ARTICLE
Auteur(s) : Jacques Chazaud1
Après l’épuisement présumé des paradigmes de la
« folie », des « maladies mentales » et des
« structures », telles que les a systématisés notre
regretté ami Georges Lantéri-Laura dans une perspective de
réflexion épistémologique sur l’évolution des modèles
psychiatriques, nous assistons à l’émergence dans l’étude de la
pathologie mentale d’une mode réputée « cognitiviste »,
supportée par les connaissances et les techniques les plus avancées
de la « neuropsychologie ». Cette « modernité »
des schémas explicatifs des troubles de l’esprit sur la base
des dysfonctionnements cérébraux, rouvrant inexorablement les
disputes philosophico-métaphysiques sur le mind-brain problem,
n’est toutefois pas véritablement une génération spontanée. Nous en
voulons pour preuve ce qu’écrivait, il y a près d’un siècle et
demi, un grand penseur et psychologue britannique dont nous
proposons de donner, dans ce travail, un aperçu de son
enseignement.Alexander Bain (1818-1903) vit le jour à Aberdeen (en
Écosse) dans une famille nombreuse et pauvre. Enfant de santé
fragile, il dut travailler précocement comme ouvrier tisserand.
Mais cet enfant « défavorisé » par sa naissance
prolétarienne et sa constitution physique (qui ne l’empêcha pas de
vivre 85 ans !) était surdoué intellectuellement. Ceci
compensant cela, il arriva à étudier en autodidacte les
mathématiques, les sciences et la métaphysique. Il acquit par ses
seuls moyens un savoir suffisant pour entrer exceptionnellement au
Marischall College, qui fut bientôt intégré à l’Université. Il
devait y faire carrière, après avoir été l’assistant de John Stuart
Mill, comme professeur d’anglais et de logique avant que d’être élu
trois fois recteur malgré les oppositions dont il restait l’objet,
du fait de son origine sociale.Ses fonctions le contraignirent à
écrire des cours de grammaire et de rhétorique, un essai sur
l’éducation et, surtout, un énorme Traité de logique inductive et
déductive. Mais ses intérêts principaux allaient à la psychologie,
et il fut certainement l’un des premiers psychologues, voire le
premier, à « réorienter » cette discipline vers les
méthodes physiologiques, tout en s’éloignant de l’empirisme
classique. Il semble cependant que le monde réputé savant ait
oublié, en notre époque où le « temps réel » substitue
l’immédiat à la mémoire à long terme, que Bain fut le fondateur du
premier journal de psychologie, l’illustre revue Mind (qu’il créa
en 1876).Ses ouvrages profondément originaux, Les sens et
l’intelligence (1855) et Les émotions et la volonté (1859),
connurent, en leur temps, un retentissement considérable. Avec la
thèse de la pensée comme produit de « l’action
suspendue » (où l’on peut discerner la première intuition de
la nature ultime de la pensée comme « action d’essai
intériorisée » que retrouvèrent Pierre Janet, Sigmund Freud et
Jean Piaget), il y défendait, en particulier, l’idée
révolutionnaire d’une origine primitivement active (motrice) du
fonctionnement du système nerveux ; notion bientôt occultée et
qui devra attendre des embryologistes comme Coghill, puis des
neurophysiologistes tels E. von Holst et R. W. Sperry,
avant de supplanter la théorie réflexologique qui sera longtemps
dominante. Théorie souvent doublée, il est vrai, jusqu’à nos jours
(cf. John C. Eccles) d’une intervention transcendantale de
« l’esprit » où le « fantôme dans la machine »
— selon l’expression humoristiquement anti-cartésienne de Ryle —
venait pallier la gêne à considérer l’homme comme un pur montage
mécanique sophistiqué…Bain poursuivit avec son livre de 1868,
Mental and moral science, suivi, en 1872, par Le corps et l’esprit,
