorie darwinienne de la sélection naturelle. Il a pour
but de développer et maintenir des réponses motrices et verbales.
L'organisme opère sur l'environnement et les conséquences de son
action le conduisent à modifier son comportement. Il répétera
ou éliminera certaines réponses. Les actions sont renforcées
par leurs conséquences négatives, positives ou nulles. Deux grands
principes pratiques, issus du conditionnement opérant, sont le plus souvent
utilisés :
1. Le principe de segmentation de la difficulté : il consiste par exemple
à classer de 0 à 100 les étapes d'affrontement d'une situation
en fonction de l'anxiété ressentie à chaque étape.
2. Le façonnement progressif avec renforcement positif des comportements
qui, s'approchant progressivement du but recherché, évite le découragement
aussi bien des patients que des thérapeutes. Le renforcement positif
est présenté par le thérapeute sous forme d'approbation
et de valorisation de l'activité du patient.
Les principes de l'apprentissage « social » par imitation de modèles
ont été étendus aux problèmes cliniques [11]. Ils
sont surtout appliqués pour le développement de la compétence
sociale par les jeux de rôle : le patient, après avoir joué
une interaction sociale, observe des modèles compétents qui donnent
leur version de la situation et s'inspire des modèles pour en donner
sa propre version.
Une dimension particulière du fonctionnement mental : l'efficacité
personnelle perçue face à des événements aversifs
[11, 12]. L'impuissance apprise et la perte de l'efficacité personnelle
perçue peuvent rendre compte des réponses de stress, d'anxiété
et de dépression. À l'inverse, le développement de la résilience
représente un des buts thérapeutiques généraux des
TCC.
Au total, les TCC reposent sur l'idée que la modification des schémas
cognitifs joue un rôle central dans le processus psychothérapique
[13-15]. Un schéma cognitif est une structure imprimée par l'expérience
sur l'organisme qui va entraîner un traitement spécifique de l'information
provenant du monde extérieur ou des états somatiques (encadré
1).
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Encadré 1.
Le modèle cognitif des troubles psychopathologiques peut se
résumer en douze propositions
1. Les schémas cognitifs représentent des interprétations
personnelles de la réalité qui sont automatiques et s'activent
de manière inconsciente.
2. Les schémas cognitifs influent sur les stratégies individuelles
d'adaptation.
3. Ils représentent une interaction entre les comportements,
les émotions, l'attention et la mémoire.
4. Ils se manifestent par des distorsions cognitives et des biais spécifiques
à chacun des grands types psychopathologiques : en clair des préjugés
ou des attitudes ou des croyances irrationnelles.
5. Ils se traduisent par une vulnérabilité cognitive individuelle.
6. Chaque trouble psychopathologique résulte d'interprétations
inadaptées concernant soi-même, l'environnement actuel et
le futur. Il existe donc des schémas spécifiques : schémas
d'interprétation négative des événements (dépression),
schémas de dangers (phobies, attaques de panique), schémas
de sur-responsabilité (trouble obsessionnel compulsif).
7. Ces schémas se traduisent par une attention sélective
vis-à-vis des événements qui les confirment : ils
représentent donc une prédiction qui se réalise.
8. Les schémas pathologiques sont des structures adaptatives
sélectionnées par un environnement et devenues inadaptées
à un autre environnement.
9. Ils sont donc à relier à des structures neurobiologiques
(des réseaux), gérant à la fois les émotions
et les croyances, sélectionnées par l'évolution naturelle.
Ils sont stockés dans la mémoire à long terme.
10. La meilleure façon d'accéder aux schémas cognitifs
est d'activer les émotions : « L'émotion est la voie
royale vers la cognition. » Il est conseillé au thérapeute
en cas d'expression émotionnelle dans la séance de rechercher
la pensée automatique qui est attachée à l'émotion
(Beck et al., 1979). Par exemple, le monologue intérieur «
Je ne vaux rien » correspond à la tristesse et aux larmes
dépressives. Il renvoie au schéma « Standards élevés
» qui pourra être examiné dans sa dimension historique
: d'où viennent ces standards ? Ce qui permettra de le modifier
progressivement.
11. Ces schémas peuvent être à la base de la personnalité
en particulier les schémas cognitifs précocement acquis
lors des expériences infantiles.
12. Les TCC ont pour but la modification des schémas par des
méthodes cognitives, comportementales, émotionnelles et
interpersonnelles.
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TCC : individuelles ou en groupe, couple ou famille
Les séances sont limitées en nombre : 10 à 25 séances
hebdomadaires pour les troubles anxieux et la dépression, une centaine
pour les troubles de personnalité ou la réhabilitation des psychotiques.
Elles durent de 30 à 60 minutes, pendant 6 mois à 3 ans selon
la nature et la chronicité des troubles (6 mois en général
pour les troubles anxieux et la dépression, 1 à 3 ans pour les
troubles de la personnalité).
Le déroulement de la thérapie se fait en plusieurs étapes
:
* Diagnostic clinique selon les classifications internationales CIM-10 ou
DSM des troubles psychiatriques.
