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Gastrointestinal endocrine tumors : A wide field of investigation


Hépato-Gastro. Volume 16, 3-4, octobre 2009, Éditorial

DOI : 10.1684/hpg.2009.0343


Author(s) : Jean-Marc Phelip , Département HGE, CHU St-Etienne, France.

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ARTICLE

Auteur(s) : Jean-Marc Phelip

Département HGE, CHU St-Etienne, France

Au carrefour de nombreuses spécialités, les tumeurs endocrines digestives (TED) nécessitent une expertise complexe et leur prise en charge représente un modèle de multidisciplinarité en cancérologie. Il s’agit d’un groupe de tumeurs très hétérogènes à la fois dans leurs aspects morphologiques mais également dans leurs caractéristiques anatomopathologiques et génétiques qui conditionnent leur évolutivité.

Malgré la relative rareté de ces tumeurs et leur grande hétérogénéité, de remarquables progrès ont été réalisés ces dernières années dans tous les domaines de leur prise en charge : imagerie, chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie métabolique et thérapies ciblées. Ces avancées ont été permises par une meilleure connaissance de leur épidémiologie et de leurs modalités évolutives. L’amélioration des classifications (OMS 2000, TNM 2009) a abouti à la détermination de profils histopronostiques différents. Parallèlement, le développement de la recherche clinique permet de dégager des standards de traitement adaptés à chaque situation anatomo-clinique.

Le fait que l’évolutivité des TED soit très variable doit conditionner leur prise en charge. Pour cette raison, il faut savoir rester attentiste ou tout au moins peu agressif pour des tumeurs lentement évolutives et a fortiori quiescentes. À l’inverse, ce même type de tumeur peut faire l’objet d’une stratégie agressive où devra être discutée une chirurgie d’exérèse de la tumeur primitive et parfois des métastases, à visée curative ou pour contrôler le syndrome sécrétoire (chirurgie de cytoréduction), ou encore dans des cas très sélectionnés, une transplantation hépatique.

Les tumeurs endocrines digestives : un modèle d’efficacité des thérapeutiques ciblées ?

Le projet thérapeutique doit en priorité tenir compte d’un syndrome fonctionnel associé causé par une sécrétion tumorale d’hormones ou de substances actives telles que la sérotonine, la gastrine, ou encore l’insuline… Ces substances sont responsables de symptômes cliniques parfois sévères engageant le pronostic vital comme le syndrome carcinoïde (flushs + diarrhées) lié à une hypersécrétion de sérotonine par une tumeur endocrine du tube digestif le plus souvent bien différenciée. Les analogues de la somatostatine, en bloquant les récepteurs à la somatostatine (principalement le sous-type sst2) sont capables d’inhiber ces sécrétions et de stopper la croissance tumorale. L’action antitumorale de l’octréotide vient d’être confirmée dans un essai de phase III (essai PROMID, Arnold et al. ASCO 2009, abt 4508), chez 85 patients suivis pour une tumeur endocrine avancée ou métastatique de l’intestin moyen (figure 1). Quarante-deux patients ont reçu une injection mensuelle de 30 mg d’octréotide retard et ont été comparés à 43 patients traités par un placebo. Le temps jusqu’à progression qui constituait l’objectif principal de ce travail était clairement en faveur de l’efficacité de l’octréotide (15,6 mois vs 5,9 mois ; p < 10-5). Le contrôle tumoral était de 29 % dans le groupe Octréotide versus 17 % dans le bras placebo (p < 0,01). Même si l’on peut regretter l’absence de données sur les modalités évolutives des tumeurs à l’instauration du traitement, ces résultats font des analogues de la somatostatine un modèle d’efficacité d’une thérapeutique ciblée dans le traitement des TED. Ils peuvent en outre constituer des vecteurs d’isotopes radioactifs (Indium111, Yttrium 90, Lutétium 177) capables d’exercer leur activité cytotoxique au niveau de la tumeur (radiothérapie métabolique).

Le caractère souvent très vascularisé de ces tumeurs fournit un rationnel fort pour l’utilisation des traitements anti-angiogéniques. Ainsi l’Avastin® a donné des résultats encourageants (environ 20 % de réponses objectives) et est actuellement évalué en phase III (essai BETTER) dans les TE duodéno-pancréatiques (bevacizumab + streptozotocine) et dans les TE du tube digestif (bevacizumab + 5FU).

Le sunitinib, inhibiteur multicible de tyrosine kinase est également testé en phase III dans les TED pancréatiques. Dans une série de 66 TE du pancréas et 41 tumeurs carcinoïdes, il a montré des taux intéressants de stabilisation tumorale (respectivement 68,2 % et 82,9 %) et de survie sans progression (médiane de 7,7 mois et de 10,2 mois) (Kulke MH et al. J Clin Oncol 2008 ; 26 : 3403-10). Les inhibiteurs de mTOR, analogues de la rapamycine (évérolimus ou RAD001) semblent également prometteurs dans les TE duodéno-pancréatiques surtout lorsqu’ils sont associés à l’octréotide (80 % de contrôle tumoral après échec d’une chimiothérapie cytotoxique pour une médiane de 10 mois) (essai RADIANT-1 ; Yao et al. Gastrointestinal Cancers Symposium 2009, abst 122).

Ces données témoignent de l’entrée en force que réalisent les thérapeutiques ciblées dans l’arsenal thérapeutique des TED.

Nul doute que l’avenir continuera de faire de ces tumeurs un axe majeur de la recherche clinique en cancérologie digestive tant les facettes de cette maladie sont multiples et les approches diagnostiques et thérapeutiques nombreuses.

Ce numéro, consacré aux tumeurs endocrines digestives n’a pas pour objectif de décrire de manière exhaustive toutes les options de la prise en charge de ces tumeurs mais simplement de guider le clinicien dans une démarche complexe, actualisée, où l’approche multidisciplinaire doit rester prioritaire.


 

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