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GI specialists and oncology: a serious wedding but with passion!


Hépato-Gastro. Volume 17, Number 3, 177-8, mai-juin 2010, Éditorial

DOI : 10.1684/hpg.2010.0423


Author(s) : Philippe Rougier , Service d'hépato-gastroentérologie et oncologie digestive, Hôpital Ambroise Paré, 92100 Boulogne.

ARTICLE

Auteur(s) : Philippe Rougier

Service d'hépato-gastroentérologie et oncologie digestive, Hôpital Ambroise Paré, 92100 Boulogne

L'implication en cancérologie des hépato-gastroentérologues (HGE) est ancienne… et la cancérologie digestive est un des domaines majeurs de l'exercice de l'hépato-gastroentérologie que les résultats de l'enquête menée par la FSMAD et la FFCD sur la pratique de la cancérologie digestive ont parfaitement illustré.

Cette implication est importante, cotée sur une échelle analogique à 6/10 ; elle est encore plus forte chez les plus jeunes, connaît une féminisation nette et concerne tous les modes d'exercice.

Nos collègues du secteur libéral ont su adapter leur exercice aux exigences du plan cancer, à ses décrets d'application, ainsi qu'aux différentes conditions d'exercice très bien détaillées dans l'article de Patrice Pienkowski et Eric Vaillant. Ils sont aujourd'hui plus de 180 à prendre en charge l'administration des chimiothérapies des patients atteints de cancer qui leur sont confiés, représentant 23 % des HGE administrant des chimiothérapies.

L'exercice de la cancérologie nécessite, au moins pour la primo-prescription de chimiothérapie, une compétence officielle en cancérologie

L'exercice de la cancérologie nécessite, au moins pour la primo-prescription de chimiothérapie, une compétence officielle en cancérologie que les HGE ont eu très tôt le souci d'acquérir ; globalement 665 HGE (40 %) déclaraient avoir une compétence ordinale en cancérologie et 186 posséder un DESC de cancérologie digestive en 2008 ; ainsi, selon les critères de l'INCA, ce sont 754 HGE qui seraient « autorisés » à prescrire et initier des chimiothérapies, ils sont donc significativement plus nombreux que les oncologues médicaux qui sont environ 600 et dont l'exercice ne se limite pas loin de là à la cancérologie digestive…

Environ 750 hépato-gastroentérologues seraient « autorisés » à prescrire et initier des chimiothérapies versus 600 oncologues médicaux dont l'exercice ne se limite pas à la cancérologie digestive…

Il y a donc une grande complémentarité entre HGE et oncologues médicaux qui est d'autant nécessaire que les patients atteints de cancers digestifs vivent plus longtemps grâce à l'efficacité des traitements et qu'ils ont besoin de plus de lignes thérapeutiques. C'est cette complémentarité entre oncologues médicaux et HGE qui permet de réduire actuellement les disparités régionales avec la prise en charge majoritaire des chimiothérapies par les HGE dans les régions de faible densité en oncologues médicaux, comme l'Auvergne, le Limousin, le Nord-Pas-de-Calais, le Poitou-Charentes…

Dans la majorité des cas, la collaboration entre HGE et oncologues est harmonieuse ; ceux-ci travaillent ensemble en réseau et sont complémentaires mais … dans certains cas, des difficultés existent qui desservent l'intérêt des patients. Ainsi en est-il des conflits qui existent lorsqu'il est fait obstacle, par une approche « territoriale » de la cancérologie, à des HGE compétents pour l'administration des chimiothérapies alors qu'ils réunissent toutes les conditions pour le faire. Ainsi en est-il aussi des 257 HGE qui prescrivent des chimiothérapies alors qu'ils n'ont pas les diplômes ou compétences requis par l'INCA pour prendre en charge la primo prescription des chimiothérapies. Cette situation existe alors que plus d'une fois sur deux, ils n'ont pu ni obtenir une compétence ordinale ni s'inscrire au DESC, alors même que 136 ont un DIU ou un DU d'oncologie médicale ou d'oncologie digestive.

Ce problème de l'exercice sans « habilitation », souvent dans des villes où il n'y a pas ou pas assez d'oncologues médicaux, est réel et est discuté plus loin. On ne peut que souscrire à la demande que soit mise en place, dans les meilleurs délais, une reconnaissance des acquis par l'expérience pour ces médecins.

Nous devons défendre nos compétences et faire reconnaître que les HGE sont les plus aptes à coordonner, dans le cadre des réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) (en étroite collaboration avec les chirurgiens, oncologues médicaux, radiothérapeutes, radiologues, pathologistes et selon les cas, gériatres et psychologues), la prise en charge des patients ayant des cancers digestifs. Ils ont une approche globale des patients et connaissent très bien les spécificités des nombreux cancers digestifs qui représentent 25 % de tous les cancers et se répartissent en 9 localisations (de l'œsophage à l'anus !) et comportent au moins 4 types de cancers digestifs rares (tumeurs endocrines, GIST, lymphomes digestifs et tumeurs rares du foie). Limiter leurs possibilités de prise en charge des patients serait contre-productif et pénalisant pour ces derniers.

Nous devons défendre nos compétences et faire reconnaître que les hépato-gastroentérologues sont les plus aptes à coordonner la prise en charge des patients ayant des cancers digestifs dans le cadre des réunions de concertation pluridisciplinaire

En 2010, la cancérologie digestive fait partie intégrante du « métier » d'HGE, elle est intégrée à la maquette du DES d'HGE ; elle a été notée dans le plan cancer 2009-2013 qui a mentionné le rôle des HGE dans la prise en charge des cancers digestifs.

Il faut donc que les agences régionales de santé (ARS) intègrent les HGE compétents en cancérologie dans les organisations régionales en harmonie et coordination avec les autres spécialistes.


 

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