ouvrage dont le titre et le contenu anticipaient de plus d’un
siècle les ouvrages contemporains dits de « philosophie de
l’esprit ».On retrouvera l’impact de ses différents écrits,
entre autres, chez Herbert Spencer qui y renvoie purement et
simplement, dans ses Principes de psychologie, sur les
accompagnements subjectifs et objectifs des différentes émotions et
sensations, et avec les plus chaudes recommandations (selon la
réciprocité du service de la rhubarbe et du séné, car Bain avait
préalablement fait l’éloge des Principes de biologie) de
« l’exposition complète des rapports entre chaque état de
conscience, simple ou complexe, et ses accompagnements
physiques » ; chez Charles Darwin, qui écrira dans Mind
et le citera cinq fois dans son essai sur l’Expression des émotions
à propos des manifestations émotives, des répercussions vitales du
plaisir et de la douleur, de l’absence de salivation dans la
frayeur, du rougissement accompagnateur de l’émoi lors du sentiment
d’être jugé sur son physique chez les humains ; sur
l’association des actions, sensation et états d’esprit, enfin sur
le rire. Wilhelm Preyer (le fondateur de la psychologie de
l’enfant) confirmera la précession du mouvement sur la
sensibilité ; Harald Höffding lui empruntera ses
« lois » de corrélation et de proportionnalité. Théodule
Ribot, au-delà de son mémoire La psychologie anglaise
contemporaine, l’évoquera dans ses livres (la Psychologie des
sentiments, la Psychologie de l’attention, etc.). Le « grand
Féré » le cite toujours avec faveur dans son grand œuvre sur
La pathologie des émotions et autres ouvrages et son ami de la
Salpêtrière, Alfred Binet, avouera avoir découvert (!), dans le
chapitre historique de Le corps et l’esprit, l’hylémorphisme
aristotélicien alors qu’il cherchait, à son tour, une solution qui
lui permit d’unir « l’âme » et le corps. Bien que
spiritualiste, le célèbre philosophe académique Paul Janet le
nommera toujours avec considération, tandis que son neveu, le
psychiatre et psychologue Pierre Janet, le critiquera courtoisement
à différentes occasions et que William James, qui s’était opposé à
Bain (1880) sur la conscience des décharges centrifuges, publia son
premier article sur l’émotion (1884) dans Mind. Il lui donnera une
bonne place dans son Précis de psychologie où sont louées les
« remarques pratiques tout à fait admirables » de
l’Écossais sur les attitudes morales, et où il tient compte de ses
indications sur la mémoire des mots et se rallie, avec ferveur, à
sa « loi de diffusion ». Au terme d’une très longue
discussion qui occupera tout un chapitre de son livre Les
sensations internes, le professeur nancéen de physiologie et de
« psychophysiologie » (à l’école des Hautes études, en
Sorbonne) Henri Beaunis admet un véritable sentiment central
d’innervation, différent des sensations afférentes. Dans ses cours
au Collège de France, Henri Bergson relancera le débat (qui revient
d’ailleurs de nos jours, sous une forme renouvelée par la théorie
des « décharges corollaires » ou « copies
d’efférences », à propos de l’origine primitivement, si ce
n’est exclusivement, centrale du sentiment de l’effort) ; mais
Bain se retrouve aussi dans Les données immédiates de la conscience
(à propos, non seulement de l’effort, mais encore du conflit des
motifs), dans Matière et mémoire (à propos de
l’« inscription » des souvenirs), dans Le rire
(concernant le « comique par dégradation », lors du
soulagement après contrainte par le solennel, la dignité, le
respect pour une valeur ou une personne).Référence encore obligée
dans le Nouveau traité de psychologie de Georges. Dumas des années
1930-1940, le nom de Bain a désormais pratiquement disparu des
