ARTICLE
hpg.2012.0690
Auteur(s) : Gilles Lesur gilles.lesur@apr.aphp.fr,
Birane Beye
Fédération des spécialités digestives,
CHU Ambroise Paré,
9 avenue Charles de Gaulle,
92104 Boulogne Cedex,
France
Tirés à part : G. Lesur
Urgence toujours fréquente, l’hémorragie digestive haute a vu
son pronostic s’améliorer avec une nette réduction de la mortalité,
notamment en cas d’hémorragie ulcéreuse [1]. La stratégie de
traitement s’est modifiée depuis la diffusion de méthodes
hémostatiques modernes et la démonstration de l’intérêt des
inhibiteurs de la pompe à protons qui potentialisent l’effet du
traitement endoscopique [2]. Avant même que ces progrès soient
significatifs, une prise en charge en ambulatoire de certaines
hémorragies digestives ulcéreuses était proposée dès la fin des
années 1990 pour les hémorragies où l’endoscopie montrait un ulcère
Forrest III [3] (tableau
1). Dans ce travail, la durée d’hospitalisation
recommandée dans les autres cas était comprise entre 3 et 4 jours.
Cette attitude reposait sur l’étude de l’histoire naturelle des
hémorragies digestives ulcéreuses qui montre que 90 % des
récidives hémorragiques surviennent dans les 3 premiers jours [4].
D’autres données sont venues confirmer qu’une prise en charge en
ambulatoire de certaines hémorragies digestives hautes était
effectivement possible. La réduction constante du nombre des lits
d’hospitalisation traditionnels rend nécessaire la réflexion sur ce
sujet [5-9]. Après avoir positionné le problème, nous répondrons
aux questions suivantes :
- 1). Peut-on prendre en charge en ambulatoire certains
malades présentant une hémorragie digestive haute ?
- 2). Les scores peuvent-ils aider ?
- 3). Quelles sont les contraintes d’une telle prise en
charge ?
Tableau 1 Prévalence et risques évolutifs en fonction des
stades de la classification de Forrest et en l’absence de
traitement endoscopique [2]
| Forrest |
| Prévalence (%) |
Récidive hémorragique (%) |
| I a |
Hémorragie en jet |
12 |
88 |
| I b |
Suintement diffus |
14 |
10 |
| II a |
Vaisseau visible non hémorragique |
22 |
50 |
| II b |
Caillot adhérent |
10 |
33 |
| II c |
Taches pigmentées |
10 |
7 |
| III |
Cratère à fond propre |
32 |
3 |
Position du problème
L’étude de l’histoire naturelle des hémorragies digestives
hautes montre que, toutes causes confondues, environ 80 % des
hémorragies s’arrêtent spontanément [4]. Les principales causes des
hémorragies sont l’hémorragie ulcéreuse, les hémorragies de
l’hypertension portale et les ulcérations/érosions d’origine
médicamenteuse. Selon la cause de l’épisode hémorragique, un
traitement hémostatique sera réalisé dans environ 30 % des cas
en présence d’une hémorragie ulcéreuse, 60 % des cas en
présence d’une hypertension portale alors qu’il n’est
qu’exceptionnellement indiqué en cas d’hémorragie par lésion
d’origine médicamenteuse [2, 4]. Ces chiffres témoignent
indirectement de la plus grande gravité des hémorragies de
l’hypertension portale. Une prise en charge en ambulatoire n’est
donc pas adaptée aux hémorragies de l’hypertension portale, ce
d’autant que le risque de récidive hémorragique précoce persiste
pendant 5 jours. De plus, ces hémorragies surviennent par
définition chez des sujets ayant une comorbidité. Or, la
comorbidité est un facteur péjoratif du pronostic des hémorragies
digestives et apparaît dans beaucoup de travaux comme un facteur
indépendant de récidive hémorragique [2, 4].
