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Usefulness of a gerontopsychiatric out-patient hospital in a series of care unit systems for aged patients


l'Information Psychiatrique. Volume 86, Number 1, 27-31, janvier 2010, Psychiatrie du sujet âgé : enjeux cliniques et institutionnels

DOI : 10.1684/ipe.2010.0573

Résumé   Summary  

Author(s) : Philippe Jaulin , Hôpital Bellier, Praticien hospitalier, psychiatre des hôpitaux, unité de psychogériatrie, 41, rue Curie, 44093 Nantes Cedex 1.

Summary : The out-patient hospital has a therapeutic care function that is well established in psychiatric practice through its various functions: alternative to hospitalization, early management, feed-back within the context of follow-up, psychotherapeutic intervention. In this article we will detail its different frameworks in the field of psychiatric care for aged patients including the various psychiatric and neuropsychiatric disorders within this age group, while also underlining its specific place in operative care.

Keywords : psychiatry in the aged patient, out-patient hospital, neurodegenerative pathologies, depression

ARTICLE

Auteur(s) : Philippe Jaulin

Hôpital Bellier, Praticien hospitalier, psychiatre des hôpitaux, unité de psychogériatrie, 41, rue Curie, 44093 Nantes Cedex 1

Introduction

Nous partirons dans un premier temps d’une expérience personnelle celle d’un hôpital de jour gérontopsychiatrique ouvert en octobre 2000 et opérationnel sur un site hospitalier gériatrique depuis avril 2003.

Doté dès l’origine d’une large capacité de 25 places, l’hôpital de jour gérontopsychiatrique a nécessité de fréquentes réorientations de son projet médical, afin de répondre aux besoins en cette matière de la psychiatrie générale. Devaient également être prises en compte l’extension et la diversification des structures de soins gériatriques (hôpital de jour d’expertise gériatrique notamment) nécessitant ainsi complémentarité et articulation entre ces deux dispositifs de soins.

L’hôpital de jour gérontopsychiatrique est d’autre part partie intégrante de l’unité fonctionnelle appelée quant à elle unité de psychogériatrie qui comprend par ailleurs un pôle de consultation médicale neuropsychologique et psychologique associant :

  • une consultation mémoire classique sous forme de participation intégrée dans le centre mémoire de recherche et ressources du CHU de Nantes et réalisée sur un site neurologique ;
  • une consultation d’évaluation des manifestations dites psychiques et comportementales située sur un site gériatrique qui permet d’intervenir dans certains domaines ciblés tels l’approche de la douleur ;
  • une consultation généraliste plus ouverte sur tous les aspects de la psychiatrie du sujet âgé dite d’orientation psychogériatrique concernant l’ensemble des plaintes anxiodépressives, les signes psychotiques, l’agir pathologique et les conduites à risque, les situations de refus de soins, d’alimentation ou de prise en charge dans leurs divers aspects.

Une équipe infirmière travaillant sur l’extrahospitalier et un dispositif d’accueil temps partiel font lien entre ces différentes consultations et l’hôpital de jour.

L’équipe

Elle est composée d’un praticien hospitalier psychiatre des hôpitaux, titulaire d’une capacité en gériatrie, un cadre de soin infirmier, sept infirmier(e)s, dont deux travaillant exclusivement sur l’extrahospitalier, deux aides soignantes et un agent des services de soins hospitaliers auxquelles il faut ajouter une secrétaire médicale une assistante des services sociaux ainsi que des professionnels plus spécialisés : une psychologue formée à la neuropsychologie, une orthophoniste et une pychomotricienne à mi-temps.

L’hôpital de jour psychogériatrique est ainsi un dispositif de soin original, pour aborder la prise en charge des problèmes psychiatriques des personnes âgées.

Historique

Pour diverses raisons la psychiatrie a pu donner l’impression, comme d’ailleurs d’autres spécialités médicales, de se désintéresser du soin aux personnes âgées.

On peut en effet citer des raisons théoriques liées à l’influence d’une approche psychanalytique ayant tendance à occulter de son champ tout ce qui relève de l’organicité, des raisons sociologiques où entrent en ligne de compte de fortes demandes dans les tranches d’âge plus jeunes, enfin des raisons économiques liées à une diminution importante du nombre de lits hospitaliers.

