Cette étude multicentrique italienne a suivi prospectivement 619 patients
qui avaient fait un premier épisode de thrombose veineuse proximale des
membres inférieurs, une embolie pulmonaire, ou les deux, sans cause évidente
tel que cancer ou immobilisation plâtrée. Après au moins
3 mois d'anticoagulation par AVK, le traitement était arrêté
pendant 1 mois, puis un dosage de D-dimères était fait. Chez 392
patients, il était normal, élevé chez les 227 autres, dont
224 ont été randomisés en 2 sous-groupes, 105 reprenant
les AVK, 122 non. Le suivi a duré 15 mois en moyenne. Dans le groupe
D-dimères élevés, il y a eu 15 % de récurrences
dans le sous-groupe arrêt de traitement versus 2,9 % dans le sous-groupe
anticoagulé (RR 4,26 ; IC : 1,23-14,6) ; ce risque relatif par rapport
au groupe D-dimères normaux, où il y a eu 24 récurrences,
soit 6,2 %, était de 2,27 (IC : 1,15-4,46 ; p = 0,02). Selon les auteurs,
la reprise d'un traitement anticoagulant, si les D-dimères étaient
élevés 1 mois après son arrêt, chez de tels patients,
diminuait significativement le risque de récurrence, mais la durée
optimale de l'anticoagulation chez des patients à D-dimères normaux
n'était pas clairement établie.
Palareti G, Cosmi B, Legnani C, Tosetto A, Brusi C, Iorio A et al. D-Dimer
testing to determine the duration of anticoagulation therapy. N Eng J Med.
2006;355:1780-9
Les questions que se pose la rédaction
* Un dosage « normal » des D-dimères est un argument
négatif important dans un groupe à faible risque de thrombophlébite.
* Il apparaît que ce n'est pas le cas dans le suivi d'une
thrombophlébite et qu'il n'est pas un argument suffisant pour arrêter
l'anticoagulation.
* La question de la durée optimale d'un tel traitement
après thrombophlébite reste entière.
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