Un traitement hémostatique sera réalisé dans environ
30 % des cas en présence d’une hémorragie ulcéreuse, 60 %
des cas en présence d’une hypertension portale, alors qu’il n’est
qu’exceptionnellement indiqué en cas d’hémorragie par lésion
d’origine médicamenteuse
L’autre question qui découle directement de ce premier point est
celle de savoir si une endoscopie est indispensable pour pouvoir
envisager une prise en charge en ambulatoire. La tendance naturelle
est de répondre oui à cette question. Mais si hémorragie digestive
haute signifie presque toujours endoscopie haute, il peut exister
des exceptions, par exemple le sujet très âgé, dément et/ou
grabataire, chez qui l’endoscopie est toujours difficile, parfois
impossible, voire délétère. À l’autre extrémité, on peut par
exemple légitimement s’interroger s’il y a vraiment lieu de faire
une endoscopie lorsqu’un syndrome de Malory-Weiss sans
déglobulisation est très probable chez un sujet jeune sans
comorbidité. Dans ce cas, l’endoscopie sert plus à rassurer le
médecin qu’elle ne rend service au patient. Hormis ces cas extrêmes
assez rares, il n’est toutefois pas raisonnable d’envisager une
prise en charge en ambulatoire sans diagnostic endoscopique. En
d’autres termes, une prise en charge en ambulatoire est plus
facilement envisageable lorsque le malade arrive aux heures
ouvrables. Une arrivée hors heures ouvrables ou lors d’un week-end
impose le plus souvent une hospitalisation, quitte à ce qu’elle
soit courte, ce qui doit permettre à l’endoscopie d’être réalisée,
comme recommandée, dans les 24 premières heures [2].
La prise en charge en ambulatoire est à réserver aux
hémorragies non liées à une hypertension portale
Peut-on prendre en charge certaines hémorragies digestives
hautes en ambulatoire ?
Le risque potentiel principal d’une prise en charge en
ambulatoire est la survenue d’une récidive hémorragique hors d’une
structure médicalisée. En cas d’hémorragie ulcéreuse, toutes les
études montrent que les facteurs de risque de récidive hémorragique
et/ou de mortalité sont :
- –. l’existence d’un état de choc initial,
- –. la présence d’une comorbidité,
- –. un taux d’hémoglobine bas,
- –. des besoins transfusionnels élevés,
- –. du sang rouge lors d’éventuels vomissements,
- –. voire lors d’une intubation naso-gastrique ou a
fortiori au toucher rectal [1, 2, 4].
Toutefois, il est admis qu’en matière d’hémorragie digestive,
les récidives se produisent généralement sur le même mode que
l’épisode initial. En d’autres termes, une hémorragie abondante
récidivera sur un mode abondant et à l’inverse une hémorragie non
abondante récidivera le plus souvent sur un mode non abondant [4].
Ce risque de récidive hémorragique hors un centre spécialisé peut
donc être minimisé si l’on prend garde d’exclure de toute prise en
charge ambulatoire une hémorragie initialement abondante. Il y a là
un bon sens auquel il ne faut en aucun cas déroger. En revanche,
une gestion en ambulatoire est possible même après un traitement
endoscopique à visée hémostatique si l’hémorragie n’a pas été
abondante. Ainsi dans le travail de Brullet et al. [5], qui
a comparé la sortie précoce à une hospitalisation chez 82 patients
sans comorbidité ayant une hémorragie par ulcère de moins de 15 mm
de diamètre sans hypovolémie, les taux de récidives hémorragiques
étaient identiques dans les 2 groupes (5 %) sans intervention
chirurgicale ultérieure ni décès. L’étude de la littérature donne
d’autres informations intéressantes. Ainsi, dans le travail
prospectif de Lai et al. [3] ayant inclus 57 patients âgés
de moins de 60 ans sans signe hémodynamique, comorbidité ou signe
endoscopique de saignement récent, la gestion en ambulatoire
n’était associée à aucune récidive hémorragique ni chute
significative de l’hémoglobinémie pendant la semaine suivant
l’épisode hémorragique. De même, dans le travail de Cipolletta
et al. [6] qui a comparé la prise en charge en ambulatoire à
une hospitalisation classique chez 95 patients ayant une hémorragie
à faible risque de récidive hémorragique, les taux de récidive
hémorragique dans les 2 groupes étaient de respectivement
2,1 % et 2,2 %. L’économie de coût était substantielle
puisque de l’ordre de 3 600 dollars. Enfin le travail de Almela
et al. [7] confirme lui aussi, sur une population de 216
patients, qu’une stratégie en ambulatoire est sans risque majeur
avec seulement 0,5 % de récidive hémorragique. Dans un
intéressant travail publié en 2006, Gisbert et al. [8] ont
montré que seulement 10 % des sujets étaient pris en charge en
ambulatoire, alors que 34 % de leur population aurait pu
l’être en utilisant des variables cliniques (pression artérielle,
fréquence cardiaque) ou endoscopiques simples (Classification de
Forrest) [8]. Le seul travail discordant est celui de Cooper et
al. [9] qui montre une mortalité importante (6,3 %) dans
le groupe des malades traités en ambulatoire qui représentait
40 % des malades. Ce pourcentage étonnamment élevé de prise en
charge en ambulatoire explique probablement ce taux de mortalité
inacceptable.