écrits de langue française après La philosophie des sensations et
le Traité de psychologie générale de Maurice Pradines, qui fit
autorité jusque dans les années 1960… S’il faut rendre justice à
Jean-Pierre Changeux de l’avoir cité dans la… bibliographie de
L’Homme neuronal après que notre ami Georges Lantéri-Laura (dans
son étude, avec Henri Hécaen, l’Évolution des connaissances et des
doctrines sur les localisations cérébrales) lui ait redonné un
éclat éphémère pour son influence sur H. Spencer et David
Ferrier et, à travers ce dernier, sur John Huglings Jackson. On
chercherait par contre en vain son nom dans L’Encyclopaedia
universalis ou dans L’Encyclopédie de la Pléiade, tant au volume de
Psychologie qu’à celui de Logique, tous deux dirigés par Jean
Piaget ; comme il sera absent dans les manuels de Paul Fraisse
et le restera chez ses successeurs à la chaire de la Sorbonne. Il
n’en survivra, par exception, qu’une maigre trace dans l’entrée
« éducation » de L’encyclopédie philosophique universelle
(Sic transit gloria mundi!).Il resterait une étude historique à
faire, parallèlement, de l’influence, qui fut très importante, de
Bain sur la fondation de la psychologie américaine, à la suite de
son prédécesseur, l’évêque de Cloyne, George Berkeley (qu’il tint,
un temps, en haute estime, tenté qu’il fut par son réalisme
phénoméniste et, probablement, en sympathie avec lui parce qu’il
était, par sa mère, à demi Celte [Irlandais], et non un pur Angle
ou Saxon…). Mais nous resterons, dans ce travail, dans les limites
de la « vieille Europe ».Oscar Wilde, portraituré en
Dorian Gray, faisait part en ces termes de sa perplexité devant la
grande question de « l’union substantielle » :
« L’âme et le corps, le corps et l’âme, quel double
mystère ! L’âme n’allait-elle pas sans quelque matérialisme et
le corps avait ses moments de spiritualité. L’âme est-elle un
fantôme habitant la maison du péché ? Ou bien le corps se
fond-t-il vraiment dans l’âme ? Mystère la séparation de
l’esprit et de la matière, et mystère pareillement leur
union ».Bain, comme pour répondre à son contemporain dans un
dialogue imaginaire, écrit dans l’ouvrage ici considéré :
« On a beaucoup discuté sur l’union de l’esprit et du corps.
Aux yeux du plus grand nombre cette question est ce qu’on appelle
un mystère. Le mot μυστεριoν signifie simplement une chose
momentanément cachée que l’on connaîtra plus tard ». Le livre
commence d’ailleurs par l’affirmation très assurée qu’« on
peut soutenir que la connaissance de ce qui se passe dans le corps
a déjà fait mieux connaître ce qui se passe dans l’esprit, et que
les progrès dans cette voie deviendront de plus en plus sensibles à
mesure que nous continuerons nos recherches ».Il pense
d’abord, ici, aux recherches sur le système nerveux qui avaient
déjà permis, par exemple, d’établir certaines corrélations entre
les activités idéatives et les modifications circulatoires et
métaboliques concomitantes (préfigurant la TEP ?), d’ébaucher
les lois de vitesse de diffusion de l’influx nerveux, de
d’irradiation des réflexes selon l’intensité de l’excitation,
d’établir celle de l’adaptation des impressions sensorielles en
fonction de la durée de la stimulation et celle de
« l’habituation » par monotonie des stimuli, de mesurer
le temps de prise de conscience des sensations, celui de décision
(car Hans Kornhuber et Benjamin Libet ont eu des
précurseurs !), de résolution de problème, etc. Sous cet
aspect, le livre est une évocation assez générale, mais limitée, où
figurent nommément Emil du Bois-Reymond et Charles Bell ainsi que
des membres désormais (injustement) oubliés de la Royal Society.
