ARTICLE
ipe.2012.0910
Auteur(s) : Annick Le Nestour1 annick.le-nestour@eps-erasme.fr,
Gisèle Apter2
1 Médecin chef de pôle, 92I07 EPS Erasme, 143, avenue
Armand-Guillebaud, BP 50085, 92161 Antony Cedex, France
2 Responsable d’unité Ppumma (unité de psychiatrie
périnatale d’urgence mobile en maternité), responsable du
laboratoire de recherche RePPEr, recherche en psychiatrie et en
psychopathologie à Erasme, chargé de cours, université
Denis-Diderot - Paris-VII, EPS Erasme 14, rue de
l’Abbaye, 92160 Antony, France
Tirés à part : A. Le Nestour
Nous avons repris, en le modifiant, le titre de ce magistral
livre de Léopold Shengold : Meurtre d’âme [4]. Cet
ouvrage décrit parfaitement des mécanismes pervers parentaux, qui
peuvent mutiler gravement la vie psychoaffective de leurs enfants
ou les conduire dans la répétition aux mêmes processus
relationnels.
Nous retrouvons dans ce livre de nombreuses analogies avec nos
propres travaux, évoquant les souffrances des bébés et les
vicissitudes de leur construction psychique dans des familles aux
fonctionnements narcissiques ou pervers que nous prenons en charge.
Les dysfonctionnements de ces relations parentales perverses
impactent très tôt leurs interactions avec leurs bébés, ainsi que
la mise en place chez ceux-ci de processus de défense massifs pour
ne pas trop souffrir. Nous aurions préféré au titre du livre de
Shengold : l’Ame Meurtrie ou selon l’expression de
Dickens : « le vide de mon cœur terrifié ».
En effet « l’âme » des personnages littéraires cités
(Kipling, Dickens, Tchekhov, Orwell) ne peut être totalement
détruite puisque subsiste en eux une créativité artistique. Nous ne
méconnaissons pas les forfaits les plus terribles qu’induise
généralement la perversion : l’inaffectivité, l’abrasion de la
pensée, la dévitalisation de l’esprit contrastant avec l’avidité à
perpétuer des situations imprégnées de mécanismes sadomasochiques.
Le roman d’Oscar Wilde : Le Portrait de Dorian Gray [5]
en est aussi un tragique et merveilleux exemple.
Il nous faut imaginer que pour écrire de tels mots peu
facilement énonçables, les auteurs étudiés par Shengold sont des
résilients ; malgré une enfance dramatique, ils ont développé
des dons particuliers. Comment ont-ils pu, malgré leur âme meurtrie
et non anéantie, tirer parti de résurgences de créativité pour
sortir de l’enfer de leur enfance en préservant sinon une vie
affective dans leur vie, du moins dans leurs œuvres.
L’écriture est une « tentative/tentation pour comprendre
l’humain et non se perdre et endosser les forces du malin »
selon l’expression de Roussillon. Comment aux extrêmes de l’humain
dans leur enfance, ces auteurs pouvaient-ils imaginer les pires
détresses, mais aussi parfois les plus vives passions, comment
pouvaient-ils les nommer et les décrire ? Comment nos bébés
survivent-ils ou sont-ils abrasés dès leurs premières semaines ou
mois dans les interactions avec des parents où dominent les
fonctionnements pervers et narcissiques ?
Lorsque prédominent des modalités parentales narcissiques ou sur
des modes pervers, les interactions présentent deux phénomènes
puissants intriqués dans la relation : « le trop du trop
et le trop de trop peu ». Nous imaginons que le « trop
peu » provoque les mêmes conséquences que le « trop de
trop » : l’anéantissement ou la mise en veilleuse des
sensations corporelles puis émotionnelles et l’impossibilité
d’intégration et de liaison avec les représentations
correspondantes. L’abandon, le rejet, c’est-à-dire le gel,
provoquent les mêmes brûlures que l’intrusion (un glaçon ne vous
fait-il pas un effet de brûlure ?). Ces processus d’excitation
excessive dans les interactions inhibent le développement de leur
bébé et suscitent chez lui des défenses massives pour échapper à
l’intensité des tensions insupportables (tableau 1).