Le développement de projets ciblés, hors du champ de la psychiatrie de secteur, sur des troubles spécifiques ou des tranches d’âges particulières, a permis un réinvestissement par la psychiatrie du soin aux personnes âgées en association avec les autres spécialités médicales les plus concernées. Outre la gériatrie, la place de la neurologie est apparue déterminante ; ce qui a contribué à réinstaurer des liens entre deux spécialités autrefois unies [9].

À l’origine le concept d’hôpital de jour est issu de la psychiatrie de secteur, mais il est intéressant cependant de rappeler qu’à la même époque en 1962, la Commission Laroque, qui avait en charge l’élaboration de dispositifs sociaux pour les personnes âgées, avait souligné son intérêt dans le maintien de ces personnes à leur domicile.

À partir de ces orientations, quelques expériences malheureusement trop peu nombreuses ont pu avoir lieu dans le champ de la psychiatrie générale de secteur ou universitaire (association psychiatrique du 13e arrondissement de Paris, CHU de Limoges) [2, 6] rejoints par celles émanant des dispositifs gériatriques (hôpital Charles-Foix d’Ivry) entretenant parfois une certaine confusion à laquelle une sémantique floue utilisant indifféremment les vocables psychogériatrie ou gérontopsychiatrie pour désigner des structures proches ou franchement distinctes articulées sur le soin somatique ou psychique, a largement contribué [13].

La création en 1987 d’une association nationale (Association pour la promotion des hôpitaux de jour pour personnes âgées) a permis de confronter et fédérer les différentes pratiques mais est restée, malgré quelques tentatives d’ouverture, dans le champ de la gériatrie [5].

La pertinence de ce type de soins ouverts sur l’ensemble des pathologies du sujet âgé associées à une souffrance psychique, alternative aux soins hospitaliers et dispositif d’articulation ville-hôpital, concept aussi souvent martelé que peu appliqué, aurait pourtant dû amener à sa reconnaissance et son développement [4, 8].

Les patients

Le fondement essentiel du soin en hôpital de jour est en effet de rendre celui-ci compatible avec le maintien de la personne dans son environnement. Plusieurs formules d’hôpital de jour pour personnes âgées ont ainsi pu émerger : l’hôpital de jour se limitant à l’évaluation cognitive, l’hôpital lieu d’expertise gériatrique et l’hôpital de jour gérontopsychiatrique. Ce dernier concerne les pathologies où la souffrance psychique et les manifestations à expressions psychiatriques, dominent : c’est-à-dire toutes les formes d’expression de la dépression du sujet âgé, les tableaux psychotiques et plus généralement l’ensemble des troubles de l’adaptation au vieillissement. Cela inclut les manifestations du registre démentiel principalement liées à un trouble neurodégénératif qui par leur fréquence et leur complexité associant fréquemment une comorbidité psychiatrique, vont nécessiter l’avis et l’intervention des professionnels de cette spécialité.

L’expérience fait émerger deux groupes de patients pour lesquels la prise en charge en hôpital de jour apparaît particulièrement pertinente :

  • les patients chez lesquels les troubles affectifs dominent : ils comprennent tous les aspects de la dépression du sujet âgé, et les troubles de l’adaptation liés au vieillissement, avec ou sans antécédent psychiatrique ;
  • les patients présentant des déficits cognitifs, correspondant aux pathologies neurodégénératives débutantes moyennes ou sévères, au premier rang desquels il faut placer la maladie d’Alzheimer à laquelle s’ajoutent des pathologies rares mais plus problématiques dans leur expression comportementale (maladie à corps de Léwy et surtout dégénérescences fronto-temporales dans leur forme comportementale) dont la prise en charge s’avère particulièrement adaptée à ce type de lieu et va permettre dans la plupart des cas une réduction franche de leurs troubles et donc par voie de conséquence la préservation de leur situation à domicile et de leurs relations familiales.

Concernant ces pathologies sont apparus deux groupes de patients pour lesquels la prise en charge s’avérait opérante. En premier lieu les pathologies démentielles à un stade débutant, où les patients gardent sinon une pleine conscience de leur trouble à tout le moins une perception de leurs difficultés, où il n’existe pas de manifestation psycho-comportementale marquée et où les symptômes dominants sont avant tout l’anxiété et l’apathie, contexte dans lequel la stimulation proposée est particulièrement opérante.

En second lieu les pathologies démentielles moyennes à sévères, où les patients sont plus anosognosiques, où les troubles du comportement prévalent, mais restent compatibles avec une prise en charge en petits groupes, qui suffit le plus souvent à les contenir.