Mais ni Pierre Flourens, ni Johannes von Purkinje (qui découvrit,
en 1837, la cellule cérébelleuse qui porte son nom), etc. Il est
curieux de relever ici que David Ferrier (l’un des inventeurs de la
cartographie des fonctions corticales, qui fut son élève à Aberdeen
et lui resta très fidèlement attaché) ne trouve place que dans le
chapitre d’histoire doctrinale, aux côtés de Karl Vogt, de Ludwig
Büchner et de Johannes Müller – l’inventeur de « l’énergie
spécifique des nerfs » (qui sut décrire ses propres troubles
hallucinosiques) – pris à tort pour un matérialiste, ce qui
témoigne d’une non-lecture de son Manuel des années 1950. Mais,
pour limité qu’il soit, le tableau des faits retenus n’en est pas
moins un reflet suggestif des connaissances sur la recherche
« bourgeonnante » sur le système nerveux et, surtout,
pour employer une expression anachronique, sur l’état de la
« neuropsychologie » des années 1870.La table des
matières n’est pas ce qu’il y a de plus explicite dans l’ouvrage
ici évoqué, autrement si clair. Il faut l’avoir lu pour saisir
l’unité rigoureuse de pensée qui fonde la diversité apparemment
hétéroclite des sujets enchaînés-fondus, mais aussi pour comprendre
que « L’union de l’esprit et du corps », qui fait
l’intitulé du chapitre II, se place à un tout autre niveau que
celui du chapitre VI qui demande « Comment l’esprit et le
corps sont-ils unis ? ». La première est l’exposé du
bilan factuel et critique – en particulier du prototype de
l’« incarnation » ou de l’« expression
corporelle » qu’est l’émotion (fut-elle réputée mystique ou
pathogène) – des faits invoqués par la croyance naïve en une
« action réciproque » d’un vécu non étendu et d’une
matière organique déployée dans l’espace. La seconde est celle qui
doit répondre en direct au fameux « mystère » d’Oscar.Au
final, la solution de Bain est une forme d’expression parfois un
peu oscillante (comme conséquence d’un souci de préserver la
possibilité d’une étude psychologique indépendante ?) entre ce
qu’on appellerait, de nos jours, le « fonctionnalisme »
et le « monisme à double face ». En simplifiant quelque
peu, on pourrait dire, en reprenant les moments les plus lumineux
ou les plus inspirés de son exposé, que chaque manifestation
(sensorielle, sentimentale, intellectuelle, mémorielle,
imaginative) de l’esprit est, pour lui, un « état »
(c’est le terme utilisé) lié à un certain mode de déroulement
temporel du fonctionnement cérébral. « Sans certains modes
particuliers de l’étendue – ce que nous appelons l’organe du
cerveau, et le reste –, écrit notre auteur, nous ne pourrions avoir
ces moments d’extase ». L’esprit une extase (ek-stase ?)
de l’encéphale ! La formule est belle, séduisante, poétique,
évocatrice. Si on osait un mauvais calembour (mais Bain ne
préconisait-il pas, en matière d’éducation et en « hygiène
générale », que l’on travaillât dans la gaîté – et se
privait-il de lancer, quant à lui, ne fût-ce que par citations
philosophiques interposées, des piques celto-écossaises contre le
spleen et la férocité anglaises ?) – si donc on osait, on
dirait que l’« âme » est « l’état d’esprit »
d’un mode physiologique du viscère intracrânien.Mais l’affaire est
trop grave pour qu’on en plaisante. Le professeur ne savait que
trop que « depuis que le monde est habitué à la doctrine
cartésienne de deux substances distinctes – l’une à laquelle se
rattachent les faits matériels, et l’autre les faits spirituels –
tout penseur qui soutient que la substance spirituelle séparée
n’est ni prouvée, ni nécessaire, se voit dénoncé comme voulant
effacer notre existence spirituelle, et faire de nous des montres,
des machines à vapeur ou des machines à parler et à calculer. Celui
qui n’admet qu’une seule substance est obligé de protester qu’il ne
nie pas l’existence du fait ou des phénomènes que l’on nomme
esprit, mais qu’il attaque seulement une hypothèse arbitraire et
sans fondement dont on se sert pour représenter ce fait » (les
italiques sont nôtres). Tout est là, qui identifie
l’« extase » cérébrale qu’est l’esprit à une modalité
existentielle de la facticité phénoménale ; et qui nous laisse
présager (car il n’y a qu’un pas technique de la machine à calculer
au « computeur ») que les disputes de la neurophilosophie
ou de la philosophie de l’esprit et de la métaphysique ne sont pas
essentiellement différentes au XXIe siècle de ce
