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Peut-on dire : « Plus il y a de gens vaccinés contre la grippe, autrement
dit plus la couverture anti-grippale sera importante, moins grand sera le risque
de modification génétique, de croisement génétique avec le virus aviaire
(du fait que la grippe humaine sera moins importante) ? » et donc doit-on encore
plus inciter à la vaccination contre la grippe ?
Pour répondre à cette question, mieux vaut commencer par la fin.
Faut-il inciter davantage à se faire vacciner contre la grippe ?
OUI pour ceux qui sont « à risque », c'est-à -dire ceux qui reçoivent un
bon pour un vaccin antigrippal gratuit. Une partie de ceux-là , notamment les
plus jeunes, oublie de se faire vacciner, soit parce qu'ils se sentent trop
jeunes, soit parce qu'ils oublient. C'est le cas des jeunes diabétiques, des
gros fumeurs, des jeunes atteints de maladies des globules rouges (thalassémie,
drépanocytose, etc.) et des « jeunes seniors ». Pour tous ces patients Ã
risque, il y a un gros travail d'éducation à faire et les pharmaciens ont un
grand pouvoir de persuasion quand ils s'y mettent.
NON pour ceux qui sont en bonne santé et qui n'ont pas de raison professionnelle
de se faire vacciner. Laissons le vaccin antigrippal à ceux qui en ont vraiment
besoin.
S'il y a plus de vaccinés, peut-on réduire le risque de modification génétique
?
D'une façon générale, il faudrait probablement vacciner plus de 60 % de
la population pour empêcher le déclenchement d'une épidémie de grippe humaine.
Ce n'est pas envisageable à grande échelle. Par contre, ce qui est prévu Ã
petite échelle, en cas d'apparition d'un foyer de grippe aviaire dans un élevage
en France, c'est d'isoler un périmètre de quelques kilomètres autour de l'élevage
et, à l'intérieur de ce périmètre, de vacciner la population et ceux qui
doivent intervenir (vétérinaires, ouvriers chargés de l'abattage des volailles,
etc.). Il est prévu aussi de leur donner des comprimés d'antiviraux spécifiques
en cas de grippe [2]. Cette stratégie vise à les protéger contre la grippe
aviaire et, peut-être, à réduire le risque de réassortiment génétique entre
virus grippaux humains et animaux. Est-ce que ça répond à vos questions ?
En pratique, laissons aux volailles la grippe qui leur revient. Le virus de
la grippe humaine est différent de celui qui infecte les volailles. Le vaccin
grippal humain ne protège pas contre la grippe aviaire. Il est donc inutile
de se précipiter sur le vaccin antigrippal humain dans l'espoir de se prémunir
contre le virus aviaire. Réservons le vaccin antigrippal humain à ceux qui
en ont le plus besoin : les personnes fragilisées par certaines affections
de longue durée ou par leur ÃÊge.
Une femme enceinte peut-elle se faire vacciner ? Sinon, combien de temps avant
une grossesse cela est-il sans risque ?
Il n'existe pas, à l'heure actuelle, de données suffisamment pertinentes pour
évaluer un risque tératogène ou foetotoxique pendant la grossesse. Par contre,
il est établi que la grippe peut être une source d'avortement spontané ou d'accouchement
prématuré. Chez les femmes enceintes à haut risque, il faudra mettre en balance
le risque possible d'infection clinique et les risques possibles de la vaccination.
̀ noter : le vaccin peut ̻tre administr̩ chez une femme qui allaite.
Faut-il proposer aux patients des masques comme moyen de se protéger ?
Aucune recommandation du plan de lutte contre la pandémie de grippe ne propose
clairement le masque chirurgical comme protection contre la contamination. Ce
type de masque est préconisé pour les malades soucieux de limiter la projection
de virus autour d'eux. Les masques de protection respiratoire (FFP2 ou FFP1) ne
pourront être supportables par tous, tout au long de la pandémie. Dans ce contexte,
un masque chirurgical protégera mieux que... rien.
Aujourd'hui, le plan existe et la pandémie n'est pas là ; cette « fenêtre
», dont on ne sait pas combien de temps elle durera, doit être utilisée au
mieux pour informer et former la population sur tous ces aspects pratiques.
Dès aujourd'hui, on peut diffuser en priorité deux idées simples :
• Autour d'un malade grippé, les virus grippaux diffusent essentiellement
dans un périmètre de 2 mètres. C'est donc dans ce périmètre qu'il convient
de se poser le problème de port du masque.
• Il faut se laver les mains, souvent et soigneusement, car les
virus (pas seulement grippaux mais aussi respiratoires ou digestifs) se transmettent
par le contact des mains ; il faut notamment seriner cette règle d'hygiène
aux enfants.
Les vendeurs de masques font le forcing pour me vendre des FFP2 et insistent
sur une certaine « norme EN 149 ». Quelles sont les performances de ces masques
? Où pourrais-je avoir la norme EN 149 ?
La fiche « Appareils de protection respiratoire et métiers de la santé »,
éditée par l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) [3], fait
le point sur les fonctions de chaque type de masque et sur les normes. Un document
précis et précieux à consulter et à conserver.
Quels désinfectants et quels antiseptiques utiliser pour éviter de transmettre
le virus grippal aviaire H5N1 ?
Le virus grippal aviaire ressemble à tous les virus grippaux de toutes les espèces.
Ses particularités concernent ses antigènes de surface, c'est-à -dire sa signature
antigénique. En matière d'antiseptiques et de désinfectants, il n'est pas différent
des autres virus grippaux qui appartiennent à la grande catégorie des « virus
enveloppés ».
L'eau de Javel est un désinfectant efficace et peu coûteux qui détruit
tous les « virus enveloppés » et, parmi eux, tous les virus grippaux. Pour
désinfecter les surfaces et les objets usuels, c'est un désinfectant de premier
choix. Par contre, elle est agressive pour la peau et les muqueuses.
Pour désinfecter les mains et la peau, mieux vaut utiliser d'autres produits
: antiseptiques (de type Bétadine®), composés iodés, solutions
hydroalcooliques, savons désinfectants (de type Hibiscrub®)...
Pour les médecins, les mesures habituelles (se laver les mains entre deux patients
et utiliser des lingettes hydroalcoolisées) sont efficaces.
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