Le soin et les différentes fonctions de l’hôpital de jour

La clé de voûte de la prise en charge est en effet la stimulation, qu’elle soit spécifique ou plus globale [3, 10]. Elle peut en effet se faire de manière individualisée, à l’aide des compétences d’une psychomotricienne et d’une orthophoniste : savoir rendre les soins compatibles et adaptés aux problèmes de mobilité et de communication du patient est en effet une assise minimale sur laquelle peut se construire une prise en charge plus élaborée mais c’est le plus souvent le travail thérapeutique réalisé en petits groupes qui apporte une part de motivation nécessaire à des patients régressés, par le biais d’une certaine convivialité en mettant l’accent sur le caractère ludique des principales activités.

Nous voyons qu’à des médiations plus spécifiques aux problématiques de la personne âgée (mémoire, langage, corps), s’ajoutent des médiations non spécifiques issues de l’expérience de la psychiatrie générale telles différentes techniques inspirées de la musicothérapie ou de l’expression théâtrale. Ces médiations peuvent varier suivant les mois d’été et d’hiver tout en étant d’autre part évolutives : nous pouvons ainsi citer à titre d’exemple le travail sur la sensorialité (vision, audition, toucher, odorat), la temporalité (liens entre passé, présent et avenir) et l’espace sous forme d’un tour du monde virtuel utilisant les supports audiovisuels.

Outre la stimulation et la réadaptation, la revalorisation narcissique apportée par ces prises en charge est à souligner. D’une manière générale on peut dire que la lutte contre la régression et la démotivation, qu’elle soit secondaire d’origine affective (dépression) ou primaire organique (état démentiel), constitue une demande et un axe de soin à développer de manière spécifique chez les personnes âgées, l’hôpital de jour apparaissant ainsi particulièrement adapté pour analyser puis prendre en charge ces deux dimensions qu’elles soient séparées ou intriquées.

Il existe un lien entre la stimulation cognitive et le fait de retrouver une certaine conscience de soi, un mieux être corporel et une harmonie affective avec son environnement. La stimulation globale apportée par les activités de médiation classiques que sont l’expression corporelle, l’éveil de la créativité, le réinvestissement de la parole, apparaissent en effet complémentaires d’activités plus ciblées, centrées sur la réhabilitation de la mémoire, du langage et des praxies tenant compte à la fois des déficits du patient et des systèmes préservés.

À ces thérapies fondées sur les cognitions et l’activité motrice, dont il faut souligner l’intérêt bien que les données validées manquent sur leurs résultats [1], on peut ajouter les thérapies fondées sur l’environnement qui sont mieux connues et adaptées aux troubles déficitaires des personnes âgées, permettant ainsi leur utilisation sur les deux groupes (thérapies de validation, de facilitation, reality orientation) [7, 12]. Les psychothérapies proprement dites, qu’elles soient de soutien, d’inspiration systémique ou psychanalytique, peuvent également s’ouvrir aux deux groupes, à la condition que puissent être abordés avec le patient son histoire de vie et les liens avec sa famille.

Cela nous amène à aborder la souffrance familiale générée par l’intensité et la chronicité des troubles du patient. Si le fait même de la prise en charge apporte un répit aux familles, préalable à une mise à distance des difficultés et à une réflexion plus sereine sur l’avenir du patient, une aide effective et directe peut être apportée à la famille, à la fois avec une visée pédagogique sur l’explication des troubles présentés par le patient et les réponses à y apporter, et sous forme de groupes de parole, comme verbalisation et expression du mal être ressenti.

L’hôpital de jour est un cadre permettant la mise en place d’approches diverses dans un esprit pragmatique et écologique, parallèlement à une évaluation fine des capacités du patient.

L’hôpital de jour a donc une première fonction expertale d’évaluation et d’aide au diagnostic toujours en lien avec une consultation par la réalisation de bilans neuropsychologiques dans des situations complexes où dominent les symptômes psychiatriques. On peut ainsi souligner le problème de l’association parfois interactive de la dépression, du délire et des altérations cognitives ou plus simplement la priorisation individuelle ou culturelle des symptômes affectifs par rapport aux symptômes cognitifs. Nous insisterons sur le caractère incontournable de ces évaluations dites écologiques où interviennent plus particulièrement les compétences de la neuropsychologue, de l’orthophoniste, de la psychomotricienne et éventuellement d’une infirmière qui se rendra au domicile du patient.