* Analyse motivationnelle : qu'est-ce que le patient désire changer
(définition avec le thérapeute des objectifs du traitement) ?
* Établissement d'une relation thérapeutique de collaboration
: l'alliance thérapeutique doit être bonne pour que la thérapie
fonctionne bien.
* Analyse fonctionnelle : quelles sont les relations entre les comportements-problèmes,
les pensées, les émotions et l'environnement social et physique
de façon à adapter la thérapie à chaque patient.
Des grilles [15] permettent d'établir les dysfonctionnements présents
du patient (synchronie) et leur mise en place et leur maintien dans le passé
(diachronie). L'analyse fonctionnelle guidera la démarche thérapeutique
en générant des hypothèses communes au patient et au thérapeute,
au sujet des facteurs de déclenchement et de maintien du trouble.
* Explication du problème psychopathologique et des techniques qui
seront mises en place pour assurer le changement des comportements, des émotions
et des pensées.
* Développement de capacités d'autoguérison et d'autogestion
du patient.
* Évaluation des résultats du traitement par rapport à
une ligne de base enregistrée avant de commencer.
* Programme de maintenance et suivi durant un an après la fin de la
phase active de traitement.
La séance est structurée par un thérapeute actif [13]
:
* Évaluation des tâches effectuées entre les rencontres,
s'il y a lieu, en début de séance.
* Définition d'un agenda de séance : thème de séance
établi avec le patient.
* Résumé de la séance toutes les 10 minutes environ par
le thérapeute qui le propose à la discussion du patient. La méthode
« socratique » de questionnement permet de mobiliser les croyances.
* Utilisation de techniques cognitives, comportementales, émotionnelles
et interpersonnelles pour modifier les schémas cognitifs et les pensées
automatiques préconscientes qui entraînent les difficultés
relationnelles du patient.
* Résumé de séance par le patient au thérapeute
de manière à mettre à jour ce que le patient retient de
la séance. Ce résumé est discuté. Le thérapeute
demande un feed-back du patient sur ce qu'a fait ou dit le thérapeute
avec une critique éventuelle de ce qui lui a déplu ou une mise
en avant de ce qu'il veut préciser.
* Avant de terminer, définition avec le patient des tâches cognitives
et comportementales à mettre en oeuvre dans la vie quotidienne. Un agenda
est établi concernant le ou les points à aborder en priorité
lors de la prochaine séance.
L'alliance thérapeutique est une condition nécessaire mais non
suffisante pour une thérapie efficace. En TCC, la relation thérapeutique
se fonde sur l'ici et maintenant, la sélection avec le patient de problèmes
concrets à résoudre et une attitude consistant à tester
des hypothèses thérapeutiques établies en commun. Ce type
de relation est appelé « relation de collaboration empirique »,
et pourrait se définir ainsi : « deux scientifiques travaillant
en commun sur un problème à résoudre ».
Résultats des TCC : les données factuelles
Le niveau de preuve de l'efficacité des TCC chez l'adulte apparaît
très élevé, dans la plupart des problèmes psychopathologiques,
lors de comparaison avec des groupes contrôles et/ou d'autres formes de
traitement (tableau 1) [16]. Bien que
très critiqué en France, les conclusions du rapport de l'Inserm
convergent avec celles de nombreux rapports publiés à l'étranger
ces 15 dernières années [17, 18].
Les méthodes d'imagerie fonctionnelle ont été utilisées
dès leur apparition pour tester des hypothèses psychopathologiques
mais aussi pour évaluer les effets des psychothérapies et tenter
d'en expliquer les processus. Plusieurs études ont montré des
changements identiques, ou très voisins lorsqu'on compare les effets
des traitements pharmacologiques par antidépresseurs et les thérapies
(encadré 2).
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Encadré 2.
Les données des neurosciences
* Dans le trouble obsessionnel compulsif, l'activité métabolique
mesurée par caméra à positons (méthode au
fluoro-déoxy-glucose) dans les régions orbito-préfrontales
et dans le noyau caudé est diminuée par TCC ou par fluoxétine.
L'effet est plus diffus sous fluoxétine [19].
* Dans les phobies sociales, l'activité du complexe amygdalien
mesurée par la caméra à positons diminue sous citalopram
et sous TCC chez les répondeurs dans les deux groupes [20].
* Dans les phobies spécifiques, les effets de la TCC sur l'IRM
fonctionnelle ont été étudiés chez 12 sujets
présentant une phobie des araignées (mesure effectuée
durant le visionnement d'un film représentant des araignées).
Une comparaison était effectuée avec un groupe contrôle
normal au pré-test seulement. Les résultats ont montré
chez les « normaux » une activation occipitale moyenne gauche
et temporale inférieure droite. En revanche chez les « phobiques
» au pré-test, il y avait une activation dorsolatérale
préfrontale qui pouvait correspondre selon les auteurs à
une « métacognition adaptative », ainsi qu'une activation
para-hippocampique qui correspondait à une activation de la mémoire
contextuelle en relation avec la peur. Après TCC, on observait
chez les phobiques une disparition des activations préfrontales
et hippocampiques anormales.