Une endoscopie haute est presque toujours indispensable avant
une décision de prise en charge en ambulatoire
L’ensemble de ces données accumulées a récemment abouti à la
formulation de recommandations sur la prise en charge en
ambulatoire des hémorragies digestives non liées à une hypertension
portale. Dans les recommandations nord-américaines, il est dit que
certains patients avec hémorragie ulcéreuse à risque faible de
récidive hémorragique, ce risque étant évalué sur des critères
cliniques et endoscopiques, peuvent éventuellement quitter
l’hôpital après l’endoscopie [10]. Cette recommandation, qui
n’apparaissait pas dans la mouture précédente de 2003, a été
classée comme de niveau IA (fort niveau de preuve). Mais cette même
recommandation a été classée comme modérément ou faiblement fondée
sur des preuves par le récent consensus asiatique [11]. Cette
différence est probablement liée à une plus grande fréquence des
comorbidités chez les malades pris en charge en Asie avec dans ce
type de population des décès non liés à l’épisode hémorragique dans
environ 80 % des cas [1]. Les toutes récentes recommandations
belges n’évoquent pas ce point et il n’y a pas, à l’heure actuelle,
de recommandations françaises [12]. La population candidate à une
prise en charge en ambulatoire, telle que déterminée dans les
différents travaux, est donc maintenant clairement définie
[5-10, 13] (tableau
2).
Tableau 2 Conditions de sélection des patients présentant
une hémorragie digestive haute et susceptible d’être pris en charge
en ambulatoire [5-10, 13]
| Hémorragie survenue chez un sujet non
hospitalisé |
| Pas d’hématémèse récente, abondante ou multiples
épisodes de méléna |
| Pas d’anémie sévère (Hb < 8 g/dL) |
| Pas de cachexie, comorbidité, d’hypovolémie,
d’hépatopathie sévère, de coagulopathie ou de traitement
modificateur de la coagulation |
Pas de signe endoscopique à haut risque (Forrest
< IIb), pas d’hypertension portale
Aide potentielle disponible à domicile avec possibilité de retour
rapide à l’hôpital |
Les scores peuvent-ils aider ?
L’utilisation de scores à visée pronostique peut apparaître
comme une solution élégante pour décider du type de prise en charge
en ambulatoire ou en hospitalisation [14, 15]. Les scores les
plus diffusés sont le score de Rockall (tableau 3), qui comprend une partie
clinique et une endoscopie, développé pour évaluer le risque de
décès et celui de Blatchford (tableau
4), qui ne nécessite pas d’endoscopie visant à
prévoir la nécessité d’une intervention thérapeutique toutefois
sans préjuger de sa nature (endoscopie, transfusions, embolisation,
chirurgie). Ces scores utilisent des items cliniques et biologiques
simples (âge, état hémodynamique, présentation clinique, urée,
comorbidité, hémoglobinémie). Ils ont parfois été contestés,
notamment le score de Blatchford, car il prend en compte
l’hémoglobinémie initiale dont on connaît les limites au tout début
d’une hémorragie digestive. De plus, aucun de ces scores n’a été
spécifiquement construit dans l’optique de répondre à la question
de la prise en charge en ambulatoire. On notera également qu’une
étude française de pratique a montré que ces scores n’étaient
utilisés que rarement [16].
Les scores de Rockall et Blatchford peuvent aider à une
décision de prise en charge en ambulatoire.
Tableau 3 Score de Rockall [14]
| Variable |
0 points |
1 point |
2 points |
3 points |
| Âge |
< 60 ans |
60-79 ans |
> 79 ans |
|
| Choc |
Non (PAS* > 100 mmHg, FC**
< 100/min) |
Tachycardie (> 100/min,
PAS > 100 mmHg) |
Hypotension et tachycardie (PAS
< 100 mmHg, FC > 100/min) |
|
| Comorbidités |
Pas de comorbidité |
| Insuffisance cardiaque, maladie cardiaque
ischémique, autres comorbidités majeures |
Insuffisance rénale, insuffisance hépatique,
cancer disséminé |
| Diagnostic |
Mallory-Weiss, pas de lésion et pas de stigmates
de saignement récent |
Tous les autres diagnostics |
Néoplasie maligne intestinale supérieure |
|
| Stigmates de saignement récent |
Pas de stigmates |
| Sang frais dans le tract digestif supérieur,
saignement actif, caillot, vaisseau visible |
|
* PAS : pression artérielle systolique
** FC : fréquence cardiaque
Le calcul du score se fait attribution d’un nombre de points à
chaque variable, le score total étant calculé par simple addition
et varie entre 0 et 11.
