ARTICLE
Ardix médical
Atelier dans le cadre du Medec (12 mars
2003)
Plasticité neuronale et dépression : Stablon, un effet
unique sur l’hippocampe
Après vingt années de recherches, de récentes découvertes sur la
plasticité neuronale, et notamment sur les modifications de
structure de l’hippocampe, révolutionnent l’approche de la
dépression. Cette nouvelle voie relance l’intérêt de la communauté
scientifique pour Stablon (tianeptine), le seul antidépresseur qui
prévient la diminution du volume de l’hippocampe et en accélère la
restauration [1, 2].
La dépression trouve, le plus souvent, son origine dans
l’accumulation de stress consécutifs à des événements de vie
traumatisants. Lorsqu’elle est installée, les capacités
intellectuelles et la vie familiale et professionnelle du déprimé
sont altérées.
Des travaux récents ont mis en évidence que certaines régions du
cerveau, et plus particulièrement l’hippocampe, sont altérées chez
les individus déprimés. Ces modifications structurales et
fonctionnelles de l’hippocampe ont des conséquences délétères sur
la plasticité neuronale. Il est maintenant évident que la
plasticité neuronale, processus fondamental qui correspond à la
capacité du cerveau à acquérir de l’information et à donner des
réponses appropriées en fonction du contexte, représente une donnée
essentielle dans la compréhension des mécanismes impliqués dans la
genèse et dans l’évolution de la maladie dépressive.
L’ensemble de ces données amène la communauté scientifique à
reconsidérer la place de Stablon dans le traitement des états
dépressifs majeurs. Il est en effet le seul antidépresseur à
restaurer le volume de l’hippocampe [1, 2], ce qui pourrait
expliquer une récupération plus complète et de meilleure qualité
des patients déprimés.
• Le volume de l’hippocampe diminue dès le premier épisode
dépressif
L’hippocampe est l’une des structures cérébrales qui fait
l’objet de nombreuses études relatives aux effets du stress, de la
dépression et des antidépresseurs. L’hippocampe est une région du
cerveau située dans le lobe temporal, faisant partie du système
limbique. Il traite les informations avant de les renvoyer,
agissant schématiquement comme un centre de tri. C’est une des
rares zones du cerveau dans laquelle les cellules continuent à se
diviser et à donner naissance à de nouveaux neurones (neurogenèse).
Chaque jour 1 000 à 3 000 neurones, sur un total de
1 à 2 millions, sont produits dans le gyrus dentelé
(circonvolution située dans l’hippocampe).
Les études réalisées [1] au cours des années 1980 sur les modèles
animaux ont mis en évidence qu’un stress répété provoque une
atrophie cellulaire, une réduction de la neurogenèse dans le gyrus
dentelé de l’hippocampe, toutes deux responsables d’une diminution
du volume de l’hippocampe.
Des études cliniques récentes, réalisées chez l’homme, utilisant
les dernières techniques d’imagerie médicale, confirment les
anomalies structurales de l’hippocampe chez les patients
déprimés. L’utilisation de l’imagerie par résonance magnétique
(IRM) a permis de mettre en évidence que le volume de l’hippocampe
chez les patients atteints de dépression est diminué et cela dès le
premier épisode [3].
• La diminution du volume de l’hippocampe s’accentue avec le
degré de sévérité ou de chronicité de la dépression
Chez 24 patients ayant des antécédents de dépression, l’IRM
a clairement démontré que la diminution du volume de l’hippocampe
s’accentue en fonction du degré de sévérité ou de la chronicité de
la dépression [4]. L’administration de tianeptine, dans un modèle
de stress psychosocial chronique chez l’animal, permet de restaurer
le volume de l’hippocampe [2]. Des études complémentaires [1] ont
montré que des animaux soumis à un stress chronique présentaient
une atrophie dendritique au niveau des neurones pyramidaux CA3
hippocampiques. L’administration de tianeptine, quelques jours
après l’application du stress, inverse le processus d’atrophie
dendritique. Cette même étude met en évidence que la restauration
du volume de l’hippocampe se fait en augmentant la neurogenèse et
en favorisant la repousse dendritique [2].
Les nouvelles preuves biologiques de l’action de Stablon au
niveau de l’hippocampe sont à rapprocher :
– de son efficacité clinique, confirmée au travers d’une
méta-analyse Stablon versus IRS (inhibiteurs de la recapture de la
sérotonine) présentée au dernier congrès de neuropsychiatrie (ECNP
de Barcelone). Cette méta-analyse [5] a rassemblé 5 études et
porté sur un total de 1 348 patients déprimés de
41 ans d’âge moyen. Ses résultats ont mis en évidence :
un taux élevé de répondeurs avec Stablon, associé à une diminution
très importante des scores de dépression, y compris chez des
patients fortement déprimés au départ (score
MADRS > 28).
– de son effet protecteur du système nerveux central vis-à-vis
des effets délétères des stress quotidiens. En effet, avec Stablon,
la récupération semble plus complète et de meilleure qualité comme
en témoignent l’évolution des scores d’évaluation clinique globale,
la diminution de la consommation d’anxiolytiques, le faible taux de
rechutes et de récidives dépressives, en comparaison de ceux
observés avec les autres traitements.
Ainsi, ayant démontré son efficacité face aux autres
antidépresseurs et apportant les preuves de son action unique sur
l’hippocampe et dans la restauration de la plasticité neuronale,
Stablon renforce sa position d’antidépresseur privilégié dans le
traitement de la dépression.
Références
1. Mc Ewen BS, Magarinos AM. Stress and
hippocampal plasticity : implications for the pathophysiology
of affective disorders. Hum Psychopharmacol 2001 ;
16 : S7-S19.
2. Czéh B,
Michaelis T, WatanabE T, et al.
Stress induced changes in cerebral metabolites, hippocampal volume,
and cell proliferation are prevented by antidepressant treatment
with tianeptine. Proc Natl Acad Sci USA 2001 ;
22 : 12796-801.
3. Frodl T, Meisenzahl EM, Zetzche T, et al.
Hippocampal changes in patients with a first episode of major
depression. Am J Psychiatry 2002 ; 159 :
1112-8.
4. Sheline YI, Shangkavi M, Mintun MA, Gabo MH. Depression duration but
not age predicts hippocampal volume loss in medically healthy women
with recurrent major depression. J Neurosci 1999 ;
19 : 5034-43.
5. Kasper
S, Olié JP. A
metaanalysis of randomized controlled trials of tianeptine versus
SSRI in the short-term treatment of depression. Eur
Psychiatry 2002 ; 17 suppl 3 : 331-340
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