Tableau 1 Styles interactifs parent-bébé.
| Côté mère |
Côté bébé |
| Pauvreté des modalités
interactives |
| Diminution voire abolition des contacts œil à
œil |
Réponse de détournement passif ou actif visuel du
bébé |
Diminution des stimulations tactiles
Portage à distance et sans plaisir |
Troubles toniques : hypo- ou hypertonie
Tension et raideur (opisthotonos) |
| Diminution des incitations sonores et vocales |
Pas d’imitation mimétique
Atonie faciale, pas de jeux vocaux
Décharge de cris |
| Augmentation de la mise à distance globale du
bébé |
Bébé en retrait, bébé déprimé
Perte des initiatives |
| Stimulations excessives et
inadéquates |
| Moments brefs de sur-stimulation |
Réactions toniques très augmentées et
hétérogènes |
| Rapprochés trop excitants |
Décharges motrices anarchiques : (agitation
désordonnée pédalage) ou retraits passifs et massifs |
| Demandes excessives inadaptées à l’âge
(corporelles, motrices, émotionnelles) |
Troubles psychosomatiques
(sommeil, alimentation…) |
| Défauts d’interprétation du
bébé |
| Incompréhension des besoins corporels ou refus d’y
répondre |
Extinction et brouillage des messages |
| Défauts de traduction émotionnelle car trop reliés
aux expériences du passé |
Bébé soumis hyper-ajustable ou au contraire
répondant de manière explosive |
| Imprévisibilité majeure parentale avec alternance
rapide de messages ininterprétables et contradictoires |
Dans le chaos, les réponses deviennent
énigmatiques, par impossibilité d’anticipation ; un
persécuteur potentiel grandit ! |
Ainsi, pour nous, ces processus actifs ou passifs physiques
émotionnels voire sexuels induisent une sur-érotisation des zones
corporelles avec une torture mentale plus ou moins massive. Nous
sommes d’accord avec l’article d’Albert Criville dans la
NRP : « l’Amour de la Haine » (À corps et à
cris) [1] sur leur retentissement dans la future sexualité adulte
de ces bébés. L’érotisation sadomasochique des premières relations
pour sortir de l’indifférence est la caractéristique fondamentale
de ces bébés. Pour continuer d’exister, le bébé se dérobe dans le
retrait ou bien il décharge dans les pleurs, les colères et la
rage ; ce qui renforce bien sur son aspect persécutoire pour
ses parents. Le bébé ne peut satisfaire les besoins parentaux, qui
méconnaissent voire méprisent ses manifestations. L’alternance du
« trop ou du trop peu » suscite une construction
psychique en miroir chez le bébé avec une anticipation impossible
et réciproque, qui renforce la spirale interactionnelle
toxique.
Comme nous l’avions affirmé [3], quand l’excitation est
excessive, imprévisible et submergeante, s’installe le gel de la
sidération traumatique. Ne pas vivre l’agonie primitive, ne pas
ressentir la terreur et l’effroi de menaces d’annihilation devient
le travail psychique primordial. Se retirer de la scène ou se
retirer de soi-même, en asséchant la soif pour l’objet et/ou en
amputant ses propres élans de développement initie un ouvrage de
sape impératif. Ne plus être malmené par la surchauffe excitante du
chaos : créer du vide et/ou investir la douleur des brûlures
de l’incendie.
L’espoir d’actions positives du bébé sur le monde s’amoindrit.
Comment pourrait-il s’engager pleinement sans briser ses élans
relationnels ? Son impossible anticipation conduit, soit à la
soumission totale, soit à une méfiance paranoïaque
grandissante.
Le parent semble dire : « je peux te consoler si tu es
moi, tu peux exister seulement de façon mimétique : tu
m’incorpores et en retour je m’identifie à toi ; sinon tu es
l’horrible enfant que je crains d’avoir été et que j’ai tué en
moi ».