Il en découle une deuxième fonction plus thérapeutique, permettant une analyse et une prise en compte de la dépendance psychique et des problèmes psycho-comportementaux, dont la survenue très particulière nécessite souvent l’association de traitements médicamenteux et de réponses adaptées, cette observation privilégiée du psychique et du comportemental permettant à la longue une gestion minimale des traitements psychotropes. Avec l’idée de conserver ce qui subsiste, traiter et réhabiliter ce qui peut l’être, pallier aux différents déficits, respecter les défenses et la personnalité du patient et de son entourage, l’hôpital de jour permet d’autre part les conditions d’un travail psychothérapique autour de l’apprentissage de la perte et de la séparation.

Il s’agit ainsi d’un véritable soin qui vise un meilleur équilibre psychologique, en cherchant à éviter une polarisation sur les seules composantes instrumentales et cognitives, avec une conception neuropsychologique exclusive et dont l’effet à terme en négligeant la prise d’appui sur des potentialités latentes, serait de renforcer des réponses réductrices. Cela pourrait contribuer à la fixation de troubles qui au travers des soins s’avèrent souvent complexes, évolutifs et entourés d’un halo de fonctionnalité réactualisant ainsi la notion si pertinente d’écart organo-clinique évoquée par H. Ey.

Cela permet, outre des stratégies d’aménagement, d’aborder un futur avec plus de recul et de sérénité. Si l’hôpital de jour est une alternative à l’hospitalisation et à l’institutionnalisation, celle-ci peut toutefois être abordée quand elle s’avère nécessaire.

L’hôpital de jour a ainsi une troisième fonction celle d’une restauration du lien social, par le rôle que peut jouer dans ce domaine l’assistante de service social.

L’hôpital de jour se distingue ainsi d’un hôpital d’évaluation qui concerne plus particulièrement les situations diagnostiques complexes, d’un hôpital de jour d’expertise gériatrique où l’évaluation et la rééducation ne se limitent pas aux troubles cognitifs et psychiatriques mais peuvent inclure la rééducation motrice, différentes approches de la douleur ou certains domaines ciblés tels la rééducation sphinctérienne et les troubles de la déglutition. Il se distingue enfin d’un accueil de jour car les prises en charge y sont adaptées à chaque cas et sont à réévaluer régulièrement tout en restant inscrites dans un projet de soins. Nous voyons toutefois qu’il peut emprunter à ces différents dispositifs par ses activités et fonctions multiples.

Les partenaires de l’hôpital de jour

En dehors de ces axes essentiels et directs, d’autres effets indirects de l’hôpital de jour peuvent être évoqués à travers les liens qu’il peut nouer avec les différentes personnes, famille et professionnels gravitant autour du patient, l’hôpital de jour participe ainsi à l’information et à la formation de ces différentes personnes à commencer par le patient lui-même autour du moment de l’annonce diagnostique, comme maillon d’un réseau formel et informel, exerçant ainsi une véritable fonction de prévention de situations à risque chez les personnes âgées qu’il prend en charge. Parmi ces situations nous pouvons évoquer les actions de sécurisation du domicile et de l’environnement, les problèmes particuliers que constituent la gestion des biens du patient et ses habiletés sociales, comme la conduite automobile et dans un registre plus spécifique à l’intervention psychiatrique, la maltraitance active et passive.

La collaboration avec les médecins traitants, les professionnels exerçant en établissements d’hébergement notamment les médecins coordonnateurs et les services d’aide et de soins à domicile, qui peut aller d’un simple soutien à un véritable débriefing dans les situations plus graves, est à souligner.

La proximité d’un hôpital de jour d’expertise gériatrique peut permettre à la fois un échange de compétences et une répartition des tâches dans des domaines partagés, telles la psychomotricité qui pourra être en lien avec la kinésithérapie, l’ergothérapie et l’orthophonie qui peut également être en lien avec l’approche rééducative des problèmes de déglutition.

L’importance particulière de l’évaluation cognitive et neuropsychologique domaine par excellence partagée entre plusieurs spécialités peut être en grande partie résolue par l’appartenance de l’unité à un cadre institutionnel gériatrique et quand cela est possible à un centre mémoire, de recherche et de ressource dont le développement de l’offre au niveau du diagnostic précoce et du soin dans les situations complexes impliquant notamment au moins partiellement une approche psychopathologique, sollicite tout naturellement l’éclairage psychiatrique quand il est nécessaire.