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Conclusion : intérêt et limites des TCC
En raison d'un nombre important d'essais contrôlés et de méta-analyses,
les TCC apparaissent actuellement comme la forme de psychothérapie la
mieux validée selon les principes de la médecine fondée
sur des preuves. Cependant, les études de suivi des résultats
dépassent rarement deux ans. Sur une durée plus longue (2-14 ans),
les résultats obtenus sont plus stables dans les troubles anxieux que
dans la réhabilitation de schizophrénie, mais tendent à
s'éroder avec le temps du fait de la comorbidité [21]. En revanche,
plusieurs études ont montré une prévention des rechutes
par la thérapie cognitive dans la dépression [22] et une étude
montre les effets stables des TCC dans le stress post-traumatique sur 5 ans
[23].
Un nombre important de non-répondeurs existe dans certaines catégories
nosographiques, en particulier les troubles obsessionnels compulsifs [24], ce
qui dans certains cas complexes et difficiles incline à combiner, au
début, des traitements pharmacologiques pour amorcer le changement, et
incite à la recherche de nouveaux traitements biologiques et psychologiques.
Un niveau élevé de motivation est souvent nécessaire
pour entrer et rester en thérapie. C'est vrai en particulier dans le
domaine des addictions : tabac, alcool, drogues dures ou douces. Il faut donc
mettre en place des méthodes cognitives de clarification et de développement
de la motivation, avant de mettre en route des procédures comportementales
de sevrage [25].
Malgré l'accumulation de données sur l'efficacité des
TCC et la recherche fondamentale sur leurs principes, il n'y a pas encore de
théorie générale qui permette de comprendre complètement
leurs processus. L'étude plus poussée des schémas cognitifs
et de leur relation avec des réseaux de neurones, permettra sans doute
une avancée théorique dans un avenir proche, en particulier dans
le domaine des troubles de la personnalité.
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En résumé : les TCC
- Les TCC reposent sur l'idée que la modification des schémas
cognitifs joue un rôle central dans le processus psychothérapique.
Elles visent à modifier les conditionnements pathologiques mis
en place par un apprentissage émotionnel, cognitif ou comportemental
inadapté.
- Les TCC sont des thérapies brèves (séances limitées
en nombre et en durée) effectuées individuellement ou en
groupe, selon un déroulement prédéterminé,
chaque séance étant structurée par le thérapeute.
- Les TCC apparaissent actuellement comme la forme de psychothérapie
la mieux validée selon les principes de la médecine factuelle.
- Malgré l'accumulation de données sur leur efficacité
et la recherche fondamentale sur leurs principes, il n'y a pas encore
de théorie générale qui permette de comprendre complètement
leurs processus.
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Notes :
1. Avertissement de la rédaction. L'apport des TCC est important pour
tout clinicien. Malgré sa relative « ancienneté », les
concepts développés dans cet article nous sont peu familiers.
Les relecteurs de cet article ont dit leur intérêt, mais aussi
leurs difficultés à comprendre, parce qu'il s'agissait d'un domaine
nouveau pour eux, avec des « mots » et des « concepts »
qui leur étaient étrangers, comme ceux de modèle bio-psycho-social,
de neurocorticisme, de biologie des émotions, de cognition, etc. Dans
l'ensemble, reconnaissons que nous sommes « incultes » et qu'il nous
faut faire à partir d'aujourd'hui l'effort d'entrer dans une discipline
thérapeutique « nouvelle ». Il faudra y revenir plus longuement,
en particulier sous forme de vignettes cliniques éclairant ces premières
données théoriques et apportant des définitions «
de base » sur les théories et la psychologie cognitives. Ce texte
de Jean Cottraux reprend largement les conclusions du rapport INSERM publié
en 2004 [16], objet de tant de polémiques à l'époque. Il
n'était pas possible dans un article nécessairement court de redéfinir
ce qui dans ce long rapport (plus de 500 pages...) permet de parler, à
juste titre, de données factuelles. La présentation succincte
du tableau 1 résume en particulier le chapitre 11 du rapport, qui décrit
longuement les études retenues, leurs résultats, et les outils
utilisés pour l'évaluation. Rappelons, pour les lecteurs passionnés,
qu'il est toujours disponible à l'adresse : http://ist.inserm.fr/basisrapports/psycho.html
2. La formation, en France, correspond à un diplôme universitaire
(DU) ou inter-universitaire (DIU) obtenu en trois ans et qui comprend 450 heures
de formation théorique et pratique, et la présentation orale et
écrite de huit cas supervisés. Ces diplômes sont ouverts
aux psychiatres, psychologues, infirmiers spécialisés et médecins
généralistes principalement. Cependant, le nombre de psychothérapeutes
formés en France (environ 1 500) apparaît insuffisant pour répondre
à une demande croissante.
3. La thérapie familiale sous forme de psycho-éducation et de
résolution de problèmes a particulièrement été
étudiée chez les psychotiques.
DOI : 10.1684/med.2006.0046
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