L’identification à l’agresseur nous paraît un processus de
défense plus sophistiqué bien que terriblement contraignante pour
l’enfant mais plus mobilisable dans nos traitements que
l’idéalisation et la complicité avec le bourreau (un excellent film
de Liliana Cavani : Portier de nuit, en est un
remarquable exemple). La colère et la rage peuvent s’éteindre aussi
dans la cruauté tendre et complice de jeux répétitifs d’étreintes
toxiques.
Ne pas investir ou investir à minima pour être le moins déçu,
telle est finalement la philosophie de ces enfants, mais
probablement aussi celle de leurs parents dans leur propre
passé.
Nous nommerons brièvement trois typologies de déni, plus ou
moins invasives, qui permettent de survivre dans un monde plus ou
moins inhumain, obscurci par les ombres parentales persécutrices
actuelles et du passé :
- –. le phénomène le plus massif consiste dans le déni de
la perception (le verlungen freudien) « il ne s’est rien
passé, il n’y a jamais eu de victime, il n’y a jamais eu de
bourreau ». C’est la fameuse « expérience traversée mais
non vécue » de D.W. Winnicott. L’idéalisation adhésive
totale peut fonctionner « tant qu’à être malin, être le plus
malin » (expression de R. Roussillon) !
L’incorporation inconsciente du persécuteur peut aussi être
contre-investie par son idéalisation. Des comportements sadiques
automatisés peuvent même être majorés à la génération suivante dans
une surenchère mutilante de soi et de l’autre ;
- –. le déni des ressentis des éprouvés corporels et
sensoriels et celui de leur source ([dé]négation freudienne ou
verneinung) est un deuxième stratagème défensif implacable. Comme
si le bébé pouvait dire « même pas mal » alors qu’il
craint d’être l’auteur des attaques. L’indistinction inconsciente
de l’agresseur et de l’agressé conduit en général à la mégalomanie
avec une maîtrise omnipotente occultant la détresse. Je cite pour
exemple cet enfant de deux ans et quelques mois, qui me saluait
avec un retentissent « con Le Nestour » et giflait sa
mère sans que celle-ci ne proteste. Il me fallait sauvegarder une
empathie surhumaine pour comprendre qu’il mimait les scènes
violentes conjugales peu à peu intériorisées. Sans cette empathie,
il aurait pu déjà être classé dans les insupportables avec zéro de
conduite ;
- –. le déni des affects par blindage avec clivages
multiples est un troisième mode de défense. Des affects ont pu être
éprouvés mais vite abrasés sans être totalement pris en
compte : « je suis touché et j’en ai honte ; mais si
je suis terrorisé, c’est que je l’ai mérité ». Le retournement
sur soi de l’agressivité voire de la cruauté conduit à des
comportements expiatoires : « je suis vraiment un mauvais
enfant, je dois être puni ». Aux pays des affects
insupportables et ingérables, la honte et la culpabilité
l’emportent : « il m’a battu, cela me soulage » (en
miroir du parent qui annonce « si je te tape c’est pour ton
bien »).
L’amalgame et la graduation de ces trois types de mécanismes de
déni créent le socle de troubles de la personnalité avec des
composantes sadomasochiques d’intensité plus ou moins puissante
mais avec peut-être la sauvegarde de ressources créatives.
Les processus cognitifs du bébé peuvent être eux-mêmes
attaqués ; les bases somatopsychiques des processus
d’exploration dans le domaine psychomoteur et leurs conséquences
dans les intrications psychoaffectives conduisent très souvent à
une diminution de l’attention, de la concentration et parfois au
syndrome d’hyperactivité. Dans la clinique d’enfants plus grands,
nous retrouvons ces mêmes symptômes, parfois inversés :
inhibitions, désintérêts ou à l’inverse surinvestissement
intellectuel aux dépends d’autres domaines de développement. Des
enfants qualifiés de surdoués auraient peut-être voulu survivre
dans leurs performances (être excellents pour ne pas être
rien ?). La dysharmonie dans les différents domaines
d’investissement reste une caractéristique évidente de ces bébés,
devenus enfants.