qu’elles étaient déjà au XIXe et bien avant, avec les
Julien Offray de La Mettrie, Paul d’Holbach, Denis Diderot et
autres « matérialistes enchantés ». Ceux qui, sans
connaître (et pour cause !) les processus non linéaires, le
saut qualitatif, la complexification, l’auto-organisation,
l’émergentisme, etc., affirmaient que la force, le mouvement et
l’organisation de la matière suffisaient pour arriver à la
sensibilité et à la pensée et rendre compte des phénomènes
spirituels. Ce qui paraissait déjà possible à John Locke, tandis
que Thomas Hobbes et Pierre Gassendi doutaient fort de la
pertinence des arguments de monsieur René Descartes du Perron…Ce
n’est donc pas par un effet littéraire ou un étalage d’érudition
que Bain conclura son ouvrage par une Histoire des théories de
l’âme où se trouvent en bonne place les premiers Pères
matérialistes de l’Église, comme Tertullien (qui ne concevait ni
l’âme ni Dieu sans quelque matière subtile, sous peine de ne point
exister) et le théologien et savant chimiste (qui isola l’azote)
Priestley, pour qui la matière animique ou divine présentait
simplement un écart beaucoup plus grand avec celle des pierres que
ne l’est celui entre cette dernière avec celle de la lumière. Il ne
dissimule pas, inversement, la pensée pittoresque qu’il prête à
Plotin (et qui aurait peut-être satisfait Wilde ?) que ce
n’est pas l’âme qui est unie au corps et se trouve en lui, toute
entière en chacune de ses parties ou seulement dans le cerveau,
mais que c’est le corps qui se trouve dans l’âme ! Ce qui
étonne le plus, en parcourant le vaste panorama doctrinal que nous
pouvons admirer, c’est (alors que Nicolas Malebranche ou Gottfried
Wilhelm Leibniz apparaissent… occasionnellement) l’occultation
totale de Baruch Spinoza, pourtant si souvent tenu, à tort, comme
le père du « monisme à double aspect » dans l’union, chez
l’homme, de l’âme et du corps ; alors qu’il tient pour une
relation bijective (cf. le Court traité et L’éthique) dans l’unité
substantielle, entre la première qui est l’idée dont le second est
l’objet, lequel, par ses relations avec les choses qui l’affectent,
lui permet d’en prendre une connaissance sensible, tandis qu’elle
donne largement aux « esprits animaux » leur
configuration de distribution. L’idée spinoziste rappelant ainsi
quelque peu la « forme » péripatéticienne dans une
modalité post-cartésienne…En appendice seront reprises quelques
questions, dont certaines des plus importantes, comme celle –
« épistémologique » – du constat que, à chaque fois qu’on
essaye de donner une conception nouvelle d’une chose ou qu’on tente
d’en montrer la genèse (par exemple celle de la conscience morale),
on passe systématiquement pour un négateur de cette chose. Bain n’a
pas attendu que vienne Umberto Ecco pour écrire, sur ces sujets, au
nom de la rose : « La rose à laquelle on donne un autre
nom n’est pas seulement moins parfumée, mais ce n’est plus une rose
du tout » ! Mais aussi questions théologiquement et
métaphysiquement embrouillées à souhait, mais si importantes
pratiquement pour les psychiatres et les psychologues, cliniciens
ou experts (comme s’ils pouvaient être l’un sans l’autre !),
de l’acte libre ou nécessité et de « l’incapacité
morale ».L’essai d’Alexander Bain n’est ni le premier ni le
dernier mot sur le fameux « mystère » de l’union de l’âme
et du corps, devenu celui de l’esprit et du corps au
XIXe et, désormais, et notre homme y a sa part, le
brain-mind problem. Nous restons convaincu que son petit ouvrage Le
corps et l’esprit est une articulation historique de haute
importance pour toute « neurophilosophie de l’esprit » à
venir. C’est à ce titre que nous nous sommes senti obligé de le
signaler à la méditation des publics savants comme des hommes et
des femmes resté(e)s honnêtes, dont les psychiatres…Bain, 1859,
1885.
Bibliographie
Bain, 1859 Bain A. Les sens et l’intelligence. Paris :
Germer Baillères et Cie, 1859.
Bain, 1885 Bain A. Les émotions et la volonté. Paris :
Félix Alcan, 1885.
Bain, 1880 Bain A. L’esprit et le corps. Paris :
Germer Baillières et Cie, 1880 ; (Réédité chez L’Harmattan en
2006).
* Ancien professeur adjoint de psychologie
médicale (Paris VII), membre de l’Académie des Sciences de New
York. 17, quai Sébastien-Vauban, 66000 Perpignan
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