Si le score clinique est 0 ou le score complet inférieur à 2 le
risque de récidive hémorragique et de décès est faible.
Tableau 4 Score de Blatchford [14]
| Critères à l’admission |
Valeurs |
| Urée sanguine (mmol/L) |
|
| 6,5-8 |
2 |
| 8-10 |
3 |
| 10-25 |
4 |
| > 25 |
6 |
| Hémoglobine chez l’homme (g/dL) |
|
| < 10 |
1 |
| 10-12 |
3 |
| 12-13 |
6 |
| Hémoglobine chez la femme (g/dL) |
|
| 10-12 |
1 |
| < 10 |
6 |
| Pression artérielle systolique (mmHg) |
|
| 100-109 |
1 |
| 90-99 |
2 |
| < 90 |
3 |
| Autres critères |
|
| Fréquence cardiaque > 100/mm |
1 |
| Méléna |
1 |
| Syncope |
2 |
| Hépatopathie |
2 |
| Insuffisance cardiaque |
2 |
Le score est compris entre 0 et 23.
Un score < 3 est associé à une nécessité de traitement
inférieur à 1 % des cas.
Mais surtout les résultats de la littérature concernant ces
scores sont très contradictoires, empêchant d’avoir une vision
claire de leur réel intérêt [17]. Dès la fin des années 1990,
il a été suggéré qu’un score de Rockall inférieur ou égal à 2
identifiait correctement les patients à faible risque de récidive
hémorragique et de décès (respectivement 4,3 % et 0,1 %)
[15]. Stanley et al. [18] ont récemment montré chez 123
patients étudiés prospectivement qu’un score de Blatchford bas
(score = 0) permettait dans 70 % des cas une prise en
charge en ambulatoire sans risque spécifique. De plus,
l’utilisation de ce score faisait chuter le pourcentage
d’admissions de plus de 20 %. Un travail prospectif récent
ayant comparé les 2 scores à partir d’une population de 1 087
patients a montré que le score de Blatchford était un moyen plus
sensible de séparer les malades, chez qui l’endoscopie est
nécessaire, des autres malades en reconnaissant 99,6 % de ces
derniers contre 92 % pour le score de Rockall sans endoscopie
[19]. Dans ce travail, un seuil de 0 prédisait le non-recours à
l’endoscopie thérapeutique avec une sensibilité de 100 % (mais
avec une spécificité de 6,3 %), alors que le score de Rockall
avant endoscopie était incapable de prédire correctement cette
absence de recours.
À l’inverse, d’autres travaux plaident en faveur de l’intérêt du
score de Rockall. Ainsi Tham et al. [20] ont montré, dans
une étude rétrospective réalisée chez 102 sujets, qu’un score de
Rockall sans endoscopie de 0 à 3 était un indice fiable permettant
de réduire le recours à l’endoscopie initiale chez les patients à
faible risque évolutif qui pouvaient alors être pris en charge en
ambulatoire. Gralnek et al. [21] ont aussi montré que le
score de Rockall complet (c’est-à-dire incluant une endoscopie)
identifiait mieux les patients à bas risque que le Rockall
pré-endoscopique et le Blatchford. Dans ce travail, la réalisation
de l’endoscopie aux urgences a permis de prendre en charge en
ambulatoire la moitié des hémorragies hautes. Toutefois, dans ce
groupe de 56 malades, 2 allaient présenter une récidive
hémorragique et 4 nécessiter une hospitalisation secondaire. Aucun
cas de décès n’était à déplorer. Pendant cette période le nombre
d’admissions pour hémorragie digestive était réduit de
20 %.
Probablement du fait de ces contradictions, Almela et al.