Nous avons beaucoup évoqué les relations des mères avec leur
bébé dans l’actuel. Je veux souligner aussi qu’in fine, la
détresse et les carences de ces mères dans leur enfance les avaient
conduites à reporter leurs espoirs sur leur père en les
surinvestissant. Elles recherchaient de manière illusoire que
celui-ci répare le « trop ou le manque ». En général,
cette recherche d’apaisement échouait car leur père était lui-même
inexistant ou surexcitant. Ces femmes devenues mères
s’assujettissent souvent au sadisme de leur conjoint, répétant des
relations chaotiques avec leur bébé avec les mêmes difficultés de
gestion de l’excitation interne. Dans certaines configurations,
l’alliance inconsciente au conjoint permet qu’il usurpe le rôle
maternel ; des abus sexuels peuvent en découler. Lorsqu’un
père commet un inceste, il semble pour ainsi dire « entrer
dans la peau de la mère ». La mère devient complice de
l’intrusion voire l’initie. L’un des effets traumatiques du crime
est le renvoi de l’enfant à une place usurpée. Confusion des sexes
et confusion des générations doivent être l’objet de toute notre
attention et de nos soins dans nos traitements.
La regrettée Joyce Mac Dougall et René Roussillon ont beaucoup
travaillé et plaidé pour des soins aux limites de la normalité. Ils
ont insisté sur une activité renforcée de l’analyste pour aller
au-devant des détresses infantiles de leurs patients pour rendre
narrables, représentables et analysables des zones du
fonctionnement psychique oblitérées défensivement par des passages
à l’acte. Nous avons voulu nous engager dans des traitements
précoces des parentalités limites en créant des cadres de
traitement bifocaux parents/bébés. Quels bébés, quels enfants ont
été ces parents pervers ? Nous les écoutons patiemment dans
nos traitements en pré- et postnatal.
Ainsi, Madame G. découvre peu à peu, dans la thérapie
durant sa grossesse, les dysfonctionnements de ses parents. Soumise
très trop à leur folie perverse, elle ne pourra que progressivement
retrouver ce qu’elle appelle « quelques petits mauvais
souvenirs ». Par exemple, elle passait ses jeudis toute seule
à la maison depuis l’âge de six ans, sans consignes précises. Elle
raconte qu’un jour elle a ouvert à un homme et n’a pu se protéger
qu’en hurlant par la fenêtre. Sa mère, (grande agoraphobe) lui
confiait le chien à promener le soir dans l’obscurité mais dès la
moindre minute de retard, les punitions physiques tombaient !
Dans une séance, Madame G. raconte avec culpabilité qu’elle a
enduit les doigts rongés de son premier fils avec de la teinture
d’iode puis brusquement se rappelle que sa mère trempaient les
siens dans l’eau de javel ! Tentant de recomposer son passé,
elle nous livrera des « anecdotes » analogues dont elle
minimise l’impact traumatique. Un jour lui revient ce qu’elle
appelle encore un « petit évènement ». À deux ans et
demi, elle est hospitalisée trois mois dans un service de grands
brûlés. Elle s’était électrocutée : « c’était ma faute,
je n’avais pas à m’approcher du fer électrique ». La mère
négligente s’était absentée de longues minutes et au retour lui
avait flanqué une bonne raclée. Le père « charmant »
invitait ses maîtresses à déjeuner servies par son épouse. Madame
affirme « j’avais tous les accessoires, il me gâtait peut-être
pour me tromper ; mais je n’ai jamais eu l’essentiel ».
La thérapie poursuivie en post-partum montrait un bébé, Carlita,
surinvestie également par le conjoint et les deux frères aînés.
Carlita devient peu à peu tyrannique… comme la grand-mère
maternelle dont madame continue à s’occuper comme une enfant.