La configuration des différents lieux de l’hôpital de jour gérontopsychiatrique doit prendre en compte à la fois cette articulation avec les dispositifs gériatriques, en proposant une offre de soin la plus ouverte possible avec par exemple comme cela est le cas pour notre structure, une permanence extériorisée centrée sur la prévention de la dépression et des conduites suicidaires, d’un groupe mémoire dit atelier ressources s’adressant aux troubles cognitifs débutants ou des groupes de parole aux familles qui complètent utilement ce dispositif.

Conclusion

Un des intérêts majeurs de l’hôpital de jour gérontopsychiatrique est de permettre l’implication et l’association de la psychiatrie, spécialité non exclusive mais indispensable aux soins aux personnes âgées, comme trait d’union entre la psychiatrie générale, la neurologie et la gériatrie, le soma et la psyché, le cognitif et l’affectif, l’approche diagnostique et thérapeutique, le patient et sa famille, l’intra et l’extra-hospitalier, le médical et le social.

Ce qui amène à ses limites, qui sont essentiellement les situations de crises aiguës et celles du maintien à domicile d’un sujet en perte d’autonomie, pour lesquels l’hospitalisation temps plein et une possibilité d’issue à terme sur l’institutionnalisation sont souvent indispensables.

Néanmoins une bonne articulation avec l’existant, avec une diversification des différentes offres de soin, permet de développer au maximum les alternatives à l’hospitalisation et de prévenir ces situations de crises.

En prenant du recul, on peut regretter tout en s’interrogeant sur cet état de fait, l’absence de prise en compte et de reconnaissance de tels dispositifs dans le soin aux personnes âgées. Comme éléments d’explication il y a certes les difficultés structurelles et l’ambivalence de la psychiatrie publique sur cette question mais il faut y voir aussi comme un effet collatéral des plans Alzheimer successifs qui a pour conséquence de faire un peu plus oublier à chaque fois l’ensemble des patients psychiatriques âgés et les soins qu’ils nécessitent.

En effet nous ne pouvons que constater qu’à chaque mouture, s’estompent un peu plus les aspects improprement dénommés psychocomportementaux relevant du domaine neurodégénératif et désignant aussi bien la souffrance psychique, les situations de rupture et d’authentiques manifestations neuropsychiatriques, les dispositifs et le savoir faire issus de la psychiatrie générale et du sujet âgé, étant remplacés par les équivalents à la fois lisses et imprécis que sont l’annonce diagnostique, l’aide aux aidants, la prise en charge de réseau et les thérapies non médicamenteuses.

Références

1 Amieva H. Les Thérapies non médicamenteuses de la maladie d’Alzheimer. Bordeaux : Inserm U593, 2007.

2 Ballier C. Les centres de jour pour personnes âgées. L’actualité en gérontologie 1978 ; 14 : 6-11.

3 Biringer F, Meyer N, Moemersheim C, Kiesman M. « Les stimulations cognitives chez des patients ambulatoires atteints de démence débutante ». In : Psychothérapie des démences. Paris : John Libbey Eurotext, 1996, p. 197-201.

4 Coue-Touflet M, Denis P, Marc M, Sergent-Salle B. L’hôpital de jour psychogériatrique : un lieu pour comprendre la pathologie démentielle. EISAI-PFIZER, 2003, p. 73.

5 Durand-Gasselin B. Les hôpitaux de jour gériatriques en France. La revue de gériatrie 2002 ; 27 : 319-22.

6 Faugeron P, Clément JP. Une expérience auprès des patients institutionnellement dépendants : l’hôpital de jour le sillon. Alzheimer 1999 ; 3-9 : 11-3.

7 Feil N. La validation, méthode Feil : comment aider les grands vieillards ? Édition Lamarre, 2005, p. 177.

8 Girtanner C. L’hôpital de jour psychogériatrique du diagnostic à la prise en soins de patients souffrant d’un syndrome démentiel. Alzheimer 1999 ; 2-4 : 8-9.

9 Jaulin P. À propos du rapport du Pr. J. Ménard sur la maladie d’Alzheimer. L’information psychiatrique 2008 ; 84 : 505-7.

10 Quittre A, Andres P, Van Der Linden M. La prise en charge en centre de jour de patients Alzheimer débutants. Alzheimer 1998 ; 1-2 : 12-6.

12 Spector A, Orrell M, Davies S, Woods B. Reality orientation for dementia: a review of the evidence of effectiveness. The Cochrane Library 1998 ; 4 : 1-13.

13 Thomas P, Bomble C, Hazif-Thomas C. Place des hôpitaux de jour gériatriques dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer. La revue de gériatrie 2001 ; 26 : 421-33.


 

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