[22] ont proposé en 2004 un nouveau score à partir d’une étude
prospective de 581 cas d’hémorragies hautes incluant 3 items
(terrain, hémodynamique, résultats de l’endoscopie) et
spécifiquement construit autour de cette question de la prise en
charge en ambulatoire (tableau
5). Semblant assez discriminant pour une évolution
défavorable (sensibilité de 100 % et spécificité de 29 %)
ou vers le décès (sensibilité de 78 % et spécificité de
38 %), ce travail aboutit à la conclusion qu’un score
supérieur ou égal à 3 impose une hospitalisation. Ce score n’a
jamais été validé de manière prospective.
Tableau 5 Score d’Almela et al. [22]
| Passé médical |
| Décompensation cardiaque sévère : 3
points |
| Infarctus récent : 3 points |
| AVC récent : 3 points |
| Coagulopathie (INR supérieur ou égal à1,5) :
3 points |
| Conditions socio-familiales défavorables : 3
points |
| ATCD de chirurgie digestive : 2 points |
| Cachexie : 2 points |
| Cancer évolutif : 1 point |
| Alcoolisme chronique : 1 point |
| Hémodynamique |
| sévèrement altérée : 3 points |
| modérément altérée : 2 points |
| Endoscopie |
| impossibilité de la réaliser : 3 points |
| hémorragie active, vaisseau visible, caillot
adhérent : 3 points |
| hémorragie par ulcère duodénal : 1 point |
| hémorragie de cause inconnue : 1 point |
| Le score est la somme de chaque item. |
| En cas de score supérieur ou égal à 3 nécessité
d’une hospitalisation, en cas de score inférieur à 3 une gestion en
ambulatoire est possible |
Par ailleurs, de nombreux travaux ont montré que la définition
des malades à bas risque et son corolaire, la prise en charge en
ambulatoire, étaient associés à des économies de coût de la prise
en charge [6, 15, 16, 23].
Quels sont les contraintes d’une prise en charge en
ambulatoire ?
Le principal risque est la survenue d’une récidive hémorragique
en dehors d’une structure médicalisée. Même si la survenue d’une
récidive hémorragique est un facteur pronostique essentiel dans les
hémorragies chez des sujets hospitalisés, il n’est pas démontré que
ce facteur soit aussi important en cas de récidive hémorragique
survenant chez un malade pris en charge en ambulatoire. De plus,
les patients traités en ambulatoire n’ont, par définition, pas de
comorbidité ce qui réduit le risque d’évolution péjorative. En
l’absence de comorbidité, une prise en charge en ambulatoire, y
compris après traitement endoscopique, est possible [5]. Il faudra
s’assurer que le malade a bien compris les enjeux de la prise en
charge en ambulatoire, qu’il est correctement informé des risques
de complication et de la stratégie que la survenue de ces
complications imposerait. Comme dans d’autres maladies pour
lesquelles la prise en charge ambulatoire est déjà acquise, il
faudra s’assurer que le patient dispose d’un entourage apte à faire
face à toute complication.
Pas d’ambulatoire chez des sujets ne pouvant pas reconsulter
aisément et rapidement en cas de récidive hémorragique
Conclusion
Une prise en charge en ambulatoire des hémorragies digestives
hautes non liées à l’hypertension portale est possible.
Cette prise en charge doit être réservée aux hémorragies non
abondantes à faible risque de récidive hémorragique chez des sujets
sans comorbidité. L’utilisation des scores peut éventuellement
aider à la décision de prise en charge en ambulatoire. Une
endoscopie diagnostique qui permet de mieux évaluer le risque de
récidive hémorragique est presque toujours indispensable. Les
malades doivent être informés de la conduite à tenir en cas de
récidive hémorragique et en état de pouvoir se rendre à nouveau en
centre spécialisé.
Conflits d’intérêts: aucun
Take home messages
- •. Une prise en charge en ambulatoire des hémorragies
digestives hautes non liées à une hypertension portale est
possible.
- •. L’utilisation de scores, notamment de celui de
Blatchford, peut aider à mieux reconnaître les candidats potentiels
à une telle prise en charge.
- •. Une endoscopie diagnostique qui permet de mieux
évaluer le risque de récidive hémorragique est presque toujours
indispensable.
- •. Une prise en charge en ambulatoire doit être réservée
aux patients sans comorbidité et aux hémorragies non abondantes,
interrompues et à faible risque de récidive hémorragique.
- •. Les malades doivent être informés de la conduite à
tenir en cas de récidive hémorragique et en état de pouvoir se
rendre à nouveau en centre spécialisé.
Références
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