Celle-ci n’a pourtant que 60 ans sans aucun handicap ;
nous apprendrons que pour faire face à ses phobies multiples,
l’autocar de son travail s’arrêtait devant chez elle… Madame
G. continue à faire pour elle « le taxi ».
Les mères ordinaires introduisent dans leurs jeux habituels,
malgré leur tendresse, une petite dose de sadomasochisme. Dans le
jeux des marionnettes, les mains de la mère disparaissent puis
reviennent. Dans le jeu du bateau sur l’eau, une brève parodie de
chute met le bébé hors de la sécurité maternelle. Les jeux de
cache-cache plus ou moins partiels puis globaux témoignent eux
aussi de la mère initiatrice de la liaison amour/agressivité :
absence/disparition pour construire une intrication pulsionnelle
suffisamment tempérée. La cuillère qui tombe et retombe ;
l’écrasement des pâtés de sable et la chute des tours de cubes
deviendront le témoin de la reproduction élaboratrice de ce type de
jeux où l’enfant reprend à son compte ces mécanismes de liaison
(nous pensons bien sûr au célèbre For-Da de Freud [2]). Nous sommes
loin de l’exploitation perverse de certains parents, qui tournent
en dérision, humilient ou dénoncent comme méchanceté/cruauté ce
type de jeux chez leurs enfants. Pour ces parents, leur
méconnaissance des sentiments de rage ou d’impuissance que peut
vivre leur bébé est en miroir de leur propre détresse et
impuissance infantile face aux interprétations maléfiques de leurs
propres parents. L’évitement de ce type de jeux par ces parents
témoigne également de paralysie inhibitrice en raison d’affects
sous-jacents jugés trop dangereux.
Ainsi, à neuf mois, Carlita est qualifiée d’exigeante et
tyrannique par sa mère (Carlita avait été abondamment choyée et
servie par tous les membres de la famille). En séance, quand nous
organisons un jeu de circulation du ballon, Carlita le rapte et
nous regarde avec défi. Nous l’excluons momentanément du jeu,
empêchant simultanément sa mère de bondir comme pour sauver sa
fille. Madame a du mal à continuer le jeu avec nous. Après trois
séances, qui coutent bien des efforts à la mère et à la fille, la
balle circulera librement au grand plaisir de toutes. Carlita
devant ma fermeté empathique m’avait craché, comme un chat, à la
figure. La mère avec humour avait réagi par un rire
joyeux !
Pour conclure, sans méconnaître l’érotisation inclue dans le
sadomasochisme, nous croyons à la suite de Freud qu’une pure
culture de l’instinct de mort n’existe pas, y compris dans une
compulsion de répétition même la plus aveugle. Il nous faut
imaginer que des âmes meurtries infligent blessures et
meurtrissures peut-être pour mieux les comprendre en les liant avec
les forces de vies et de développement de leur bébé actuel.
Pouvons-nous alors réactiver de l’espoir, pour gérer l’impensable
de terribles détresses ingérables en soi et inoculer activement
dans d’autres (le bébé ou les thérapeutes) ? Les thérapeutes
dérivent sur eux les projections toxiques, permettant au bébé
d’utiliser ses forces créatives. Les thérapeutes espèrent abattre
les bourreaux et leurs complices tandis que les parents
s’identifient à l’empathie et à la créativité des thérapeutes et du
bébé lui-même.
Ils ne pourront plus dire comme le narrateur du livre J’irai
cracher sur vos tombes (Vernon Sullivan ou Boris
Vian 1947) alors qu’il s’apprêtait à commettre deux
meurtres : « Je ne coupais rien derrière moi. Jusqu’ici
j’avais vécu sans aucune difficulté et sans connaître
l’incertitude… mais cette histoire commençait à m’exciter et ça
tournait moins rond que d’habitude. J’aurais voulu régler tout ça
et m’occuper d’autre chose. Je regardais tout autour pour voir si
je n’oubliais rien ».
Conflits d’intérêts: aucun.
Références
1. Criville A. À corps et à cris. In : L’Amour de
la haine. Paris : Gallimard, 1986 (NRP ; XXXIII).
2. Freud S. Au-delà du principe de plaisir. Œuvres
complètes, tome XV. Paris : PUF, 1996.
3. Le Nestour A, Apter-Danon G, Heroux C, et al.
« Parentalités limites et prises en charges
thérapeutiques ». In : Psychiatrie de l’enfant,
livre 1. Paris : PUF, p. 125-177.
4. Shengold L. Meurtres d’âme. Paris :
Calmann-Lévy, collection « Le Passé recomposé »,
1998.
5. Wilde O. Le Portrait de Dorian Gray.
Paris : Garnier-Flammarion, 2006.
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